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Martin Edzodzomo-Ela « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.» (Matthieu 22,21)

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Lundi 16 Mai 2016 à 18:19 | Lu 1191 fois



Les juifs couronnent leur Dieu (Adonaï IHVH), les Latins divinisent leur empereur. C’est là la grande différence (entre ce qui est de César et ce qui en est de Dieu (l’Adonaï IHVH). David, symbole de l’Etat juif, gouverne au nom de Dieu (l’Adonaï IHVH) et sous son contrôle. A Rome, ce n’est pas Dieu qui nomme César, mais César qu’on proclame divin.)
Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cela veut dire d’abord deux choses essentielles et fondamentales :

1. « Il faut « rendre à César ». À la question malicieuse des Pharisiens - Dis-nous donc ce qu'il t'en semble: est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit: Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Ici, Jésus se refuse tout simplement d’invoquer le prétexte religieux pour se défausser des responsabilités de l’individu envers les obligations de la cité. Il signifie aussi par la même occasion la nécessité de ne pas confondre justement les rôles : - De qui est cette inscription ? De César… Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. (Répond le Christ).

2. « il faut rendre à Dieu » Mais en même temps, cette phrase a une implication peut être la plus importante pour le chrétien. Ce verset ne dit pas que Dieu et César ont chacun leur domaine spécifique et que chacun doit s’occuper de son propre règne, mais que Dieu vient porter une limite au domaine de César. Dieu est celui qui rappelle à César que ce dernier n’est pas Dieu, qu’il existe une limite et des principes à son action.

Ainsi le cadre entre le politique et le religieux est bien défini.

Le devoir et la responsabilité de l’Eglise dans cet ordre, sont d’être une instance critique face au pouvoir, un contre-pouvoir qui conteste les tentations hégémoniques de tout pouvoir. C’est dans ce cadre que doit se décliner l’implication politique des Églises chrétiennes. La vocation professionnelle de chacun ici-bas est considérée comme participant directement à la construction d’un monde à la gloire de Dieu. Ce n’est pas dans le retrait des monastères que se réalise le monde en réponse à l’annonce chrétienne, mais dans l’activité de transformation et de création. Ceci ne touche pas quelques-uns, mis à l’écart pour se rapprocher de Dieu par l’entremise de l’Eglise, mais tous sont appelés à cette tâche édifiante. Une telle exhortation adressée à chacun procède de l’affirmation du sacerdoce universel (mis à l’honneur par Luther). Cette recommandation concerne tout être humain. Aucune hiérarchie de naissance ou de distinction (cléricale) n’est ici invoquée. Il y a le refus d’une instance tutélaire venant déterminer l’attribution des tâches.

Tous sont appelés, sans distinction, à œuvrer au bien de tous. Une société est dite « sécularisée » quand elle ne légitime plus son existence et ses pratiques par référence à des données religieuses. Sous la forme moderne où nous la connaissons, la société sécularisée a pour caractéristique d’être pluraliste et laïque. Le pluralisme est la conséquence immédiate de la sécularisation. La légitimation de la vie sociale ne procède plus d’une institution religieuse, elle est décidée au travers d’un débat où doivent être représentés tous les acteurs sociaux. Or ceux-ci sont divers. Si l’on ne veut pas restaurer un nouvel absolutisme, il faut absolument respecter cette diversité. Mais il est évident aussi que le pluralisme peut entraîner une relativisation des croyances et des convictions, renvoyées au seul domaine des choix privés sans portée sociale.

Cette relativisation des convictions est-elle inéluctablement liée au pluralisme ? C’est un des enjeux dont une société démocratique a à répondre. La laïcité précise le rapport d’une société sécularisée et pluraliste à la vérité. Elle le définit comme non-possessif : la vérité de l’homme comme de la société n’est pas donnée au départ, elle n’appartient donc à personne; elle est en avant de nous, comme une visée de la raison, que celle-ci ne peut jamais pleinement réaliser d’ailleurs. Toute prétention à un savoir absolu, y compris celui de la raison ou de la science, ne peut qu’être dénoncée par la laïcité. Celle-ci est donc fondamentalement anticléricale et anti-dogmatique.

