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Le syndicalisme a-t-il un avenir au Gabon ?

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mercredi 14 Septembre 2011 à 11:48 | Lu 1352 fois



Le syndicalisme a-t-il un avenir au Gabon ?
Depuis deux semaines jour pour jour, neuf leaders syndicaux du secteur de l’éducation nationale ont commencé leur grève de la faim devant la cathédrale Sainte Marie de Libreville. Ils réclament le rétablissement de leurs salaires suspendus depuis neuf mois.
Nous avons voulu connaitre les raisons de cette grève de la faim, les motivations de cette décision ultime de se donner la mort par la privation de nourriture - car tous sont décidés à poursuivre une grève de la faim illimitée.

Les leaders syndicaux en grève sont avant tout des hommes et des femmes* qui aiment la vie et leur travail. Pour se faire entendre, ils ont dû décider d’entreprendre une grève de la faim qui peut mettre fin à leur vie. La grève de la faim est un acte désespéré et violent contre la société et contre soi-même.

Alain Mouagouady, un des leaders syndicaux en grève, a bien voulu répondre à quelques questions.

Q. Une semaine depuis que vous avez commencé votre grève de la faim ; dans quel état d’esprit êtes-vous personnellement ? Et le groupe ?

AM : Personnellement, je suis surpris par la réaction de mon organisme sur le plan physique. Je ne vais pas trop mal. Sur le plan moral et spirituel, je me sens davantage renforcé grâce notamment au soutien que nous recevons du monde entier et des Gabonais. Des anonymes, nos parents, amis et collègues se relaient auprès de nous nuit et jour.

Ce soutien démontre d’ailleurs que notre action est comprise. A ce niveau, on peut d’ailleurs dire que nous avons atteint un de nos objectifs : sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur notre situation qui a jusque-là été étouffée par le gouvernement gabonais et plus particulièrement par le ministre de l’Éducation nationale.

En ce qui concerne le groupe, je constate une forme de cohésion, de lien plus serré entre nous malgré nos divergences. Nous sommes solidaires les uns des autres, avec une touche de spiritualité.

Nous sommes tous décidés à poursuivre notre grève puisque nous ne percevons aucun signe concret et positif de la part de l’administration.

Q. Quelles sont les avancées de votre dossier ? Avez-vous le sentiment que l’administration veut lui trouver une issue qui vous est favorable de manière rapide ?

Que pensez-vous de l’annonce faite par le ministre de l’Éducation nationale quant à la levée de la mesure de suspension de vos salaires

AM. Il est souvent fait référence au communiqué du ministre de l’Éducation nationale qui a été lu sur les antennes de la RTG samedi 3 septembre dernier, au lendemain de notre début de grève de la faim. Dans ce communiqué, il informe de la levée de la suspension de salaires. Mais cette levée est conditionnée par la prise de service par chacun des grévistes, ce qui n’est pas faisable car cela reviendrait à abandonner le site donc à cesser la grève.

Il est important de souligner que le ministre lève la mesure sur la base d’une grève antérieure qui a pris fin le 1er septembre.
La revendication actuelle concerne le rétablissement de nos salaires. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le ministre annonce le rétablissement de nos salaires par voie de communiqué sans que cela soit suivi d’effet.

Nous attendons aujourd’hui tout simplement que l’administration nous montre le document envoyé par le ministre de l’Éducation nationale qui notifie la levée de la suspension de salaire car, le ministre a suspendu nos salaires en adressant un courrier au ministre du Budget. Il conviendrait qu’il suive la même procédure pour lever la mesure. Nous attendons la preuve de la levée de cette mesure.

En fait, nous nous trouvons dans une sorte d’impasse puisque nous avons en face de nous, un ministre autiste qui refuse de nous entendre. Le ministre exige la prise de service avant le rétablissement des salaires or l’expérience syndicale avec cette administration a créé une crise de confiance qui fait qu’il est difficile d’accepter les choses sans aucune garantie. Dans ce contexte, il conviendrait que le ministre donne des garanties. La question de prise de service ne pose aucun problème. Les grévistes sont disposés à reprendre le service.

