News & Infos Utiles...
Gabonlibre.com
Gabonlibre.com
News 7J/7&Infos Utiles...
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Musique Gabonaise : Nouvelle Ere de Communication Politique?

Le site de la Liberté - LeGaboma le Vendredi 17 Septembre 2010 à 19:19 | Lu 1066 fois



La RTG a toujours fait partie des piliers des coups d’Etat dont le PDG a cycliquement habitué la populace gabonaise, mortifiée, depuis 1973, date qui marque (après le simulacre de 1967, élection à candidat unique!) la toute première élection sous la présidence du tristement célèbre Albert Bernard (M)Bongô. Election qu’il remporte avec, évidemment, 99,6% des suffrages, étant l’unique candidat. Puis suivirent les élections de 1979 et de 1986, toujours en candidat unique, qu’il remporte, évidemment, avec, respectivement, 99,8 et 99,97 % des suffrages.


D’aucun dirons que c’est normal, vu que le parti unique était au firmament. Il n’en demeure pas moins que 1990, 1993/1994, 1996, 1998, 2005 et 2009 ont vu les castrats de la RTG transformer cet organe public en caisse de résonnance de leur castrateur, le PDG. Au regard de ce cheminement, il n’est pas étonnant qu’aujourd’hui, son degré d’endoctrinement soit proportionnel à la taille de la dictature du nouvel employeur, certes, mais de tous les cynismes qui jalonnent l’histoire de cette télévision, on avait pas encore vu un vidéo-clip diffusé plus de cinq fois, en moins d’une heure comme ce fut le cas le mercredi 15 septembre, après le journal de 20h.

Alors même que cette RTG, chaine publique, n’est pas censée être une chaine musicale. D’ailleurs, même les chaines musicales n’enchainent pas un même vidéo-clip à en crever la vue ! Avant de parler de cette vidéo, laissons-nous faire un petit flash back pour observer comment la politique est en train d’empoisonner la musique gabonaise.


Un des plus vivaces souvenirs de l’instauration du parti unique fut la création des Groupes d’Animation qui ont littéralement folklorisés la femme gabonaise. Ce furent, à la fois, des groupes qui faisaient de l’animation politique, dynamisaient les militants mais aussi, une véritable plateforme promotionnelle pour ces femmes à défaut d’être une pépinière ou des objets de foire pour les hiérarques du PDG. Chemin faisant et, surtout, pluripartisme arrivant, ce folklore populiste s’estompa considérablement. Il fut même un temps où les Groupes d’Animation étaient interdits, mais une mesure qui ne sert pas le PDG ne peut jamais s’appliquer: ils sont encore résiduels aujourd’hui ou plutôt ont pris d’autres formes.


La fin supposée des Groupes d’Animation amorce une nouvelle ère, celle qui consiste à substituer ces Groupes par des artistes confirmés. La tâche ne fut pas bien difficile puisque, tout en continuant dans le militantisme, les chantres de ces Groupes se sont lancés en solo, la plupart, volant même la vedette aux vrais artistes qui souffraient du caractère morose de l’industrie musicale.

Ces chantres reconvertis, évidemment, bénéficiaient d’un soutient politique avéré. Les autres, ne pouvant laisser leurs carrières se mourir, ont emboité le pas. A partir de 2005, à l’élection présidentielle, il devient un fait établit que les artistes qui ne chantent pas les louanges du PDG restent aux aboies. On se rappelle de cette période, une compilation, qui comportait bien des artistes de tous les coins du pays, fut distribuée pendant la campagne avec la particularité que des tubes bien connus furent remixés pour l’adoration du Tsar. Jusque là, seuls les artistes Hip-hop restaient relativement épargnés du processus.


A partir des élections d’Aout 2009, ce processus, qui pouvait encore paraitre flou aux uns, se révélait au monde dans toute sa nudité: le PDG a ses artistes, l’opposition aussi. Seulement, la suite des présidentielles sonna le glas des artistes qui avaient eu le toupet de s’afficher avec les opposants. On entendit, par exemple, qu’Alexis Abessolo avait été limogé de Cimgabon (dit-on qu’il a été rappelé !) ; d’autres comme Annie Flore, Hermi Mabila, Kaki Disco, Dibaku, Mauvaizhaleine ou Nicole Amogho, victimes de soupçons, ont eu bien du mal à revenir sur la scène et furent bien privés de diffusion dans les media publics, notamment.