Mais cela signifie-t-il, comme nos pratiques sociales actuelles nous en donnent parfois l’impression, que la question de la vérité est devenue incongrue, voire inutile ? Dans cette société pluraliste et laïque, l’homme se perçoit comme autonome et responsable. Mais il doit encore devenir en fait ce qu’il est en droit. A quoi coopèrent la connaissance scientifique, le droit, l’éducation, etc. Cette autonomie se manifeste tout particulièrement par le développement de l’esprit critique : toute proposition qui prétend à l’autorité doit en faire la preuve devant lui. La laïcité va de pair avec l’émancipation. Une autre conséquence majeure de la sécularisation concerne le rôle de l’Etat. Le pluralisme favorise l’apparition d’une société civile diversifiée ; comme telle, celle-ci est menacée de risques d’affrontements pouvant mener à l’éclatement. Cette situation détermine la double mission de l’Etat démocratique : la première est de faire respecter le pluralisme, et la seconde d’assurer la régulation des intérêts divergents des groupes constituant la société civile. Son action est donc importante et technique.

Il n’appartient pas à l’Etat de se manifester dans des domaines qui ne relèvent pas de cette tâche de régulation ; il n’a pas à dicter ce qu’il convient d’aimer dans le domaine de l’esthétique, ou de croire dans celui des convictions religieuses ou philosophiques, voire éthiques. Et cela pour ne pas empiéter sur la liberté et l’autonomie des individus. D’une certaine manière, l’Etat moderne et démocratique remplit des fonctions inverses de celles acquises au pouvoir dans l’Etat médiéval ou antique en Occident, où la fonction symbolique l’emportait sur l’activité technique de régulation. Désormais l’Etat moderne et démocratique se doit d’être au service de l’individu, en lui garantissant le respect de ses droits. Toute la question pour cet État moderne et démocratique est donc de savoir comment organiser la protection de la liberté sans mettre celle-ci en péril.

Quelle peut alors être la place au sein d’une société pluraliste, encadrée par un État moderne et démocratique, pour diverses formes de morale fondées sur la conviction spirituelle ou religieuse ? Théoriquement, cette place devrait être assurée par définition, puisque chacun doit sans problème s’y exprimer librement et défendre son échelle de valeurs. Dans les faits, cependant, les choses se passent autrement, car la société moderne a, l’étrange capacité de marginaliser, et donc de rendre socialement inefficace toute proposition qui dérange, conteste ou refuse la gestion utilitaire des intérêts en jeu. La perte d’influence des Églises comme des idéologies politiques ou des philosophies en est l’indice, sinon la preuve.

On peut donc légitimement se demander s’il peut y avoir encore une place, autre que marginale, relevant de la sphère privée, pour une morale fondée sur une conviction religieuse (chrétienne) dans cette société. Répétons que la question est d’autant plus sérieuse pour les chrétiens parce que la révélation biblique (libération en Christ) impose une mise en relation par le biais de la Loi, les domaines de l’éthique et du politique. L’éthique chrétienne est l’instance critique du politique, comme de nombreux exemples bibliques le montrent. Les prophètes, au nom de la Loi, interviennent chaque fois que le pouvoir royal en Israël excède ses limites. Mieux, l’éthique chrétienne garantit positivement le droit de chacun d’être respecté comme une personne. Parce que la Loi s’adresse à tous et garantit à tout, le même traitement. Le pouvoir politique ne peut user d’arbitraire, sans déchoir.

C’est alors qu’à son tour, le politique doit devenir le lieu de vérification des choix éthiques. Dans la perspective chrétienne, on ne peut se contenter d’intentions, il importe aussi qu’on se préoccupe des moyens pour réaliser plus de justice parmi les hommes. Il va de la responsabilité chrétienne, qui connaît la Loi de Dieu et en perçoit toute la profondeur à la lumière de l’Evangile, de travailler à cette médiation entre l’absolu de l’exigence de la sainteté et le relatif de l’organisation humaine, sans les confondre, bien entendu. Il faut qu’en ce monde-ci, sous l’inspiration de la loi, interprétée à partir de l’œuvre réconciliatrice de Jésus-Christ, quelque chose de la justice de Dieu soit réalisée, pour la plus grande gloire de Dieu et le service des hommes.

