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Processus électoraux en danger en Afrique francophone !

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mardi 8 Mars 2016 à 01:35 | Lu 704 fois



Comme dans la chanson d'Yves Montand, « les feuilles mortes », les candidatures d'anciens présidents se ramassent à la pelle, et, les candidatures sous-marines aussi. Le temps passe et immuablement, les éternels sortants se représentent. Quand ce ne sont pas les pères, ce sont les fils, tout ceci sous le nez de ce qu'il est convenu d'appeler la « communauté internationale ».

Seule la Centrafrique semble connaître un processus démocratique pacifié avec une élection ayant conduit à la fin de la période de transition. Mais, c'est au prix d'une intervention militaire française survenue en raison d'une menace islamiste radicale. Même relatif succès au Mali, pays dans lequel, un fonctionnement démocratique est aujourd'hui en cours.

Au Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso est en passe de se maintenir au pouvoir après avoir déjà comptabilisé plus de 30 ans.
En République démocratique du Congo, les arrestations d'opposants succèdent aux arrestations même lorsqu'il s'agit d'enfants ayant eu le malheur de manifester leur envie de changement dans leur pays.
Au Cameroun, Paul Biya est au pouvoir depuis 1982, et ses différents opposants ont fini par disparaître du point de vue politique.
Le nouveau pouvoir français avait soulevé beaucoup d'espoirs en 2012, après les années de mépris de Nicolas Sarkozy.

Or, la France vole de renoncements en renoncements.

Dans les pratiques du pouvoir français, le continent africain se limiterait à un terrain de luttes contre les terroristes islamistes au Mali ou ailleurs. C'est ce qui semble justifier un voile pudique sur des dictateurs bien « utiles », comme Idriss Déby, et son armée « efficace », en oubliant qu'un pouvoir démocratique ferait tout aussi bien, et, sans doute, mieux, avec l'assentiment des Tchadiens.

En ce qui concerne le Gabon, « noyau dur » de la Françafrique, nous assistons depuis 2012 à une forme de complaisance coupable plus ou moins assumée, de la part de la gauche au pouvoir. A l'exception notable de Manuel Valls, il a eu l'honnêteté de dire ce que tout le monde sait de « l'élection » de M. Bongo, qu'elle est nulle et non avenue.
Les différents voyages des uns et des autres à Libreville ont été à chaque fois un véritable concours de lâcheté.

L'élection présidentielle approche au Gabon et rien n'est évidemment réglé. Il fallait s'en douter, car le régime a besoin du flou pour pouvoir mieux organiser la fraude massive et industrielle qui le caractérise. Sans le renfort de la fraude, et de mercenaires armés, M. Ali Bongo ne peut être élu. C'est ce qui s'est passé en 2009 où André Mba Obame était élu, et s'est vu voler sa victoire, avec l'appui de Nicolas Sarkozy.

Sous pression internationale, le régime a tout de même décliné toute intervention extérieure visant à calmer la crise. En effet, il a préféré exhumer le conseil national de la démocratie (CND), qui était tombé en désuétude. Constitué en grande partie de proches du régime, le CND bénéficie d'une crédibilité limitée. Par ailleurs est exclue la « société civile », cet ensemble d'ONG gabonaises souvent très actives sur le terrain de la réflexion, d'actions locales et internationales. Consciente de l'impossible dialogue au Gabon, certaines de ces ONG se sont retrouvées à Paris pour échanger et dresser le constat de la situation.

Il en est ressorti que l'Union européenne est silencieuse sur les questions de gouvernance démocratique en Afrique francophone face aux constitutions contournées, et instrumentalisées. Par exemple, Il devrait en principe être interdit à Ali Bongo de se présenter à la prochaine élection présidentielle en raison de la violation de l'article 10 de la constitution. La candidature d'Ali Bongo est celle du renoncement de la gauche française au pouvoir à mettre fin au système Foccard.

Les milieux d'affaires installés au Gabon, et leurs relais en France, sont inquiets du climat crée par Ali Bongo et son clan. L’État fait face à une crise financière due à la chute des prix pétroliers. Aucune réserve n'a été faite. Le Gabon est obligé d'emprunter auprès des institutions financières internationales. Pendant ce temps, les commandes de l’État ne sont pas payées aux fournisseurs mettant en péril les PME-PMI gabonaises ou françaises.
Mais, pourquoi serait-il préférable à ces milieux d'affaires de traiter avec la médiocrité au pouvoir au Gabon ? Sans doute, l'illégitimité du régime est il un moyen de mieux le « tenir » , et favoriserait le « business », tandis que le pouvoir aux abois ne pense qu'à sa propre survie. C'est le drame du Gabon depuis 1967.

