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Télesphore Ngomo : Le Gabon, dans «une situation contraire au jeu des équilibres démocratiques»

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Samedi 12 Juillet 2014 à 07:38 | Lu 934 fois

Journaliste et blogueur bien connu, Télesphore Obame Ngomo est le directeur de publication du bimensuel «Le Verbe de Ngomo», suspendu pour une durée de 6 mois par le Conseil national de la communication pour «violation de l’article 28 du code de la communication». Ayant saisi la Cour constitutionnelle, il explique les tenants et aboutissants de cette affaire et en profite pour dresser un état des lieux de la démocratie gabonaise.



Gabonreview : Vous avez récemment saisi la Cour constitutionnelle pour contester une décision du CNC à l’encontre du titre «Le Verbe de Ngomo» dont vous êtes le directeur de la publication. De quoi il s’agit au juste ?

Télesphore Obame Ngomo : Le 12 juin 2014, au cours d’une séance plénière extraordinaire réunissant tous ses membres, le Conseil national de la communication (CNC) a décidé de l’interdiction de paraître du bimensuel «Le Verbe de Ngomo». L’unique objet de cette plénière, qui a porté sur la parution N°17 du 4 juin 2014 dudit journal, a amené tous les membres de cette institution à voter à l’unanimité pour la suspension de notre organe de presse pour la durée maximale de six mois. L’article intitulé «Et si l’on parlait d’acte de naissance ?» a été incriminé au motif qu’il traitait de la nationalité du président de la République Ali Bongo Ondimba.

Pourtant, à la lecture de cet article, tout esprit raisonnable peut comprendre qu’il n’y est nullement question de la nationalité du président de la République mais de son acte de naissance. Tout d’abord, l’article commence par relever le caractère nocif et dangereux du débat sur la nationalité tel que abordé par une certaine presse, disons-le, pro-émergente. Cette dernière disqualifie, pour la prochaine présidentielle de 2016, certains leaders politiques, en l’occurrence Jean Ping et Jacques Adiahenot, en relevant de manière spécieuse, leurs origines chinoise et russe. Puis, le même article rappelle, d’une part, que les affres de l’ivoirité en Côte d’Ivoire naquirent de ce genre de débat sulfureux, et d’autre part qu’en 2009, l’acte de naissance du chef de l’État, lui-même, était déjà à caution.

Point qui fut relevé publiquement à la Cour constitutionnelle par un de ses adversaires, en la personne de Luc Bengono Nsi. L’article poursuit également en relevant les négligences dues à la personne mandatée pour retranscrire l’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba. Enfin, le même article conclue en soulignant le rôle et la fonction d’un acte de naissance dans la vie administrative des citoyens.

Chose surprenante, sur l’ensemble des lecteurs du bimensuel «Le Verbe de Ngomo», seuls les membres du CNC semblent avoir compris autrement l’esprit et la lettre de l’article incriminé. Autant de choses qui nous amènent à relever les incohérences dans la communication du CNC à propos de cette triste affaire. D’abord le CNC confond les expressions «mise en garde» et «mise en demeure» alors que chacun d’eux à un sens bien précis. Si toute la presse nationale a bien été mise en garde sur le traitement réservé à cette thématique dite sensible de la nationalité des hommes politiques, notamment celle du chef de l’Etat, aucune mise en demeure n’a été adressée à la presse nationale et en particulier, au directeur de publication du bimensuel «Le Verbe de Ngomo».

Autre incohérence, les termes de la décision officielle d’interdiction de paraître du Verbe de Ngomo, remise en privé au responsable de cet organe, sont bien différents de ceux du communiqué paru dans le quotidien national L’Union des 14 et 15 juin 2014, à l’endroit de tous les citoyens. Nous terminons la réponse à cette question en mettant en exergue le caractère anticonstitutionnel de la décision d’interdiction de paraître de notre bimensuel et même celui de la mise en garde que le CNC adressa à la presse nationale car les actes réglementaires de cette institution sont en flagrante violation de la liberté de la presse garantie par les dispositions de la Constitution et du Code de la communication en République gabonaise.

