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Transparence des élections en Afrique francophone - Essai sur une ébauche de solutions

Le site de la Liberté - Doom Le vengeur le Dimanche 14 Mars 2010 à 18:29 | Lu 2698 fois

Cet essai n’a pas pour vocation à être la solution miracle, il s’agit juste d’un point de départ pour rentre possible une transition démocratique en Afrique francophone. Ce qui suit résulte d’une analyse personnelle suite aux différents échecs de réaliser une transition démocratique en Afrique francophone. Je ne suis pas un politologue, ni un sociologue, juste un citoyen qui veut apporter sa contribution intellectuelle au changement.



Transparence des élections en Afrique francophone - Essai sur une ébauche de solutions

Un constat partagé ?

Le premier constat à observer est celui-ci :
Toutes les institutions politiques actuelles dans les pays africains francophones sont non démocratiques et par conséquent illégitimes. En effet personne ne pourra nier et justifier sur la base d'une analyse objective que les pouvoir actuels au Cameroun, au Gabon, en Guinée Équatoriale, Au Niger, Au Togo, etc. sont des pouvoirs légitimes qui ne souffrent qu’une contestation concernant sur leur légitimité.

Si ce constat est accepté par tous comme postulat de base, il en résulte logiquement que tout pouvoir en place dans les pays cités, ne peut seul organiser des élections de quelque nature que soit au risque de voir émerger des contestations justifiées et susciter le rejet légitime de la population et par conséquent d’être un pouvoir illégitime. Dans ce cas, qui peut organiser les élections dans ces pays ?

Ce qui suit est un ensemble de propositions que j’espère réalisables qui permettent d’avoir une assise solide pour réaliser des élections transparentes qui ne souffrent d’aucune contestation. Ces propositions se veulent provisoires, le temps de permettre une assise démocratique dans nos pays. Elles demandent aussi à tous une contribution intellectuelle afin de les améliorer.

Proposition 1 : Une commission paritaire pour gérer les résultats des élections.
Presque tous les pays africains cités ci-dessus ont un organisme supposé indépendant qui centralise les résultats des élections, ces organismes doivent être supprimés purement et simplement pour laisser place à la veille de chaque scrutin (6 mois avant par exemple) à la création d’une véritable commission paritaire dont seront représentés tous les forces politiques en présence lors de chaque élection.

Chaque parti devrait désigner lui-même ses membres (2 par parti quelque que soit la taille et le poids politique du parti). La commission sera dissoute après les élections et reconstituer à chaque nouvelle élection importante.

Proposition 2 : Internet au secours de la démocratie africaine.
Un site internet accessible 24/24 devra transmettre au fil de l’eau les résultats des votes bureau par bureau. Toute coupure de plus d'1 heure de ce site lors d’une élection sera de fait un motif d’annulation du scrutin.

Proposition 3 : Constitution des bureaux de vote
Chaque bureau de votre devra être constitué d’un membre de chaque parti politique en liste pour le scrutin et d’un ou deux observateurs internationaux. Le président du bureau de vote devra être un citoyen tiré au sort parmi les citoyens ayant un cassier judiciaire vierge, une moralité exemplaire et un bagage intellectuel permettant de gérer un bureau de vote. Les présidents de bureau de vote devraient avoir une formation sur L’internet et la gestion d’un bureau de vote un ou deux mois avant le scrutin.

Proposition 4 : Transmission des résultats par les bureaux de vote
Chaque bureau devrait avoir un accès internet (par satellite par exemple), un ordinateur portable, une imprimante, un fax et un compte sécurisé au site de la commission paritaire pour transmettre le résultat du bureau, après dépouillement au vue de tous les membres du bureau et des observateurs. Suite à cette transmission qui doit se soldé par un PV imprimable, signé par le président du bureau et les membres représentant chaque partis.

Ce PV papier signé par tous devra aussi être faxé à la commission paritaire 10 minutes au plus après la saisie des résultats sur le site de la commission paritaire et sera utilisée uniquement en cas de défaillance du système informatique. C'est ce même PV papier signé par tous qui sera transmis aux responsables politiques (gouverneurs, ministre, etc.), à titre informatif du résultat du bureau de vote.
Après transmission sur le site du résultat, le bureau de vote ne pourra plus accéder à son compte sur le site de la commission paritaire pour transmettre les résultats, ou toute deuxième transmission sera nulle et non prise en compte.

