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Réponse à TimesGabon. Mais où sont donc les vrais opposants gabonais?

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Vendredi 19 Août 2016 à 06:00 | Lu 992 fois



« Ainsi, nous assistons à une situation consternante. Les principaux hiérarques de l’ancien système politique basé sur les privilèges et l’accaparement des richesses de l’État sont devenus aujourd’hui les leaders de l’opposition gabonaise. C’est totalement irréaliste! Mais comment en est-on arrivé là? Cela tient principalement à deux choses.
La première est l’inexistence quasi totale de véritables partis d’opposition. Une pléthore de personnes se déclare opposants, mais ces gens ne font que s’opposer à un homme, Ali Bongo, pour des raisons personnelles. Ils ne s’inscrivent pas dans une démarche idéologique différente de la personne qu’ils combattent. Leur unique préoccupation est de reprendre les rênes du pouvoir afin de s’accaparer à nouveau des richesses du pays. » ( TimesGabon. 18,aout 2016 - 11:30)

L’opposition est dans le peuple.

Les partisans de ce système doivent se poser la question suivante : dans un pays où la grande majorité du peuple regarde avec une indifférence sidérale cette gravitation au sommet, que vaut la légitimité des représentants qui s'est effritée, le vote se déroulant dans un contexte rendu inédit par une abstention aux élections.
Omar Bongo, malgré tout son argent, la sophistication de sa police, le soutien massif de la Françafrique, n’avait réussi à dompter le peuple gabonais.

C’est l’exclusion politique qui est aujourd’hui un fait caractéristique, de l’emprise totalitaire du système-Bongo sur le pays. Cette exclusion se manifeste abruptement sous deux rubriques (formes).
La première est sans conteste celle de l’abstention électorale. La première manifestation de cette exclusion est l’abstention qui a atteint des niveaux records à chaque consultation qui a eu après le coup d’Etat électoral de 1993. 70 à 75% au référendum pour la ratification des fameux accords de Paris en 1995 ; plus de 80% aux élections législatives et locales de 1996 ; d’avantage encore à celles de 2001 (95% à Libreville).

La seconde, plus discrète encore, est celle de la non-inscription sur les listes électorales. L’abstention et le refus de s’inscrire sur les listes électorales sont devenus, le seul vote libre pour les Gabonais exclus du système Bongo. Leur auto-mise à l’égard constitue pour eux la seule réponse appropriée à leur mise à l’écart de fait par les magouilles politiciennes du système.

Perte de la parole, perte de la responsabilité, attestée par la désertion totale de tout contre-pouvoir démocratique (une presse libre et libérée, des syndicats et des formations politiques responsables et capables de critiquer valablement l’action du gouvernement, une opinion tenue en considération par les dirigeants). C’est ce qui exprime le vrai « retrait du politique » lui-même véritable manifestation politique de la société gabonaise.
Puisque l’abstention et la non-inscription sur les listes électorales sont devenues le seul vote du peuple qui, ont ceci de particulier que l’auto mise à l’écart s’y constitue comme la seule réponse appropriée à la mise à l’écart de fait par la logique du régime, de la conscience des citoyens.

La prétendue démocratie apaisée à la soupe conviviale PDG-Bongo et consorts, est dans sa méprisable réalité, une « médiocratie » de citoyens passifs. Passifs, comme l’étaient sous l’Ancien Régime en France avant la Révolution de 1789, les « Im-propriétaires ». C’est ce que j’appelle la « Démocrature ». Ainsi, on a le sentiment aujourd’hui, que l’homme gabonais, se sentant rejeté à l’extérieur de l’Etat qui au fond se moque de sa personne et ne lui demande rien, en dehors de jouer la farce des plébiscites programmés du potentat au pouvoir, et surtout ne lui apporte rien, rejette l’Etat, le traitant comme une puissance étrangère qui l’exploite aux mieux de ses intérêts et qui ne répond à aucune de ses demandes.

Aujourd'hui, il faut se convaincre que l'événement de 1990 aura, en réalité, accouché un nouveau monstre politique au Gabon : le multipartisme unique. Cette sorte de croisement entre le PDG, le parti Etat demeuré monolithique, et des satellites issus de la tentative d'organisation proposée lors de la rencontre de mars/avril 1990 sous forme d'un rassemblement RSDG. Ce qui, se termina, à l'issue de ces rencontres, en une multitude de groupes, groupuscules et contre groupes.