Comment s’est passée la confrontation au niveau de la Cour constitutionnelle ?

Nous avons été reçus le 8 juillet 2014 dès 11h dans les locaux de la Cour constitutionnelle par deux juges. L’audition s’est bien passée car il nous a été permis de livrer notre part de vérité dans cette affaire dont les contours seront étudiés par l’ensemble des juges constitutionnels. À la lumière des échanges de l’audition, il apparaît que les articles 1, alinéa 2 et 94 de la Constitution et les articles 3, 8, 9 37, 38, 39, 43, 58 et 114 du Code de la Communication en République gabonaise ont été bafoués par la décision N°007/CNC/2014 du 12/06/2014 du CNC. La Cour constitutionnelle devra, dans l’étude de cette affaire, se prononcer sur la constitutionnalité de cet acte réglementaire du CNC.

Étiez-vous accompagné d’un avocat lors de votre audience ? Si oui qu’elle a été la ligne de défense choisie ?

Non, aucun conseil juridique ne nous accompagnait au cours de cette audition car les textes de loi parlent suffisamment en faveur de la liberté de la presse que nous défendons.

Qu’elle a été la décision de la Cour constitutionnelle et qu’entrevoyez-vous pour le futur ?

Nous attendons encore la décision de la Cour constitutionnelle, qui se prononcera dans un rapport après avoir entendu l’autre partie, le CNC. Mais nous ne doutons pas qu’elle dira le droit. Et nous gardons une grande foi en la justice de notre pays.

Que pensez-vous de la démocratie gabonaise sous l’Emergence ?

Selon l’axe 1 du projet de société du candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG), Ali Bongo Ondimba, dans la thématique «consolider l’Etat de droit», il disait en août 2009 «Notre pays doit rester un État de droit. C’est la première condition pour consolider notre démocratie. Nous devons continuer à garantir et renforcer le pluralisme politique, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté d’association et d’entreprise à travers les institutions républicaines existantes. Dans cette perspective, l’opposition devrait avoir un statut en rapport avec les exigences de la démocratie.

De même, l’État devrait continuer à soutenir le développement de la presse et encourager les initiatives de la société civile. Par ailleurs, il faut rééquilibrer dans la Constitution les pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. À cet effet, il convient de repréciser les rôles et les missions des acteurs de chaque pouvoir, tout en veillant à renforcer les capacités du Parlement et de la justice pour leur permettre de jouer efficacement leurs rôles.»

Au regard de ces annonces de campagne et des actes posés en cours de mandat, il est difficile d’apprécier positivement l’état de santé de notre processus démocratique. Le statut de l’opposition reste inexistant, et le premier parti politique de l’opposition a été dissout, les organes de presse libres et indépendants sont régulièrement convoqués voire censurés, la société civile est sans cesse pourchassée. Il y a eu une modification de la Constitution qui renforce les pouvoirs de l’exécutif contrairement aux attentes des populations qui croyaient en un nouvel élan.

Le Parlement gabonais est actuellement monocolore. Une situation contraire au jeu des équilibres démocratiques. La justice de notre pays est contestée et décriée par les populations sans cesse abusées. D’où l’absence de confiance affichée à l’endroit des hommes de loi. Ce qui inévitablement peut conduire notre pays vers des saisons d’anomie incertaines. Ce tableau sombre que je dépeins avec peine et regret n’est que la triste réalité de la situation sociale de notre pays. Aussi, je peux affirmer que nous avons une fois de plus fait perdre du temps au processus démocratique de notre pays.

Samedi 12 Juillet 2014
Gabonlibre.com : News 7J/7
Vu (s) 934 fois




1.Posté par orteguslevirus le 12/07/2014 12:09 (depuis mobile) | Alerter
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Wo ne fame. Tu seras toujours lu même sur les blogs.

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