News & Infos Utiles...
Gabonlibre.com
Gabonlibre.com
News 7J/7&Infos Utiles...
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Martin Edzodzomo-Ela : Dialogue nationale. Une crise de la parole

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Jeudi 3 Novembre 2016 à 07:14 | Lu 1055 fois



« Que révèle la crise gabonaise des systèmes « démocratiques » africains ? Le scénario des élections en Afrique francophone est ennuyeusement identique. Sauf exceptions (il y en a !), le sortant est invariablement réélu, sa victoire est invariablement contestée par l’opposition et la société civile, et l’annonce des résultats ouvre invariablement sur des temps incertains. Ce schéma est à l’œuvre au Gabon aujourd’hui, il l’a été hier au Congo-Brazzaville, et la même cause produisant le même effet, le sera (peut-être) demain, en 2018, au Cameroun. » (Par Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique 05.09.2016)
Cette crise du politique, n’est-elle pas aussi et avant tout une crise de la parole ?

Aujourd’hui, la situation de notre pays nous conduit à parler de nouveau. Plus que jamais, nous sentons que le vivre ensemble est fragilisé, fracturé, attaqué. Ce qui fonde la vie en société est remis en cause. Les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous. Alors même que l’aspiration au débat est forte, il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou sous une autre, n’est jamais très loin.

Rétablir la confiance. Nous savons que c’est la confiance dans la parole donnée qui permet que s’élabore une vie en société, c’est le fait que l’on privilégie des lieux – sous des formes diverses – de parole citoyenne, d’échanges, de concertation, de médiation, etc., qui peut redonner ses lettres de crédit au politique. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux. Il n’y a pas de projet durable qu’élaboré dans un rapport de dialogue. La politique est donc un lieu essentiel de l’exercice de la parole. Là où le conflit n’est pas dit, là où la vérité est transformée ou cachée, là risque d’apparaître la violence. Le débat est ce lieu privilégié où des affirmations diverses, parfois adverses, sont travaillées les unes par les autres. Des positions se transforment, deviennent conscientes d’elles-mêmes.

Dès lors, tout ce qui pervertit la parole, le mensonge, la corruption, les promesses non-tenues ont des conséquences très lourdes. Et nous en sommes là aujourd’hui. Entre le « ras-le-bol» de ceux qui n’y croient plus et se désintéressent de la vie publique, et ceux qui, pleins de colère, veulent renverser la table et se tourner vers les extrêmes, la marge de manœuvre est de plus en plus étroite pour relégitimer la parole publique. Comment gérer l’opposition, la violence que porte tout combat politique ? Comment affirmer ses convictions en opposition à une société qui ne les comprend pas et n’en tient plus guère compte ? Les convictions sont nécessaires, mais comment les intégrer dans a discussion – elle aussi nécessaire et indispensable – et ne pas tomber éventuellement dans une posture antidémocratiques ? Comment tenir une parole prophétique qui ne soit pas que du lobbying ou une opposition véhémente et stérile ?

La parole échangée, les espaces de dialogue à privilégier, s’ils sont plus que jamais nécessaires et urgents, supposent infiniment de doigté, de souplesse, d’adaptabilité alors même que la tentation est celle du passage en force et du repli sur ses positions. Nous ne sommes plus en effet à une époque où les débats, les affrontements même, se faisaient sur un socle de références culturelles, historiques, anthropologiques partagées. Aujourd’hui – le débat autour des valeurs morales, ainsi que toutes les questions éthiques est totalement occulté, il n’y a plus, ou de moins en moins, de vision anthropologique commune dans notre société. Tout semble discutable et à discuter.

Toutes les positions veulent se voir écoutées, respectées, comme légitimes, à égalité. Mieux, les nouvelles générations proclament la fin de l’histoire et décident que le temps présent n’est pas celui des “vieux” pères, c’est le temps de l’émergence de la “ jeunesse”. L’une des difficultés est d’arriver à parler et à être entendu dans une démocratie d’opinion des réseaux sociaux, dans laquelle tout – même l’anthropologie – est soumise à la contradiction pour la contradiction. On utilise les mêmes notions de part et d’autre mais sans y mettre les mêmes contenus, les mêmes réalités, les mêmes implications. On peut penser par exemple au mot de « dignité », souvent utilisé. Que d’appréciations différentes derrière ce mot…