Pour mémoire, les Gabonais doivent admettre en leur âme et conscience de leur forfaiture de 1990.
Cloué au pilori en 1990 pour mauvaise gestion, le PDG est revenu aujourd'hui par la grande porte sous le masque de la "majorité présidentielle" qui fit grand bruit en 1989, quand Mba Abessole la proclama pour la première fois. Bongo a enfin reconstruit, avec son complice du RSDG mort-né, grâce à la convivialité de la "Mangeoirecratie apaisée", son système tyrannique. En effet, Omar Bongo réunit dans le cadre de ce qu’on a appelé : la Conférence Nationale 75 groupements divers en allouant à chacun 20 millions de francs CFA.

Cette Conférence Nationale s’est tenue à Libreville du 23 mars au 19 avril 1990. Lors de cette rencontre vont s’affronter deux camps. D’un côté les « Rénovateurs » du PDG, menés par Ali Bongo, André Mba Obame avec le « Père » Paul Mba Abessole. De l’autre, le FUAPO, qui verra très en vue Joseph RENDJAMBE. Rendjambé était un stratège politique fin connaisseur des techniques de manipulation des masses populaires. Il détourna l'enjeu pendant la Conférence Nationale en exigeant et obtenant le multipartisme immédiat. Sa mort privera à jamais l'opposition gabonaise d'un adversaire sérieux, résolu et radical.

« La Conférence s’ouvrit, le 23 mai, par un discours du Président de la République. L’objectif que le Chef de l’Etat lui assignait était de poser les bases d’un vrai système démocratique. Pour cela, nous devions passer par une période transitoire d’apprentissage des mécanismes et des principes régissant une démocratie multipartiste, si nous voulions éviter à notre pays un avenir incertain qui laisserait libre cours à l’arbitraire. Selon le Chef de l’Etat, pour travailler à la mise en place de ce nouveau système, il fallait « faire preuve d’honnêteté, de franchise, d’humilité et d’objectivité… » La création d’un rassemblement était nécessaire. Celui-ci devait servir de cadre « nouveau et approprié où se retrouveraient les gabonais de toutes les conditions et de toutes les opinions dans le cadre des courants politiques en vue de préparer dans l’harmonie l’avènement du multipartisme… ». On avait prévu, pendant la période transitoire, la mise en place d’institutions nouvelles et la construction d’une société civile active.

Le discours du Président de la République était clair et imprégné de la sagesse d’un homme avisé. A-t-il été compris ? Pas du tout ! Une fois de plus, nous avons erré. La voie tracée, simple, logique, pleine de bon sens, fut refusée. Au lieu de penser d’abord au Gabon, on a privilégié les intérêts individuels. Comment pouvait-on imaginer, un seul instant, qu’on pût changer les mentalités façonnées pendant 23 ans de système monopartiste dans l’espace d’une Conférence Nationale qui a duré 27 jours ? Le bon sens recommandait normalement la prudence.

Mais un groupe de cadres excités, imbus d’eux-mêmes, firent des pressions sur l’ensemble des participants pour jeter aux orties le fruit de la réflexion de plus d’un mois. On refusa donc les statuts du Rassemblement que la Conférence devait amender et adopter. Le Rassemblement Démocrate Gabonais devint caduc et l’on s’engagea dans une aventure. Des intellectuels de haut et de bas niveaux se déchaînèrent pour chanter leur victoire avec des effets de manche ou avec des coups de menton. Ils ignoraient que ce qu’ils avaient chanté comme victoire était, en fait, une défaite de plus pour le Gabon et pour les Gabonais.

Un groupe, cependant, limita les dégâts en empêchant que la Conférence ne fût souveraine. J’en étais. Notre argument : « Personne de ceux qui participaient à la Conférence n’avait été mandaté par le peuple, on n’avait donc nullement le droit de décider souverainement ».

Les débats continuèrent sous le sceau de l’orgueil. On prenait la parole pour montrer qu’on savait parler. On voulait avoir raison des autres. On voulait dominer à tout prix. Le Gabon fut oublié au profit de l’obtention du multipartisme sans qu’on se posât la question de savoir ce qu’il adviendrait après. Des gens montaient à la tribune pour s’exprimer et non pour exprimer des idées.