A la fin du Sermon sur la Montagne (Mt 7, 24-27) Jésus dit : « celui qui entend ces paroles et les met en pratique est semblable à un homme qui construit sur le roc. » Autrement dit, ce qui est le roc c’est l’Écoute et la Pratique ensemble. Mais la seconde partie est plus restrictive : « celui qui écoute les paroles que je dis et ne les met pas en pratique est semblable à un homme qui a bâti sur le sable. » Là, sans doute, seule la mise en pratique est en question, et nous pouvons dire que la pratique est le critère décisif de la vie et de la vérité pour les chrétiens. Le Christianisme ne doit pas être pour nous un territoire où l’on défendrait, contre les assauts de la vilaine raison critique, les vertus des mystères irrationnels et des morales autoritaires ; il doit être pour nous Gabonais, en ces temps-ci du XXIe siècle de la naissance du Christ, une espérance marquée par la conviction que la sagesse du Dieu révélé en Jésus-Christ, illumine de l’intérieur la raison humaine et la garde des perversions qui la menacent.

C’est une prise au sérieux radicale du « oui » de Dieu à l’homme prononcé en Jésus-Christ. C’est ce « oui » qui fonde, et lui seul, l’autonomie de l’homme, et lui donne sa véritable portée. Enfin, nous pensons fermement qu’il y a un rôle spécifique du christianisme pour corriger les dérives de l’Etat qui s’édifie et qui menacent gravement la liberté de l’homme. Car, ce qui est premier pour le chrétien, ce n’est pas l’Etat mais la société des hommes, au service de laquelle l’Etat doit être placé ; et par conséquent, il importe que soient renforcées d’urgence les capacités d’intervention et de décision des divers groupes sociaux qui forment l’essentiel du tissu social dans notre jeune État. En définitive : - L’Eglise chrétienne aussi bien le citoyen chrétien doivent faire en sorte que Dieu ne soit pas domestiqué par César. Malheureusement, nous assistons dans notre pays à l’instrumentalisation des Eglises, de la parole biblique, par le politique et l’argent.

- Selon le Journal en ligne Times Infos mai 15, 2016 Afrique, Gabon :

« Ali Bongo Ondimba a pris part ce dimanche 15 Mai, à l’office religieux célébré par l’Eglise Évangélique du Gabon à la paroisse de Baraka mission, sis au quartier Glass, dans le 4e arrondissement de Libreville, à l’occasion de la fête de la Pentecôte. Le Président de la République y avait été invité par les plus hautes autorités de l’Eglise évangélique du Gabon, cinquante jours après avoir célébré la fête de Pâques avec la communauté chrétienne catholique du Gabon, à Oyem.

Accompagné des membres de sa famille, dont son épouse Sylvia Bongo Ondimba, et des membres du gouvernement, Ali Bongo Ondimba a partagé ce moment de célébration de la venue du Saint-Esprit parmi les apôtres du Christ avec les centaines de fidèles de cette paroisse historique, épicentre de la propagation de l’évangile en Afrique centrale. Le Président de la République est le garant de la liberté de culte. Il est aussi, le protecteur des fois. Il est important que dans ce rôle-là, je puisse m’associer à tous les Gabonais (…) Nous devons nous rappeler d’une chose : nous sommes tous des enfants de Dieu mais aussi, tous des enfants de ce pays » a déclaré le Président de la République à la sortie de l’office. »

Tout d »abord, je m’inscris totalement à faux les allégations ci-dessus de l’auteur de l’article de Times Info selon lesquelles : « Le Président de la République est le garant de la liberté de culte. Il est aussi, le protecteur des fois.» C’est tout simplement une grossière ineptie qui démontre la conception archaïque du pouvoir. Tout d’abord, c’est la Constitution de la République qui garanti la liberté du culte ; et dans un Etat laïc comme est supposé l’être l’Etat gabonais, le Président de la République n’est pas « le protecteur des fois. » Selon l’article 2 alinéas1 de la Constitution : « Le Gabon est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Il affirme la séparation de l'Etat et des religions et reconnaît toutes les croyances, sous réserve du respect de l'ordre public ». L’article 8 alinéas 1 quant à lui ajoute ceci : « Le Président de la République est le chef de l'Etat ; Il veille au respect de la Constitution ». Autrement dit, il veille entre autre, au caractère laïc de la République, tel que le stipule l’article 2.La laïcité de la République consacre la séparation de l’Etat et des religions.

