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Où sont passés les 10 milliards prévus pour le national foot dit professionnel?

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mercredi 12 Juin 2013 à 12:22 | Lu 704 fois

Animé par environ 400 joueurs et par les dirigeants de 14 clubs de D1, le championnat national de football devenu cette année professionnel et financé à hauteur de 10 milliards de F CFA par l’Etat gabonais, fait l’objet de plusieurs interrogations, quant à sa gestion qui ne fait pas l’unanimité, autant chez les acteurs que chez les observateurs avertis du sport.



Où sont passés les 10 milliards prévus pour le national foot dit professionnel?
Des débats qui s’articulent notamment autour de questionnements essentiels tels que :

Où sont passé les 10 milliards prévus pour la gestion du national foot ?

Les gestionnaires de la compétition sont-ils véritablement à la hauteur de leur tâche ?

Le Gabon est-il doté des instances appropriées pour organiser un championnat professionnel ?

Autant des questions qui méritent des réponses.

Au Gabon, dans différents secteurs publics se sont souvent les plaintes et les revendications qui permettent d’évaluer la bonne ou la mauvaise gestion des ressources financières.

Pour le national foot, il a fallu le mouvement d’humeur des joueurs qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de salaires et qui ont bloqué le championnat à la 22e journée, pour se rendre totalement compte que l’argent de l’Etat, même dans le domaine du sport, prend parfois des directions difficiles à déterminer avec exactitude. Et cela ne contribue en rien au développement du pays.

Il semblerait que l’argent que l’Etat gabonais a déboursé pour redorer le blason du football, en permettant aux jeunes de vivre de leur art, se trouve dans les poches de certains dirigeants du monde du football, motivés par l’appât du gain.

Sinon, comment expliquer qu’un président de club au courant des nouvelles dispositions légales qui stipulent que les joueurs en contrat professionnel ne peuvent être payés en dessous de 450.000 F CFA, puisse violer la mesure de l’Etat sans être inquiété, en octroyant à certains de ses joueurs un salaire mensuel de 250.000 F CFA, et même moins ?
La photocopie du bulletin de salaire d’une des victimes d’un club de D1 du national foot, parvenue à la rédaction de Gaboneco.com, est la preuve suffisante qu’il ne s’agit pas de simples rumeurs. Figurant pourtant sur la liste Linaf des joueurs ayant le statut de professionnel comme trois autres de ses coéquipiers, le joueur que nous rebaptiserons M.P n’a que le football pour se prendre en charge et entretenir sa petite famille. Il s’est ainsi vu floué par ses dirigeants, qui lui ont longtemps fait croire qu’il n’officiait qu’en qualité de simple stagiaire.

Le coup de gueule poussé par le capitaine du stade Migovéen qui avait déclaré en pleine conférence de presse au stade de Nzeng-Ayong après le match de la 20e journée contre Missile FC, que leurs résultats étaient tributaires des mauvais salaires qui ne reflétaient pas ceux des joueurs des autres clubs, est une autre preuve de la mauvaise gestion de la manne du championnat.

A ces cas, s’ajoute aussi celui des joueurs qui, au départ percevaient bien un salaire professionnel conforme à la loi, mais qui, depuis les mois d’avril et mars sont payés « à la main » à hauteur de 200.000 F CFA.

« J’ai signé un contrat qui prendra fin en 2014, je suis arrivé dans un club très connu de D1 cette saison, j’étais payé à environ à 55O.000 F CFA jusqu’à janvier dernier. Cependant, sans justification aucune, non seulement j’ai été chassé du club avec trois autres joueurs, mais aussi encore sous contrat, je suis payé depuis trois mois « à la main » à 200.000 F CFA. Et les responsables nous font signer sur une feuille blanche », a déclaré un autre joueur très remonté contre le président du club et son secrétaire général.

A l’entame du championnat, la Ligue nationale de football reconnaissait pourtant déjà que des clubs n’avaient pas encore versé les salaires des mois d’aout et septembre 2012 aux joueurs et aux staffs techniques, alors qu’un montant de 60.4 millions F CFA avait été déjà décaissé.
« Nous sommes informés du fait qu’il existe de nombreux dysfonctionnements au niveau de la gestion financière de certains clubs », indiquait une source proche de la Linaf citée par le quotidien l’Union dans son édition du jeudi 22 novembre 2012.

