Paris, le 28/01/201
Aux membres du Gouvernement Ali Bongo
Libreville – Gabon
Mesdames, Messieurs,
Nous venons par la présente lettre ouverte vous interpeller sur les conséquences que pourrait entrainer l’arrestation en gestation au terme du procès politique contre l’Evêque Mike Jocktane, ancien directeur de cabinet adjoint du défunt Omar Bongo Ondimba et membre engagé de l’Union Nationale. Nous savons que vous envisagez d’enlever Mike Joctane pour le conduire au B2 et de le torturer là-bas.
Outre l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo dans des conditions des plus dramatiques de l’histoire politique de notre pays, votre gouvernement a, entre autres, obtenu l’arrestation suivi de l’emprisonnement pour des raisons infondées du Général Ntumpa, dissous le principal parti politique de l’opposition, retiré l’immunité parlementaire à M. André MBA OBAME, détruit des installations et bloqué plusieurs fois la chaine de télévision TV+, interdit plus d’une fois des journaux dont Échos du Nord de paraitre. A cette liste qui est loin d’être exhaustive s’ajoutent la destruction récente de plusieurs logements et commerces de Gabonais sans indemnisation ni relogement ainsi que la suppression abusive des salaires des fonctionnaires, des bourses d’études aux étudiants et le non paiement de ladite bourse aux ayants droit.
Sachant que « nul n’est méchant volontairement », nous vous invitons à la retenue parce que le pays est au bord du chaos et tous les indicateurs sociologiques sont au rouge au Gabon aujourd’hui. Ainsi, le procès politique initié contre l’Evêque Mike Jocktane pourrait être cet acte de trop capable de plonger le pays dans un chaos profond. Si vous avez autant de mépris pour le Peuple Gabonais à qui vous reprochez des choses, ayez au moins un peu de considération pour les délégations des pays hôtes rassemblées dans notre pays pour célébrer la CAN avec notre Peuple.
Aussi, sachez que ce n’est un secret pour personne que vous voulez persécuter ce fils du pays parce qu’il a osé affirmer officiellement que celui qui vous a permis d’arriver au pouvoir a trempé également dans l’histoire des mallettes de Bongo.
Seulement voilà, si vous vous avisez à toucher à un seul cheveu de Mike Jocktane, avec tous nos partenaires politiques français et de la société civile internationale, nous ne manquerons pas d’engager des actions d’envergure contre vous.
Espérant que la présente lettre vous permettra, pour une fois au moins, de vous ressaisir, nous vous proposons, malgré la désorganisation, d’accompagner dans le calme l’évènement de la CAN afin que le Gabon, notre pays, ne souffre pas une fois de plus d’une piètre réputation.
Les Gabonais de France à travers le mouvement « ça suffit comme ça »
Tel contact : +33(0)698883586
Copie : Institutions internationales et françaises