TEXTO DU MERCREDI 8 FEVRIER 2012
Il ne se passe pas une semaine sans que la Télé RTPDG nous annonce que Ali 9% a reçu telle ou telle délégation d’hommes d’affaires en audience. Nous nous sommes amusés à compter le nombre d’audiences, et avons totalisé exactement soixante neuf audiences en vingt huit mois de pouvoir, soit quasiment trois audiences par mois.
Si on y ajoute les voyages à l’étranger du raïs consacrés à la recherche des investisseurs, le chiffre explose le plafond.
Côté concrétisation, les gabonais ont beau écarquillé les yeux, ils ne voient toujours rien venir.
Alors, question : Pourquoi rien de concret ne sort de ces rencontres Aliennes ?
Trois camps avancent des arguments présentant d’énormes disparités.
Le premier camp comprend deux sous camps.
Pour les uns, le Gabon sera émergent en 2025 (par un décret ou par une ordonnance présidentielle d’Ali sans doute), les hommes d’affaires affluent, les investissements sont en cours, « laissez-nous avancer », et taisez-vous, disent-ils.
Les plus sérieux, ceux du second sous camp, appellent les gabonais et les critiques à la patience, et les invitent à attendre 2016 pour demander le bilan de l’actuel pouvoir.
Pour résumer, ce premier camp impose aux gabonais de se taire et de circuler, sans faire ni de critique, ni d’opposition politique.
C’est une attitude est tout simplement antidémocratique.
Le deuxième groupe relève que de nombreuses promesses sont faites par certains hommes d’affaires, mais si rien ne sort de terre, c’est à cause du climat des affaires qui n’est pas ce que le pouvoir d’Ali Bongo présente à ses interlocuteurs.
Les principaux secteurs susceptibles d’attirer les investisseurs étrangers au Gabon font partie de l’économie de rente dont la répartition est faite depuis longtemps, et où le clan Bongo a des intérêts personnels.
C’est pourquoi les investisseurs préfèrent se tourner vers d’autres pays où la pression politico-économico-patrimoniale est moins forte.
En soutien à cet argument, ce groupe pointe que les investisseurs occidentaux ne font pas partie de la flottille des « reçus » en audience, et fait remarquer, à juste titre, que les investissements en provenance de l’Union Européenne, des USA et du Japon, continuent à baisser au Gabon.
Les nouveaux visiteurs ne seraient donc en réalité que des vendeurs de cacahuette ou d’illusion.
L’absence de concrétisation des promesses d’investissements est imputable au pouvoir dit le dernier camp.
La dégradation du climat politique et notamment le recul démocratique avec un parlement monocolore inquiète à l’étranger, disent-ils.
Vous l’aurez donc retenu, les investisseurs ont compris depuis longtemps qu’investir au Gabon d’Omar Bongo n’était déjà pas fiable ; avec les actes posés par le fils donc la succession a été tout sauf démocratique, on peut craindre le pire.
Aussi, ils préfèrent vendre du vent à Ali qui aime bien ça.
PETIT-LAMBERT OVONO