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De la COP 21 à la COP 23, le désastre écologique gabonais...

l'info réelle 7J/7 - Mengue M'Eyaà le Lundi 6 Novembre 2017 à 23:34 | Lu 677 fois



La COP 23 se tient en Allemagne dans l’ancienne capitale fédérale, Bonn, sous la présidence des Iles Fidji. Elle a lieu dans un contexte morose depuis les Accords de Paris, le retrait des Etats Unis, et aussi un bilan mondial qui n’est pas atteint en matière de baisse de 3°C des moyennes de températures. Les objectifs sont loin d’être atteints et sans prise de conscience nouvelle, les pronostics les plus pessimistes réapparaissent sur une échelle de 50 à 100 années: disparition de territoires, fontes des glaciers, bouleversements des équilibres éco-biologiques, et hausse ds températures.

Le Président Macron tente de prendre une forme de leadership sur ces questions face au retrait des Etats-Unis et tentera à son tour de convoquer une réunion internationale en décembre portant sur les mesures financières environnementales. En effet, un besoin de 100 Milliards de dollars par an est nécessaire qu'il ne sera pas simple de trouver après le départ des Etats-Unis, principal pollueur donc financeur.

En matière écologique, il se joue une « petite musique » qui fait saliver les membres du clan Bongo. Ils se mettent à se piquer d'environnement devant les responsables occidentaux, alors que qu'ils ne se sont jamais intéressés au sujet. Ce qui compte pour eux sont essentiellement les retombées financières personnelles, issues des combats écologiques mondiaux conformément à leurs pratiques de prédation de l’Etat. En effet, sans rien faire, le Gabon est une des réserves mondiale de biodiversité en raison de sa forêt primaire (22 millions d’hectares et 87% du territoire), faiblement entamée malgré une gestion anarchique et spéculative.

50 ans après l’Indépendance du Gabon, sait-on qu'il n'existe pratiquement pas sur Libreville de système d'assainissement ? Le régime fait les 100 pas dans les conférences internationales « climat » pour tenter de rencontrer le Président Macron alors que l'urgence est là dans la capitale gabonaise. Face à l'inaction, l'Agence française de développement a financé une première tranche d’un projet global portant sur une solution d’assainissement, et d’hygiène à Libreville, capitale qui accueille environ 600.000 habitants.

Il suffit de lire la description publiée dans un rapport de l’Agence française du développement pour comprendre les raisons des inondations, qui ont lieu à Libreville, et pourquoi certains habitants sont menacés par des maladies mortelles récurrentes dues à l'absence de traitement adéquat des eaux pluviales et usées.

« La ville est étalée sur une chaîne de petites collines formant 21 bassins versants qui collectent des eaux de ruissellement. Le mode de drainage prévalant est l'écoulement naturel à ciel ouvert des eaux dans les talwegs qui se rejettent pour certains dans l'océan. Ce réseau d'écoulement des eaux se retrouve souvent obstrué par des constructions, la végétation ou les déchets, ce qui, du fait de la pluviométrie élevée (3 000 mm/an), provoque des inondations récurrentes et facilite la transmission des maladies hydriques, en particulier dans les quartiers sous-intégrés, en fond de bassin versant. En ce qui concerne les eaux usées, il n’existe pas, de système de collecte ni de traitement, ces dernières se déversent donc dans les canaux de drainage à ciel ouvert.

Quant aux boues de latrines et fosses septiques, lorsqu’elles sont collectées, elle sont déposées en décharge ou déversées dans la nature. De plus Libreville est une capitale donnant directement sur la mer et devrait de ce fait être largement impactée par les conséquences du dérèglement climatique mondial. La montée du niveau de la mer devrait donc impacter la capacité d'évacuation des eaux de pluie. »

Malgré la retenue dans le langage utilisé dans ce document de l'AFD, on y décèle toute la description sinistre de l'absence de traitement des eaux à Libreville, analyse qui pourrait s'étendre aux principales villes du Gabon, dont Port-Gentil.

Aucun document officiel du régime, en général rédigé par des cabinets internationaux payés grassement, n'est en mesure d'établir un minimum de diagnostic sur la situation réelle et catastrophique bio-climatique au Gabon, en dehors des parcs nationaux, imposés en 2002 au régime et qui ont été financés de l'extérieur (pour lesquels les gardes forestiers gabonais, abandonnés à eux-mêmes sont au quotidien dépourvus de moyens de fonctionnement).
Il s'y ajoute la question des décharges à ciel ouvert désormais présente à Libreville, sans la moindre attention des autorités du Gabon. L'on y a appris récemment qu'à l'instar des bidonvilles sud américains, des populations démunies y survivent et tentent, à travers la récupération, de faire un commerce misérable.