Le compromis Rappelons que “Le politique” est appelé à gérer des équilibres provisoires entre différents intérêts à un instant « T » de l’état de la société. Le problème bien sûr, c’est que le compromis, s’il est souvent un moindre mal qui permet malgré tout à l’immense majorité de vivre ensemble, est aussi perçu par les uns ou les autres, comme une solution insatisfaisante, allant trop ou pas assez loin, à mille lieues de l’affirmation d’une cause pure, et porteur de nouveaux affrontements. Le compromis, toujours suspecté de compromission, est ainsi ce qui, aux yeux de certains, contribue à dévaluer le politique. C’est mal comprendre ce que doit être véritablement le compromis, tâche indispensable et particulièrement noble du débat politique. Le vrai compromis est plus qu’un entre-deux, simple résultat d’un rapport de force.

C’est, à partir de positions différentes, entrer dans un vrai dialogue où on ne cherche pas à prendre le dessus mais à construire ensemble quelque chose d’autre, où personne ne se renie, mais qui conduit forcément à quelque chose de différent des positions du départ. Ce ne doit pas être une confrontation de vérités, mais une recherche ensemble, en vérité. Dans les débats, parfois compliqués, de notre société, dire clairement ce qui semble bon pour la vie en commun est une responsabilité de chacun. Pour nous chrétiens, nous ne pouvons rester indifférents à tout ce qui, d’une manière ou de l’autre, porte atteinte à l’homme. Cela signifie de l’intérêt pour les aspirations de nos contemporains, mais aussi une liberté intérieure qu’il faut savoir manifester avec le courage de l’Esprit même et surtout si elle est contraire aux discours ambiants et aux prêts-à-porter idéologiques de tous bords.

Cet engagement peut prendre des formes différentes, à la mesure des enjeux, mais doit toujours être soutenu par un véritable respect pour ceux qui ne pensent pas de la même manière. S’il faut parfois donner un témoignage de fermeté, que celle-ci ne devienne jamais raideur et blocage. Elle doit être ferme proposition sur fond de patiente confiance que Dieu ne cesse d’avoir pour l’homme. La parole en société est toujours à relancer. Et les chrétiens, avec les autres, doivent veiller à la démocratie dans une société fragile et dure.

Le Gabon. Un pays en attente, riche de tant de possibles.

Il est frappant de constater combien nos concitoyens aspirent, parfois confusément, à autre chose. Beaucoup se désolent de voir notre pays comme enlisé dans un état d’esprit qui ne permet pas de le voir retrouver élan et unité. Le désamour des Gabonais pour la manière avec laquelle s’exerce la politique ne signifie pas pour autant un désintérêt pour les enjeux de la vie en société, mais plutôt l’aspiration à de nouvelles formes d’engagement citoyen.. Retrouver la vraie nature du politique et sa nécessité pour une vie ensemble suppose de s’y disposer, de le choisir, de le permettre. Cela ne tombera pas du ciel ou par l’arrivée au pouvoir d’une personnalité providentielle. C’est le travail et la responsabilité de tous.

Chacun à sa place constitue un élément du tissu national, et nous devons tous évaluer notre comportement. C’est à un changement d’attitudes et de mode de pensée qu’il faut nous rendre disponibles. Notre pays est généreux mais il est en attente. Il a en son sein des capacités et des énergies qui voudraient pouvoir se libérer et se mettre au service de l’intérêt général. Pour cela, il est temps que notre pays se retrouve. Partout fleurissent des initiatives citoyennes, des désirs de parole. Elles sont parfois maladroites, inexpérimentées, instrumentalisées… mais elles manifestent toutes un désir de vivre et d’être écoutées.

Elles sont souvent en rapport avec ce qui se cherche dans notre société autour de nouveaux modes d’existence. Les nouvelles questions d’aujourd’hui nous obligent à réfléchir et agir. Elles peuvent se révéler une chance pour nous dire quelle société nous voulons. Sur tous ces sujets, il nous faut, à tous les niveaux, que nous reprenions le temps de la parole et de l’écoute pour éviter que le dernier mot ne reste à la violence.
Les crises électorales au Gabon de 1964 à 2016.

