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Martin Edzodzomo-Ela : Les haines au stade de non-retour ...

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Dimanche 12 Juin 2016 à 07:10 | Lu 792 fois



Le devoir de mémoire, c'est prendre conscience d'une façon critique du chemin parcouru par nos sociétés africaines vers une plus grande civilisation. Autrement dit, tenter de vivre notre propre histoire avec toutes ses contingences factuelles, psychologiques et autres qui déterminent notre moi actuel. Faire l’impasse des responsabilités des uns et des autres pendant le long règne d’Omar Bongo, c’est insulter la mémoire du peuple gabonais. Pire, dire comme on s’évertue à l’écrire aujourd’hui (NKU’U le messager N° 264 du 10 au 16 septembre 2012) que : - Pendant cette période allant de 1967 à 1990, et même jusqu’à son décès à Barcelone en 2009, ce chef d’orchestre s’appelait Albert Bernard Bongo, puis El Hadj Omar Bongo, puis encore Omar Bongo Ondimba. De gré ou de force – (apparemment généralement de force ?- les pauvres bougres) - on faisait partie de l’orchestre, quitte à lui de vous confier la partition de son choix.

C’est ainsi que plusieurs Gabonais dont Zacharie Myboto, Casimir Oye Mba, Jean Eyeghe Ndong, André Mba Obame, et bien d’autres encore, n’ont été que des exécutants des différentes partitions que leur avait confiées le chef d’orchestre ; c’est faire preuve d’une déloyauté avec la réalité des faits, et prendre le peuple gabonais pour un peuple de crétins, pour tenter de lui faire avaler pareille assertion ! (Pauvres personnages que l’on croyait responsables ! Se faire traiter d’avoir été que de simples exécutants de force d’un chef d’orchestre omniscient, quelle humiliation ! Un tel jugement ne peut que leur enlever toute velléité d’action susceptible de remédier aux méfaits du système qui ont conduit à la crise que le pays traverse en ce moment! Le problème de fond que nous tentons de soulever : dans quelle mesure le devoir de mémoire pour les Gabonais peut leur permettre aujourd'hui de reprendre en main leur destin, ne saurait être occulté par les personnes de bonne foi ?

Dans un discours célèbre prononcé à Bitam en 1989, le président Bongo déclarait je cite : « Mais je dis que, je suis le seul responsable devant vous de toute action qui peut faire du bien comme du mal dans ce pays. » Il est vrai que le degré de responsabilité historique d’un chef d’Etat est très grand dans l’évolution de son pays. Mais, on doit tout aussi admettre que cette responsabilité il ne l’assume pas dans sa totalité. Une grande part de celle-ci incombe aux autres acteurs et parties prenantes du pouvoir, particulièrement aux ministres et autres agents de l’Etat, comme aussi aux élus du peuple (députés, sénateurs etc.). Par exemple les uns et les autres sont responsables de leur enrichissement sur le dos de l’Etat. C’est ce qui ressort par ailleurs d’un autre discours retentissant du même président Bongo qui, déclare : « (...). En effet, la démagogie, la duplicité semblent gagner des adeptes parmi nos hommes politiques.

Au lieu de mobiliser les forces vives de la nation en vue de l’édification du pays, certains responsables sont plutôt intéressés à la recherche d’une clientèle politique tout acquise à leur dévotion. D’aucuns travaillent maintenant sur mesure et cultivent un faux neutralisme pensant ainsi préserver leurs chances pour on ne sait quelle échéance à venir. Venus aux affaires, pour profiter des avantages attachés à leurs fonctions, ces camarades ont horreur des servitudes... La solidarité gouvernementale est devenue un mot creux sauf lorsqu’il s’agit des intérêts égoïstes...

Par ailleurs, il est particulièrement choquant de constater qu’au moment ou le pays traverse une période de crise grave, au moment où beaucoup de compatriotes vivent dans des conditions difficiles, certains responsables s’illustrent par un affairisme éhonté, commettant des détournements, ou touchent des pots-de-vin. Plus grave encore, d’autres se sont lancés dans l’émission de la fausse monnaie, il s’agit là d’attitudes criminelles que nous ne saurons tolérer. »
Ce discours incendiaire qui a certes pour but : désamorcer ou plutôt occulter le malaise social qui se manifeste bruyamment, comme aujourd’hui, cachait mal une crise politique alors latente.

