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Les législatives au Gabon sans renier la présidentielle d’août 2016 : un exercice à haut risque?

l'info réelle 7J/7 - Mengue M'Eyaà le Dimanche 23 Juillet 2017 à 12:35 | Lu 1184 fois



« Passer à autre chose » (Achille Mbembe)

Les tergiversations du service juridique du régime gabonais – appelé également Cour constitutionnelle – ont donc été conclusives en faveur d’un nouveau recul de ce scrutin fixé au mois d’avril 2018, en conformité avec les demandes des occupants du pouvoir. Ainsi, depuis la première échéance de décembre 2016, trois mois après le putsch électoral, 15 mois se seront écoulés pour de nouvelles élections, qui posent un vrai problème. Les Gabonais (es) militent plutôt pour la reconnaissance des résultats de l’élection présidentielle de 2016 alors que devrait se profiler une nouvelle élection générale.

Le Gabon serait donc le seul pays au monde, où l’on peut perdre des élections et continuer à faire le tour de la planète en ayant massacré son propre peuple, sans que personne n’y trouve rien à dire, du point de vue moral comme du point vue du droit international ?

1 - En effet, quel sens serait à donner d’un nouveau scrutin alors même que l’élection présidentielle a été bafouée par de faux résultats maintenant le perdant au pouvoir au vu de toute la communauté internationale ?

Du côté des partisans de la démocratie et de l’alternance, la problématique des élections législatives est la suivante au Gabon: la pression internationale a été telle que le régime ne peut plus se permettre de frauder de manière industrielle, et qu’il est plus compliqué de « tricher » sur une multitude d’élections locales que sur l’élection présidentielle en raison de sa nature propre. Il s’agit là d’un argument non dénuée de bon sens, quoi que très optimiste.

Mais, on pourrait s’interroger: quelles sont les garanties obtenues par les promoteurs de ces élections en situation de crise politique ? Quels sont les garants des “garanties” ? Et qui est Président de la République pendant les élections législatives, dès lors qu’il y a un Président élu et un usurpateur se targuant d’être Président ?

2 - Seconde interrogation : s’il y avait participation aux élections législatives, n’est-ce pas donner quitus au régime de son maintien au pouvoir du fait de l’élection présidentielle ?
Tout dépend de la signification donnée à ces élections,mais en aucun cas, elles ne peuvent servir de faire-valoir au pouvoir chancelant de M. Bongo. Qu’en pense la coordination de l’opposition gabonaise ?

Cette réalité devra être rappelée aux pays occidentaux et aux observateurs internationaux. Par ailleurs, le régime n’aura pas le choix. Il devra accepter la présence d’observateurs européens dans des conditions améliorées par rapport à l’élection présidentielle sans menaces ni surveillance.

Rien n’est plus incertain tant qu’il n’y aura pas de lisibilité collective des objectifs à atteindre et des moyens d’y parvenir... Cela s’appelle en d’autres termes une stratégie de prise de pouvoir politique globale, conçue par des Gabonais pour les Gabonais. Aucun peuple ne s’est libéré en minorant l’expertise politique de ses ressortissants. Il y a donc lieu de changer de logiciel pour se mettre en phase avec les mobilisations par des marches de Gabonais dans le monde qui démontrent que les Gabonais ont la prétention d’être les experts de leur propre pays. Ce principe doit être respecté. Les résistants gabonais ne sont sous la tutelle de personne.

A quand la convergence entre les mobilisations pour faire partir l’imposteur au Gabon, et les mobilisations des Gabonais de l’extérieur qui tiennent déjà depuis une année ?

3 - Troisième interrogation : Existerait-il une possibilité pour l’opposition de gagner la majorité au sein de l’Assemblée nationale pour conduire le Gouvernement, ce qui serait inédit au Gabon . Ce ne serait pas impossible techniquement, mais il faudrait deux conditions majeures, que le scrutin des Gabonais soit respecté (c’est-à-dire que le Haut Ogooué, l’Ogooué-Lolo, et certaines de ces circonscriptions fantomatiques ne soient pas gonflées pour « offrir » une majorité au parti du régime). Rien n’est moins sûr d’obtenir le respect du résultat des urnes aux législatives, que l’on n’aura pas obtenu pendant les élections présidentielles.