Cependant, en devenant le chef de la communauté islamique du Gabon, le Raïs Ali Bongo Ondimba avait déjà violé la constitution. La démarche religieuse exprime la dignité de l’individu, elle rappelle qu’il existe une dimension qui échappe aux prétentions des gouvernants. C’est pourquoi les tyrans ont toujours cherché à réprimer les religions, ou, lorsqu’ils ne le pouvaient pas, à les contrôler. - Ainsi, pour le Pasteur Marc Boegner, (théologien protestant, responsable d’Église) : Il ya donc, pour un gouvernement tyrannique, deux attitudes à l’égard des Eglises. Tantôt, il les persécute ; mais, ce n’est pas le plus grave. Il arrive, au contraire, que le tyran dirigeant affecte, avec plus ou moins de sincérité de soutenir les Eglises, de les associer à son action ; cela est plus dangereux car il est demandé au clergé de résister aux avances qui lui sont faites. A la longue, d’une situation de ce genre, résulte toujours un mouvement anticlérical.

Des rapports incestueux des Eglises avec le pouvoir BONGO

La presse nationale fait de temps en temps écho de ce rapport incestueux entre Bongo et les responsables des différentes confessions religieuses. : - Le journal Le Temps dans son numéro 150 du jeudi 20 avril 2006 rapporte : « …Depuis quelques temps, les confessions religieuses toutes obédiences confondues apparaissent comme des enfants gâtés du pouvoir. La dernière présidentielle (décembre 2005) est venue confirmer cette impression. » Et le journal de poursuivre : «La dernière élection présidentielle aurait été une période de vaches grasses notamment pour les confessions religieuses quelles soient islamiques, du réveil, évangéliques et même catholiques. L’on n’ira plus chercher ailleurs les raisons pour lesquelles les prétendus « hommes de Dieu » (qu’ils aiment à être désignés, comme ils étaient les seuls hommes au Gabon a être des créatures de Dieu !), et, surtout, certains leaders, pasteurs, imams et évêques se livrent des guerres froides qui ne disent pas leurs noms dans leurs milieux respectifs, et se cramponnent à leurs postes. La promiscuité, voire la connivence entre ces deux autorités ces derniers temps n’a pas fini de désorienter bon nombre de brebis et d’observateurs de la vie politique gabonaise. [...]Moralement endetté, certains leaders vont battre campagne au sein de leur lieu de culte.

"Priez pour le Chef de l’État, criez vers le Seigneur pour qu’il le garde à la tête de ce pays pendant encore plusieurs années parce que lui, il nous donne la joie et la paix …", avait entonné un pasteur imprégné de la grâce présidentielle, devant ses fidèles subjugués. Une attitude qui a choqué l’opinion, d’entendre une église prendre position pour un de ses fils au détriment des autres. En fait, ce n’était que le commencement d’une longue série d’alignement politique de la part des autorités religieuses – censées être non alignées et apolitiques – sur le candidat de la majorité. Ces hommes de Dieu aux appétits bien terrestres ont découvert le gisement d’or sur lequel s’engraissent politiciens, affairistes et syndicalistes véreux.[…] A bien y regarder, ce sont les pasteurs qui ont flairé le jackpot avec ces élections… L’Église évangélique ne fut pas en reste.