Ceux qui avaient été les grands chantres du monopartisme se sont transformés en grands pourfendeurs du système qui les avait fabriqués. J’imaginais le Président de la République suivant chez lui tous ces débats à la télévision. Il voyait tels ou tels pour qui il avait tout fait, à commencer par intervenir pour qu’on leur décernât leur diplôme dans telle université occidentale. Ils se croyaient des phénix de cette tribune. Naguère lâches, mouchards, ils se prenaient pour des héros dans la conquête d’un multipartisme que le Président avait déjà décidé dans son for intérieur.

Un point positif sortit tout de même de ce tintamarre : la charte des libertés.
Enfin arriva le 19 avril 1990. Le Président décida de clôturer la Conférence. C’est à ce moment-là que la tare originelle des gabonais allait de nouveau réapparaître. Deux camps antagonistes. Dans une salle, les partis dits de l’opposition, réunis dans le FUAPO et nous MORENA des Bûcherons, dans l’autre, les partis proches du PDG. C’est dans la grande salle de la Cité de la Démocratie que le Président de la République allait prononcer le discours de clôture.

Au Gabon, la conférence nationale de 1990 ne fut pas souveraine. Elle aboutit à des propositions dont la plupart furent habilement détournées par Omar Bongo. Le multipartisme fut effectivement proclamé, mais les fraudes aux élections lui enlevèrent toute crédibilité. Après les émeutes de février 1994, consécutives à l’élection de 1993, les Accords de Paris ne furent qu’une «redistribution du gâteau»
La Conférence Nationale fut un échec, du fait que l’ambition des gabonais qui était le changement incarné par le départ des Bongo et la lancée du pays vers un nouvel horizon, ne fut jamais sérieusement considérée. Cette Conférence Nationale a aboutit à des résolutions sans lendemain, et fut même préparée par les soins d’un script que contrôlait Bongo et le PDG.

En effet, lors des émeutes de 1990, la réponse mesurée du pouvoir d'Omar Bongo correspondait à une remise en question qui portait sur le pluralisme. Il opta, face au langage de la rue, pour une stratégie institutionnelle. L'opposition, dans le cadre des accords de Paris, a choisi aussi, après des mois d'insurrection larvée, une démarche qui emprunte de plus en plus à la procédure et fait de moins en moins référence au contenu réformateur. C’est ainsi qu’il faut admettre aujourd’hui qu'en réalité il n'y a jamais eu de véritable opposition politique au système solidement verrouillée par la corruption. Du moins, ce qu’il nous faut reconnaître aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas eu une opposition, avec une stratégie définie face au pouvoir en place.

En clair, face à cette opposition très fractionnée, qu’il avait fabriqué à coup de milliards de francs CFA, souvent incapable d’accorder ses violons, les cartes du président Bongo et de ce qui est convenu d’appeler son système demeurent loin d’être négligeables. Comme l’a dit avec humour un diplomate en poste à Libreville, Bongo fut un « survivor ». Un homme politique au sens plein du terme, dont les réseaux furent si nombreux et si sophistiqués que l’on ne sait plus très bien qui furent ses amis et qui furent ses ennemis. Son héritiers de fils semble en tirer aujourd’hui profit, n’en déplaise ses rivaux.

Autrement dit, les opposants des Bongo ne sont d’accord que sur une seule chose : priver le chef d’Etat de son fauteuil.... Ils n’ont pas su se regrouper sur la base de valeurs communes, ni définir une stratégie cohérente, au-delà des prises de positions ethniques ou régionalistes.

Au début de 1994, le Gabon connaît une crise politique très aigue, à la proclamation de la victoire de Bongo à l’élection présidentielle du 5 décembre 1993. En effet, avant la fin du dépouillement des votes, et la communication des résulats du scrutin conformément aux dispositions légales, le Général Idriss Ngari, proche parent de Bongo et chef d’Etat Major des Armées gabonaises, avait investi la Commission électorale et demandé au Ministre de l’Intérieur d’annoncer la victoire de Bongo, sur la base d’un score fictif de 51 % des votants.