Q. Expliquez-nous les raisons précises de votre grève de la faim

Nous réclamons le rétablissement des salaires suspendus depuis le mois de janvier 2011. Nous ne connaissons pas la raison exacte de cette suspension car elle n’a jamais été notifiée. Chaque gréviste de la faim a été traduit en conseil de discipline et la raison de cette traduction c’est la définition et l’exercice d’un service minimum non conforme à la loi c’est-à-dire, contrairement à ce que dit la loi, le ministre a décidé d’un service minimum à partir d’une note circulaire.

Ce service minimum décidé par le ministre n’est pas conforme à la loi 18/02 qui régit le fonctionnement des organisations syndicales au Gabon parce que l’article 22 de cette loi stipule que ce sont les organisations en grève qui définissent le service minimum. Lors de cette grève qui a duré du 4 au 16 octobre 2010, un service minimum a été observé par les organisations syndicales.

Q. Quelles leçons tirez-vous de votre engagement syndical ? Le syndicalisme a-t-il un avenir au Gabon ?

AM. La grève de la faim est une expérience qui mérite d’être vécue. En ce qui me concerne, elle renforce mes convictions et ma détermination à défendre les intérêts des enseignants, voire des Gabonais dans l’ensemble.

Je ne suis absolument ni découragé ni démotivé et je n’ai aucun regret.

Je constate qu’il y a un acharnement à détruire le mouvement syndical au Gabon. Ceux qui croient disposer du droit de vie ou de mort sur d’autres personnes doivent se demander qui leur a donné ce droit. Ils peuvent penser qu’ils ont tous les pouvoirs, sauf celui de tuer des idées.
Il est également important de souligner que la crise d’aujourd’hui résulte d’une démobilisation totale des enseignants dans les actions menées par la CONASYSED**.

Lorsque les leaders syndicaux ont été frappés par la mesure de suspension de salaires, si tous les enseignants du Gabon, bénéficiaires des actions menées par l’Organisation qui ont permis d’obtenir, par exemple : la prime d’incitation à la fonction enseignante, l’augmentation de l’indemnité de rentrée scolaire, l’augmentation de la prime de transport, plus de 2000 postes budgétaires, etc., s’étaient mobilisés pour la levée de la mesure, cela n’aurait pas trainé. Malheureusement, ils ont été intimidés par la menace de suspension de salaire. Il ne restait qu’une poignée pour soutenir les actions de la CONASYSED.

Cela a conduit à l’isolement des leaders syndicaux et entrainé la détermination du ministre de l’Éducation nationale à faire disparaitre le mouvement syndical dans le secteur éducation et d’exercer une sorte de pouvoir de vie ou de mort sur d’autres compatriotes en suspendant leurs salaires.

En ce qui concerne l’avenir syndical du secteur de l’Éducation, il passe principalement par :
- La restructuration des organisations syndicales ;
- La sensibilisation et formation de tous les membres
- L’observation d’une période de trêve, c’est-à-dire, laisser le gouvernement faire ce qu’il prétend vouloir faire même si on est convaincu que rien de ce qu’il annonce ne sera réalisé. A partir de ce moment-là, les enseignants en attente de règlement de leur situation administrative et l’amélioration des conditions de travail, seront facile à remobiliser. On redonnera ainsi à l’enseignant gabonais sa dignité

* *
*
* 9 grévistes de la faim dont 2 femmes :
- Clémence AKELE OVONO, surveillante de Lycée
- Léa Isabelle OZOUMEY, enseignante à l’École normale des Instituteurs
Et 7 hommes :
- Jules BIBANG OBOUNOU, enseignant SVT
- Alfred ENGONE, enseignant EPS
- Louis Patrick MOMBO, enseignant de français
- Alain MOUAGOUADI, enseignant de Science physique
- Fridolin MVE MESSA, enseignant à l’École normale des Instituteurs
- Simon NDONG EDZO, enseignant SVT
- Jean Calvin TOMO TOMO, enseignant EPS

** la CONASYSED est la Convention Nationale des Syndicats du Secteur de l’Éducation Nationale. Elle regroupe huit (8) syndicats (FESEENA, SENA, SNEPS, SYGEF, SAEG, FNSE, SYNETECHPRO, SYPROFEN-EP)
Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements. Les gouvernements devraient avoir peur du peuple.




Mercredi 14 Septembre 2011
Gabonlibre.com : News 7J/7
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