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Martin Edzodzomo-Ela : Le positionnement « aveugle » de l’opposition décrié par un universitaire gabonais

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Samedi 4 Juin 2016 à 07:26 | Lu 676 fois



Info 241 - ANALYSE ; Publié le 2 juin 2016 à 11h05min

Lu pour vous : (Extrait)

L’allégorie des papillons assimilée à l’action actuelle de l’opposition gabonaise

Rappelons ceci : les papillons meurent sous la lumière (ampoules) parce qu’ils s’épuisent en tournant autour de l’ampoule d’une part, et parce que, d’autre part, dans ce tournis éternel, ils oublient de s’alimenter et de se reproduire. La reproduction des mêmes logiques et leurs promesses devenues endémiques ont fini de lasser les populations qui, à défaut d’être sceptiques, tournent le dos à la politique, laissant allègrement l’imposture Bongo se poursuivre.

Rien n’est nouveau sous le ciel gabonais qu’un Ping ou qu’un Nzouba Ndama renoncent à ses privilèges d’hier et promettent de faire tomber le système Bongo-PDG. Rien n’est nouveau que les nouveaux prophètes se croient des destinées personnelles et qu’ils se refusent obstinément à des dynamiques de rassemblement. Mais plus grave, l’opposition a oublié de se reproduire. Son activisme n’a pas eu d’effet multiplicateur, au point qu’aucune opposition historique n’existe plus de nos jours.

C’est une défaite idéologique, qui travaille les mentalités dans leur fond même. En effet, l’idolâtrie à l’égard des figures de l’opposition fut une réplique de l’idolâtrie à l’égard du dictateur Omar Bongo qui imposait qu’on le vénère en le déifiant presque, puisqu’il est par ailleurs devenu immortel, son nom planant comme une ombre et comme une malédiction sur des âmes gabonaises en errance. Mais si Bongo a réussi le coup de la reproduction biologique (?), il l’a réussie aussi dans la reproduction idéologique. Ainsi, qu’ils furent au PDG, à Héritage et Modernité, ou indépendants, Ali Bongo, Ping et Nzouba Ndama n’ont de cesse de revendiquer l’héritage politique d’Omar Bongo, comme ce fut le cas d’André Mba Obame en 2009.

Où est donc passée l’opposition puisque la guéguerre politique en cours oppose exclusivement les héritiers d’Omar Bongo ? Aucune figure nouvelle donc n’est née de l’opposition et aucune idéologie n’a été enfantée pour engager une nouvelle dynamique, Myboto ayant lui aussi séjourné dans la protection du divin Omar Bongo. Nous sommes dans un ressassement éternel qui étouffe jusqu’à nos morts, et en premier lieu Joseph Rendjambé. Tout se passe comme si on s’amusait à mourir ; comme si, au lieu de mourir en cachette comme les oiseaux (Réf. Les oiseaux se cachent pour mourir), il fallait mourir en scène.

Tout ceci ne serait donc qu’un jeu qui, pourtant, ne cache pas ses ruses tragiques ! Va-t-on être tenté, doit-on suivre ceux qui vont mourir ? Ceux qui prétendent avoir les capacités de nous guider doivent nous montrer qu’ils ont non seulement les capacités mais également la stratégie pour y arriver et qu’ils ne vont donc pas mourir sous la lumière. Or Nzouba Ndama peut-il nous assurer qu’il peut battre Ali alors que toutes les institutions de l’Etat sont à son service ? Ping peut-il battre Ali alors que ce dernier a dans son ADN les règles de la tricherie, de la menace, du désordre et du potentat ? Chacun dans sa bulle croit-il pouvoir en finir avec la dynastie ou veut-il seulement mourir sous la lumière ? S’ils désirent la même chose, tous ces Maganga, Myboto, Casimir Oyé Mba, Léon Paul Ngoulakia, Moukagni Iwangou, etc., pourquoi ne travaillent-ils pas ensemble pour vaincre l’ogre ?