Proposition 5 : Analyse des résultats
Les résultats conformes sont ceux affichés sur le site de la commission paritaire au fil de l’eau, transmis par les bureaux de vote via leur compte internet sécurisé et consolidés par le PV envoyé par fax à 10 min d’intervalle de la réception du PV envoyé par le site internet. Une contradiction entre le PV du site et le PV fax, annule le résultat du bureau de vote concerné et le vote est à refaire dans le dit bureau.

Proposition 6 : Proclamation des résultats
C’est la commission paritaire qui devra avoir la primeur de la proclamation des résultats. Ceci pourra se faire par le biais d’un communiqué final accessible sur le site internet. La proclamation officielle sera faite par le ministère concerné par l’organisation étatique des élections, qui devra lire mot pour mot, à la télévision nationale, simplement le communiqué final de la commission paritaire, sans aucune modification. La cour constitutionnelle si elle existe ou toute autre juridiction similaire n’aura pour seule rôle que de confirmer les résultats de la commission paritaire, lus à la télévision par le ministère et diffusée sur le site. Cette confirmation symbolique achève le processus électoral.

Proposition 7 : Sécurisation des élections.
Pour les élections présidentielles, je pense qu’il est nécessaire de faire appel aux casques blues. Si cela s’avère impossible, solliciter la présence d’une force l’Union Africaine constituée uniquement des soldats des pays qui ont fait l’objet de plusieurs transitions démocratiques parmi lesquels, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Benin, etc. Cette force aura un mandat pour la durée des élections, proclamation des résultats y comprise. D’autre part aucune présence de l’armée ou des forces de l’ordre officielles de chaque pays concerné par l’élection ne devrait être tolérée pendant le processus électoral autre que leurs casernes respectives. Toute présence non-conforme sera un motif d’annulation de l’élection en cours.

Proposition 8 : Financement des élections.
Certains pays auront certainement du mal à organiser des élections d’une telle qualité. Je propose la création au sein de l’Union Africaine d’un fond de soutien à l’organisation des élections démocratiques en Afrique, financé par l’ensemble des états membres. Chaque état pourra aussi mettre en place un fond supplémentaire pour l’organisation des élections. Si ces mesures s’avèrent impossible à mettre en œuvre, je suggère la création d’une organisation apolitique constituée en majorité des membres de la société civile de chaque pays, en charge de trouver les fonds nécessaires pour l’organisation des élections démocratiques en Afrique.

Cette organisation s’appuiera en premier sur la diaspora africaine qui j’en suis sûr se fera un devoir de l’alimenter si le projet est transparent et viable. Dans l’hypothèse de l’existence d’une telle association, elle devra par conséquent participer à l’organisation matérielle et à la supervision des élections. C’est légitime et c’est aussi un moyen d’impliquer la société civile. J'exclue tout financement par les états occidentaux ou organismes internationaux non africains car il s'agit de relever un challenge pour l'Afrique.

Proposition 9 : La gestion des litiges
En cas de litiges, le mieux placé pour les régler reste encore la commission paritaire. Car elle représente l’ensemble des forces politiques en présence à proportions égales, elle est le meilleur garant à la résolution d’une crise éventuelle concernant le scrutin.

Quels sont les cas litiges possibles :
1.Mise en cause du système informatique
2.Contradiction PV site et PV fax
3.Résultats lus par le ministre ou responsable politique du pouvoir en place ou la cour constitutionnelle (ou juridiction similaire) non-conforme au résultat de la commission paritaire
4.Non éligibilité d’un candidat

Il y a certainement d'autres cas de litige non prise en compte. Les solutions possibles pour les cas cités sont :

Cas 1 : Mise en cause du système informatique
La gestion du site (sa maintenance, sa sécurité) doit être confié à une société en services informatiques du pays concerné par l'élection, aidés si possible par des experts occidentaux qu’elle aura elle-même embauchés. Cette société aura un contrat signé avec la commission paritaire et non le gouvernement en place. Elle devra rendre compte à la commission paritaire et seulement à celle-ci. Chaque parti politique pourra dépêcher un ou plusieurs experts pour auditer le système informatique avant le vote et pourront être présents dans la salle contrôle le jour du vote. Toute défaillance ou activités jugés suspectes par la majorité des experts des partis annule le vote.