Certains en sont même encore victimes aujourd’hui. Pendant ce temps, les artistes d’en face connaissent l’apogée : concerts, albums, show case, cérémonies, publicités, diverses invitations, voyages prépayés, dotations, diffusions à outrance, nominations, etc.


Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute, n’est artiste dans ce pays que celui ou celle qui chante les louanges de Ya Ali, l’émergeur en chef ! Pour revenir sur le vidéo-clip dont on parlait plus haut, il ne s’agit autre que de « O.V.C. » (On Vous Connait), le nouveau single de Patience Dabany qui avait déclaré peu après les élections: « maintenant que mon fils a gagné l’élection, les Fang et les Punu vont se grincer les dents !».

La diffusion à outrance de ce vidéo-clip n’est pas fortuite, il est emprunt d’un message foncièrement politique. Comme son titre le suggère, la chanson dit aux opposants, en substance, d’aller « au WC » (aller au diable). C’est aussi une tentative non moins éhontée de réconciliation entre les deux enfants qu’elle a élevé, Pascaline et Ali, dont la dichotomie n’est plus à démontrée aujourd’hui.


C’est donc un défi de communication que lance ce nouvel opus. Les opposants partent d’emblés perdants. Les media publics étant confisqués, TV+ torpillée, et les autres à la solde du nouvel homme-fort, de gré ou de force. Quant aux artistes, ils restent la queue entre les jambes. Pour ceux qui peuvent encore rêver d’une carrière, mieux vaut chanter les louanges de Ya Ali, car avec ces droits d’auteurs qui ne viendront jamais, il faut assurer ses arrières.

Et c’est toute la danse que mène la pseudo industrie musicale de notre pays à qui, Edgar Yonkeu, Camer de son état, est en train de donner des leçons. Une chose est sûr, les artistes viennent s’ajouter massivement à la RTG pour parachever le travail d’endoctrinement amorcé quelques décennies plutôt.

Depuis les récents événements politiques qui ont considérablement révélé les clivages qui existent dans l’opiniâtreté des gabonais quant à la conduite des affaires publiques, les artistes de mauvaise augure se succèdent au micro pour faire croire à une unanimité qui n’existe pas, tentent maladroitement de ramener un parti unique euthanasié depuis 1990 : une véritable mendicité qui compense, bon en mal en, l’absence de droits d’auteur. Quant à Patience Dabany, quoi de plus normal ? C’est la femme la plus heureuse au monde!

Vendredi 17 Septembre 2010
LeGaboma
Vu (s) 1066 fois




1.Posté par Diaz le 20/09/2010 13:12 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Voilà un article d'une pleine instruction. Bravo LeGaboma!

La politique des Bongo et du PDG a un seul dénominateur commun pour toutes classes, sphères et autres de la société: réduire tout le monde à la mendicité. Il y a que les artistes de sang noble et de grande valeur qui refusent de faire la courbette.

Merci!

Jean Ping Président élu | La Résistance Gabonaise | Histoire du Gabon | MCG | Revue Politique | Revue Economie | Revue Société | Annonces Classées | Société Civile | MDFC | CAPPO | Gabon Occupé par l'imposteur | Les Collabos | Communiqué | Les Réactions | Les syndicats / Grève | Faits Divers | Interpellation | Revue Infos Plus | Education Nationale | Gabon - Diplomatie | Culture / Evènement | Vie Etudiante | Journaux | Interview | Justice ! Affaire à Suivre | Gabon Débat | Sport | Actu Estuaire | Actu Woleu Ntem | Actu Ogooué Maritime | Actu Haut Ogooué | Actu Ngounié | Actu Moyen Ogooué | Actu Ogooué Lolo | Actu Ogooué Ivindo | Actu Nyanga | GabonlibreTV | Présidentielle 2009 | Gabonlibre.com | H. André Mba Obame

Les Articles les plus lus

Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...