Une dynamique unitaire de l’opposition gabonaise s’impose

Ali Bongo a offert à la communauté nationale tant de raisons de s’opposer à lui et de le démettre. Seul, personne n’y parviendra. On dit qu’il n’y a plus suffisamment de temps pour les voies institutionnelles, surtout qu’au lieu de rester au perchoir contre Bongo, Nzouba Ndama a laissé à son adversaire d’aujourd’hui libre cours au Parlement. On dit aussi que les Bongo ne gagnent pas les élections, mais ils sont toujours présidents. On dit par ailleurs que des milliers de cadres, hauts cadres et même de grands commis de l’Etat ne veulent plus de ce régime.

Question : pourquoi ils ne se font pas voir ? Pourquoi ils ne soutiennent pas les mouvements contre le régime ? Pourquoi tous ceux qui veulent la même chose ne veulent pas travailler ensemble ? Le projet de l’Union Sacrée, que j’avais alors suggéré aussi au moment de la création du Club 90 fin 2014, est de mettre ensemble tous ceux qui veulent en finir avec la dynastie et les politiques économiques qui affaiblissent l’Etat et laissent les compatriotes dans de telles situations d’indignité qu’ils ne se sentent pas appartenir à cette nation.

Que le chronogramme de l’USP soit discutable, c’est un fait ; mais suffit-il pour s’en éloigner et saboter une idée pourtant de bon sens ? Les égos de ces hommes sont si surdimensionnés qu’ils sont incapables de s’oublier un moment pour briller éternellement ? Ali Bongo a donné un acte de naissance faux en 2009 pour se présenter à l’élection présidentielle. Doit-on le laisser se présenter à la prochaine ? Ali Bongo a lamentablement échoué à porter une nouvelle vision à notre vivre-ensemble. Doit-on le laisser nous conduire dans l’échec et le contentement des détails ?
Ali Bongo, depuis son père hypothétique, a verrouillé les mécanismes électoraux parce qu’il est dans un gouvernement éternel. Doit-on le laisser ainsi ruiner nos rêves de vérité et de transparence ? Les ténors prétendent qu’en démocratie, les personnes aptes et volontaires peuvent briguer le fauteuil présidentiel. C’est vrai, en régime démocratique ; le Gabon est-il sérieusement une démocratie ? Bien sûr, ce n’est pas la Corée du Nord, mais est-il seulement pensable qu’Ali Bongo abandonne le pouvoir aux urnes alors qu’il n’en a pas les aptitudes ?

Et, plus profondément, les opposants qui refusent de travailler ensemble ne travaillent-ils pas pour que les Bongo restent au pouvoir ? Il est certain que pour soutenir Ali Bongo, il n’est pas obligatoire d’appartenir à sa Majorité ; saboter la possibilité de l’alternance c’est appartenir nuitamment à cette Majorité. L’unité de l’opposition aujourd’hui doit s’entendre comme un cas de force majeur. Il faut se rassembler avant l’élection présidentielle pour être unis après.
D’interrogations en interrogations, se perdent dans leur déroulé des espoirs qui ont pourtant de bonnes raisons de demeurer. Que la lumière nous attire, c’est un fait naturel ; mais par les temps qui courent, il faut chercher à la détenir, non à en être éclairé. La dispersion de l’opposition semble militer en faveur d’un statu quo ; ils tournent en rond, peut-être se préparent-ils à mourir eux aussi sous la lumière. A moins que, aujourd’hui, ils comprennent la nécessité de leur unité pour prendre effectivement le pouvoir.

Noël Bertrand Boundzanga (Écrivain, enseignant chercheur à l’UOB, spécialiste des littératures africaines et francophones. Président du Club 90 Pour la Majorité Citoyenne)

NOTE.

La situation présente de notre pays impose à nos lettrés (embarqués ou engagés) une posture d’intellectuels, avec une attention critique, d’autant moins complaisante qu’ils se trouvent confrontés à des phénomènes inédits. Brecht avait cerné le courage de la pensée, insubstituable à la fois et indispensable à l’agir collectif, auquel il assignait trois directions : attaquer (il disait détruire) l’idéologie bourgeoise - pour nous il s’agit de l’idéologie néocoloniale -, être attentif aux forces qui font bouger le monde, et enfin, faire progresser la théorie.

Le professeur Joseph KI ZERBO : « Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut se dire vraiment intellectuel quand on renonce à la fonction de réflexion critique constructive... Les vrais intellectuels sont comme des veilleurs de nuits; ils ne peuvent rien tout seuls mais ils signalent les dangers.».