Face à ce que les Gabonais vont considérer comme « un coup d’Etat électoral », tous les partis de l’opposition créent, sous l’instigation du président du Rassemblement National des Bucherons, le (RNB), le Père Paul Mba Abessole crédité de 20 % des voix, un Haut Conseil de la République (HCR). Cet organisme se proclame comme la nouvelle instance dirigeante du pays, et le Père Mba Abessole est désigné à sa tête. Il s’auto-proclame Président de la République et nomme un Premier Ministre en la personne du Professeur André Kombila Koumba, le numéro 2 de son parti, le RNB. Ce dernier formera en effet un gouvernement en doublure de celui de Bongo. Cet autre gouvernement sera constitué de principaux membres des partis de l’opposition groupés au sein du HCR.

Fait sans précédent, les Gabonais vont vivre pendant deux longs mois avec deux gouvernements et deux présidents. Au surplus, une grève générale est déclenchée au début de février 1994, qui ajoute à la confusion générale, une atmosphère insurrectionnelle grandissante. Des émeutes ont lieu à Libreville, la capitale du pays, les 21, 22 et 23 février. Elles sont réprimées par la garde prétorienne de Bongo. Selon les chiffres officiels, il y aurait eu 23 civils gabonais tués. Le pays est soumis à un couvre-feu, et on craint effectivement la possibilité d’une guerre civile. C’est alors que Maître Pierre Louis Agondjo Okawè, Président du PGP, Vice-président du HCR, mais néanmoins parent par alliance du Président Bongo, profitant de l’intérim à la tête du HCR du Père Mba Abessole, qui avait fui en France à la suite des émeutes, propose « la Paix des Braves ». Le premier signataire de ce texte sera le Président Bongo lui-même.

Les négociations secrètes sont alors engagées entre le HCR (que le peuple, dépité, ne manquera pas de désigner sous peu comme « Haut Conseil de la Résignation ») et le Président Bongo. Ces tractations aboutissent par la suite à des négociations qui auront lieu à Paris du 5 au 27 septembre 1994, sous les auspices d’un médiateur de l’OUA et des observateurs internationaux représentant la France, pays hôte, le Congo, le Bénin, la République Fédérale d’Allemagne, l’Union Européenne et le Canada. Réunis en conclave à l’Hôtel Concorde Lafayette, 50 cadres et chefs de partis politiques gabonais, nommément désignés par Bongo, accouchent des fameux « Accords de Paris », dont ils ne manqueront pas de reconnaître eux-mêmes l’inconstitutionnalité.

De cette opposition complice de ces « accords de Paris », l’Union ne manquera pas de noter : « Les poids lourds de l’opposition radicale gabonaise, dans leur ensemble, s’étaient juré de nettoyer... les écuries d’Augias - enfin, je veux parler de la vie publique nationale - aux fins de les débarrasser de toutes ces plaies incurables que sont la corruption, le détournement des deniers publics, l’enrichissement illicite, etc. ... Mais avec cette sulfureuse affaire de fonds de souveraineté, voilà l’opposition radicale gabonaise aux avant-postes d’un racket tellement nauséabond que cette opposition-là, rattrapée par les odeurs, nous donne franchement la nausée et le dégoût. Les voilà complices d’une forfaiture, d’une infamie, d’un abus de pouvoir, d’un vol organisé, d’une gestion scandaleuse de nos finances publiques, toutes choses qui les déshonorent et les disqualifient dans tout rôle de premier plan d’une alternance politique crédible et porteur d’espoir. ».

Il en va ainsi du maintien des partis politiques formels par le microcosme politicien gabonais, depuis la fameuse conférence nationale.

Avec Bongo, le bourrage des urnes, la fabrication des partis politiques ont été érigées en système. : - Clientélisme, trafic d’influence, passe-droits en tous genres les dirigeants gabonais autour de Bongo utilisent les deniers publics que ce dernier leur distribue pour s’assurer des appuis, remercier les électeurs, leurs proches, leurs amis ou leurs affidés. C’est une tradition du système depuis que Bongo est au pouvoir. Ici, la réalité du pouvoir de Bongo est indéniable. Il dispose à son gré de toutes les ressources du Gabon, qu’il distribue selon son caprice. Bongo achète tout, y compris une entrevue avec Bush.