C’est donc dire que la responsabilité de la gestion passée de l’Etat incombe aussi tout particulièrement à l’entourage du chef de l’Etat, tout particulièrement à tous ceux qui ont eu en charge la gestion de départements ministériels. En démocratie, tout ce monde est responsable, par son action ou son manque d’action à des situations auxquelles le pays fait face. C’est pourquoi, le peuple doit assumer dans les moments présents sa responsabilité de demander aujourd’hui qui sont-ils ces principaux protagonistes qui se battent pour le pouvoir, pour accéder à la Présidence de la République gabonaise ? D’où viennent-ils et qu’ont-ils faits alors qu’ils étaient aux commandes de l’Etat avec Omar Bongo, pour fonder leurs prétentions à l’alternance au régime ?

Est-il sérieux que nous ne regardions pas de très près, qui sont ces « clans petit-bourgeois compradore» qui manipulent avec férocité des pulsions et des conduites de groupes dits ethniques pour accéder au pouvoir d’Etat ? On ne peut pas construire l’avenir sur le mensonge qui consiste à dire : je n’ai rien fait, ce n’est pas moi, je n’ai été qu’un simple exécutant. Alors qu’on s’avoue un irresponsable, et on renonce à toute velléité de prétendre diriger le pays. Je dirais, comme George Orwell, (1903-1950), écrivain et journaliste britannique, qui s’est consacré à la dénonciation des totalitarismes et des injustices issues du capitalisme : « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.» C’est un acte de courage, et d’honnêteté intellectuel et morale. Notre conviction et notre ferme assurance, c'est encore dans les Ecritures saintes que nous les retrouvons. En effet : « Sont donc toujours condamnés, quelles que soient les circonstances, l'orgueil, l'idolâtrie sous toutes ses formes, la confiance qu'on met dans les armes et les manœuvres secrètes par lesquelles on croit se soustraire au regard de Dieu. »

Oui, la mauvaise gestion de l’État ne s’est pas améliorée avec Ali Bongo Ondimba au pouvoir ; au contraire, elle s’est aggravée. D’ « Emergence », c’est-à-dire de l’apparition progressive (de quelque chose), synonyme : naissance, on voit se manifester au grand jour, tout ce qui était enfoui, depuis 42 ans, dans les sombres arcanes du pouvoir, et que contrôlait avec une exceptionnelle maîtrise, le Grand Timonier Omar Bongo Ondimba. Ali Bongo Ondimba a été proclamé élu par l’arbitre de la compétition dans laquelle les protagonistes actuels ont participé en 2009 ; ceci pour 7 ans, jusqu’en 2016. Sauf à croire que la mauvaise gestion de l’État qu’on peut lui reprocher peut être autrement sanctionnée, que par un autre verdict du peuple. Qu’un coup d’état, quel que soit la forme que les acteurs donneront à ce scénario mettrait fin à cette gestion.

Les patriotes honnêtes et loyaux, doivent situer, à mon avis, à ce niveau de la gestion du bien public, qui incombe au chef de l’État, qui, en démocratie en est responsable vis-à-vis du peuple souverain ultime, et à qui, il doit rendre compte. Le débat démocratique doit se situer, au niveau de la « Bonne gouvernance ». Et le président de la République, doit tirer de ce débat les solutions aux problèmes de gestion et à l’orientation globale de la politique qu’il met en œuvre. Dans la mesure où, il agit dans l’intérêt général, il ne peut pas, imposer au peuple des décisions qui ne rencontrent pas son assentiment. Vouloir faire le bonheur de quelqu’un contre sa volonté, on devient criminel !

Dans quelques jours, l’élection présidentielle aura lieu, et nous verrons qui s’installera au Palais du bord de mer pour tout au moins un nouveau septennat. D’ici là, quelles que soit nos orientations, nos préférence, nos interrogations, il va nous falloir un moral d’acier bien trempé pour ne pas vaciller, chavirer dans l’irréparable : les affrontements sanglants avec morts d’hommes, essentiellement les pauvres innocents du peuple.

A déjà commencé ce grand maelström où, comme dans un spectacle de carnaval, s’égrènent des noms avec leurs troupes, qui font le tour des quartiers et des villages où habitent, la presque totalité de la population gabonaise. dans des conditions misérables, qu’ils ont réduit pendant des longues dans la plus grande pauvreté alors qu’ils s’enrichissaient scandaleusement.