Ainsi, les projets pharaoniques « graine » et autres, présentés à grands coups de communication, sont de la poudre aux yeux face à une réalité simple d'un pays en déshérence sur le plan des enjeux de développement durable.
Par exemple, les chercheurs s’interrogent sur la nocivité partielle (ou totale?) de l'huile de palme présentée au Gabon comme nouvel enjeu économique. Elle est une bombe à retardement écologique et humaine, tant elle représente un risque pour la santé humaine et l'éco-système. Mais, aux yeux du régime, tout ce qui peut l'enrichir est bon à prendre.
C’est donc le problème principal du “nouvel Eldorado” censé se substituer au pétrole, selon Ali Bongo dans « Complément d'enquête » diffusé en août 2017 sur France Télévision. L'exclusivité de l'huile de palme a été vendue à la multinationale singapourienne, Olam. Des territoires entiers ont été réservés, sur injonction du régime, à la culture de l’ huile de palme notamment dans le Woleu Ntem, sans que les populations n'aient eu leur mot à dire.

Selon un rapport récent, on sait aussi qu'Olam a été mise à contribution, et que de l'argent a été remis à certains candidats du pouvoir aux dernières législatives (on évoque le chiffre de 40.000.000 de FCFA à certains candidats du pouvoir). Quant aux retombées économiques, là aussi, rien n'est transparent car l'Etat gabonais est opaque sur les transactions réelles. A qui donc profite cette exploitation et ces accords avec la multinationale singfapourienne ? On peut aisément le deviner.

Ce n'est pas le seul problème environnemental du Gabon : il y a la gestion déficiente des fleuves qui sont pourtant importants au Gabon (Ogooué et Nyanga, deux principaux fleuves dont le premier fait 1200 kilomètres). De même, les zones de pêche sont faiblement réglementées et l'on assiste à un véritable raclage des fonds marins par des bateaux venant notamment des pays d'Asie

Le projet Arc Emeraude, financé à 75% par l’Agence française du développement, a pour objectif “100.000 touristes” par an d’ici 2020 pour commencer à “préparer “ l’après-pétrole. Des complexes de loisir (Akanda, arboretum Raponda-Walker) doivent être développés. Un public touristique fortuné pourra séjourner, à 1000 € la nuit d’hôtel, dans les parcs nationaux, dont on exclut évidemment les Gabonais, habitants du pays, lesquels dans leur majorité doivent se contenter d’être les spectateurs non conviés de l’enrichissement vert.

Malheureusement, dans le conte de fées, on oublie que l’agence nationale des parcs nationaux est exsangue financièrement. Ainsi, les ambitions se heurtent à réalité de mauvaise gestion des agences gouvernementales et de l’Etat au Gabon, qui empêche toute projection rationnelle sur l’avenir et sur des projets viables.

On oublie aussi que l’agriculture traditionnelle est inexistante au Gabon en raison du peu d’intérêt manifesté depuis 1967 et de la facilité consistant à axer le développement sur la ressource pétrolière, sur la désaffection et le mépris affichés envers l’enseignement technique agricole. Cette quasi absence a généré une forte dépendance par rapport aux importations. Le phénomène est le même pour la pêche. En outre la fonction écologique de l’agriculture dans l’entretien des paysages ruraux - que l’on rencontre fréquemment dans les campagnes euopéennes - est pratiquement nulle. La pêche est dans une situation dramatique à peu près semblable à la différence près que ports sont gérés, soit par Olam, soit pour Bolloré, qui n’ont pas vraiment la pêche locale comme priorité locale.

Dans tous les domaines, le Gabon est à la fois une chance pour préserver le climat et en même temps un pays en risque écologique en raison de la mauvaise gouvernance de ses ressources naturelles. L'esprit mercantile du régime est plus fort que tout principe de précaution écologique que devrait avoir un Etat responsable.
Enfin, parmi les points évoqués lors de la COP 21, et de l'atelier Femmes et climat, il ne faudrait pas oublier le rôle essentiel des femmes dans l'accompagnement du changement climatique et de la lutte contre ses conséquences. Leur rôle dans l'économie domestique des pays en voie de développement fait reposer sur leurs épaules de lourdes responsabilités en ce domaine pour conduire les familles à adopter un rapport différent à l'éco-système en vue de le protéger. Au Gabon, par exemple, l'on sait que les économies villageoises s'appuient en grande partie sur l'activité des femmes.

La COP 23 qui se tiendra à Bonn en novembre ne sera pas une fois de plus le RDV attendu pour le Gabon faute d'experts dignes de ce nom pour défendre la position du pays.
Depuis la COP 21, les engagements des pays occidentaux ne sont pas tenus sur la baisse du taux de CO2 dans l'atmosphère ce qui fait craindre une remontée des températeurs qui ne sera pas suffisamment amortie par la biodiversité.

Pour autant, le Gabon, faiblement industrialisé, n'en tirera aucun bénéfice faute d'un armement conceptuel digne de ce nom. Bref, un régime usé par 50 ans d'illégitimité, d'incompétence, et de rapines environnementale, n'a malheureusement aucune chance de convaincre des interlocuteurs internationaux de sa bonne foi et de sa volonté de trouver des solutions écologique pour la planète...

Mengue M’Eyaà
Porte-Parole de Jean Ping
Présidente du Mouvement Civique du Gabon
Présidente du Mouvement Civique des Femmes

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Lundi 6 Novembre 2017
Mengue M'Eyaà
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