Partout en Afrique, l’élection du chef d’État donne toujours lieu à des débordements, des contestations se traduisant par de nombreuses actions : marches, sit-in, désobéissance civile, casses, puis arrestations, répression, massacres, tueries et autres assassinats. Au Gabon, noyau de ce qui est devenu la “Françafrique”, aucune élection pour la présidence de la République ne s’est effectuée dans les normes minimales de démocratie. A la limite, il conviendrait de reconnaître que dans le cadre de la pseudo-indépendance octroyée en 1960 au territoire du Gabon, on ne peut pas au sens démocratique du mot, parler d’élection.

Ø 1964 : Le coup d’Etat des militaires de 1964 est perçu comme le ras-le-bol et surtout comme une réaction contre la dictature qui était entrain de se mettre en place. Le 18 février 1964 à 5h45, des jeunes officiers et sous-officiers de l’Armée Gabonaise déposent le Président Léon M’Ba, en dénonçant la dérive dictatoriale empêchant désormais la libre expression de la volonté du peuple par des élections libres et démocratiques. Ils confient la direction du pays à un Gouvernement Provisoire dirigé par M. Jean-Hilaire Aubame, leader socialiste de l’opposition à Léon M’Ba, qui fit sur les antennes de la Radio la déclaration suivante : « Mes chers compatriotes, c’es en ma qualité de Premier Ministre Chef du Gouvernement Provisoire que je m’adresse à vous.

C’est sur vos appels angoissants et répétés et pour éviter à notre cher Gabon une révolte générale avec toutes les conséquences qu’elle devait nécessairement entraîner que nos Militaires et nos Gendarmes viennent de libérer le pays d’un régime qui le conduisait fatalement au désastre. Je rends hommage à leur sens élevé du Devoir… » Ce putsch qui réussi sans violence ni effusion de sang sera mâté sévèrement à partir du 20 février 1964 par les troupes de l’Armée française venues de Richemont (en Bretagne), de Brazzaville et Bangui, qui rétabliront Léon M’Ba dans ses fonctions. Bilan officiel vingt et un (21) Gabonais tués. .

Ø 1967 : « Voter photo ». Sous les auspices de Jacques Foccart, une élection fantôme est organisée, ayant comme candidat unique Léon Mba. Pour le peuple, ce dernier ne serait plus en vie. Son temple « bwetsi » avait déjà annoncé sa mort. Le peuple dans sa sagesse parlera de « voter photo ». Albert Bernard Bongo se retrouve vice-président, investi de tous les pouvoirs. Fin 1967, à la mort de Léon M’Ba, il devient président. Il instaure un parti unique, le PDG : 1967, marque l’établissement au Gabon de la dictature du parti unique avec ses méthodes staliniennes De 1967 à 1973, pendant un quart de siècle de parti unique, on ne peut pas parler en toute honnêteté d’élection; tout au plus de ceremonies de plébiscite du potentat mis en place et soutenue par l’ancienne puissance coloniale.Pour Maurice Robert, qu’on ne présente plus au lecteur gabonais : « Il est évident qu’en préservant la stabilité de pays comme le Congo ou le Gabon, la France protégeait dans le même temps ses intérêts économiques. Le Gabon disposait d’un potentiel pétrolier et minier, en uranium et en manganèse notamment, considérable.

Ces richesses étaient convoitées par d’autres pays qui s’efforçaient de séduire le pouvoir en place ou qui, au contraire, soutenaient sous une forme ou une autre l’opposition, afin de « prendre un ticket » pour l’avenir. Les Etats-Unis n’étaient pas les derniers à manœuvrer pour accroître leur influence et leurs investissements au Gabon. Un signe parmi d’autres : un de leurs ambassadeurs (le premier) à Libreville était un ancien de chez Mobil, Charles Darlington » À question : – Pierre Péan écrit que votre mission consistait à veiller « d’abord à la sécurité de Bongo, du régime et des installations d’Elf au Gabon ». Il reconnait que : – Dans une certaine mesure, il n’a pas tort. Ce n’était pas expressément dans ma mission. Mais défendre les intérêts du groupe passait par la stabilité du régime. D’où mon extrême vigilance sur tout ce qui était de nature à le mettre en péril.

Ø 1993 : La« Mascarade électorale » est mise en place, structurée et normalisée depuis, par le régime. S’ensuivra la pratique régulière ce qui convient de désigner comme les coups d’Etat permanents, avec les querelles postélectorales, aux conséquences tragiques pour les populations. On dénombre à chaque élection présidentielle des centaines de morts d’innocents lors de la contestation des résultats. L’élection truquée de 1993, qui inaugure a pratique du coup d’Etat électoral a provoqué des tueries à Libreville et à Port-Gentil avec comme bilan plusieurs dizaines sinon centaines de morts, bien au-delà du bilan officiel.