Dans l’hypothèse où le régime serait obligé de respecter les résultats, il y a ensuite la question de la gouvernance, une question que les partisans de la participation aux législatives ne posent pas.
En raison du discrédit du régime, la France devra être très impliquée, plus qu’elle ne l’a été au moment de la présidentielle, où le Président Hollande a évité de protester au sujet du hold-up électoral, à empêcher tout dérapage violent de la part du clan Bongo qui perdrait nécessairement les élections, et qui de ce fait, serait capable de mettre en œuvre une violence inouïe pour empêcher la moindre alternance y compris gouvernementale, prélude ou moyen de précipiter leur départ.

Là encore, qui a eu des garanties sur une telle position de la France ? En effet, la dénonciation européenne n’a pas été relayée par le Président de la République française en fonction à l’époque, malgré des protestations venues du PS, de la Présidente de la commission des affaires étrangères, ou du Président de l’Assemblée nationale.

Il ne s’agit plus ici de faire circuler des messages sur les réseaux sociaux, construits de façon pathétique, de prophétisme politique qui rapporterait une évocation du Gabon entre le Président Hollande et le Président Macron. En France, pays démocratique, la confidentialité existe sur les points évoqués pendant la passation des pouvoirs entre deux Présidents de la République. Il est donc contre productif de “broder” et de faire circuler de façon virale des fausses informations, si l’on veut être pris au sérieux. Nous avons des atouts collectifs au Gabon comme à l’étranger. C’est toujours dans ce sens que tous les peuples ont écrit leur histoire pour se libérer. Ce ne fut jamais par usurpation ou par construction mensongère.

Une “cohabitation” serait-elle alors possible ? Rien ne s’y opposerait au strict plan constitutionnel si l’issue des législatives conduisait les démocrates à l’emporter. Mais, cela ne pourrait être une « vraie cohabitation », c’est-à-dire que la constitution devrait être respectée. Or , au vu de l’état civil de l’imposteur, sa candidature n’aurait jamais dû être retenue en vertu de l’article 10, et il n’aurait donc pas eu à se prévaloir d’un quelconque mandat présidentiel “légitimé” par sa belle mère Présidente de la cour constitutionnelle depuis sa création.

L’on apprend par ailleurs que cette dernière n’aurait pas les diplômes requis pour occuper ce poste Ce qui conduit inévitablement à la nullité juridique de toutes les décisions qu’elle aurait prises y compris la “victoire “ de son beau fils. Il y a là un grave conflit d’intérêt pour le moins.

C’est la raison pour laquelle, la Présidence de la Cour constitutionnelle ne peut plus être occupée par un membre de la famille Bongo mais par une personnalité consensuelle, sur le plan de la compétence, et sur le plan politique. Elle doit être choisie par l’opposition démocratique et pas seulement par le régime.

Il est inutile de préciser qu’aucun problème n’est à ce jour résolu au Gabon, qui s’enfonce dans les crises, qu’elles soient politiques, sociales, sans compter la crise morale générée par l’absence évidente de légitimité du pouvoir auto proclamé.

En revanche, du côté français, les transformations au sein du pouvoir sont impressionnantes. Le quinquennat de François Hollande a quasi disparu. Seuls quelques survivants ont pu surmonter la déferlante de la République en marche. Ainsi, depuis 2007, nous sommes au troisième président de la République en France en seulement 10 ans, et au Gabon, depuis 1967, soit 50 ans, le même clan Bongo est au pouvoir. Le Président Hollande est sorti de sa réserve pour présenter sa fondation “pour se rendre utile aux autres “.

Cela tombe bien : il peut se rendre utile auprès des victimes du régime gabonais ,tant auprès des familles de disparus, des prisonniers politiques dont un député, un binational, sans compter ceux et celles qui ont été enterrés dans des fausses communes, les familles de la centaine de morts répertoriés par les observateurs internationaux.

Le Président Hollande peut bien “se rendre utile”, pour faire proroger les visas des étudiants gabonais en troisième cycle qui ne peuvent plus rentrer au Gabon sous peine de se faire arrêter parce qu’un membre de leur famille est engagé dans l’opposition .

Le régime gabonais n’est pas seulement budgétivore et illégitime , il met, de fait, les Gabonais de l’étranger, en situation irrégulière et les prive de leurs droits dans les pays d’accueil. Il fragilise tout autant le personnel diplomatique gabonais puisque les budgets de fonctionnement n’existent plus et le personnel est payé au gré de la fantaisie du régime. C’est donc une situation inédite de maltraitance que les Gabonais vivent. Ils n’entendent plus se laisser faire à l’étranger .

