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Le quotidien L’Union au bord de la cessation d’activité

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mardi 29 Avril 2014 à 11:34 | Lu 1550 fois

Sur fond de lutte pour l’égalité des races, les employés du quotidien L’Union ont récemment déposé à leur direction un cahier de charges dont ils entendent voir les points pris en compte, au risque de bloquer la machine.



La Sonapresse, société éditrice du quotidien L’Union serait au bord de l’explosion. Suite au dépôt, il y a plus d’une semaine, d’un préavis de grève assorti d’un cahier de charges par le collectif des employés, l’ambiance semble aller se dégradant. Et pourtant, jusque-là réfractaire à toute idée d’accéder aux revendications formulées par le personnel, la direction de l’entreprise a quelque peu lâché du lest en consentant à rencontrer les délégués du personnel le mardi 29 avril.

Seulement, la proposition d’une revalorisation salariale de l’ordre de 1,5% ne semble pas être du goût de tout le monde. Pour les employés, cette modique augmentation s’apparente à une supercherie. «Pour un agent dont le salaire de base est de 300.000 francs CFA, cette augmentation équivaut à 4.500 francs», explique un salarié avant de s’emporter : «Des broutilles comparées aux traitements de nababs dont bénéficient les Blancs de Multipresse et Sonapresse !»

La rencontre de mardi dernier est donc loin de faire tomber la tension. Bien au contraire, elle a laissé apparaître les frustrations et rancœurs accumulées par le personnel de la plus grande rédaction écrite du pays. «Au sein du groupement d’intérêts économiques composé par EDIG, Multipresse et Sonapresse, les Blancs imposent leur volonté», lance un agent, qui poursuit : «On n’est pas loin de l’époque de la traite négrière où les Noirs dormaient dans les greniers avec les animaux, puisqu’ils nous considéraient comme tel». Et de s’interroger : «Comment comprendre qu’une poignée d’à peine cinq Blancs puissent se partager 80% de la masse salariale des deux entreprises ?» Invraisemblable, mais tout aussi impossible à vérifier dans un pays où le diction selon lequel «l’argent n’aime pas le bruit» s’est imposé comme une règle de bonne conduite.

En effet, selon des indiscrétions glanées çà et là, il semble que l’administrateur et fondé de pouvoir de la Sonapresse, Laurent Pinteau, et le directeur général de Multipresse, Jean-Luc Phalanpin, aient des salaires sans commune mesure avec ceux pratiqués dans le groupe. «En 2010, ils émargeaient chacun à hauteur de 10 millions de francs mensuels et gagnaient 33 millions de bonus annuel» confie un cadre du groupe qui dit avoir eu accès à des documents comptables.

Celui-ci ajoute : «Ensuite venaient dans l’ordre le directeur technique, M. Teracher, avec 4,5 millions mensuel pour 22 millions de bonus ; Stéphane Devau, le responsable de la PAO, avec 3,5 millions pour des bonus annuel de 10 millions». Et de trancher : «Partant de l’hypothèse selon laquelle le salaire des expatriés à peau blanche est augmenté en moyenne d’1,5 million de francs CFA par an, on peut penser que les salaires de Laurent Pinteau et Jean-Luc Phalanpin sont aujourd’hui de l’ordre de 15 ou 16 millions de francs, même si de nombreuses sources font état de ce que l’un et l’autre gagneraient plus de 20 millions, en plus du panier week-end de l’ordre de 500 000 F ou plus».

Salaires liés à la race

De toute évidence, pour les employés de L’Union, les salaires sont intimement liés à la couleur de la peau. C’est pourquoi, ils semblent déterminés à mettre sur la table les traitements et avantages des uns et des autres. Et on apprend que Pascale Chapuy, la responsable de la régie publicitaire, prélève, pour son compte personnel, 15% sur chaque publicité vendue. «Pour vous faire de vous-même une idée de ce que gagne cette dame, il faut s’essayer à un petit exercice de comptabilité. Partant du fait qu’une oreille, c’est-à-dire la toute petite publicité que l’on aperçoit le plus souvent à la Une du journal du côté gauche, en noir et blanc coûte 162.000 francs, en couleur 530.000 francs CFA.