Ø 1998. La pratique du coup d’Etat électorale fonctionne sans heurt, avec l’appui contractuel de la France dans le cadre de la Françafrique.
Ø 2005, La technique du coup d’Etat électorale instituée en 1993 est bien rodée, et ne souffre qu’aucune retouche.
Ø 2009, A la mort du patriarche Omar Bongo, la succession dynastique se fait sans légalement grâce à la technique bien rôdée du coup d’Etat électoral. L’héritier de fils, Ali Bongo qui s’y était préparé de longue date, s’impose avec les moyens à sa disposition : soutien indéfectible de la Françafrique, l’armée, et bien entendu la Cours Constitutionnel. Encore des morts de citoyens sont enregistrés.

Ø 2016. La division au sein de l’héritage éclate. Le microcosme politique donne le spectacle d’un drame politique du pays (en feuilleton Dallas, selon l’Ambassadeur des Etats Unis ou à la Borgia selon l’Hebdomadaire international Jeune Afrique Borgia ou du feuilleton Dallas, mai en pire. Encore une fois de plus, le coup d’Etat électoral s’accompagnera de dizaine de morts parmi la population, et des scènes de violences sans précédent.

C’est dans cette situation qu’à peine déclaré élu par la Cour constitutionnelle, le 23 septembre 2016 dans la nuit, a l’issue de l’examen du contentieux électoral relatif au scrutin présidentiel du 27 août, Ali Bongo Ondimba est apparu à la télévision nationale pour appeler à «un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune».

Sciemment mal organisée par les pouvoirs publics, volet tactique d’une stratégie de conservation du pouvoir, truquée d’amont en aval. « Epicentre des explosions politiques en Afrique, les élections, gangrenées par la fraude électorale d’État, sont la cause des violences politiques. Elections truquées, [négociation-fragmentation] des oppositions, gouvernement d’union nationale, sont les autres volets tactiques de la stratégie du système. Cette quadrature stratégique contient en germes les ferments d’une implosion aux conséquences imprévisibles Aujourd’hui, le risque de conflagration est bien présent au Gabon. Système politique et système électoral, en inter relation permanente, pervertis par les rigidités ataviques de dirigeants archaïques bloquent toute évolution rationnelle de la société.

Les piliers de la légitimation du pouvoir demeurent la violence active des forces spéciales [ le fleuron étant la Garde Présidentielle-], la violence passive de l’Etat, articulée autour de la fraude électorale, la répression sociale, la corruption à grande échelle. Ce mode d’action politique se veut la seule manière de sauvegarder l’équilibre de l’Etat dictatoriale, et de maintenir la stabilité impériale, par la dictature de l’oligarchie patrimoniale, et prédatrice des ressources du pays, au profit des intérêts néocoloniaux.

CE QU’IL FAUT : C’EST UN CONGRES POUR REFONDER L’ETAT GABONAIS.

(Il faut reconstruire l’Etat, sur des bases, des valeurs nouvelles. Notamment dans le domaine politique.)
(Un dialogue avec le pouvoir, sur des questions, comme l’abrogation pure et simple des dispositions de la loi électorale actuelle,somme toute relevant des prérogatives des institutions régulières, n’a aucun sens. Dialoguer pour s’entendre sur un meilleur partage du gâteau entre les anciens et nouveaux barons du système ne peut être qu’une imposture de plus des héritiers en querelle d’héritage, au détriment du peuple qui a montré qu’il ne veut plus du système Bongo. Partage qui semble être la cause de la guerre fratricide des héritiers d’Omar Bongo Ondimba.)