Cas 2 : Contradiction PV site et PV fax
Ce cas annule simplement le résultat du bureau de vote et l’élection est à refaire dans ce bureau.

Cas 3 : Résultats lus par le ministre ou responsable politique du pouvoir en place ou la cour constitutionnelle (ou juridiction similaire) non-conforme au résultat de la commission paritaire.
Ce sera le cas plus flagrant de détournement du résultat puisque visible sur le net. Dans ce cas, la proclamation officielle des résultats devra se faire en présence de la commission paritaire qui devra remettre le PV à lire au responsable politique au pouvoir ou à la cour constitutionnelle (ou juridiction similaire).

Cas 4 : Non éligibilité d’un candidat
Ces propositions n’ont pas pour vocation de traiter ce genre cas puisque chaque pays possède son propre code électoral. Ces propositions ne constituent pas en soient un code électoral mais un processus à mettre en place pour assurer une transparence des élections.

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Sans la misent en place de mesures similaires, il est vain de participer à des élections dont le sort est connu d’avance. Ces propositions sont une base de travail. Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution miracle, mais nous devons réfléchir sur les moyens à mettre en place pour avoir un processus électoral transparent qui ne souffre qu’aucune ambigüité et donc la légitimité est acceptée de tous les partis en liste pour une élection et de la population. Il appartient maintenant à chacun d’apporter ses lumières pour améliorer ces propositions, les rendre plus crédibles et réalisables même si je pense qu’elles le sont largement.

Pour terminer et en guise de conclusion, les partis politiques qui participent à des élections avec processus électoral géré de A à Z par la force politique au pouvoir participent volontaire ou pas à une mascarade électoral dont les vrais victimes sont les peuples assoiffés de démocraties et de changement.

Le premier combat d'un parti politique qui se dit de l'opposition doit être la recherche et la mise en place d'un processus électoral transparent et démocratique, qui lui permettra un jour d'arriver au pouvoir et de changer le destins des siens. Tout autre objectif n'est qu'illusion et farce. Si les partis au pouvoir actuellement n'acceptent pas un tel processus, dans le seul but de préserver leurs intérêts personnels et de s'accaparer éternellement du pouvoir, il est clair que cela ne sert à rien de participer à la vie politique d'un tel pays car il s'agit d'une dictature qu'il convient de combattre par d'autres moyens que celui des urnes.

Doom - fortlow92@yahoo.fr

Dimanche 14 Mars 2010
Doom Le vengeur
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24.Posté par Doom le 15/03/2010 15:34 | Alerter
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@La Citoyenne,

Je reste quand même sceptique quant à l'affichage des résultats sur un site internet car aujourd'hui on peut pirater le serveur d'un site.
Et connaissant les millions que les bongos ont, ils ont les moyens de s'armer des meilleurs informaticiens en piratage informatique...
Je pense que la proclamation doit se faire bureau par bureau et le jour même, la CENAP qui sera composé de 50% des membres de l'opposition et de 50% des membres du pouvoir en place, elle aura un rôle gendarme c'est-a-dire le respect et le contrôle du bon déroulement du scrutin.


Oui un site peut être piraté, mais les sites piratés présentent des failles dû la plupart du temps
à une mauvaise programmation. Et il y a aussi des sites qui peuvent pas être piratés. Parce que bien
conçu, protègés par des serveurs efficaces.
Sinon, si le site internet devenait un simple outil de contrôle en temps des résultats et non un point centralisateur des
résultats, et comme vous l'avez proposé, la proclamation doit se faire bureau par bureau et le jour même, la CENAP.

Pour la composition du bureau, 50% pour les membres du pouvoir, c'est trop et risqué car peut créé facilement un déséquilibre au sein
de la commission si quelques membres de l'opposition venait à virer de bord.

