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Quand la France complice du chaos du pré-carré ne peut pas se défausser de sa responsabilité .

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Mercredi 20 Juillet 2016 à 07:25 | Lu 945 fois



L’Etat gabonais « s’est formé au cours d’un siècle de péripéties d’histoire coloniale, son achèvement ne datant que de 1946. Les populations rassemblées à l’intérieur des frontières définies par la colonisation n’ont accédé à la souveraineté politique qu’en 1960 ; ce sont là événements très récents. Mais ils ont été précédés de gestation qui, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, a progressivement délimité un espace, lui a donné un statut politique de territoire en le soustrayant à l’étendue forestier inorganique de l’Afrique centrale. La République gabonaise est l’aboutissement de cette création “ex nihilo ”.

Elle en est l’héritière, et l’héritage est encore si vivant et si proche que la compréhension de la situation actuelle ne peut que s’enrichir des réponses à la question : “pourquoi le Gabon, comment le Gabon ?” » Par conséquent, personnellement, je reconnais et j’admets que la France ait un droit de regard sur le Gabon ; qu’elle n’y a pas que des intérêts économiques, mais qu’elle a davantage un intérêt moral. C’est en quelque sorte le fondement de « son droit d’intervention » dans le développement du Gabon.

« La République gabonaise est l’aboutissement de cette création “ex nihilo ”. Elle en est l’héritière, et l’héritage est encore si vivant et si proche que la compréhension de la situation actuelle ne peut que s’enrichir des réponses à la question : “pourquoi le Gabon, comment le Gabon ? » Aujourd’hui, la personnalité gabonaise est une réalité indiscutable. L’espace-Gabon déterminé dans sa configuration par la France est devenu le lieu d’émergence d’une conscience nationale, un État-nation. Il convient donc que l’État français et la classe politique française reconnaissent et acceptent dans les faits, cette réalité.
Maurice Robert Pygmalion de Bongo[1]

À la question que lui pose l’auteur de son livre Maurice Robert, Ministre d’Afrique.370-371« Êtes-vous d’accord pour dire, avec Pierre Péan, que vous en avez été le Pygmalion ? Il répond: Jacques Foccart, Guy Ponsaillé, plus tard Maurice Delauney quand il sera ambassadeur à Libreville, et moi avons contribué, chacun à notre place et d’un commun accord, à convaincre Léon M’Ba de s’entourer d’hommes jeunes et prometteurs que nous considérions comme politiquement sûrs. Figuraient, parmi eux, Albert-Bernard Bongo et Georges Rawiri. (…) Bongo, avant de rejoindre Léon M’Ba, avait été fonctionnaire des PTT à Brazzaville (Moyen-Congo) dans les années 1950.

Puis il était entré au cabinet du président comme chargé de mission avant de devenir directeur adjoint puis directeur de cabinet. En 1965, il sera nommé ministre délégué à la Présidence. - Dire que j’ai été le Pygmalion de Bongo, c’est donc en partie exact,… C’est vrai que j’ai été très tôt convaincu de sa capacité à diriger le Gabon. Il est vrai aussi que je me suis attaché à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour favoriser son ascension politique. Mais sa carrière n’a pas été l’œuvre d’un homme isolé, le résultat de la volonté du seul Maurice Robert. Elle a été le fruit d’une réflexion politique menée, ou en tout cas validée, au plus haut niveau de l’État français.

La capacité de Bongo à exercer la magistrature suprême, dans le respect des intérêts franco-gabonais, ne faisait aucun doute. D’où la nécessité évidente de le promouvoir pour préparer la succession de Léon M’Ba. Cette action a été coordonnée avec Foccart, Delauney, Ponsaillé et quelques autres. « Je dois dire que dans le livre que vous mentionnez (Omar Bongo, Blanc comme nègre) Bongo prend pas mal de liberté avec l’Histoire. » « Ce passage et bien d’autres. Cette « vérité » (« j’ai connu Maurice Robert à travers Foccart, alors que j’étais déjà président, voilà la vérité ») dont il parle est un non-sens évident. J’ai été en contact avec lui bien avant qu’il ne soit président, avant même qu’il ne soit ministre, alors qu’il était directeur adjoint du cabinet de Léon M’Ba. Je connais bien Bongo.