C’est en effet dans le même sens, selon le journal Echos du Nord du 21 mai dernier, que le jeune joueur gabonais Ebane Abessolo transféré de l’Union Sportive d’Oyem (USO) pour le CF Mounana, aurait intenté une action en justice contre le président de son club Hervé Patrick Opiangah, à qui il reproche la suspension de son salaire depuis plusieurs mois. Même si ce dernier justifiait son comportement de mauvais payeur par un problème cardiaque décelé chez le joueur par le Dr Mouyopa, après la signature du contrat.

Selon les statuts de la Fifa, dans ce cas de figure, le contrevenant (le club) s’expose au paiement d’une indemnité, car la validité d’un contrat ne peut dépendre du résultat d’un examen médical… Se référer aux articles 13, 14, 15,16 et 17 de l’instance dirigeante du football mondial.

Face à toutes ces infractions flagrantes de la part de dirigeants de clubs, beaucoup s’interrogent sur la mission véritable de la Linaf.
Quel rôle joue donc la Linaf ?

Créée en 2001 et mise en place en 2007, la Ligue nationale de football (Linaf) est une association sportive sous la tutelle de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), qui a pour compétence d’organiser les championnats nationaux de première et deuxième divisions conformément aux dispositions de l’arrêté n°00179 du 13 février des statuts de la Fégafoot et de la Linaf.

Bénéficiaire d’une autonomie admnistrative, sportive et financière, la Linaf se révèle, force est de le constater à ce jour, impuissante devant les propriétaires des équipes du national foot et serait même à l’origine des problèmes financiers qui ont poussé les joueurs à observer un mouvement d’humeur à la suite de leurs nombreux mois de salaires impayés, bloquant ainsi le championnat dans sa 22e journée.

En effet, dans l’union du jeudi 16 mai dernier, le ministre des Sports, Séraphin Moundounga, pointait du doigt l’instance dirigée par Joël Birinda, qu’il jugeait responsable des retards de salaires dénoncés par les acteurs du national foot. La Linaf, obstinée à rester silencieuse sur cette question bien précise, n’a pas trouvé mieux que de refuser vendredi 31 mai, une interview à la rédaction Gaboneco qui voulait en savoir un peu plus sur le rôle et l’apport en terme de gestion structurelle et technique de l’équipe espagnole qui y tire discrètement les ficelles. Aux questions de savoir à combien sont payés ces techniciens espagnols et quel est leur rôle précis, le secrétaire général de la Linaf s’est contenté de nous signifier purement et simplement son refus de communiquer.

Peut-on professionnaliser le football sans le populariser en amont ?
Avant de parler de « gros sous », il aurait été salutaire de comprendre en premier lieu les raisons du désamour que les supporters semblent éprouver aujourd’hui pour le football local. Un sondage national auprès du public gabonais aurait pu apporter quelques éléments de réponses à la question de désertion des stades lors des matchs de championnat.

Dans les années 70 à 90, on pouvait assister à des matchs du championnat national dignes de grandes rencontres internationales avec un public au rendez-vous. On se souvient effectivement que les rencontres telles que AS Police- Anges ABC, ou Mangasport-Sogara, pouvaient remplir les deux tiers du stade Omnisport président Bongo estimé à 40.000 places.

Aujourd’hui, nous sommes bien loin de cette ferveur et les stades sont plus que jamais déserts.

A la 6e journée du national foot, lors de la rencontre CMS-Mangasport, on pouvait à peine compter une centaine de personnes venues supporter leurs équipes, ce, malgré les moyens colossaux déboursés par l’Etat pour revaloriser le football local. Il y a comme un désintérêt généralisé pour le football.

Cela serait dû à plusieurs raisons :
- les amoureux de football ne se sentent plus proches des clubs. La culture d’appartenance à un groupe social semble aujourd’hui complètement disparue dans la politique de promotion du championnat national. Avant, les clubs « appartenaient » à une ville, un quartier, une corporation professionnelle. Les supporters étaient au fait et participaient aux activités des clubs. Aujourd’hui, le national foot est constitué d’équipes distantes et complètement déconnectées des réalités des populations dont elles sont censées être proches. Cela se ressent même dans les noms de certains clubs ! En effet, comment comprendre qu’au Gabon où il n’y a ni neige ni traîneaux, on puisse nommer son équipe Sapins FC ?