L’intellectuel ? Qui est-il ? Qui mérite de l’être ? Intellectuel ?

Il semble que, ce n’est pas en tant que tel, le poète ni l’écrivain, ce n’est pas le philosophe ni l’historien, ce n’est pas le peintre ni le sculpteur, ce n’est pas le savant, fût-il enseignant. Il semble qu’on ne soit pas tout le temps, pas plus qu’on ne puisse être tout entier un intellectuel. C’est une part de lui-même qui, non seulement le détourne momentanément de sa tâche, mais le retourne vers ce qui se fait dans le monde pour juger ou apprécier ce qui s’y fait. Autrement dit, l’intellectuel est d’autant plus proche de l’action et du pouvoir qu’il ne se mêle pas d’agir et qu’il n’exerce pas de pouvoir politique au titre d’intellectuel. Mais il ne s’en désintéresse pas.

En retrait du politique, il ne s’en retire pas, il n’y prend point sa retraite, mais il essaie de maintenir cet espace de retrait et cet effort de retirement pour profiter de cette proximité qui l’éloigne afin de s’installer (d’une façon précaire, certes), comme guetteur qui n’est là que pour veiller, se maintenir en éveil, attendre par une attention active où s’exprime moins le souci de soi-même que le souci des autres.

Durkheim, en intellectuel, donnera la bonne réplique à ces pourfendeurs des intellectuels, d'une façon calme et sereine. Prenant la défense de cette patrie universelle, il déclare (je résume) « Nous ne nous reconnaissons aucun privilège supérieur, mais nous prétendons exercer notre droit d'homme et parler au nom de la seule raison, une raison que nos habitudes professionnelles nous ont fait métier de servir »

L’intellectuel gabonais peut-il encore être utile à quelque chose ?

L’expérience de la trahison n’a pas épargné ceux qui, parmi nous, face aux problèmes de notre société gabonaise, ont quelque chose d’«intellectuelle » en eux. Ainsi, l’atmosphère que nous respirons, est tellement empestée par la méfiance, que nous sommes tout près d’en périr. Mais, nous devons que, là ou nous aurons percé le mur de la méfiance, nous aurons pu faire l’expérience d’une confiance absolument insoupçonnée. Nous devons savoir que rien n’est plus répréhensible que de semer et favoriser la méfiance. ; Au contraire, nous devons fortifier et encourager la confiance partout où c’est possible.

La confiance demeurera un des cadeaux les plus grands, les rares et les plus heureux des relations de vie, entre les hommes, que nous pourrons faire à notre société souffrante. Elle naîtra toujours sur l’arrière-plan sombre d’une méfiance nécessaire. C’est peut être, pour le moment, la tâche qui pourrait être celle d’un engagement de l’Intellectuel gabonais à émerger en ces temps de crise aggravée que traverse notre pays !

Nous avons été les témoins silencieux de mauvaises actions, nous en avons vu de toutes les couleurs, nous avons appris l’art de la dissimulation et de la parole équivoque, nous sommes devenus par expérience méfiants envers les hommes et nous devons souvent priver notre prochain de la vérité ou d’une parole libre que nous lui devions, des conflits insupportables nous ont rendus désabusés, voire cyniques – sommes-nous encore utilisables ?
Se révéler à eux-mêmes, et a se charger d’une exigence de vérité et de justice, de revendication de l’esprit libre. Être des veilleurs de nuits; et signaler les dangers.».

Le moment est venu pour chaque vrai patriote de sortir de sa tranchée. Les dégâts énormes provoqués par le régime, non seulement dans les têtes, dans les consciences, mais aussi par les facilités de l'indignation incantatoire généralisée dans le peuple, nous interpellent tous. Le Gabonais ne saurait se satisfaire plus longtemps, ni du conformisme flasque, ni du consensus scélérat des politiciens autour du « gâteau », ni de l'irresponsabilité distinctive qui domine dans la société.

Avec cet analyse, Noël Bertrand Boundzanga, enseignant-chercheur, écrivain, membre fondateur du Club 90, assure la fonction de réflexion critique constructive d’un vrai intellectuel. Comme veilleur de nuit au sens que lui donne le professeur Joseph KI ZERBO , il signale les dangers en décriant à juste titre le positionnement « aveugle » de l’opposition.

Samedi 4 Juin 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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