Son attitude n’est pas gratuite. Sans doute en a-t-il assez de l’accolement de mon nom à son évolution politique et veut-il apparaître comme n’ayant rien à devoir à Maurice Robert. Sans doute veut-il tuer le père symbolique que je représente. C’est son droit. Mais j’avoue que les contre vérités m’irritent, surtout quand elles viennent d’un ami…[2] »
Pour de nombreux spécialistes des affaires africaines, l’expérience du Gabon résume parfaitement l’histoire du rôle militaire de la France dans l’Afrique post-coloniale.

C’est là, en 1964 comme nous venons de voir, que Paris a en effet lancé la première de ses interventions de grande envergure. Aussitôt rétabli par les parachutistes français, Léon M’Ba, dont la dévotion envers la France était proverbiale, fut bientôt affaiblit par la maladie et par le fait que la France appuyant désormais un de ses jeunes assistant, Albert-Bernard Bongo[3]. Jacques Foccart, responsable pour le Général de Gaulle, des affaires africaines, écrit dans ses mémoire que Paris avait littéralement fait passer une audition à Bongo pour le rôle de chef d’État (pour ne pas dire contremaître de la plantation coloniale française que restera le Gabon), qu’il assuma dès 1967 à la mort de Léon M’Ba. Peu de temps après sa prise de fonction, Bongo interdisait les partis d’opposition. Il a depuis régné sans partage jusqu’à ce que le continent soit submergé par un mouvement de réforme démocratique en 1990.

Selon certains diplomates, Bongo a utilisé les énormes revenus pétroliers de son pays pour devenir l’un des dirigeants les plus riches d’Afrique. Et les institutions et les entreprises françaises, qui ont conservé au Gabon une influence d’un niveau inhabituellement élevé, ont également bien profité de l’économie pétrolière et rentière du pays. Car pour la France : "Il s'agit de prolonger l'état de dépendance de la colonisation sous d'autres formes.

Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une colonisation "nouvelle manière". C'est au Gabon qu'on trouve la forme la plus achevée d'influence. Omar Bongo a été choisi et mis en place à la présidence en 1967 dans des conditions singulières : Jacques Foccart avait organisé à Paris un simulacre de passation avec Léon Mba... soigné alors pour un cancer dans sa phase terminale. Les liens très forts qui en ont résulté ont été confortés et pérennisés par un noyautage intensif de l'entourage du président Bongo et de ses principales administrations...[4]

Pour la France, ancienne puissance coloniale qui est restée « le pouvoir de fait dans un pays comme le Gabon de Bongo l'exercice du pouvoir dans ces pays africains du "champ" se résume à la trilogie suivante: Un Etat (vassal) fort et au besoin, autoritaire, une stabilité incarnée par un président (chef indigène) tout puissant, et, surtout une détermination de ce dernier à veiller au maintien des liens privilégiés avec la France.

Voilà comment a été inoculée dans la conscience des africains en général, et des gabonais tout particulièrement, une culture politique marquée par une idéologie coloniale et perverse. Le concept aujourd'hui admis, et même parfois défendu avec âpreté, de "pays du champ", francophonie et consort, régis par le ministère de la Coopération atteste bien de cette aliénation. Depuis les indépendances en 1960, la prétendue stabilité de ces régimes forts et fortifiés par les troupes françaises, qui n'a conduit qu'a des faillites économiques, sociales et politiques incontestables, a été réalisée par la pratique la doctrine de « La guerre révolutionnaire »

Le système Bongo noyau dure de la Françafrique.

L’Afrique semble être un continent oublié, quand ce n’est pour faire des bilans terrifiants sur ses guerres civiles, ses millions d’affamés ou de malades du sida. Pourtant, les politiciens et les hommes d’affaires français y entretiennent des relations très étroites et parfois très particulières avec surtout les États africains dirigés par des autocrates et autres potentats les plus abjects. Ils seraient pour eux sources de profits considérables.