C'est le cas depuis 2009 : un régime qui agresse, arrête sans raisons, fait honte aux Gabonais dans le monde entier et finalement n'arrive à rien... Un Ali Bongo en quasi rupture avec le parti d'Omar Bongo, vidé de ses « caciques » qui ont claqué la porte pour rejoindre l'opposition ou s' opposer à lui en interne. Que dire quand une partie de la famille de sa « mère » appelle à le faire battre, ce qu'on n'avait encore jamais vu au Gabon !

L'opposition s'organise. La performance politique de Jean Ping est en soi remarquable. Dès le retrait d'André Mba Obame, pour cause de maladie, il a su occuper l'espace politique vide laissé par lui. Paré de son parcours international, il bénéficie d'une certaine crédibilité au delà du Gabon, sur le continent africain, mais également en occident. Son franc parler sur la nature du régime prédateur du Gabon le rend sympathique pour les Gabonais. Il tente de rassembler avec un certain succès malgré la difficulté supplémentaire d'un scrutin à un seul tour, sorte d'aberration démocratique, que le régime a empêché de remettre en cause.

L'absence de dialogue entre Jean Ping et les responsables de L'Union nationale est en soi une véritable difficulté dans cette élection, car, la présentation d'un candidat pour le compte de ce parti serait un grand risque dans une élection à un tour. Il faudrait donc un candidat du consensus pour une mobilisation sans crispation pour dépasser le « tribalisme ». Jean Ping a fait un premier pas en disant qu'une fois élu, il ne fera qu'un seul mandat après avoir assuré la transition.
Comme il l'a indiqué, dans un entretien avec Le Monde, il est difficile de limiter le nombre de candidatures dans l'opposition. La perception des enjeux est parfois compliquée pour certains opposants. Certaines candidatures sont, en outre, téléguidées par le régime, qui espère fractionner les voix de l'opposition. Il faut donc s'efforcer de faire avec cette multiplicité. Ce qui est une difficulté supplémentaire serait l'existence d'une ou plusieurs candidatures « ethniques » qui, dans un scrutin à un tour, serait un véritable problème. Cette hypothèse n'est évidemment pas souhaitable.

Une approche est délibérément mise de côté au Gabon, c'est le rôle des femmes dans le processus démocratique. Aucune proposition politique majeure n'est faite en leur direction, elles qui représentent près de la moitié de la population, et qui sont aux trois quarts acquises au changement. Or, changer le Gabon c'est aussi mettre fin aux inégalités femmes-hommes engendrées par le régime patriarcal et réactionnaire mis en place depuis 1967. André Mba Obame l'avait compris et m'avait confirmé que ce serait un axe de sa présidence une fois élu.

Aujourd'hui, Il ne s'agit pas d'ajouter une candidature féminine de témoignage de plus à l'élection présidentielle, mais de préciser clairement que la transformation du Gabon passe aussi par des modifications dans la façon de concevoir les relations femmes-hommes, et de faire de la politique. Ce serait une erreur que ne pas considérer cette thématique comme essentielle dans la problématique du développement durable pour l'avenir du Gabon, et du rôle de chacun.

L'Afrique centrale est en « roue libre » du point de vue démocratique. Après la « suractivité » de Nicolas Sarkozy visant à favoriser les dictateurs, voilà la doctrine du « non-agir » du pouvoir socialiste français, qui revient en fait à « laisser -faire » les régimes en espérant que les abus et coups d’État électoraux ne se verront pas trop. Mais, les acteurs politiques ne sont pas dupes de cette nouvelle complicité, qui sans le dire, sera un tombeau pour tous, si elle se confirme, faute de destin partagé, en dehors de la langue française porteuse, en principe, d'un idéal de liberté.

Mengue M'Eyaà,

Journaliste,

Présidente du conseil exécutif
Mouvement civique du Gabon,

Présidente du Mouvement Civique du Gabon.
http://mouvementciviquedugabon2009.unblog.fr

P. J: symbole de la résistance gabonaise.

Mardi 8 Mars 2016
Gabonlibre.com : News 7J/7
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