News & Infos Utiles...
Gabonlibre.com
Gabonlibre.com
News 7J/7&Infos Utiles...
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Martin Edzodzomo-Ela : Aout 2016. Gabon, un nouveau coup de force en préparation ?

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Vendredi 29 Avril 2016 à 07:52 | Lu 1205 fois



En ce qui concerne la répression et l'utilisation de la violence, le Gabon d’Ali Bongo, semble prendre comme exemple Idriss Déby plutôt que son père qui avait pourtant déjà dirigé d’une main de fer ce pays de 1967 jusqu’à sa mort en 2009. De nombreux acteurs françafricains se sont démenés en 2009 pour faire élire le fils aîné d’Omar Bongo –comme dans une vraie monarchie pétrolière. Ali Bongo a passé son premier mandat à considérablement renforcer ses pouvoirs présidentiels, à piller de manière encore plus éhontée que son père les caisses de l’Etat et à réprimer toute forme de contestation.

Il a notamment fait changer la constitution en 2011, ouvrant la voie à une véritable « dictature légale » ; et créé une multitude d’agences directement rattachées à la présidence (permettant à celle-ci de multiplier son budget de 1073,74% entre 2008 et 2014). Il a aussi lancé une importante militarisation du pays, augmentant les dépenses militaires et augmentant les effectifs de l'armée par de grandes campagnes de recrutement. Les autorités françaises continuent de soutenir le « palais du bord de mer » par la surveillance de sa population, et par la formation et l'encadrement de l’armée (en 2014, plus de 4000 soldats ont été formés). Cette même armée n’hésite pas à pratiquer la torture et à tirer à balles réelles lors des rassemblements de la société civile ou de l’opposition.

Le silence sur les violations des droits humains et le maintien d'une coopération militaire d'ampleur s’expliquent à la fois par des intérêts économiques, très importants pour de nombreux grands groupes français (Total, Perenco, Bolloré, Bouygues, Castel, etc.), bien qu'en perte de vitesse mais aussi par l'implantation au Gabon de la plus importante base militaire française sur la côte occidentale africaine. Celle-ci permet une intervention rapide dans l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale. L’accord de partenariat de défense, renégocié en 2010, permet à la France de profiter de nombreux avantages pour l’armée tricolore, qui fait dire à l’ambassadeur de France au Gabon que « la France y est chez elle ».

28 AOÛT 2016 GABON, UN NOUVEAU COUP DE FORCE EN PRÉPARATION ?

LE CONTEXTE

Lundi 29 février 2016, Ali Bongo Ondimba a déclaré, sans surprise, briguer un nouveau mandat lors de la prochaine élection qui aura lieu en août prochain. Avant lui, son père Omar Bongo Ondimba avait été placé à la tête de ce pays par la France en 1967 et y est resté jusqu’à sa mort en 2009. A l’image d’une vraie monarchie pétrolière, c’est son fils aîné Ali Bongo qui lui succède après une parodie d’élection, largement soutenue par l’Elysée et les réseaux officieux de la Françafrique.

Cela fait donc presque 50 ans que le clan Bongo règne et pille le Gabon – aidé en cela par de nombreux acteurs et entreprises français – au détriment de la population qui, pour une large majorité, vit encore dans la misère. 87% des Gabonais n’ont connu que la famille Bongo à la tête du pays. Bien que les caisses de l’Etat soient aujourd'hui vides, cela n'empêche pas les dirigeants gabonais de continuer de mener un train de vie des plus spectaculaires et, d’après le journal les Echos Du Nord d’avoir déjà commencé la distribution de billets en vue d’assurer la « réélection » du dictateur Bongo67, tout cela soutenu par une administration aux ordres.

Les opposants politiques, mouvements de la société civile, syndicats, mouvements sociaux et journalistes indépendants, subissent une répression croissante, ceci par des forces dites de sécurité, dont Ali Bongo a fait son instrument de prise et d’exercice du pouvoir, et bientôt probablement de maintien. La France continue pourtant de soutenir son allié de toujours. Le Gabon est en effet un pays clé sur l'échiquier de la Françafrique, où se troquent ressources naturelles contre soutien diplomatique et militaire à la dictature, en vertu notamment de l'Accord de partenariat de défense renégocié en 2010 et grâce à la base militaire française permanente, en place depuis la colonisation.

I - LE COUP DE FORCE D’ALI BONGO EN 2009, SOUTENU PAR LA FRANCE

Le 7 juin 2009, Omar Bongo, le doyen des dictateurs d'Afrique après 42 ans de règne, meurt dans un hôpital en Espagne. Une vague d'espoir de changement parcourt le pays, mais sera très rapidement déçue, car tout est prévu pour qu'Ali Bongo succède à son père. Ministre de la Défense depuis 1999, il a à sa disposition tout l'appareil administratif, les moyens étatiques et le pouvoir militaire pour préparer sa campagne puis assurer la réussite de la mascarade électorale.