C’est cette relation incestueuse qui caractérise la “France à fric ” alias Françafrique. Et quand on parle de Françafrique, on évoque habituellement les réseaux qui régissent cette politique française en Afrique. Les relations occultes de l’État français avec ses anciennes colonies d’Afrique sont l’un des principaux carburants de sa classe politique. Ce tabou qui plombe la démocratie française désigne la « Françafrique » (néologisme forgé par François-Xavier Verschave[5] ).

Dans : La Françafrique Le plus long scandale de la République ; François-Xavier Verschave écrit : « Tout le monde sait que les partis politiques (français) sont financés par des détournements de trafics via l’Afrique. L’Afrique sert à blanchir l’argent des partis politiques. C’est scandaleux parce que, en pervertissant les élites, on fiche en l’air le développement de l’Afrique. Je maintiens que la transparence des circulations de l’argent est un minimum.

Le Président y est totalement et farouchement opposé [6]» Et il ajoute : - Les mécanismes de dévoiement de l’aide ne sont pas l’objet de ce livre, mais plutôt les crimes politiques du système de relations franco-africaines mis en place par Jacques Foccart au moment des « indépendances » : des crimes qui ont éliminé ceux qui se mettaient ou se trouvaient en travers.[7] Pour François Gèze[8]: Le système de la Françafrique est sans doute un des secrets les mieux gardés de la Ve République. C’est un système dont le cœur est l’argent, celui des « commissions » prélevées par les généraux du « cabinet noir » sur les échanges commerciales avec l’étranger.

La doctrine de « guerre révolutionnaire »

La France, pour maintenir sa domination et assurer son hégémonie, a institué sur les États de son pré-carré africain la doctrine de la « guerre révolutionnaire ». Cette doctrine, également nommée « guerre moderne » ou « guerre antisubversive » a été élaborée au cours de la guerre d’Indochine par un certain Lacheroy et perfectionnée pendant la guerre d’Algérie par un autre : Trinquier. Inspirée des réflexions du théoricien nazi Ludendorff, elle entend gommer la distinction ente militaires et civils dans le cadre d’une lutte contre un « ennemi intérieur », et consacrer une part une part importante au contrôle des populations, au renseignement, à l’action psychologique et à l’usage de la terreur.

Écartés par après leur tentative de putsch contre de Gaulle, les officiers porteurs de cette doctrine sont envoyés en Amérique du sud et en Afrique (dont un certain Loulou Martin au Gabon pour organiser la Garde présidentielle, l’armée prétorienne du potentat Bongo, placé à la tête du pays en 1967) pour fournir leur savoir-faire clé en main aux régimes les plus criminels(…) Dans le cas de l’Afrique, ces régimes théoriquement indépendants sont, on le sait, étroitement contrôlés par l’Elysée.

Leur construction, calquée sur celle de la Ve République française reprend notamment la possibilité de plein pouvoirs au président en cas de crise, mais sans les quelques garde-fous constitutionnels français. L’état d’urgence devient donc la norme et les méthodes sanguinaires de la guerre antisubversive, avec l’appui des instructeurs militaires français, le mode ordinaire de structuration de l’État et de règlement des conflits sociaux et politiques. Ces méthodes furent transposées au Gabon, qui continue de vivre dans une terreur diffuse. C’est ce que met en place en ce moment Ali Bongo Ondimba. Il ne faut oublier qu’entre autres formations que lui a fait donner son prédécesseur, il a eu droit à un stage l’Ecole de guerre en France. Ainsi le système instauré et renforcé au Gabon, par l’ancienne puissance coloniale, c'est la bride lâchée à la « barbarie» des esprits.
Un demi-siècle après les indépendance octroyées

Tout nous place; la France et les Etats, comme l’Etat gabonais, issus de ses anciennes colonies, devant cette interrogation que nous ne saurons escamoter : Quelles relations devons-nous établir aujourd’hui, plus d’un demi-siècle, après les indépendances octroyées par le Charles de Gaulle, le fondateur de la Vème République française ; et quels efforts sommes-nous prêts à consentir pour cela ?