Voyant que les sous coulaient à flots ça et là entre les mains d’autres hommes d’Église. Son président de l’époque, le révérend pasteur EMANE MINKO, affublé de quelques collaborateurs, s’empressa de demander audience au président candidat. Comme chacun le sait, une audience auprès du Chef de l’État ne manque jamais de conséquences sonnantes et trébuchantes. C’est donc logiquement qu’EMANE MINKO va indiquer à ses ouailles le sens de leur vote, en reconnaissance des bienfaits reçus. Ce ne sont pas les véhicules de marque Gonow et autres Prado dans lesquels l’ex-président de l’Église évangélique roule aujourd’hui qui vont le démentir. Ce dernier a dû traîner les pieds pour passer le témoin, afin d’être en poste pendant la présidentielle et réceptionner la manne électorale.[…] Dans toutes ces fumerolles où on ne distinguait plus la frontière entre la religion et le pouvoir d’État, seule l’Église catholique s’était abstenue d’appeler les fidèles à voter pour un des candidats en lice.

Or ce n’était que la face cachée de l’iceberg. Du côté immergé de l’iceberg, des sources bien informées indiquent que des centaines de millions de francs auraient été distribuées par l’ex-ministre des Affaires sociales (actuellement ministre d’État à l’intérieur) – un don, semblait-il du Palais du bord de mer à la délégation de l’Église catholique qui avait pris part aux obsèques du Pape Jean Paul II à Rome l’année dernière. Comme s’il n’existait pas de frontière entre l’Exécutif et l’Église. Après ce très onéreux déplacement financé par le Bord de mer, et plusieurs autres cadeaux déversés à la cathédrale Sainte Marie par la famille présidentielle, les Librevillois constatent depuis quelques temps que l’un des célèbres évêques du Gabon, Monseigneur Modibo pour ne pas le citer, circule à bord d’un Toyota Prado tout neuf, de couleur bleue avec bande rouge, dont le coût est estimé à près de 50 millions de FCFA. Un don qui, apprend-t-on, lui aurait été fait par le candidat de la majorité présidentielle.

Certaines indiscrétions indiquent que c’est chaque évêque du Gabon qui aurait reçu la même dotation du même donateur. Avec en sus, la somme de 50 millions de Cfa. Seulement, à la différence des simples Évêques, il se dit que l’Archevêque de Libreville aurait reçu lui aussi une grosse cylindré dernier cri, assorti d’une enveloppe un peu plus consistante. » La feuille du Palais de Laure Olga Gondjout, Le Miroir, dans sa production du 28 décembre 2005, avec un article intitulé : « Le coup raté de Monseigneur Basile », dans lequel le journal fait grief à l’Archevêque d’être allé rencontrer, en pleine crise poste électorale le candidat malheureux Pierre MAMBOUNDOU écrit : « …, l’initiative de l’Archevêque visait à apporter, au cas où, l’appel au calme de MAMBOUNDOU comme un trophée au chef de l’État. Ce qui aurait permis à MVE ENGONE de rafler le gros lot.

Et également de se rattraper par rapport à l’enfer qu’il a vécu pendant cette campagne électorale. En effet, Basile ne décolère toujours pas d’avoir été contourné comme un banal séminariste. Si sa dotation des véhicules (ainsi le fait est confirmé) a été directement remise à l’Archevêque, qui a ensuite fait la distribution aux quatre autres diocèses, il reste que le plus beau est passé sous sa soutane. Et MVE ENGONE n’y a vu que du feu : la MASSARI a été remis, en mains propres, aux responsables des quatre autres diocèses par de mystérieux émissaires. […] C’est pour n’avoir reçu que des miettes qu’il a décidé de se rattraper…

Sa rencontre avec MAMBOUNDOU allait de sens. » Toutes ces allégations, (comme le relève le journal Le Temps), font bruire les communautés catholiques (et chrétiennes)… Certains sont à se demander où va l’Église du Gabon aujourd’hui, lorsque ceux qui sont sensés l’orienter se retrouvent engraissés par la gibecière du pouvoir, devenant de fait ses chérubins. Et de conclure : « Au terme de cette période électorale, on peut constater que le proverbe bantu qui dit "c’est que tous les animaux sont repus que la forêt est calme" tient toute sa dimension. Alors que la société civile gronde en raison des liquidations et des licenciements en cascade qui jettent des hordes de familles dans la précarité, il ne se trouve aucune autorité religieuse pour tirer l’oreille du Gouvernement, sur les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre pour adoucir la pilule.

