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Quand la petite musique du coup d'Etat électoral se fait entendre au Gabon !

Le site de la Liberté - Mengue M'Eyaà le Lundi 1 Août 2016 à 11:26 | Lu 3526 fois



Les événements semblent doucement se remettre en place comme en août 2009.

L'opposition gabonaise, aux côtés des populations dont elle est proche, se bat comme elle le peut, mais donne l'impression d'une relative impuissance face à la gigantesque machine de guerre payée et mise en place par le régime, soutenue par la France de M. Hollande, comme en 2009, appuyée par la France de Nicolas Sarkozy. Autres temps, mêmes comportements de mépris envers l'aspiration démocratique des Gabonais-e-s ?


La France dirigée par une coalition issue de la gauche détourne le regard, et, conformément au changement de logique issue de l'élection de François Hollande après 2012, elle ne considère pas que le changement démocratique puisse être soutenu en Afrique centrale. Au contraire, si l'on en croit la Lettre du Continent, le pouvoir sur l'Afrique s'est déplacé de l'Elysée vers le ministre de la Défense, M. Jean Yves Le Drian, qui en conformité avec la doxa conservatrice de cette institution, ne saurait accepter la moindre « agitation » à Libreville.
Ainsi, la revendication démocratique au Gabon est analysée en termes réactionnaires.
Ce sont, selon eux, les partisans du changement qui sont le danger. Pas de rupture, faute de volonté politique pour les alternances démocratiques...

Porter François Hollande à l'Elysée signifiait donc maintenir le clan Bongo au pouvoir ? Alors, qu'est-ce que la gauche de gouvernement reproche à Nicolas Sarkozy sur la gestion du Gabon puisqu'elle fait la même chose ? Du coup, François Mitterrand apparaît révolutionnaire en ayant conditionné dès 1990 la démocratie sur le continent à l'aide au développement !

On apprend que la France a déposé un recours sur le Burundi pour que les Nations Unies envoient des troupes d'interposition. On s'attendait que la France, face aux violences au Gabon, défende le même genre de résolution pour ce pays afin d'empêcher que le dictateur local, Bongo, n'ait à violer la constitution du pays, et à procéder à des arrestations arbitraires. Mais cette position n'est pas encore venue.

C'est à peine si l'opposition gabonaise n'est pas « taxée » de « raciste », elle qui ose remettre en cause les origines d'Ali Bongo. Les mêmes occidentaux estiment que c'est une mauvaise approche. l'opposition ferait mieux de se pencher sur de « nobles » sujets politiques au Gabon, en oubliant sans doute, que ces sujets n'intéressent pas davantage l'opinion internationale et française, quand ils sont évoqués. Il s'agit en réalité, d'une mauvaise foi de personnes sans courage politique, qui n'ont plus rien à défendre en Afrique, au Gabon ou ailleurs.

S'interroger sur l'état civil et sur les origines de M. Bongo ne relève pa d'une approche raciste de la politique comme veulent le faire croire les antennes relais du régime (Jeune Afrique, mais aussi Thomas Hofnung de Libération, ou Alain Fokka , qui réécrit l'histoire du Gabon sur RFI avec Ali Bongo comme acteur principal alors qu'il se trouvait au Biafra dans les années évoquées).

Le sujet des origines de M. Bongo n'est pas un relent d'extrême droite française transplantée au Gabon . C'est un sujet éminemment politique car il y a falsification et usage de faux, dans le dossier de candidature. Ce qui ne serait pas acceptable en France,ne l'est pas tout autant au Gabon, sous les tropiques.

Les cultures traditionnelles du Gabon sont étrangères au racisme. C'est pourquoi le choc a été très fort lorsqu'un conseiller de M. Bongo, non sanctionné à ce jour, a dit qu'il fallait « massacrer » tous les fangs jusqu'au dernier. Cela s'appelle du « tribalisme « , du racisme , que l'on aurait dû dénoncer depuis Paris  en ayant en arrière pensées ce qui fut reproché à la France au Rwanda? Soutenir Bongo aujourd'hui, c'est lui donner le droit de vie ou de mort sur chaque citoyen gabonais.

En réalité le thème ethniciste ou raciste fait partie de l'ADN du régime qui n'a jamais hésité à agiter le « péril » fang, lorsqu'il s'est agi de « rassembler » ses partisans en proie aux doutes et interrogations.