Aujourd’hui, « l’immense majorité des Africains du pré carré français, sans avoir connu la période coloniale » n’est pas cependant coupée pour autant de l’histoire de ses parents qui ont vécu sous la colonisation. Elle a en présence ce père ou ce frère qui a combattu pour la France contre les nazis, ou encore en Indochine et en Algérie sous le drapeau français tant et tant de questionnements, quant au sens véritable de nos relations avec l’ancienne puissance coloniale, toujours omniprésente ; et dont les relations se sont muées en ce que l’on désigne aujourd’hui, la France-à-fric (la Françafrique) ou parfois mafia fric. Les nouvelles élites ont un devoir de mémoire. L’administration coloniale, Il est vrai, c’était avant 1960.

Ces jeunes Africains à qui on prétend s’adresser aujourd’hui connaissent malheureusement pire : la période actuelle des potentats africains placés au pouvoir et soutenus par la France. Avec la complicité de cette France, ces potentats spolient, bradent les richesses des pays et affament les peuples. Ça et là les mœurs les plus abominables sont instituées par les groupes maffieux au pouvoir. Un pays comme le Gabon sous le règne d’un demi-siècle de Bongo a dépassé en abominations des plus abjectes Sodome et Gomorrhe. Telle qu’elle se comporte vis-à-vis de nos pays, la France a cessé d’être le pays de la raison. De temps à autre, elle s’ébroue sur la scène internationale pour manifester une crainte sur le sort de cette Afrique qu’elle contribue cependant à détruire, crainte née en réalité de cette coupable indifférence à ses responsabilités historiques envers les pays africains. Ces sursauts de la « France marmotte » sont salués à tort comme des triomphes.

La propension française à donner des leçons la rend en fait aveugle sur elle-même. La France joue une véritable tragédie des erreurs avec les pays africains. La France ne manque pas de militants, d’intellectuels et de journalistes. Il est urgent que des reportages honnêtes soient publiés sur la corruption, sur la manière dont se déroulent les scrutins, ou encore sur l’influence qu’acquièrent les fils de président, comme on l’a vu au Togo, et au Gabon, pour ne citer que ces deux pays. Ils semblent tellement sûrs de leurs parrains qu’ils peuvent tout se permettre.

« C’est seulement après l’élection de François Hollande que j’ai commencé à dormir tranquille », aurait confié le président Condé lors d’un meeting à Paris le 1er juillet 2012 (Conakrytime.com, 2 juillet 2012). En effet, en octobre, le président français a publiquement félicité son poulain guinéen pour sa réélection avant même l’annonce des résultats définitifs et officiels ; comme avant lui, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy l’avait fait pour Ali Bongo du Gabon en 2009. L’argument de la stabilité des régimes en place, invoqué par les chancelleries occidentales, se révèle contre-productif dans la mesure où, à terme, il mène tout droit à la crise. La stabilité des institutions est certes recommandable, mais en Afrique, faute d’Etats dignes de ce nom, c’est l’homme du jour qui fait l’institution.
« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes »,

plaide M. Barack Obama, le président des Etats-Unis. Son homologue burkinabé Blaise Compaoré lui avait répondu avec un peu trop d’assurance, trois mois avant d’être chassé de son palais : « Il n’y a pas d’institutions fortes s’il n’y a pas d’hommes forts. » Qu’untel arrive au pouvoir, et tout le monde se courbe : la Cour suprême, l’armée, la gendarmerie et même parfois l’Eglise, comme au Gabon.
Le complexe du « Valet du Roi »

- Tel aura été en quelque sorte le rapport d’ Bongo avec le pouvoir français. Certes dans ce rôle, Omar Bongo a probablement parfois présenté un danger pour la France. Il faut souligner comme je le déclare dans le rapportage réalisé en janvier 1990, par Fréderic BRUNNQUEIL (Agence CAPA) pour l'émission de la télévision française Le Grand Journal, pour l'intronisation à ses vingt-deuxième années de son pouvoir -«Bongo agent des services secrets français n'a été qu'un espion, le plus docile des dociles. Le «Valet du Roi». Et le roi c'est la France! Il n'y a pas plus dangereux pour le Roi que le Valet du Roi! Le Valet connaît toutes les saloperies qu'il a vu faire dans la chambre du roi. Il est en mesure de dire: oui ! Oui mais ! Voilà ce que Bongo fait depuis 80.