En effet, nous constatons qu’il y a, dans notre pays, ceux qui luttent pour la démocratie parmi le peuple, et ceux qui déforment et détruisent la démocratie, pour s’accaparer de l’Etat, afin de s’en servir en s’enrichissant grâce aux fonctions qu’ils s’octroient :: la totalité des dirigeants politiques officiels se servent de l’Etat au lieu de le servir. Ils pensent qu’on peut acheter tout le monde avec de l’argent, dont ils s’accaparent illégalement. Au Gabon sous le système Bongo, c’est la politique du ventre. Les principaux acteurs du microcosme politique gabonais prennent l’enjeu de la politique comme : « la possibilité d’acquérir la richesse et le prestige, d’être capable d’en distribuer les bénéfices sous la forme d’emplois, de contrats, de bourses, de dons d’argent, etc., à ses parents et à ses alliés politiques ».« Au Gabon, toutes les fortunes viennent de l’Etat. Elles sont nées de la corruption, souligne le directeur d’une société française. »

Rappelons que la « politique du ventre » se réfère peu ou prou à cette dimension de la médiatisation institutionnelle et aux « situations » qu’elle procure. La « politique du ventre » est riche de plusieurs significations.. Avant tout, les activités d’accumulation, qui ouvrent la voie à l’ascension sociale et permettent au détenteur de la position de pouvoir de « se mettre debout La politique du ventre est aussi celle du marivaudage, ce que l’on appelle le « deuxième bureau », et les maîtresses sont l’un des rouages de l’État postcolonial comme l’Etat gabonais sous le système PDG.BONGO.

Le « ventre », c’est aussi le lignage qui demeure une réalité sociale très présente et non dénouée d’effets politiques à l’échelle nationale. C’est enfin, de manière plus suspecte, la localisation des forces de l’invisible dont la maîtrise est indispensable à la conquête et à l’exercice du pouvoir : la manducation peut être symbolique et assassine sous la forme dramatique mais quotidienne de la sorcellerie. Comme nous pouvons le voir, le Gabon à l’heure actuelle demeure un cas caractéristique, à nul autre pareil le pays de la “Politique du ventre”. D’où la violence des affrontements en vue d’alternance à la tête de l’Etat.

S”agissant de l’ambiance délétère qui s’est installé au sein du système, pour l’alternance à Ali Bongo, dont la gestion politique calamiteuse du pays, avait mis en danger la survie du système, j’écrivais dans une publication du 12 juin 2016, avant les élections, ce-ci : « Comme nous sommes à la croisée de plusieurs clivages, c’est jusqu’au cœur de chacun que vient parfois se marquer le débat. On croyait connaître pendant 42 ans du règne d’Omar Bongo le clivage opposition et régime au pouvoir, celui du néocolonialisme, de la mauvaise gouvernance, de la corruption et de la criminalité économique et humaine du système.

Les protagonistes qui s’affrontent pour le pouvoir vont préempter telle ou telle thématique sans utilité réelle pour le peuple, rendant plus difficile la possibilité d’un débat conséquent. Et dans une ronde folle ils continueront les petits calculs, les supputations comme si nous missions pour les paris au surf. Hauts les cœurs ! Nous connaissons une année où les camps et les écuries se déchirent sans qu’on sache ce qui pourra in fine se recoudre, ce qui pourra rassembler, une année folle qui étale sous nos yeux tout ce qui fait nos crispations, nos antagonismes, plus que nos aspirations à se rassembler pour la cause de notre pays.

Ce qui apparaît à mes yeux, c’est que les haines atteignent un stade de non-retour. Avec la montée des invectives comme seul argument politique, la disqualification de tout responsable dès lors qu’il est ou a été investi d’une fonction. Ce doute et ce soupçon permanents sont une des marques de la perte de crédibilité et de confiance de nos gents politiques par la société et même aux regards de l’extérieur. La tentation de croire qu’on peut exister en blessant ou en salissant l’image de l’autre est devenu la marque chez ces héritiers du système Bongo. »

Le pouvoir de la politique du ventre du système PDG.BONGO, a une logique qui conduit à perdre ce pour quoi il est fait dans un régime démocratique (le service du bien) pour ne chercher qu’à augmenter ses prérogatives : l’autoritarisme, la domination perverse, l’enrichissement illicite. Cette perversion que caractérise dans le cas du Gabon, la politique du ventre, s’appuie sur deux forces qui sont ses instruments privilégiés : celle du le diable, diabolos, qui est étymologiquement celui qui divise, qui désunit, qui est aussi Satan, qui signifie l’accusateur ; et aussi et surtout la toute puissance du « Mammon », l’argent.