Le fichier électoral est manipulé (le premier ministre gabonais parle lui-même de 120 000 électeurs fictifs)68 et les journalistes gabonais comme étrangers sont censurés.69 L'armée et les forces de sécurité sont en ordre de bataille aux côtés d'Ali Bongo et jouent un rôle majeur dans ce putsch électoral, encouragés par de multiple promotions et des primes financières distribuées à l’ensemble des soldats gabonais moins d'une semaine avant le vote.70 Suite à l'annonce des résultats officiels, qui donnent évidemment Ali Bongo vainqueur alors que le décompte des voix le situe à la 3ème place, de nombreuses émeutes parcourent le pays, notamment à Port-Gentil, la capitale pétrolière, où Ali Bongo envoie l'armée pour massacrer la population. L'opposition décompte pas moins de 57 morts, mais ce chiffre resterait inférieur à la réalité du massacre, différentes sources affirmant même que des corps auraient été jetés à la mer par les militaires pour dissimuler le crime 71. Pendant des mois après ces émeutes post-électorales, les corps armés restent présents dans les rues pour empêcher toute potentielle contestation.

Des bâtiments français sont brûlés lors de ces révoltes, notamment ceux de Total et d’une partie du consulat français, « symboles du soutien indéfectible de la France au régime Bongo depuis des décennies »72. Car malgré les fraudes évidentes en amont comme en aval de l'élection et la violence de la répression, la France appuie sans faillir le coup de force d'Ali Bongo. Plusieurs personnalités politiques françaises, ayant des fonctions officielles ou non, jouent un grand rôle pendant toute la campagne présidentielle pour le soutenir.

Selon les retranscriptions des écoutes du Silam73 publiées le 30 juillet 2012 par le journal gabonais Échos du Nord 74« en coulisses, un quarteron de collaborateurs du président français d’alors s’étaient attelés à orienter les événements durant la transition (...).Notamment, Robert Bourgi, Claude Guéant (ministre de l’Intérieur de Sarkozy), Alain Joyandet (secrétaire d’État à la Coopération et à la Francophonie), Jean-Didier Roisin alors ambassadeur de la France au Gabon et Stéphane Bellati, alors chef de poste au Gabon de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ».

Ils font notamment pression sur la présidente par intérim, Rose Francine Rogombé, et rencontrent les dictateurs voisins Denis Sassou Nguesso au Congo, Paul Biya au Cameroun, pour les convaincre de soutenir Ali Bongo, ou encore Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale pour qu’il arrête de soutenir les opposants d’Ali.75 Le lendemain de l'élection, et bien que de nombreuses irrégularités soient dénoncées par différents observateurs et que la France sache pertinemment que les résultats du vote ont été inversés76, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier, déclare : « La France se félicite du bon déroulement du scrutin du 30 août et de la bonne participation en dépit de certaines difficultés techniques…

Nous faisons confiance aux institutions (...) pour que le processus continue à se dérouler dans le calme jusqu'à la proclamation des résultats. »77 Le soutien de la France au putsch d'Ali Bongo ne s'arrête pas à cette reconnaissance officielle. L'armée française déploie une centaine de soldats dans les rues de Port-Gentil au moment des émeutes post-électorales, officiellement pour protéger les ressortissants français mais, dans les faits, pour dissuader les velléités de contestation de la parodie électorale et protéger les installations pétrolières.

Pour aller toujours plus loin dans les « amitiés » franco-gabonaises, le président français n’hésitera pas à décerner la légion d’honneur au nouveau dirigeant gabonais au début de l'année 2010, alors même que les USA n’avaient toujours pas reconnu Ali Bongo.
(Source : Association SURVIE -Ensemble contre la Françafrique)

Vendredi 29 Avril 2016
Martin Edzodzomo-Ela
Vu (s) 1205 fois



Jean Ping Président élu | La Résistance Gabonaise | Histoire du Gabon | MCG | Revue Politique | Revue Economie | Revue Société | Annonces Classées | Société Civile | MDFC | CAPPO | Gabon Occupé par l'imposteur | Les Collabos | Communiqué | Les Réactions | Les syndicats / Grève | Faits Divers | Interpellation | Revue Infos Plus | Education Nationale | Gabon - Diplomatie | Culture / Evènement | Vie Etudiante | Journaux | Interview | Justice ! Affaire à Suivre | Gabon Débat | Sport | Actu Estuaire | Actu Woleu Ntem | Actu Ogooué Maritime | Actu Haut Ogooué | Actu Ngounié | Actu Moyen Ogooué | Actu Ogooué Lolo | Actu Ogooué Ivindo | Actu Nyanga | GabonlibreTV | Présidentielle 2009 | Gabonlibre.com | H. André Mba Obame

Les Articles les plus lus

Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...