2016. année électorale!

Nous revoici avec l’élection présidentielle en perspective cette année 2016, au flirt plus qu’assidu et sans vergogne entre le Chef d’Etat candidat à sa succession, et les dirigeants des Eglises chrétiennes. La question qui mérite d’être posée à nos hommes d’Eglises chrétiennes est la suivante :
Si l’apôtre Paul avait vécu et financé son ministère avec des "dons gracieusement offerts" par l’empereur César, quelle église nous serait parvenue ?

- L’argent ! L’argent, la cause de tous les maux. Pour en avoir, les hommes meurent, tuent, volent. Le poète britannique Walter SCOTT nota que : « L’argent a plus tué d’âmes que le fer n’a tué de corps. »
Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

“Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu” est une maxime fondamentale pour comprendre la position des chrétiens en politique. Pour le chrétien : La distinction entre le politique et la religion est absolument indispensable. Mais leur relation est tout aussi nécessaire (indispensable, voir essentiel et capital). Le chrétien témoignera ainsi de son engagement aux affaires de la cité, y reconnaissant un appel à vivre la radicalité de l’Évangile. Il est bon de sortir des idées toutes faites et se réapproprier en tant que chrétien, cette responsabilité de l’engagement politique qui nous incombe. La foi chrétienne vise l’unité de la personne : le royaume de Dieu d’une part et la cité terrestre d’autre part.

On peut citer les phrases de l’Apôtre Jean, ou le texte de Matthieu : 1ier Épitre de Jean 2.v9-12 : Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n'est en lui. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. Matthieu 5. V22-24 : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! Mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! Mérite d'être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

Notre foi chrétienne ne distingue pas le corps et l’âme, la cité céleste et le travail dans la cité terrestre. » La Création telle qu’elle est rapportée au début de la Genèse n’est pas présentée comme un paradis perdu, un âge d’or à restaurer ; l’histoire humaine avec ses aléas est entièrement assumée. C’est dans un aujourd’hui forcément marqué par le péché que la vocation de l’homme (du chrétien) est invitée à se réaliser. Le chrétien est dans la politique comme tout homme raisonnable, et, s’il veut jouer le jeu il devra en observer les règles. La foi ne dispense pas le chrétien d’une grande lucidité sur les affaires de la cité et de la politique. Elle lui incite au contraire à développer sa capacité critique et d’intelligence et de compréhension en même temps.

Il n’y a pas d’engagement chrétien sans recourir à la médiation de l’intelligence et du jugement de soi-même et des autres. C’est qu’une droite expérience politique ne peut se développer dans (le peuple) que si les passions et la raison y sont orientées par un solide fond de vertus collectives, par la foi et l’honneur, et la soif de la justice. C’est que, sans l’instinct évangélique et le contact spirituel d’un christianisme vivant (du chrétien vivant en Christ, semblable à Lui, à son image) le jugement politique et l’expérience politique se défendent mal contre les divisions de l’égoïsme et de la peur. Car, le royaume de Dieu n’est pas la communion qui est son privilège surnaturel, et qui n’est pas gardée jalousement par lui. Il veut qu’elle se répande et se réfracte en dehors de son enceinte, sous forme imparfaite (certes car des mains humaines), que dans l’univers de conflit, de la malice et de labeur amer, qu’est le domaine temporel, là est le principe le plus profond de l’idéal démocratique qui est le nom profane de l’idéal de chrétienté.

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Je rappelle ici ce que j’ai écrit ailleurs à savoir que : Dieu aurait pu choisir de diriger le monde du haut de sa toute-puissance, en imposant sa volonté à travers les évènements, il a fait le choix de passer par les humains, des hommes et des femmes appelés à être témoins de sa libération, par leurs paroles et leurs gestes.