« L’argent a plus tué d’âmes que le fer n’a tué de corps. »
Les mœurs politiques instituées par le système, intègrent les trois puissances que sont le Mammon (l’argent), le Diable (la division), Satan (l’esprit d’accusation). Nous constatons ainsi que, pour le microcosme politicien gabonais, la politique serait le lieu de la division, de l’accusation, de la domination, de la fin qui justifie les moyens. D’où une certaine idée qui se répand depuis toujours, à savoir que la politique serait diabolique. Pourtant : « Mais par là même aussi il apparaît que l’idéal démocratique va à contre-pente de la nature, dont l’amour évangélique n’est pas la loi. De cette manière que les hommes usent de la politique en faisant d’elle l’expression des Puissances de ce Monde dont parle l’Evangile.

[…] La politique quand elle est conçue sous l’idéal de la démocratie est un paradoxe et un défi adressé à la nature, à cette nature humaine ingrate et blessée dont elle évoque en même temps les aspirations originelles et les réserves de grandeur. Dans l’idéal, et - dans l’état d’âme démocratique -, on doit voir, écrit Bergson, - un grand effort en sens inverse de la nature- : ce qui ne veut pas dire un effort contraire à la nature, mais un effort pour redresser la nature, un effort lié aux développements de la raison et de la justice et qui doit s’accomplir dans l’histoire sous l’influence du ferment chrétien ; un effort demandant que la nature et l’ordre temporel soient surélevés dans leur ordre propre, dans l’ordre du mouvement de la civilisation, par l’action de ce ferment ». Mais au Gabon, c’est la nature humaine de ce qu’elle a d’abominable qui prévaut dans l’action politique. Le système a engendré en lui tous les vices pour dominer et asservir l’homme gabonais. Ce qui a fini par le gangrener.

Le système a institué entre autre, la corruption, le détournement des fonds et autres biens publics, la mauvaise gestion des services publics; bref avec la gestion patrimoniale des services publics, l’Etat au Gabon, est un Etat défaillant. Avec les dirigeants au pouvoir depuis bientôt un demi-siècle, le Gabon est aujourd’hui un Etat défaillant qui, par absence de volonté, ou par concussion, veulerie et d’incompétence, des agents,n’assure pas pour ses citoyens les missions régaliennes d’un Etat : la sécurité, la défense de la propriété, les services publics fondamentaux et les infrastructures essentielles.'Etat.

Plus grave, la gent du système Bongo a fait du Gabon le pays de toutes les abominations résultant des œuvres de la chair, qui sont manifestes dans notre pays, à savoir : l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Ajoutés à cela, les crimes économiques et les crimes de sang dits « crimes rituels », tous impunis. Ce qui fait dire que le Gabon a dépassé en abominations, les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe. Un pays béni des dieu, qui est tombé dans les mains du diable.

Dans une de ses parutions courant 2010, le journal LA GRIFFE a publié un article : Les confessions mystico-fétichistes – Il s’agit de la « confession » écrite d’El Hadj Mba Mvé Minko, en détention préventive après le meurtre perpétré, avec la dernière cruauté, sur la personne de Claudine Medza Mvé. Cette confession vous mettra au cœur de la mafia des célèbres crimes rituels à travers le Gabon. (…). Défilé lugubre des noms des personnalités disparues : Moïse Abessolo Edou, Paul Ndong Ondo, Simon Oyono Aba’a, Léon Ossiali Ongaye, Pierre Louis Agondjo Okawé, Joseph Rendjambé Issani,, Thomas Eya’a Obiang, Jules Mba Bekalé, Jean-Baptiste Obiang Etoughe,, André Nzong…Lisez cette nécrologie programmée aux moyens des techniques du vaudou venu du Bénin et du Nigéria. Ingrédients déballés au passage : les aéroports et les villes d’Oyem, Bitam et Minvoul sont « neutralisés » avec une potion mélangée à des peaux humaines. Les noms de toutes ces victimes avérées et virtuelles donnent le vertige, relève le journal : - Confessions : - […] – Au cours de la soirée du 4 au 5 décembre 1993, Monsieur Jean Kondza Epouta, m’a demandé de l’aider à verser les fétiches sur tous les carrefours de Libreville jusqu’au matin pour anéantir toutes les oppositions tant physiques que mystiques pour assurer la réélection du Président de la République, Son Excellence El Hadj Omar Bongo Ondimba. (…). Tout comme, il s’était rendu au Bénin pour neutraliser Messieurs :

- Edzodzomo Ella Martin ; Ondo Bonjean François ; Ntoutoume Emane Jean François ; General Nzong André … - Tout comme, selon lui-même, il aurait toujours envoûté l’aéroport d’Oyem avec des peaux humaine, les neutralisations des villes d’Oyem, Bitam et Minvoul, ainsi que les hommes politiques et les cadres de la Province du Woleu-Ntem confondus. Par ailleurs toute la gent politique gabonaise se réclamant tous des héritiers spirituels d’Omar Bongo, sont adeptes des cultes sataniques pour la majorité d’entre eux. Ce sont les pratiques diaboliques des loges qui contrôlent leurs actions.