Tout résultat qui ne serait pas proclamé le jour même sera simplement et purement annulé
En général l'élection se tient sur un jour et tous les résultats sont connu très tard dans la nuit.
Si en effet des bureaux trainent à fournir leur résultat, des réserves sur la fiabilité des peuvent être émises.

50% de la somme versée par les candidats prétendant au fauteuil ne doit pas seulement servir à payer des gens qui viennent voir sans rien voir ou encore à la fabrication des bulletins de vote, cet argent doit également servir à mettre des moyens nécessaire afin d'anihiler complètement la fraude.
Une campagne coûte de l'argent, demandés aux candidats de contribuer par ce biais au fond de l'organisation des élections est à mon avis
inapropiré. Il faut agir en amont, par exemple une taxe spéciale pour les partis politiques pour le financement de l'organisation des élections.
A vrai c'est une tâche qui incombe aux états. Toutefois, dans une démarche originale ou tous les acteurs sont impliqués dès le départ, cela peut-être acceptable.

Pour le vote des étrangers, c'est un débat sur le code électoral.
Pour le moment pour débattons sur un processus électoral transparent.

23.Posté par Sema Taou n Kemet le 15/03/2010 14:16 | Alerter
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Hotep candace
Tu portes là le digne Nom d’une Grande Lignée de Reines Africaines, dont l’une a eu raison de la politique et l’armée de’Auguste César en Personne !
C’est bien là une preuve qu’il y a dans le patrimoine négro-africain des « faits sociaux » de type politiques, en matière de résistante et de libération nationale qui peuvent faire l’objet de réflexion et de conceptualisation pour ériger une pensée politique nouvelle et valable dans notre contexte qui n’est pas celui de l’occident « civilisateur » par l’esclavage et la barbarie colonialiste !
Mais je vais juste te dire que l’important n’est pas que tu me soupçonne d’être un « adepte » d’un site Internet, en plus, je me sens quelque peu insulté, mais ce n’est pas grave ! Ce qui est important disais-je c’est notre capacité à transcender les normes imposer par l’occident qui sont inadéquats dans nos contextes culturels et s’appuyer sur ce qui fait de nous, nous et non pas « la lie des nations » !
Tu dis : « Mais si on s'amusait à vulgariser tous les courants de pensée africaine, on crierait à l'ethnisme, à l'afrocentrisme… »
Tu vois là ma chère, « l’ignorance tue et la connaissance libère », tu considère que les courants de pensée africaine sont des « amusements », donc tu légitime le discours suivant :
« La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie(...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ». Emmanuel Kant (1724-1804) (dans "Essai sur les maladies de la tête, Observation sur le sentiment du beau et du sublime, éd. Flammarion, 1990")
Ou encore
« « L’infériorité intellectuelle des noirs est génétique. Le nombre de gènes de l’intelligence chez les Noirs est inférieur à celui des Blancs. » Arthur R. Jensen (généticien dans les années 1970 !) »
Fais attention à ce que tu dis ma chère, ou tu es africaine ou tu ne l’es pas, et si tu ne l’es pas laisse les africains défendre leur culture, leur sol et leurs richesse avec dignité !
Sache que l’ethnisme est concept inventer pour légitimer la colonisation au XIXè siècle, car je te défis de me donne son équivalent conceptuel dans ta langue, à l’exception de toute influence occidentale !
L’afrocentrisme comme tu le dis est une invention d’une spécialiste non africaine des faits culturels africains (juive américaine), Marie Lefkowitz, qui en voulant discréditer les afro-américains qui se retournaient vers le continent noir pour chercher leurs racines (tout peuple a un passé), à inventer le terme afrocentrisme pour les discréditer, et toi sans réfléchir ou t’informer tu « niaise » comme le dis Kant !
Nous voilà devenu des caricatures de nous même tel que l’occident l’a conçu et nous l’inculque.
La même occident nous dit qu’on est pas apte à la démocratie, ou nous traite de « démocratie bananière », et nous comme des singes, on veut briller par notre manque de génie créateur et singer le blanc. On veut à tout prix lui plaire qui à renier ce que nous sommes et ce qu’on peut faire de bien sans recourir à leur procédés.
Et enfin, tu dis : « Imagine qu'un jour soit proposée en milieu scolaire la pensée Mvett, qui à mon avis véhicule des valeurs universelles tout aussi bien que les courants occidentaux, quelle serait la réaction de nos bien pensants gabonais? »
D’abord, ce sera très bien pour toute personne consciente et fière d’être africain avant tout, ensuite il n’ya pas que le Mvett comme traditions initiatiques et culturelle. Il y a la Rekigion nationale qui est Bwiti, le Mwiri, le Djobi, le Djembet, le Mugulu, le Mbwanda et autres tradition séculaires qi nous relient à nos anciens et notre terre.
Seuls les moutons qui s’identifient aux maîtres blancs, sans âmes, et qui vont défendre les intérêts des blancs chez nous, vont trouver cela mauvais !
Donc, il faut toujours établir un cadre conceptuel avant d’avancer des idées, car des idées tout le monde en a, mais ce qui est constructif c’est la caisse de résonance, donc le paradigme qui les rend opératoires et efficace, amis aussi qui leur donne une signification sociale et culturellle.

