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Martin Edzodzomo-Ela : Août 2016. , un nouveau coup de force en préparation ? (Suite)

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Samedi 30 Avril 2016 à 07:20 | Lu 1194 fois



II - LE RENFORCEMENT CONSIDÉRABLE DU POUVOIR D'ALI BONGO
1 - Changement de la Constitution : vers une « dictature légale »

Le 12 janvier 2011, Ali Bongo fait réviser la Constitution8. Cela lui permet de renforcer considérablement ses pouvoirs, notamment vis-à-vis de toutes les forces de sécurité (via l’article 22) et du pouvoir judiciaire : le président est aussi « le président du conseil supérieur de la Magistrature » (article 70) qui « statue sur les nominations, les affectations, les avancements et la discipline des Magistrats ». Il renforce aussi son pouvoir sur le puissant Conseil National de la Communication, véritable organe de censure du régime (article 100). Il « légalise » le fait que sa belle-mère, Mme Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne concubine d’Omar Bongo, soit encore la présidente de la Cour Constitutionnelle (article 89) et ce depuis sa création en 1991.

Le processus régissant les prochaines élections est aussi modifié, notamment sur sa partie gérant les contentieux post élections qui n’ont maintenant plus que 15 jours pour être traités. Cette Constitution facilite aussi la fermeture potentielle des associations, syndicats, partis politiques de l’opposition… Comme l’écrit Bruno Ondo, militant gabonais et président de l’association Réagir : cette révision constitutionnelle « accroît considérablement les pouvoirs du chef de l’État au détriment du gouvernement et du Parlement au point qu’elle ouvre la voie à une dictature légale. »

2 - Contrôle de l’ensemble de l’appareil étatique

A sa prise de pouvoir, Ali Bongo commence à faire une grande « opération de nettoyage de l’administration publique ». Si officiellement, celle-ci a pour but de faire la « chasse aux fonctionnaires fantômes » et d’assainir les finances publiques, elle consiste surtout à écarter toutes les personnes soupçonnées d’hostilité envers le nouveau pouvoir (450 hauts cadres sont ainsi écartés pour délit d’opinion politique) et à promouvoir ses affidés. Cette opération conduit ainsi à une augmentation de 15% de la masse salariale de la fonction publique sur la période.80 Pour aller toujours plus loin dans son contrôle de toutes les activités de l’Etat, Ali Bongo multiplie les agences directement rattachées à la Présidence. Celle-ci n'étant soumise à aucune obligation de performance ou de contrôle, il en va de même pour ses agences. C’est ainsi qu’entre 2008 et 2014, le budget de la Présidence a augmenté de plus de 1073,74%.

3 - Surveillance accrue de la population

Le système de surveillance est extrêmement sophistiqué au Gabon. Ce pays possède déjà en 2009 le « système d'écoutes (le SILAM), le plus perfectionné de la région, ainsi qu'un système de brouillage de radios et de télés »83. Ce système, fourni par la CIA dans les années 1980, est installé directement au sein de la Présidence et géré dans les faits par les services français (DGSE puis DCRI), avec à sa tête pendant de nombreuses années le colonel français Boisseau. Aujourd'hui, d’après le journaliste d’investigation Jonas Moulenda, deux anciens dirigeants des services de renseignement français auraient été recrutés par Ali Bongo86. Mais la surveillance ne se limite pas à ce système déjà ultra performant.

Ali Bongo aurait aussi acquis la suite de logiciels FinFisher, qui permet « de prendre des photos à distance, d’éteindre et de rallumer des téléphones portables, de mettre en marche le microphone ou l’appareil photo, mais aussi d’enregistrer les appels passés. FinFisher peut, bien sûr, mettre la main sur des photos, des contacts, des archives, des courriers électroniques des SMS et bien d’autres » .Si Omar Bongo s’était lui aussi beaucoup servi du bâton contre tous ses opposants (pressions, arrestations, assassinats, etc.), il maniait aussi la carotte. Ali Bongo a quant à lui décidé de s'appuyer quasi exclusivement sur la répression, ce qui explique à la fois son besoin de renforcement du pouvoir présidentiel, mais aussi la militarisation qu’il a mise en marche depuis son arrivée au pouvoir.

Vers une militarisation du pays Dès sa prise de pouvoir, Ali Bongo augmente les budgets des différents corps dits de « sécurité », c'est à dire l’armée, la police, la gendarmerie et la garde républicaine (qui possède un budget et un fonctionnement spécifiques). Désiré Ename - directeur de publication du journal les Echos du Nord – explique ainsi : « Dès avril 2009, un accent a déjà été mis sur l’armement. Et depuis 2010, sa petite majesté accentue la dotation en équipements militaires, les privilégiant au détriment de l’éducation ». En 2013, le ministère de la Défense est doté d’un budget de 125,560 milliards de FCFA, auquel s'ajoutent celui du ministère de l’Intérieur doté de 66,202 milliards de FCFA et celui de la Garde républicaine qui s’élève à 13,919 milliards.

Plus de 205 milliards de FCFA (environ 313 millions d’euros) sont ainsi destinés à la « sécurité » cette année-là, ce qui représente un budget bien supérieur à celui de la santé ou de l’éducation. Cette augmentation du budget sert notamment à de nombreuses campagnes de recrutement depuis 2009. Si le nombre total de porteurs d’armes n'est pas rendu public, le ministre de l’Intérieur en 2010, Jean-François Ndongou, annonce un renforcement des effectifs des policiers de 9 000 hommes en trois ans. Le journal les Echos du Nord note que tous ces recrutements « pour l’essentiel, n’ont pas respecté les chartes dédiées pour l’incorporation dans ces corps. Pas d’enquête de moralité, pas de test d’aptitude, etc. ABO voulait juste des bêtes féroces ».

Quasiment tous les hauts gradés des corps de sécurité (armée, police, gendarmerie…) proviennent du sud-est du Gabon (comme Ali Bongo) ou des ethnies myéné, téké ou obamba. Progressivement, il en va de même pour les forces de sécurité non gradées. Ce recrutement « ethniquement sélectif » s’est généralisé depuis 2009, notamment au sein de la Garde républicaine. Ali Bongo, afin de rappeler à sa population la puissance de son armée et de ses policiers ou gendarmes, n’hésite pas à les mettre dans la rue. En 2010, plus de 7000 hommes et 700 véhicules, défilent devant le palais du bord de mer.

Mais c’est surtout par leur présence dans la rue au quotidien que les forces d’Ali Bongo se rappellent au bon souvenir de la population. Les contrôles sont omniprésents, y compris en plein centre de la capitale Libreville, dans un objectif évident de dissuasion des contestations et non de préservation de la sécurité des Gabonais. Pour les éditions 2014 et 2015 des Journées de la défense nationale, différents ministres ou conseillers du président (pourtant tous civils) sont venus en tenue militaire (certains ont d’ailleurs reçu des décorations). Si cela reste de l’ordre du symbole, cela n’empêche pas de faire un grand bruit au Gabon, tant dans les médias qu’au sein de la population, ceux-ci s’inquiétant et s’interrogeant sur le fait que « le gouvernement serait [devenu] une junte militaire ».
(Source : Dossier d’analyse "Elections en Françafrique"- Association SURVIE -Ensemble contre la Françafrique)

Samedi 30 Avril 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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