Le mécanisme fondamental de la démocratie moderne de type occidental, à savoir le principe du suffrage, a été tout simplement vidé de son contenu depuis l’institution du pseudo démocratie multipartite. En effet, nous savons que pour garantir que l’élu représente le peuple, l’électeur, c’est-à-dire le citoyen, doit autant que possible être protégé contre toute contrainte et toute corruption, et le résultat de toute élection doit être à l’abri de toute fraude ou manipulation. Or, depuis 1990 jusqu’ici, l’organisation et le déroulement de chaque élection au Gabon, n’ont pas été un modèle du genre, bien au contraire. Tous les partis politiques prenant part à ces mascarades électorales ont participé, chacun à sa manière, à la réussite du « délit » de fraude et de corruption à chacune de ses consultations. Ce qui, à chaque fois, a conduit à des situations paradoxales, la pseudo-opposition à chaque fois perdante n’a cessé d’en contester les résultats, et partant, la légitimité du présumé vainqueur (toujours le même régime en place depuis les indépendances).

Le fils héritiers qui a été à la bonne école du démurge Omar Bongo, ne fait que mettre en application les techniques qu’il a si bien assimilées. Et ce, avec justement la complicité de ses anciens compagnons sous le règne du « Père fondateur du système ».

Nonobstant la situation des partis politiques dans notre pays, qui n’est qu’une configuration de ce que nous appelons « la politique du ventre » ou la « Mangeoirecratie gabonaise » ; où le parti n’est finalement qu’un « fond de commerce » à usage pratique dans la « Démocrature » du système PDG BONGO.
Cependant, ne s’agirait-il que d’un article de foi, la recomposition des dominés, qui assurément ne fait pas la une de nos éditoriaux asservis, est bel et bien au travail. Il est peut être moins aveugle que la « vieille taupe » de la fable qui pourrait lui servir d’emblème.

Toute la question est de savoir utiliser la mobilisation populaire pour en faire une force plus puissante que la force brutale ou mensongère du dictateur. La légitimité ne viendra que du peuple, et non des combinaisons d’une succession orchestrée en dehors de la volonté populaire. Il ne peut pas avoir de succession à Bongo. Il faut une alternance démocratique au régime prédateur et immoral actuel.

Dès lors, quelles perspectives se présentent à nous pour une voie alternative ?

Pour moi, deux paraissent d’emblée et par hypothèse devoir être écartées.
La première, c’est la théorie creuse de la « conviviale démocratie apaisée » autour de la soupe, ce que je désigne par « la Mangeoirecratie ». Cette théorie berne la conscience crétinisée. Elle affiche un réalisme félon qui consiste à accepter la crise actuelle comme une fatalité et à participer à la gestion du système qui l’a causée. Elle a beau se prévaloir d’un désir camouflé d’un changement qu’elle a par ailleurs hypothéqué, elle ne parviendra ni à limiter les abus décriés, ni les dégâts qui en résultent, encore moins endiguer la régression consécutive à cette situation. Elle demeure au contraire, prisonnière du système dont elle a intériorisé largement les valeurs.

La seconde, sur laquelle je m’attarderais quelque peu, c’est celle du changement par la force brutale, par les armes, c’est-à-dire la voie du changement par la violence des armes.
Il faut reconstruire l’opposition. Mais laquelle ? La même avant la déliquescence ? Sûrement non ! Il faut redéfinir le concept et reconstruire l’engagement en tirant profit des expériences acquises depuis 1990, depuis l’édification du monstre gabonais du « multipartisme unique ». Il faut donc une opposition refaite à neuf, donc « purgée ».
Aujourd’hui, avec la situation créée par la débauche grossière de la mascarade électorale que le pays vient de vivre, si le peuple a réaffirmé son refus du système, le sectarisme malheureusement n’a pas quitté les rangs de ceux qui se définissent comme des opposants à Bongo.

Depuis 1990, le peuple demande une alternance au pouvoir en place. Le peuple a besoin d’une force politique active face au système à bout de souffle, une équipe de femmes et d’hommes capables d’assumer la direction du pays à la place de celle illégitime et défaillante actuelle, mais qui se croit être de droit divin.

« Les fortes convictions sont le secret de la vie ; on peut avoir l’esprit plein même si l’on a le ventre vide. « Que tout courage grandisse avec le danger » « Le caractère se mesurait dans les situations difficiles et un héros ne pliait pas, même dans les circonstances les plus dures »
« Il y a des moments où un responsable doit marcher en avant du troupeau, partir dans une nouvelle direction, en se fiant à lui-même pour s’assurer qu’il mène son peuple sur le bon chemin. »
Voilà ce que nous recommande Nelson Mandela
Si nous voulons épargner à notre peuple une aventure suicidaire à l’ivoirienne, la nécessité d'une force structurée face au système Bongo est plus que jamais indispensable.