22.Posté par Sema Taou n Kemet le 15/03/2010 13:46 | Alerter
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Hotep Doom,
Je suis ravi de voir que tu es l’un des seuls sur ce site à faire avancer le débat, c’est cela qu’on voir sur ce forum.
Toutefois, je vais répondre point par point aux contre-arguments que tu as avancé dans ce débat, dans un souci de clarté et de pédagogie.
Tu dis : « Ton exposé est fort intéressant dans un contexte universitaire certainement.
Moi je suis ingénieur de formation, le pragmatisme est un de mes fondamentaux, rester basique, car les choses les plus simples sont les plus efficaces. »
Il faut déjà admettre qu’un ingénieur est formé théoriquement aussi, donc à cet effet, tu devrais savoir que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », autrement dit, les procédés mathématiques qui te permettent de rendre « efficace » l’édifice que tu veux réalisé est d’abord et avant tout « abstraction », donc « conceptuel ». En tant qu’ingénieur, tu sais aussi bien que moi que la « science » est un « savoir élaboré qui est décliné par la gamme des concepts qui la rendre accessible », donc même en tant qu’ingénieur tu ne fais exception ! Tu pense avant d’agir et c’est cela que je nous invite. Mais penser c’est forger des concepts qui une fois théorisés sont appliqués à des réalités que nous connaissons. Je ne vois donc pas l’incompatibilité ici entre « penser et agir » !
C’est comme dire à un enfant plein de vigueur de courir sans lui donner la direction et la raison de sa course, tout simplement parce qu’il a la faculté de courir. Chez les africains il y a un adage qui dit « qu’il faut tourner la langue avant de parler » et mon père, administrateur et technicien supérieur de formation, me disait sur ses chantiers « le cerveau avant les bras » ! A méditer !