Le débat sur les origines de M. Bongo n'aurait pas pris cette ampleur si la constitution du Gabon n'avait pas précisé elle-même que l'accès à candidature à la présidence de la République n'est pas autorisé à des individus gabonais n'ayant pas un certain degré d'ascendance gabonaise. On peut considérer que clause est juste ou injuste, qu'elle correspond à quelque chose qu'un esprit éclairé ne souhaiterait pas mettre en avant. Mais, c'est ainsi, elle existe. L 'article 10 fait partie du texte constitutionnel qui a été proposé par Omar Bongo, cet Omar Bongo tant vénéré par la classe politique française, avant sa disparition, et adopté par le Parlement de l'époque. Ce n'est donc pas l'opposition gabonaise qui l'a inventée pour nuire à M Bongo.

Comme l'ont montré nombre d'études, de récits circonstanciés, et étayés de faits, M. Bongo est un enfant adopté par Omar Bongo (Albert Bernard Bongo, à l'époque) et son épouse, Mme Joséphine Kama (Patience Dabany aujourd'hui). Il n'est pas le seul enfant du Biafra adopté au Gabon car cette pratique était répandue en raison du soutien de la France à la sécession du Biafra au Nigéria.

Mais l'enjeu de M. Bongo n'est évidemment pas de savoir s'il est ou non gabonais, ce qui lui importerait finalement peu, s'il n'y avait pas l'enjeu du pouvoir présidentiel en raison de cette nationalité. C'est à peu près la seule chose qui le préoccupe en réalité. Il a donc besoin d'inventer un « story telling » ridicule et contradictoire selon lequel ses parents sont également gabonais au lieu de revendiquer pleinement son adoption réussie, mais qui lui interdirait l'accès au pouvoir présidentiel. Ce n'est donc pas un problème « racial » mais bien un problème politique pour Ali Bongo.

La campagne de dénigrement raciste menée contre les Gabonais par un certain nombre de médias français marque une totale incompréhension de ce qui se passe dans la réalité. Elle masque en fait une absence totale de volonté politique de soutien envers les Gabonais désireux d’alternance dans leur pays.

En fait, selon l'article 10 de la constitution, M. Bongo ne pouvait, dès 2009 , prétendre être candidat à l'élection présidentielle. Au lieu de cela, le régime s'est enfoncé dans le mensonge, a produit et a fait produire une multitude d'actes de naissances plus ou moins fantaisistes, montrant à quel point il est déstabilisé.

La Cour constitutionnelle, dont on rappelle que sa présidente est parentée au clan Bongo et dont les membres auraient déjà perçu des « dédommagements financiers » conséquents, s'est empressée de valider la candidature d'Ali Bongo. Elle n'a pas tenu compte des faux actes de naissance successifs indiquant qu'elle est même « incompétente » sur cette matière.

Or, seule une cour constitutionnelle est en mesure d'accepter ou non une candidature au regard des critères constitutionnels et uniquement ceux-ci. Il ne peut donc, en principe, exister d'incompétence de la Cour constitutionnelle sur une question de constitutionnalité.

La cour constitutionnelle et la commission nationale électorale, faisant partie du dispositif du coup d' État électoral, ont pour mission d'imposer Bongo dès le 30 août 2016. Qu'en pensent l'Union européenne ou les Nations unies ?

Face à ce sujet, la France, qui prétend ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du Gabon, a pourtant apporté son soutien, dès juillet 2015, au régime à travers une lettre de la conseillère Hélène Le Gal. Très curieuse conception de la neutralité française ! Cette lettre, que l'on croyait oubliée, a été rééditée par Médiapart en juillet 2016, comme pour rappeler le niveau de complicité à la fraude du clan Bongo, dévoilée encore récemment par le Journal Marianne et par Pierre Péan.

Face à cette importante violation de la loi constitutionnelle, la France « intime » l'ordre aux opposants de passer à autre chose. Pendant ce temps, n'oublions pas, le régime en profite également pour faire arrêter, puis relâcher des opposants de tous âges au gré de ses fantaisies, et, surtout de l'impunité internationale dont il bénéficie.

Tout s'organise en fonction du coup d’État électoral que le régime prépare. La fiction de l'élection présidentielle se met en place, une élection à un seul tour, une fiction facilitée par le comportement de plusieurs des candidats, qui jouent le jeu de la confrontation aux apparences démocratiques.

Ali Bongo, avec ou sans acte de naissance, fait comme si tout allait de soi. Profitant des moyens de l’État, comme à l'accoutumée, la radio et télévision nationales font sa propagande, de manière visible et déclarée. Les meetings de l'opposition sont inquiétés voire interdits. M. Bongo se déplace avec les hélicoptères et avions de l’État pour aller dans les provinces du Gabon, territoires où des populations rémunérées sont « invitées » à le célébrer.