Dans le Nouveau Testament, Dieu fait un pas de plus dans la voie de l’incarnation en devenant un homme au milieu des hommes : en Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. (Mat1.1). C’est pourquoi, écrit Bergson, la démocratie est d’essence évangélique, et elle a comme promoteur l’amour. Le Pape Pie XI déclare : “la politique est le domaine privilégié de la charité”. Le chrétien doit dans ce cadre être la lumière pour éclairer l’action du dirigeant, et non sujet de manipulation. Il y a de quoi à s’interroger sur les rapports incestueux des l’Églises chrétiennes gabonaises avec le système Bongo au pouvoir depuis bientôt un demi-siècle. Ceci est un problème très grave pour notre éthique ; à un point tel que même le démurge Omar Bongo a posé le problème dans Blanc comme nègre, Bernard Grasset, Paris, p.111, en déclarant ; « De plus, je me suis rendu compte, avec beaucoup d’autres, que les mains jointes des fidèles qui vont à la messe ne sont pas toujours des mains ouvertes, des mains actives, des mains tendues.

Si les catholiques avaient tenu compte de la terrible mise en garde de l’apôtre Paul : « On ne triche pas avec le Dieu vivant », s’ils n’avaient pas tant triché avec l’argent, le pouvoir, le plaisir, ils seraient moins contestés et l’Église avec eux. Le Christ n’a cessé de proclamer sa prédilection pour les pauvres ; or, paradoxalement, ce sont les riches qui le suivent, si l’on peut dire. On peut se demander si ceux-ci ne confondent pas la joie chrétienne avec la simple euphorie que procure la richesse. Ces comportements éloignés du langage de l’Évangile ont été dénoncés au sein même de l’Église. Mais ils perdurent »[1]. Aujourd’hui encore, nous devons comprendre que c’est par nos mains et nos mots que Dieu se rend présent dans nos combats, pour libérer le peuple gabonais affaibli par des années de servitude, et brisé par la soumission.

« La foi chrétienne est une espérance active.» Aucun individu ne peut en être protecteur, sauf le Saint Esprit que Jésus Christ a ceux qui croient en lui : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous ». L’option prophétique est seul envisageable comme modes d’intervention de l’Eglise dans le champ du politique.

Le mode prophétique, qui consiste à rappeler la radicalité de l’exigence éthique. Nous nous tournons vers les Églises pour leur demander d’user de leur liberté de parole : « Les porteurs de l’Evangile peuvent-ils abandonner les pauvres à leur pauvreté, les opprimés à l’oppression, et Dieu aux César qui se servent de son nom pour tuer ou pour avilir ? Pouvez-vous assister sans mot dire, au temps du mépris, à l’écroulement du système de droit international en vigueur, aux faux-fuyants de l’hypocrisie ou du ravaudage de dernière minute ? » Libérées des contraintes de la gestion politique, les Églises doivent faire retentir leur parole prophétique. C’est ce que peuvent et doivent faire leurs responsables en interpellant les gouvernements sur certaines lois, en rappelant aux dirigeants qu’ils sont coupables de crimes comme le fit le Prophète Nathan au puissant roi David.

Le XXIe siècle est déclaré spirituel. Mais, si nous voulons au Gabon que le monde nouveau qui se lève soit libérateur et émancipé, si nous voulons qu’il ne tombe pas aux mains des religions et des religiosités de toute nature contraire au message du Christ, il est urgent que les chrétiens gabonais, ensemble avec tous ceux qui recherchent le vrai Dieu, de la juste loi et de la réelle fraternité, résistent aux idolâtries mensongères toujours à l’affût et œuvrent pour que ce que Jésus de Nazareth a inauguré, un Royaume de paix, trace son sillon au cœur de notre monde et de nos vies.

Comme Jésus l’a fait au cœur des institutions religieuses et politiques, il faut qu’au nom de l’Esprit se lèvent dans notre pays, non seulement des prophètes mais aussi des bergers qui conduisent le peuple gabonais et défrichent comme les religieux du temps jadis, des espaces de vies nouveaux, signes vivantes d’une alternative véritable. Ainsi sans prétention, sans exclusive, sans volonté de puissance, la foi chrétienne sera dans notre pays aussi la bonne nouvelle d’une citoyenneté, d’une civilité, d’une civilisation rénovée et affranchies. [1] Omar Bongo ; in, Blanc comme nègre, Bernard Grasset, Paris, p.111

Lundi 16 Mai 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

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14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
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