Tu ajoutes ceci : « Ceci dit, dans un monde globalisé, même si on veut ancrer notre réflexion sur notre culture, nos particularismes, etc. Il n'empêche que dans le cas qui nous occupe,
le problème restera entier. Je ne pense pas que de grands discours sociologiques nous aideront
plus que réalisme, la simplicité et la modestie de vos contributions. »
Le cas qui nous concerne est un « fait social total » qu’on appelle politique ! Et je te signal qu’il est interdépendant des autres domaines de la vie social : l’économique, le culturel, le social et le religieux ! À ce titre, ce que tu appelle particularisme, chez les autres, notamment les français parlent d’identité française, pourtant dans un monde globalisé. C’est pareil, en Chine où il y a une identité chinoise malgré le fait qu’elle soit l’usine du monde, et to Gabon c’est quoi son identité ? La France ?
Le problème comme je le signale depuis est ce sur quoi on va fonder notre pensée du « politique », à partir de quelle identité allons nous, nous gabonais et africains, donner un coup d’arrêt définitif aux maux qui minent nos sociétés ? Il faut penser avant d’agir, et on pense à partir de concepts et ces concepts s’ancrent dans ce qu’on appelle la culture, car la culture est la vision du monde avec ses valeurs et ses idéaux, comme ses préjugés ! Et les préjugés de la culture à laquelle on fait référence, l’occident, a préjuger que :
« J’incline à penser que les nègres, et en général toutes les autres espèces d’hommes sont naturellement inférieurs aux blancs. Il n’y eut jamais une nation civilisée d’une couleur de peau autre que blanche, ni même aucun individu éminent, que ce soit dans le domaine de l’action ou de l’esprit. » David Hume (philosophe anglais) (Popkin, 1974)
Ou encore que : « L’égalité des noirs ! Balivernes ! Pendant combien de temps encore, sous le gouvernement d’un Dieu assez grand pour créer et diriger l’univers, y aura-t-il des fripons pour colporter, et des imbéciles pour reprendre, des propos d’une démagogie aussi basse. » Abraham Lincoln, président des USA (in Sinkler, 1972, p.47)
« Aucun gouvernement démocratique ne pourra jamais marcher en Afrique. » Bertrand Russell (1872-1970, mathématicien) (Cité par Paul Johnson, le grand mensonge des intellectuels)
Voilà pourquoi la rupture avec le système de pensée occidental est le préalable à tout type de pensée rationnel qui se voudrait opératoire pour la libération totale et sans concession, sino c’est « quitter le choléra pour la peste », donc aucun changement de fond sinon de forme.
Tu renchérie en ces termes : « J'ai vraiment l'impression que vous n'êtes pas conscients du caractère crucial que revête dans une démocratie, un processus électoral clair et fiable.»
Peut-être, n’as-tu pas pensé que je me positionne pas dans un jeu dont les règles ne sont pas négociées et fixées par ceux qui le pratiquent, étant souverain, mais par des nations qui ont briller par l’esclave (plus grand crime contre l’humanité), le colonialisme (crime contre l’humanité) et le néo-colonialisme et l’ingérence actuelle, services secrets, pour déstabiliser les nations non-alignées etc. Et tu me parle de démocratie, avec quelles règles. Sache que ce que tu appelle démocratie n’est qu’une forme d’oligarchie où 51 pour cent peuvent s’imposer au 49 autres, mais 51 pour cent du peuple ce n’est pas tout les peuple, ce n’est qu’ne partie, alors et l’autre partie on s’en fout ? Réponds à cette problématique, et tu verras que la remise en cause du système de valeur et des représentations culturelles de l’exercice du pouvoir est à mettre à plat avant toute tentative de proposition (ce sont des préalables à la pensée et l’action efficace)
Et saches que si tu connaissais ton patrimoine historique tu saurais qu’en Afrique Noire Précoloniale, il a toujours existé une gouvernance constitutionnelle où toutes les couches de la société étaient représentées, et au sein duquel le Roi ou le Chef n’était pas tout puissant. Mais ça tu vas me dire que c’est passéiste ! Mais il n’y a qu’à voir comment dans nos villages s’exerce le politique et tu sauras que ce qui est recherché ce n’est pas la majorité pour s’imposer mais l’unanimité pour imposer l’harmonie.
Donc, je suis d’accord nos formations initiales nous formates intellectuellement. Et je ne suis pas d’accord avec le reste car tu demande aux gens d’agir sans réfléchir, parce que guidés par des états d’âmes ou la colère aveugle. La réflexion est un outil essentiel car nous détache méthodiquement de ce qui passe empiriquement pour discerner non pas la chose en elle-même mais ce qui soutient ou légitime cette chose, donc la cause profonde.
Toute nouveauté s’incruste dans un élément structurant (la culture), où est-elle ? comment se manifeste-elle politiquement ? Donc les appareils politiques reflètent-ils nos aspirations profondes et légitimes ? Sont-ils des outils adaptés à nos valeurs socioculturels ?etc ?

21.Posté par candace le 15/03/2010 13:14 | Alerter
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Sema Taou Kemet est visiblement un adepte du site Africamaat. Mais si on s'amusait à vulgariser tous les courants de pensée africaine, on crierait à l'ethnisme, à l'afrocentrisme....Imagine qu'un jour soit proposée en milieu scolaire la pensée Mvett, qui à mon avis véhicule des valeurs universelles tout aussi bien que les courants occidentaux, quelle serait la réaction de nos bien pensants gabonais?