Vous me touchez, mais avant de crever, je crierais fort!» Chantage du potentat à son protecteur pourrait-on penser? Peut-être. Mais en tout cas éternel lien de toute organisation mafieuse. Et la Françafrique s'est transformée sous le contrôle des réseaux divers en un système mafieux. La "Cour" Françafrique, avec la disparition de «Premier Valet du Roi» que fut Président du Gabon, a sans aucun doute perdu un d’un caractère si rare de bonté francophile qu'à peine un siècle en produit-il de semblable. Omar Bongo Ondimba est mort , en Valet du Roi, regretté, estimé, chéri de toute la cour françafricaine et même de ceux qui avaient entendu parler de lui sans le connaître. Voilà ce que l'histoire retiendra.

«Régnant sans partage sur un véritable émirat pétrolier, Bongo a été un allié fidèle de la France et s'est révélé particulièrement généreux avec les hommes politiques de ce pays, de droite comme de gauche. Pour ses bons et loyaux services, la France a fermé pudiquement les yeux sur des aspects bien contestables de son règne: la dilapidation outrancière des ressources publiques érigée en système de gouvernance, un système clientéliste, des élections truquées etc.»

Jusqu’à ce jour: « La France, n’a pas encore trouvé le bon positionnement en Afrique. Le discours de Dakar a heurté beaucoup d’Africains. Les responsables africains francophones doivent cependant aussi prendre leur part de responsabilité. Aux yeux des opinions publiques, la France domine l’Afrique francophone, y compris du point de vue de la défense. . La France a un rôle à jouer dans l’évolution de l’Afrique en rompant le cordon ombilical.
Aujourd’hui, tout place : la France et les Etats issus de ses anciennes colonies, devant cette interrogation que nous ne saurons escamoter :

Quelles relations devons-nous établir et quels efforts sommes-nous prêts à consentir pour cela ?

Aujourd’hui, « l’immense majorité des nouvelles générations africaines post-indépendance sans avoir connu la période coloniale » n’est pas totalement amputée pour autant de l’histoire de ses parents qui ont connu l’époque coloniale. Elle a en présence ce père ou ce frère qui a combattu pour la France contre les nazis, ou encore en Indochine et en Algérie sous le drapeau français. Les nouvelles élites issues de ces générations, se font à coup sûr un devoir de mémoire. Il est vrai, l’époque coloniale c’était avant 1960.

Ces générations qui constituent la majorité de la population de ces Etats issus de l’empire colonial français, découvrent que leur condition s’avère malheureusement pire que ce qu’ils entendent de l’époque coloniale : la période actuelle des potentats africains placés au pouvoir et soutenus par la France. Avec la complicité de cette France, ces potentats spolient, bradent les richesses des pays et affament les peuples. Ça et là les mœurs les plus abominables sont instituées par les groupes mafieux au pouvoir.

Un pays comme le Gabon sous le règne d’un demi-siècle de Bongo a dépassé en abominations des plus abjectes Sodome et Gomorrhe.

Telle qu’elle se comporte vis-à-vis de nos pays, la France a cessé d’être le pays de la raison. De temps à autre, elle s’ébroue sur la scène internationale pour manifester une crainte sur le sort de cette Afrique qu’elle contribue cependant à détruire, crainte née en réalité de cette coupable indifférence à ses responsabilités historiques envers les pays africains. Ces sursauts de la « France marmotte » sont salués à tort comme des triomphes. La propension française à donner des leçons la rend en fait aveugle sur elle-même. La France joue une véritable tragédie des erreurs avec les pays africains.
Rompre le cordon ombilical.