Entre bilan de ce qui n’est pas achevé et tentatives d’esquisses des projets, on discerne mal les orientations autour desquelles tournent les débats, qui concernent le signifiant politique. C'est-à-dire le débat concernant la Réalisation du e vivre ensemble. Si tant est que nous ayons vraiment des débats plutôt qu’une addition de monologues. En effet, le gent du microcosme politique gabonais appartient à l’élitisme antidémocratique, celui des élites qui se désignent elles-mêmes. L’élitisme antidémocratique consiste à décréter que les peuples ne savent pas ce qu’ils veulent, et donc à s’abstenir de le leur demander, ou à ne le leur demander que pour la forme.

Soit les peuples ne savent pas ce qu’ils veulent, soit encore ce qu’ils veulent n’est pas conforme à leur intérêt tel que le définit l’élite au pouvoir, soit enfin leur choix est peut-être conforme à leur intérêt immédiat mais pas à leur intérêt supérieur et lointain, toujours tel que le conçoit l’élite. Ainsi, le peuple gabonais crétinisé doit avaler les balivernes des querelles d’héritage entre les fidèles et loyaux exécutants du système du démurge Omar Bongo, qu’ils tentent de sauver. Pour l’instant, ce qui émerge c’est l’insupportabilité de notre situation, et la montée de nos exaspérations dans tous les sens ; cela ne prête pas au débat mais à l’invective ou au mépris, voire aux haines.

Comme nous sommes à la croisée de plusieurs clivages, c’est jusqu’au cœur de chacun que vient parfois se marquer le débat. On croyait connaître pendant 42 ans du règne d’Omar Bongo le clivage opposition et régime au pouvoir, celui du néocolonialisme, de la mauvaise gouvernance, de la corruption et de la criminalité économique et humaine du système. Les protagonistes qui s’affrontent pour le pouvoir vont préempter telle ou telle thématique sans utilité réelle pour le peuple, rendant plus difficile la possibilité d’un débat conséquent. Et dans une ronde folle ils continueront les petits calculs, les supputations comme si nous missions pour les paris au surf. Hauts les cœurs !

Nous connaissons une année où les camps et les écuries se déchirent sans qu’on sache ce qui pourra in fine se recoudre, ce qui pourra rassembler, une année folle qui étale sous nos yeux tout ce qui fait nos crispations, nos antagonismes, plus que nos aspirations à se rassembler pour la cause de notre pays.

Ce qui apparaît à mes yeux, c’est que les haines atteignent un stade de non-retour. Avec la montée des invectives comme seul argument politique, la disqualification de tout responsable dès lors qu’il est ou a été investi d’une fonction. Ce doute et ce soupçon permanents sont une des marques de la perte de crédibilité et de confiance de nos gents politiques par la société et même aux regards de l’extérieur. La tentation de croire qu’on peut exister en blessant ou en salissant l’image de l’autre est devenu la marque chez ces héritiers du système Bongo.

Je fais le rêve d’une année électorale où chaque candidat, chaque citoyen respecterait par delà les différences la personne de l’autre. Ce rêve se réalisera dans la société gabonaise qui renaîtra de la Révolution en cours, avec le changement et l’éradication du système Bongo.

La politique a en effet comme ambition de réaliser le « vivre ensemble » de personnes et de groupes qui, sans elle, resteraient étrangers les uns des autres. « Ceux qui soupçonnent la politique d’infamie s’en font une idée courte... L’action politique a un fantastique enjeu : tendre vers une société dans laquelle chaque être humain reconnaîtrait en n’importe quel autre être humain son frère et le traiterait comme tel. »

Poursuivre le bien commun. L’organisation politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des intérêts particuliers, individuels ou collectifs, souvent contradictoires entre eux. Elle « comprend l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement ». Aussi doit-elle être l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Elle se doit de prendre en compte non seulement l’intérêt des générations actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable, celui des générations futures.

Maîtriser la violence. La violence est au cœur de la condition humaine. L’un des buts de la politique est de la maîtriser partout où elle est présente : délinquance, criminalité, injustice flagrante, conflit d’intérêt, guerre renaissante, menace pour la paix intérieure ou extérieure. Afin de sortir de l’animalité de la violence brute, la politique réserve à l’Etat le monopole de la contrainte physique légitime et contrôlée. Elle cherche à substituer à cette violence individuelle le droit et la parole. Elle met en place des institutions et des procédures de médiation qui préservent l’homme lui-même de ses propres dérives, en particulier en cherchant un juste équilibre entre pouvoir judiciaire et pouvoir politique, pour assurer la liberté de chaque citoyen.


Dimanche 12 Juin 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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