20.Posté par La Citoyenne le 15/03/2010 12:56 | Alerter
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Mais c'est utopique car en face, ils sont déjà enracinés!

19.Posté par La Citoyenne le 15/03/2010 12:54 | Alerter
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Les codes barres sur bulletins de vote c'est une bonne idée car ils permettront la traçabilité du bulletin seul hic les lecteurs codes barres (le moins cher 64 euros environ 42000FCA)coutes chers.
On peut toutefois faire une appel d'offre et ainsi voir les prix proposés par les différentes entreprises.
Il faut dans ce cas mette en place un fonds spécial chargé du bon déroulement des elections qui privilégera d'abord les bulletins de vote avec codes barre et ensuite demande aux nations UNIES de nous envoyer des observateurs impartiaux qui auront à coeur le bon déroulement du scrutin et enfin la formation des membres des bureaux de vote qui reste également importante!

18.Posté par La Citoyenne le 15/03/2010 12:28 | Alerter
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Un recencement clair et transparent devrait égalemnt être effectué afin de rendre effective et claire les listes électorales.

De même que une loi devrait être instaurer afin que tout étranger naturalisé puisse prouver comment il a obtenu la nationalité gabonaise?

Tout étranger qui s'ingérait dans les affaires du gabon électoralement parlant sera condamné à 2ans de prison ferme avec expulsion vers son pays pour avoir violé la loi!

Je reste quand même sceptique quant à l'affichage des résultats sur un site internet car aujourd'hui on peut pirater le serveur d'un site.
Et connaissant les millions que les bongos ont, ils ont les moyens de s'armer des meilleurs informaticiens en piratage informatique...
Je pense que la proclamation doit se faire bureau par bureau et le jour même, la CENAP qui sera composé de 50% des membres de l'opposition et de 50% des membres du pouvoir en place, elle aura un rôle gendarme c'est-a-dire le respect et le contrôle du bon déroulement du scrutin.

Tout résultat qui ne serait pas proclamé le jour même sera simplement et purement annulé
50% de la somme versée par les candidats prétendant au fauteuil ne doit pas seulement servir à payer des gens qui viennent voir sans rien voir ou encore à la fabrication des bulletins de vote, cet argent doit également servir à mettre des moyens nécessaire afin d'anihiler complètement la fraude.

Des membres de bureaux de vote doivent également être formés 1ans avant le scrutin quel qu'il soit

La présidente de la cour constitutionnelle doit avoir un mandat renouvelable 2fois sinon elle devient anti-constitutionnelle
De plus, aucun lien de parenté ou marital ne doit exister sinon elle est anticonstitutionnelle.


17.Posté par Doom le 15/03/2010 11:41 | Alerter
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Cher Sema Taou n Kemet,
Ton exposé est fort intéressant dans un contexte universitaire certainement.

Moi je suis ingénieur de formation, le pragmatisme est un de mes fondamentaux, rester basique, car les choses les plus simples sont les plus efficaces.


Ceci dit, dans un monde globalisé, même si on veut ancrer notre réflexion sur

notre culture, nos particularismes, etc. Il n'empêche que dans le cas qui nous occupe,
le problème restera entier. Je ne pense pas que de grands discours sociologiques nous aideront
plus que réalisme, la simplicité et la modesties de vos contributions.


J'ai vraiment l'impression que vous n'êtes pas conscients du caractère crucial que revête dans
une démocratie, un processus électoral clair et fiable.



Bref, comme, j'ai l'impression que vous avez du mal à contribuer, je vous propose une démarche simple.
Je vous propose de procéder comme à l'assemblé nationale, lors d'un débat sur nouvelle loi. Je vous propose d'apporter des
amendements à mes propositions.



Exemple :

Proposition 1

Amendement 1 (Sema Taou n Kemet) : description de l'amendement




Suite à vos propositions, je ferais ou un volontaire, une compilation des meilleurs amendements, plébiscités par tous
et postera les propositions finales, que nous pourrions diffuser sur d'autres sites comme facebook etc.


Qu'en pensez-vous ?