Lors d’un déjeuner, offert à Ségolène Royal, qui a effectué récemment une visite au cap et à Johannesburg, Graca Machel Mandela, épouse de Nelson Mandela lui a présentée l’analyse suivante : « La France, n’a pas encore trouvé le bon positionnement en Afrique. Le discours de Dakar a heurté beaucoup d’Africains. Les responsables africains francophones doivent cependant aussi prendre leur part de responsabilité. A chaque crise, ils se tournent vers Paris, que ce soit sur le plan budgétaire ou de la sécurité. Aux yeux des opinions publiques, la France domine l’Afrique francophone, y compris du point de vue de la défense. Elle donne parfois le sentiment de considérer les pays africains francophones comme des bébés. La France a un rôle à jouer dans l’évolution de l’Afrique en rompant le cordon ombilical et en la poussant à prendre son indépendance. »

Ainsi, tout est dit, à l’égard de la politique africaine de la France. Rompre le cordon ombilical, voilà le défi à relever de part et d’autre. Les lancinants discours enrobés comme celui de son Ambassadeur au Gabon M. Dominique Renaux, lors de son allocution du jeudi 14 juillet à la Résidence de France de Libreville, sont si évidés qu’ils frisent l’hypocrisie et une véritable malhonnêteté intellectuelle. C’est le langage de la diplomatie de gribouille. Dire en ce qui concerne le problème de l(élection en vue pour la présidence de la République gabonaise : «" Dans quelques semaines, les Gabonaises et les Gabonais vont élire leur président pour un mandat de sept ans. C'est une étape importante qui est suivie avec attention par les partenaires du Gabon.

Comme l'ensemble de la communauté internationale, la France souhaite ardemment que ces élections se déroulent dans le calme, dans la transparence et la régularité, qu'elles permettent un libre débat public, qu'elles viennent consolider la démocratie comme cela a été le cas dernièrement dans d'autres régions du continent, et qu'au total le Gabon en sorte plus fort, plus solidaire, et prêt à consacrer toutes ses forces aux défis économiques et au bien-être de la population. Nous n'avons pas d'autres objectifs. Nous soutenons pleinement la mission d'observation de l'Union européenne qui devrait contribuer au bon déroulement du processus et favoriser la confiance entre les acteurs." - Un tel discours, est dubitatif et dilatoire.

La France ne peut pas se permettre de se défausser à si bon compte de ses multiples responsabilités vis-à-vis du Gabon, et envers son peuple ; avec les rapports incestueux qu’elle a toujours entretenus avec la dynastie de Bongo qu’elle a mis, et maintenu au pouvoir.

Ce qui est en cause et qu’il convient de refonder, c’est toute une politique africaine de la France, résiliente depuis la Ve République et qui, telle une poupée russe, juxtapose le soutien aux pouvoirs en place, la gestion de l’outil Agence française de développement, la politique migratoire, la francophonie, les intérêts économiques publics et privés, les bases militaires, etc.

Pour nous, patriotes gabonais, le combat contre la France-à-fric /(Françafrique), est un des objectifs prioritaire de la maîtrise de notre destin. En le menant de front, nous ferons mentir cette vieille antienne selon laquelle « l’homme africain était insuffisamment entré dans l’histoire ».
Oui, Changer tout changer. Rompre avec le système PDG. Bongo, noyau des "réseaux mafieux" françafricains. Voilà le vrai combat des « Patriotes » gabonais.

[1] Maurice Robert, Ministre d’Afrique.370-371 [2] Ibid. p.370-371 [3] Un jour, la vérité éclatera au grand jour pour prouver que Bongo n’a jamais été autre chose qu’un « Agent » des Services Secrets français. C’est à ce titre qu’il est infiltré d’abord au près de Jean-Hilaire Aubame opposant de Léon M’Ba, puis enfin au cabinet de ce dernier. [4] Pierre Marion, La mission impossible à la tête des Services Secrets, Calmann-Lévy, p.101-104) [5] François-Xavier Vershave : Président de l’association Survie, décédé en 2006 [6] Érik Orsenna, Ecrivain, longtemps « porte-plume » de François Mitterrand, interview à Télérama du 08/09/1993, in, François-Xavier Verschave, LA FRANÇAFRIQUE Le plus long scandale de la République, Stock, p.112 p.56 : [7] Ibid p.59 [8] Directeur général des éditions La Découverte)

Mercredi 20 Juillet 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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