Un exemple de l’emprise diabolique de la spiritualité; la perversion de la Fran-maçonnerie. En effet, la franc-maçonnerie par exemple est omniprésente, dans tous les rouages des Etats africains. François Stifani, de la GLNF, a lui-même installé Ali Bongo Ondimba à la tête de la Grande Loge du Gabon en 2009. Nombre de chefs d’État et de politiciens cherchent l’adoubement des confréries françaises. Jean Ping, en 2008, a défendu sa candidature à la commission de l’Union africaine lors d’une conférence à la Grande Loge de France. « Les frères ont infiltré les palais présidentiels africains, mais aussi les partis d’opposition, et exercent une influence certaine sur les dirigeants.

Mais cette présence est particulièrement mal ressentie par le citoyen lambda. Dans un passé récent, au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville, deux jours durant, les Franc-maçons avaient planché sur un thème, aux allures de mantra :[1] « Si nous persévérons sur le chemin de la vertu, la vie deviendra calme et paisible ». Un exercice purificatoire ? Peut-être.

Les Franc-maçons sont accusés d’avoir perdu les valeurs de justice, de liberté et de tolérance qu’ils étaient censés défendre reconnait un des leurs. Il ajoute : Chez nous, ils sont arrivistes et carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l’espoir de rencontrer un ministre ou de faire carrière. » Il poursuit pour dire : L’imaginaire populaire va plus loin encore, faisant de la Franc-maçonnerie une société mystérieuse et redoutable, où les rites ont des parfums de messe noire et que les profanes qualifient de « mafia » ou même de « synagogue de Satan ». (…) Notre image est détruite dit un adepte franc-maçon. On va jusqu’à nous accuser de crimes liés aux rituels et des trafics d’organes humains.»

Les élites compradores gabonaises engagés dans le système, considèrent que la franc-maçonnerie permet d’obtenir une promotion ou d’accélérer une carrière. D’où la violence et l’amoralité des querelles politiciennes en vue d’accéder au pouvoir, ou à des postes lucratifs, jusqu’à sacrifier des vies humaines ; ainsi la pratique des crimes rituels. Il faut reconnaître qu’au Gabon, c’est un autre une autre visage que présente la Franc-maçonnerie ! Alors se pose une autre grande interrogation qui est de savoir avec qui en réalité : «un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune» », s’’effectuerait ; et surtout dans quel cadre spirituel ? Avec des faux discours et invectives le jour, pour le spectacle, et les arrangements et autres combinaisons au sein des arcanes occultes, entre les « frères des lumières devenus au Gabon des « véritables frères de l’ombre » ?

Le peuple gabonais a certes, besoin d’«un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune. Ce dialogue devrait se tenir dans un cadre approprié, pour la Refondation de l’Etat gabonais. Autrement dit, il faut faire le deuil du régime PDG.BONGO en lieu et place du “pseudo dialogue nationale” du système PDG.BONGO actuel de la prévalence de la “Politique du ventre.
Les divisions profondes qui se sont créées dans le camp de l’ordre, ont provoqué une décrédibilisation de ses membres, et une fracture en leur sein. L’ordre existant est ressenti par une fraction de plus en plus large de la population comme désordre établi, ce qui favorise la nostalgie d’un ordre ancien idéalisé dont la majorité des Gabonais convainc aujourd’hui qu’il fut raisonnable et juste.

Parce que le cours de l’évolution sociale de notre peuple est aujourd’hui perçu comme tellement irrationnel que la restauration du règne de la raison n’apparaît plus devoir se réaliser qu’à travers une rupture ou un renversement du système actuel. Nous devons être prêts pour une révolution. Mais attendons-nous à voir les forces du mal se ruer dans la rame si les démocrates humanistes s’obligent, eux, à rester sur le quai. C’est ce qui s’effectue en ce moment avec de part et d’autre le soutien médiatique de la Françafrique.