16.Posté par Sema Taou n Kemet le 15/03/2010 10:24 | Alerter
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Cher Doom Hotep!

Mon post a été posté à cet endroit pour que vous commencez à abordez les problèmes avec une autre approche, mais c'est le but de toutes interventions sur ce site.

Concrètement, quelle sont les fondements théoriques ou conceptuels de nos analyses des sociaux africains et gabonais en particulier: les concepts culturels occidentaux (souvent à tort appelés scientifiques).

Vous utilisez une vision occidentale du monde et des pratiques pour résoudre un ou des problèmes Africains, c'est quand même un peu bidon, puisqu'en Asie, on ne résout les problèmes asiatiques avec les recettes conceptuelles américaines, en europe on ne le fait pas avec des concepts africains et ainsi de suite. Je ne comprend qu'on ne puisse pas voir ou percevoir que tant qu'on reste sous la tutelle conceptuelle occidentale on n'aura jamais des solutions pérennes aux maux africains!

Mais la connaissance du passé et du patrimoine kemit, donc africain nous le fait savoir: Ils nous ont esclavagisé parce que l'Eglise avait dit on n'a pas d'âme. C'est pour la même raison que nos élites politiques ont tous été dans des écoles confessionnelles (commence à voir le lien )
Ensuite, ils nous ont colonisé: pour eux nous étions une maind'oeuvre corvéable à souhait, étant donné notre sous-humanité, selon leurs philosophes et penseurs du siècles des lumières. Pensées qui sont à la base même des sciences humaines et sociales qui sont au fondement de nos analyses sociales des faits africains (voilà encore un lien )

Mais plus récemment, nous soufrons des dettes auprès d'établissements occidentaux d'actionnaires privés que la Banque Mondiale et le FMI, dettes qui sont le fruit des ajustements structurelles qui nous ont entraîné dans la voie du sous-développement! Pourquoi ?parce que nous sommes toujours en train de penser l'afrique à partir de présupposés occidentaux dues à notre état d'aliénés et de colonisés, politique, culturel, mental, religieux, et économique.

Tous les domaines de la vie occidentale s'attèle à légitimer ce rapport de force et imposer ce point de vue. Il na faut pas oublier que la démocratie nous a été imposé par la france en 1989 après le discours de la Baule, par la France. Mais juste pour qu'on se fasse comprendre, connaissons-nous l'histoire et les principes démocratiques depuis Athènes? Non!

A-t-on pris le temps de socialiser les moins instruits à la sauce occidentale aux enjeux d'un tel type de gouvernance (comme si on en avait pas avant l'arrivée des blancs)Non! C'est exactement comme on a tout imposer: la religion chrétienne ou musulmane, la langue française, l'école française, les travaux forcés, l'état gabon (conférence de Berlin 1884-1885)!

Donc à partir de ce moment est-ce que honnêtement tu peut m'affirmer qu'un gabonais lorsqu'il pense ou qu'il réfléchit sur les faits sociaux africains, il fait de manière souveraine, de manière à expliquer le fait africain par les concepts proprement africains? je crois que non, on n'est pas souverain de nos propres pensées puisque la mesure de notre pensée est bornée par la pensée de référence du maître blanc!

Alors si on ne connait pas nos humanités classiques africaines et que l'on jette dans les spéculations conceptuelles occidentales pour résoudre les problèmes africains, on ne les résout pas, mais on ajourne simplement l'anéantissement!

Tournez vous vers votre passé africain, qui est glorieux (Egypte, Soudan, Mali, Ghana, Congo, Zimbabwé) et puiser les forces nécessaire de ce passé pour mieux affronter l'avenir, car un arbre sans racine est un arbre mort!

15.Posté par Doom le 15/03/2010 00:41 | Alerter
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Cher Sema Taou n Kemet,
Post fort intéressant. J'ai toujours pensé que la religion était un pouvoir politique comme un autre et qu'on devait la considérer comme telle. Je déplore l'attrait des africains aux religions venues de l'occident et née en orient. Ceci dit :-) ton post casse toute même la dynamique de mon article et je ne vois pas très bien le lien. Mais ce n'est pas grave. J'attends tes améliorations à mes propositions.

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