-De même, quelle relation les clubs entretiennent-ils avec les populations locales qui ne comptent aucun des leurs dans les effectifs ? C’est pourquoi, personne ne devrait pas s’interroger quant à la force de mobilisation de l’Union Sportive de Bitam (USB) reconnue en ces temps comme l’équipe la plus populaire du pays. L’USB et son président René Ndemezo Obiang, natif de Bitam, ville située au nord du Gabon, ont le mérite d’engager des fils de Bitam en majorité autour d’une propriété et d’un esprit communs.

- Les patrons de clubs accordent peu d’intérêt au douzième homme, contrairement à autrefois où on pouvait voir avec le général Idriss Nagari communier avec ses troupes durant les matchs comme ce fut le cas en 1985 lorsque son équipe FC 105 remporta le titre de champion du Gabon.

- Dans sa phase de lancement, le national foot professionnel n’aurait pas du opter pour une entrée payante au stade car il s’agissait dans un premier temps, de ramener le public dans les stades. Au vu du peu de monde dans les gradins, le résultat est exactement le même que si l’entrée avait été gratuite : ça ne rapporte pas d’argent. Alors quitte à ne rien gagner, autant avoir quand même du monde dans les stades
- La Linaf affiche un mépris injustifié envers les médias censés les aider à promouvoir le national foot professionnel. La simple délivrance d’une accréditation pour la couverture médiatique des matchs, relève du parcours du combattant. Les journalistes de Gaboneco.com en ont fait l’amère expérience, devant aller de rendez-vous manqué en rendez-vous manqué pour se voir délivrer le fameux sésame. C’est à n’y rien comprendre.

Un championnat national professionnel qui n’a de professionnel que le nom ?

Il n’y a qu’au Gabon où les choses se passent de cette manière. Vous imaginez une équipe professionnelle en France ou même au Maroc, sans comité de supporters organisé ? Pourtant ici, on retrouve des clubs qui, à quelques heures du début du match, se pointent à l’ancienne gare routière pour solliciter la participation des passants comme supporters moyennant un billet vert.

« J’avais été approché par un jeune qui m’avait demandé si j’étais partant pour aller suivre un match de Sapins contre Nguen’Asuku au stade, en échange de 5000 F CFA, à condition d’aller chanter et danser », se confiait Junior, supporter circonstanciel de Sapins.

Triste est le constat que nous pouvons alors dresser sur l’état actuel du championnat national dont la professionnalisation avait été annoncée tambours battants à grands renforts de capitaux et de grandes déclarations. Pour quels résultats ?

Ce même championnat s’est retrouvé interrompu à sa 22e journée pour problèmes financiers…

La question principale demeure alors toujours celle-ci : Où sont donc passés les 10 milliards F CFA dévolus à l’organisation du championnat de D1 ? Où est passé l’engouement populaire que cette professionnalisation du championnat était censée susciter ? Bref … N’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs ?

Espérons que les dirigeants du football national tirent les leçons des échecs déjà retentissants qui ont émaillé cette première année de professionnalisation, car le sport dans une large mesure, est aussi un reflet du niveau de développement d’un pays, et peut servir de baromètre quant à la santé d’une nation et surtout servir de faire valoir au niveau international.

A méditer…




Publié le 12-06-2013 Source : GabonEco

Mercredi 12 Juin 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
Vu (s) 704 fois




1.Posté par Pâle Lôgè le 12/06/2013 22:33 | Alerter
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À mon avis, le refus de donner la gestion de la LINAF ou la FEGAFOOT aux passionnés et férus de ce sport serait responsable de cette situation.

Puis il semble que la mise sur pied de certaines équipes, en début du championnat n'avait pour fin la course à la ruche. Constater vous même, qui sont-ce les présidents des clubs! Toujours les mêmes. Membre de.. Député de... Ministre de... Donc les employés ne sont que des sujets, qui du jour au lendemain, perdent leur contrat en violation du droit

Et pourtant cette question demande de justifications. Cet argent est bien un bien national!

2.Posté par Le natif de kinguélé le 13/06/2013 01:01 (depuis mobile) | Alerter
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Je vous renvois la question

3.Posté par N'Nsa le 14/06/2013 06:23 (depuis mobile) | Alerter
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Il n'y a que Ali Bongo et Engadzas qui peuvent exactement nous éclaircir sur ce sujet.
1- Je ne suis même pas sur que cet argent avait été décaissé. Ca devrait être encore un effect d'annonce d'ABO.
2- Au cas ou les 10 milliards avaient belle et bien été donné à la Fegafoot; maintenant seul Engadzas peut nous repondre.

4.Posté par kenne le 28/11/2015 21:01 (depuis mobile) | Alerter
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