Pour avoir constamment imposé la paranoïa du pouvoir personnel au-dessus de la Loi fondamentale, le « Système » a créé et nourri la plus grande cause de violence possible qui, aujourd’hui pèse sur la nation gabonaise. Omar Bongo et son absolu. Au sein du « Système », les politiciens s’entendent toujours sur le dos du peuple, comme larrons en foire. Sous les apparences de prétendus opposants, les chefs de partis officiels ont créé des zones de convergences tacites avec « le Pouvoir. » Il s’est développé dans s les arènes politiques de notre pays une logique de mystification et de mensonge.

LA rupture avec l’ancien système est indispensable et inéluctable. « Les situations bloquées ne progressent que par rupture.»"Pour créer les conditions d'appropriation d'un organisme nouveau, il faut faire table rase des structures du passé (...) Il faut, en fin de compte, tout abolir pour pouvoir commencer à tout reconstruire. « Ce qui est en cause et qu’il convient de refonder, c’est le système ». Le reste ne peut être que de la captation déloyale et de son exploitation à des fins personnelles, du rejet du système par le peuple. Ce sont des actions insidieuses de la « Contre-révolution » des hiérarques du système en perdition.
Conclusion.

Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd’hui. Tristesse de se voir ainsi, et de ne pas arriver à se rassembler pour l’élan dont il est capable, alors même que les épreuves et les incertitudes demandent que nous nous retrouvions. Il y a aussi le risque de ne plus voir notre vie en société que négativement, oubliant combien nous avons de la chance de vivre dans ce pays, et que beaucoup envient nos conditions de vie. Allons-nous continuer à nous désoler, à nous opposer, à ne plus croire à nos capacités, mais aussi à ne plus voir tout ce qui, le plus souvent silencieusement, fait de manière bonne et heureuse la vie de ce pays : le travail bien fait, la disponibilité auprès de ceux qui souffrent, la vie de famille… ? Il y a beaucoup de richesse cachée dans les cœurs, et de l’espoir qui vient de l’action de beaucoup.

Et pour nous chrétiens, il y a l’invincible espérance que nous donne le Christ d’une lumière qui l’emporte sur toutes les obscurités. Alors, allons-nous encore laisser passer les années sans nous situer à hauteur des enjeux de responsabilité et de sens que la vie en commun nécessite ? Sommes-nous prêts à regarder les choses en face et à en tirer toutes les conséquences pour nos conduites personnelles et collectives ? Chacun, à son niveau, est responsable de la vie et de l’avenir de notre société. Cela demandera toujours courage et audace.

Des qualités qui n’ont jamais déserté le cœur de notre pays. Je pense que les vraies solutions aux problèmes profonds de notre pays ne viendront pas d’es sempiternelles dialogues des politiciens pour le partage du gâteau ; encore moins de la légitimité de l’étranger orchestrée dans les arcanes sombres de la Françafrique, ou des institutions internationales, si importantes que puissent être leurs appuis. Elles viendront de cette écoute personnelle et collective des besoins profonds de l’homme gabonais. Et de l’engagement de tous.

[1] Selon Le Larousse : mot sanskrit instrument de pensée ; dans l’hindouisme et le bouddhisme, syllabe ou phrase sacrée dotée d’un pouvoir magique

Jeudi 3 Novembre 2016
Martin Edzodzomo-Ela
Vu (s) 1055 fois



Jean Ping Président élu | La Résistance Gabonaise | Histoire du Gabon | MCG | Revue Politique | Revue Economie | Revue Société | Annonces Classées | Société Civile | MDFC | CAPPO | Gabon Occupé par l'imposteur | Les Collabos | Communiqué | Les Réactions | Les syndicats / Grève | Faits Divers | Interpellation | Revue Infos Plus | Education Nationale | Gabon - Diplomatie | Culture / Evènement | Vie Etudiante | Journaux | Interview | Justice ! Affaire à Suivre | Gabon Débat | Sport | Actu Estuaire | Actu Woleu Ntem | Actu Ogooué Maritime | Actu Haut Ogooué | Actu Ngounié | Actu Moyen Ogooué | Actu Ogooué Lolo | Actu Ogooué Ivindo | Actu Nyanga | GabonlibreTV | Présidentielle 2009 | Gabonlibre.com | H. André Mba Obame

Les Articles les plus lus

Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...