De nouvelles équipes sont désormais au pouvoir autour du Président Macron, et une approche nouvelle se fait sentir, ne fût-ce que dans la vision qu’a le nouveau chef de l’Etat français sur les sujets sahéliens, et la mise à distance nécessaire d’un certain nombre d’acteurs. Pour l’Afrique centrale, il est encore nécessaire d’attendre. Il y aura sans doute d’autres rencontres officielles – certaines ont eu lieu - mais, conformément au style Macron, cela serait étonnant que quelques vérités ne soient pas dites aux « responsables » mal élus, qui se maintiennent par la force, comme au Gabon.

Puis, la très ancienne affaire des “Biens mal acquis” est en train de ressusciter après l’endormissement de l’ère Sarkozy-Hollande. C’est bientôt au clan Bongo de se voir juger après la Guinée équatoriale . Un récent reportage diffusé à la TV française n’a fait que confirmer le ridicule de la situation gabonaise, d’un individu illégitime, Ali Bongo, dont toute la vie n’est qu’ un faux, la naissance, l’enfance, l’origine, la scolarité, et bien sûr les promesses électorales, sans compter le dénouement tragique des élections présidentielles de 2009 et de 2016.

Ali Bongo a besoin de l’argent du Gabon pour jouer les Crésus, alors que le pays profond n’a pas besoin de lui.
Comme il est dans le défi envers les Gabonais, il avait besoin d’une agence de communication gérée par M Attias, mari de l’ex Mme Sarkozy, qui lui réclame désormais de l’argent. La gestion économique d’Ali Bongo est une véritable catastrophe, une machine à corruption, tandis que les entreprises et les services publics sont en difficulté en raison de la défaillance du régime à payer au quotidien ses factures de fonctionnement et d’investissements hasardeux, préférant engouffrer des millions d'euros dans des opérations personnelles, sans aucun rapport avec le développement ou la vie du pays (achats de voitures, d’appartements, organisations de colloques ou de symposium, visant à tenter de le valoriser)

Les citoyens gabonais aimeraient pouvoir tourner la page de 50 ans de tragédies. Ils l’ont montré par les urnes comme par les actes de résistance dès le début des années 80 (« Gare routière », les massacres de Port-Gentil en 2009, attaques du QG de campagne de septembre 2016). Il reste aux autorités françaises et internationales à « débrancher » le clan Bongo du Gabon. Nous avons montré que nous pouvons largement y contribuer.

Mais, comme le rappelait récemment Achille Mbembe, écrivain et intellectuel africain, en situation de « post-colonie », tout dépend aussi de ce que veulent les Africains eux-mêmes :

« Passer à autre chose. Cette sorte de diplomatie affairiste – qui ne sait plus distinguer entre le public et le privé ou encore la raison mercantile et la raison d'État –, voilà le socle de la Françafrique. Ceci étant, la question qu'il faut se poser n'est donc pas de savoir ce qu'Emmanuel Macron fera pour les Africains, ou ce que les Africains sont en droit d'attendre d'Emmanuel Macron. C'est plutôt de savoir ce que les Africains attendent véritablement d'eux-mêmes. Que sont-ils prêts à sacrifier pour se tenir debout par eux-mêmes et pour faire de l'Afrique son centre propre, sa puissance propre, un vaste espace de circulation ? Car c'est en posant les vraies questions qu'ils seront, peut-être pour la première fois depuis la décolonisation, à même d'obliger la France à bien ouvrir ses yeux, à regarder l'avenir, et éventuellement à changer de paradigme. Tout le reste n'est qu'illusion."

Jusque-là, il n’y aura pas de répit, nous ne cesserons d’animer la résistance comme nous le faisons depuis une vingtaine d’années, et nous ne cessons d’exiger le départ du clan Bongo, sans l’intermédiaire de qui que ce soit, parce que nous sommes le Gabon .

Parce que nous sommes le Gabon, nous n’accepterons jamais une situation de post-colonie.
Tout simplement parce que nous exigeons le respect de notre combat qui ne date pas de l’élection présidentielle de 2016 .

Alors, pour entrer dans le 21 ème siècle et arracher la démocratie, changez de logiciel !

Paris, le 22 juillet 2017,

Mengue M’Eyaà

Présidente du Mouvement Civique du Gabon
Présidente du Mouvement Civique des Femmes

Dimanche 23 Juillet 2017
Mengue M'Eyaà
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