Il y a parfois des ratés dans les villages « Potemkine » qu'il visite comme dans ce village du Woleu Ntem où un député du Parti au pouvoir est venu publiquement lui signifier sa démission, dans un ultime et théâtral acte de courage... Bref, les moyens sont disproportionnés, comme on pouvait s'en douter. D'un côté l'appareil d’État instrumentalisé, depuis 50 ans, de l'autre les bonnes volontés d'une opposition certes divisée en de multiples clans, mais animée d'un vrai désir de changement.

La réflexion s'impose désormais. Ayant sans doute cru à l'élimination de la candidature d'Ali Bongo, beaucoup de candidatures crédibles se sont faites connaître, au milieu des traditionnelles candidature fantaisistes, parfois pilotées par le régime.

Sur les 13 candidatures, 4 émanent de personnalités ayant un poids politique significatif : Guy Nzouba Dama, ancien président de l'Assemblée nationale, Jean Ping, ancien président de la commission de l'Union africaine, René Ndong Sima, ancien premier ministre d'Ali Bongo, Casimir Oyé Mba, ancien premier ministre d'Omar Bongo et candidat de l'Union nationale.


La problématique de la candidature unique de l'opposition a toujours eu la préférence du Mouvement Civique du Gabon, qui a, de son côté, également œuvré pour éviter de multiples candidatures du côté de la société civile, elle-même en forte ébullition durant un temps.

Aujourd’hui, comme en 2009, comme en témoigne la question de l'acte de naissance, la Cour constitutionnelle gabonaise ne défendra pas l’État de droit.

Une fois battu dans les urnes, Ali Bongo devrait procéder à un coup d’État électoral en inversant les résultats en sa faveur et en mettant ses mercenaires dans les rues de Libreville pour effrayer les populations. Il devrait couper les réseaux de communication sous prétexte d'assurer la sécurité du pays. Il devrait sans doute arrêter des personnalités partisanes du changement démocratique. C'est à peu près le scénario aujourd'hui envisagé par ses proches et lui, pariant sur une absence de combativité des Gabonais, et un silence complice de la France. La CEMAP, dite « commission électorale autonome » est d'ailleurs déjà sous haute surveillance policière dans un quartier sûr de Libreville de façon à ce qu'elle soit hors d'atteinte des populations lorsqu'elle prononcera les faux résultats donnant Bongo vainqueur.

La farce électorale a déjà commencé puisqu'un sondage, commandé par Bongo pour déstabiliser l'opposition, le donnant vainqueur à 58 %, contre 20% pour le premier opposant, a été donné. Or, Ali Bongo, en dehors de ses multiples fraudes, est l'homme de la régression économique du Gabon. Il est impossible qu'un sondage d'opinion puisse le donner vainqueur, tant les Gabonais-e-s souhaitent son départ rapide. Par ailleurs, les conditions d'éducation dans le pays sont catastrophiques avec des résultats en baisse dans tous les domaines. Des rationnements ont même été instaurés à Libreville en matière d'eau et d'électricité, sans compter les coupures intermittentes qui n'existaient pas jusqu'à présent.


Face à ce constat, et tentant d'empêcher malgré tout un destin aussi funeste pour le Gabon, il est impératif de rassembler les candidatures. Resserrer les candidatures autour d'un ou deux hommes serait une stratégie gagnante face aux différents partenaires de l'extérieur, aux prises avec un intense lobbying du clan Bongo et du régime, qui tente d'imposer le thème selon lequel Ali Bongo serait le garant de la « paix » au Gabon, alors même qu'il est à l'origine de tous les conflits existants, du climat délétère, et de la prédation des richesses du Gabon.

Il faudrait prendre conscience du fait que rien ne sera possible tant que le clan Bongo occupera indûment le sommet du pouvoir au Gabon.

Renverser la logique du coup d’État électoral, c'est aussi prévoir de combattre toute forme de prise de pouvoir par la force du clan Bongo, une fois les faux résultats dévoilés le 30 août 2016

C'est là l'affaire de volonté, et de courage; C'est là l'affaire de tous et de toutes !

Paris, 31 juillet 2016


Mengue M'Eyaà

Jounaliste.

Présidente du conseil exécutif
Mouvement Civique du Gabon

Présidente du Mouvement Civique des Femmes



http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

Email : mouvementciviquedugabon2009@gmail.com
Email : mcfemmes@orange.fr

Lundi 1 Août 2016
Mengue M'Eyaà
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