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M. VALLS donne une leçon de morale politique aux Gabonais et désavoue Ali Bongo

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Lundi 31 Octobre 2016 à 17:52 | Lu 6459 fois



Sans vouloir raviver la polémique qu'avait suscité l'assertion senghorienne selon laquelle "l'émotion est nègre, comme la raison est hellène", les réactions à chaud de nombre de mes compatriotes aux propos du premier ministre français dans lesquels il ne dit (ni plus, ni moins) que ce qu'a été la position officielle de la France depuis le 24 septembre, m'amènent à donner (provisoirement) "raison" à l'homme de lettres sénégalais.

À ce qui apparaît comme une déclaration banale pour un homme d'Etat français en visite dans des pays d'Afrique francophone triés sur le volet avec, en toile de fond, des enjeux pour son pays et peut-être aussi pour lui-même, nous opposons un feu d'artifices d'émotions où se mêlent indignation, révolte, résignation, découragement et (fort heureusement) détermination et combativité.

Personnellement, je retiendrai de la déclaration de M. Valls essentiellement trois choses.
Premièrement, qu'il a fait des progrès dans son apprentissage d'homme d'Etat. Celui qui avait publiquement affirmé qu'Ali Bongo n'avait pas été élu "comme on l'entend" a finalement appris le double langage et la langue de bois qui sont le SMIG en politique.

Deuxièmement, que pour la France la présence d'Ali Bongo à la tête du Gabon est plus un état de fait qu'un état de droit. Pas une seule fois il na affirmé que ce dernier a été élu. Ce qui est un comble.
Bien que cela heurte notre sensibilité de partisan du changement de régime, la France, comme le reste de la communauté internationale, doit cependant avoir un interlocuteur officiel pour traiter avec le Gabon où elle a des intérêts et de nombreux ressortissants.

Troisièmement, qu'il est inquiet au sujet des nombreuses entreprises françaises qui opèrent au Gabon. Les résultats médiocres actuels de celles-ci, qui résultent pour partie de la conjoncture pétrolière et pour partie du contexte des élections, pourraient devenir catastrophiques en cas d'instabilité politique et sociale chronique au point d'impacter sévèrement une économie française plutôt fragile. Le tout à la veille d'une élection aux perspectives sombres pour le Parti socialiste.

Quand on se rappelle la célèbre phrase du général de Gaule selon laquelle "la France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts", que pouvons-nous espérer de plus des dirigeants français après qu'ils ont publiquement fait état de "graves anomalies" dans le processus électoral, demandé le recompte des voix, décidé la cessation momentanée de la mission des coopérants militaires français au sein de l'armée gabonaise, manqué de féliciter Ali Bongo et qu'ils se sont contentés de "prendre acte" de son maintien à la tête du Gabon?

Quelle autre interprétation donner au fait que Valls a renoncé à l'étape librevilloise de son périple dans le pré-carré français sinon que c'est un désaveu à Ali Bongo?

Ajoutés aux voix des personnalités politiques françaises de tous bord qui ont reconnu la victoire de Jean Ping, ces actes indiquent, au contraire, une rupture dans la logique de connivence ou de magnanimité envers les Bongo.
L'ironie de l'histoire est que le camp d'Ali Bongo et celui de l'opposition menée par Jean Ping accusent chacun la France de complicité avec l'autre camp. Au demeurant, si un camp a plus d'arguments pour se plaindre de la posture de la France et de raisons de s'en méfier, c'est bien celui d'Ali Bongo.

Ce dernier n'a pas fait vibrer la corde du panafricanisme parce que se sentant subitement habité par l'âme de Nkrumah ou de Nasser dont il ne connaît probablement guère plus que le nom. C'est bien parce qu'il s'est senti abandonné par la France qui n'est plus convaincue qu'il est le garant de ses intérêts.

Car, ce sont les mêmes autorités françaises qui autorisent les manifestations "envahissantes" de la diaspora gabonaise dans l'hexagone, quand on sait que la législation française encadre strictement l'exercice par des ressortissants étrangers (en particulier les réfugiés politiques) d'activités politiques sur le sol français, accordent, sans grande difficulté, des visas aux "ennemis" d'Ali Bongo, laissent la justice suivre son cours normal dans les actions contre lui (notamment sur les violences post électorales).

Il n'est d'ailleurs pas exclu que la France se soit stratégiquement déchargée du rôle, délicat par les temps qui courent, de "donneur de leçons de démocratie" à l'Union européenne dont elle sera tenue d'appliquer, le cas échéant, les résolutions ou les sanctions contre le pouvoir Gabonais.

Qu'est-ce qui, au surplus, dit qu'Ali Bongo n'évite pas de sortir du Gabon parce qu'il redoute un coup d'état qui pourrait être ourdi, non pas par les soins de Jean Ping, mais à l'instigation de la France qui en a les moyens?
Il ne fait pas de doute que la France se trouve dans une situation inconfortable entre d'un côté Ali Bongo qui tient les rênes du pouvoir (capable de prendre des mesures de représailles contre les intérêts français) et de l'autre côté Jean Ping qui est reconnu par le monde entier comme le président élu, incité par le peuple à ne pas lâcher prise, sans qui la sérénité indispensable aux mêmes intérêts français reste impossible.

ALORS QUE FAIRE APRÈS LES DÉCLARATIONS DE VALLS?

La solution n'est certainement pas de céder au pessimisme. De surcroît au moment où l'opposition au régime de Bongo incarnée par la diaspora gabonaise d'Europe vient de marquer des points au travers d'une manifestation inédite pour une communauté étrangère dans la capitale française au cours de laquelle le drapeau vert-jaune-bleu a supplanté le drapeau bleu-blanc-rouge.

Les Gabonais doivent maintenir la pression à la fois sur Ali Bongo jusqu'à ce qu'il quitte le pouvoir et sur la France et la communauté internationale afin qu'elles continuent de le marginaliser. À ce propos, faut-il rappeler que la France n'est pas représentative de toute la communauté internationale?
Comme l'a réaffirmé Jean Ping, il n'est pas question de dialoguer avec le pouvoir d'Ali Bongo qui dénie au peuple sa souveraineté constitutionnelle et assassine des Gabonais. Il n'est pas non plus question d'aller à une quelconque élection sous son régime.

La France finira par comprendre (si tant est qu'elle ne l'a pas compris) qu'aussi longtemps qu'Ali Bongo restera au pouvoir, le climat des affaires sera délétère et les premiers à en pâtir ce sont les groupes Total, Bolloré, Eramet, Veolia, Rougier, etc. et les milliers de Français dont elle protège les intérêts.

Les Tunisiens, Burkinabés, Sénégalais, Maliens, Nigériens, Ivoiriens, Béninois n'ont pas attendu l'avis ou la bénédiction de la France pour se débarrasser de leurs dictateurs (pourtant qualifiés de "grands amis" de la France jusqu'à leur éviction).

C'est aux Gabonais, et non à la France, de fixer leur propre agenda. Pour le moment cet agenda est d'en finir coûte que coûte avec le pouvoir Bongo-PDG.
Nous ne devons laisser personne nous en détourner.
Germain Ndouna
31 octobre 2016

Lundi 31 Octobre 2016
Gabonlibre.com : News 7J/7
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