Des partis politiques formalistes actuels

La réflexion sur le rôle et la fonction des partis politiques dans le processus de démocratisation doit être menée et approfondie. Le débat sur le nombre, la base sociologique et le contenu des partis ne doit pas être escamoté. Ce débat ne pourrait être fructueux qu'à la condition d'explorer les rapports sociaux à l'intérieur de cette institution d'expression et de participation du citoyen qu'est le parti. Il importerait alors de poser des questions de cet ordre :
Quels sont les objectifs manifestes d'un parti politique ? Si coexistent :

- un objectif strictement politique : prise en charge partielle ou entière du pouvoir de l'État, ou bien pression sur lui,
- un objectif de socialisation : rassembler, unir et organiser de façon permanente une fraction de la population,
- et un objectif idéologique : propager une théorie économique ou politique, faire reconnaître un programme ou des principes d'action par la majorité des citoyens.

Ces objectifs s'accordent-ils pour imposer un modèle déterminé et cohérent d'organisation, ou y a-t-il entre eux un jeu qui crée une indétermination dans le modèle ?
Quels sont les objectifs latents ? Si sont repérables comme tels :
- l'accaparement de zones de pouvoir dans la société qui sont des lieux de distribution d'emplois ou de prébendes,
- l'établissement de hiérarchies parallèles où les rapports d'autorité sont distribués suivant des normes différentes de celles qui donnent les hiérarchies officielles,
- le brassage d'individus que leur profession, leur statut, leurs conditions de vie tiennent à distance les uns des autres dans la société,
- l'identification à une communauté qui se substitue à la communauté défaillante incarnée par l'État - ou à la société traditionnelle -,
- l'appropriation (par une sorte d'autodidactisme collectif), d'une culture dont le grand nombre se sent exclu, en raison de la fragmentation et de l'hétérogénéité des valeurs, des modèles et des œuvres, et d'autres conditions matérielles de l'éducation et du travail.

Comment ces objectifs s'ordonnent-ils par rapport aux objectifs manifestes, et les uns par rapport aux autres ? Comment s'inscrivent-ils dans la vie du parti, dans ses mécanismes institutionnels, ses règles de fonctionnement et la pratique de l'organisation ? Quelles sont les attitudes des militants en regard du problème de la démocratie dans le parti et dans la société ? L'implantation sociale et l'orientation idéologique du parti ont-elles un effet déterminant sur sa structure ?

La seule énumération de ces questions suffit à faire entrevoir l'étendue des phénomènes que comprend le niveau politique de la démocratie dans la société. Ce niveau est bien celui des relations de pouvoir et d'autorité, mais celles-ci n'ont de sens qu'à condition d'être saisies avec toutes leurs ramifications ou, pour mieux dire, ce niveau est, en tant que politique, "social" de part en part.

Je pense que nous ne saurions négliger cette approche des choses si nous voulions aborder avec sérieux la démocratisation de l'action politique, et rendre plus dynamique et plus cohérent notre engagement pour le bien-être général de notre peuple.

Au moment où les responsables gouvernementaux eux-mêmes, se rendent compte de l'existence d'une crise profonde dans notre pays, une crise de confiance entre les dirigeants et les dirigés, je pense que le peuple gabonais est encore mobilisable. Il le serait pour des objectifs clairement établis.

Le problème des partis politiques dans notre pays, réside dans l'incapacité dans laquelle ces partis se trouvent aujourd'hui de servir de canaux d'expression aux offres et aux demandes politiques d'une société démocratique.
Notre pays à l’heure actuelle comprendrait plus d’une cinquantaine de pseudos partis politiques pour une population évaluée en 2008 à environ 1.484.149 habitants ; comparé aux États-Unis : 2 partis pour 303 824 650 (estimation 2008) ; au Royaume Uni : 2 partis pour 60 943 912 (estimation 2008) ; et à l’Espagne 2 partis pour 40 491 051 (estimation 2008) ; est-que c’est vraiment sérieux ?

Je ne crois pas. Tout semble comme si la plupart de ceux qui créent des partis politiques pensent d’abord à ce que, à titre individuel on obtient en créant un parti politique : c’est pour son ventre, car c’est à cela que grosso modo la politique servirait : « La politique du ventre ».


Vendredi 19 Août 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

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14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
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