Le bandeau noir et blanc à la Une est à 360 000 francs en couleur 880 000 francs. Lorsque ce même bandeau est placé à l’intérieur du jour, il vaut pour le noir et blanc 324 000 et pour la couleur 800 000 francs. Le quart de page portrait intérieur est à 324 000 en noir et blanc et 800 000 francs pour la couleur. La dernière page noir et blanc est à 540 000 francs en couleur elle est à 1.090.000 francs. S’agissant de la pleine page, L’Union vous demande 972 000 francs pour le noir et blanc et 1 800 000 pour la quadrichromie.

A ces sommes il faudrait ajouter 18% pour la TVA. Faites vous-même le décompte par jour», explique un cadre, avant d’étayer ses dires par un exemple de son propre calcul : «Rien que pour la journée du mardi 22 avril dernier, Mme Chapuy s’en est sortie avec 1 965 700. En maintenant ce ratio, elle gagnerait au bout de 24 jours ouvrables 47 176 800 francs CFA». Et de suggérer : «En divisant cette somme pour payer les 52 employés que compte Sonapresse, chacun toucherait mensuellement 907 246 F !»

Le cas Chapuy semble d’autant plus gêner les employés que cette dame semble avoir atteint la limite d’âge de travail. «Ce n’est pas parce qu’elle s’offusque d’être appelée vieille et qu’elle est d’une étonnante vitalité que l’on va tolérer que quelqu’un qui a plus de 70 ans travaille encore !», lance quelque peu goguenard un informaticien du groupe, qui ajoute : «Comment on peut travailler dans une entreprise au-delà de 70 ans sans que cela ne soulève la curiosité des inspecteurs du travail ?»

Avec de telles considérations et dans une telle ambiance on se demande comment le quotidien national L’Union peut maintenir sa qualité. D’autant que le directeur de l’Exploitation, Joël Akouango, qui est censé assumer les responsabilités administratives et financières ne trouve guère grâce aux yeux des employés. «Pendant que les représentants de la race supérieure se la coulent douce sans forcer, les cadres nègres eux broient du noir avec des salaires de forçats. Plutôt que de soutenir leurs frères qui se battent pour leur dignité, certains d’entre eux jouent les nègres de service s’illustrant, par des propos provocateurs», accuse un journaliste.

Selon un membre de l’administration qui semble comprendre, en off, les revendications des employés, le directeur de l’Exploitation serait le plus exposé à des représailles. Car, explique-t-il, de nombreux agents envisagent, en cas de radicalisation du mouvement, de demander son départ avant toute négociation. «On se demande à quoi sert ce Joël Akouango qui gagne moins de 1 500 000 francs par mois», lance-t-il avant de souligner : «Il a quasiment le même salaire que le rédacteur en chef et la chef comptable, une parfaite analphabète dont la docilité lui a valu cette promotion». Et de se désoler : «Il n’y a qu’à la Sonapresse où un rédacteur en chef est moins payé qu’un chef comptable à la formation sommaire».

Dans ce climat surchauffé, où intrigues et accusations pleuvent, aucune des revendications visant à une amélioration des conditions de vie des agents n’a rencontré un écho favorable de la direction. Bien au contraire, la direction générale s’est illustrée en proférant des menaces. «Il n’y aura pas d’augmentation, celui qui n’est pas content démissionne», auraient affirmé, au cours d’un Conseil d’administration tenu le mois dernier, Laurent Pinteau et Paul Bory. Les employés tiennent, par ailleurs, le premier cité pour le marionnettiste, le vrai patron ; Au point que certains n’hésitent plus, en privé, à remettre en cause la légitimité de Paul Bory à gérer une entité de la taille de Sonapresse.

«Ce colon venu au Gabon en tant que photographe dans les bagages de feu Léon Mba n’a aucun respect pour les Gabonais et ne songe qu’à s’enrichir, y compris au mépris de la dignité humaine», assène, visiblement excédé, un cadre, qui se désole de la récente sortie d’Albert Yangari du Conseil d’administration où, se raconte-t-il, il aurait été remplacé par Eric Chesnel, le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, également traité de «colon» et accusé d’avoir menacé de licencier tout le personnel pour le remplacer par des Caucasiens pur sang que l’on ferait venir de France en l’occurrence.

Entre arguments raciaux, sociaux et salariaux, le climat semble plus délétère que jamais. Les pouvoirs publics gagneraient à diligenter une enquête et à se mêler de cette histoire avant qu’une déflagration n’intervienne qui serait un très mauvais signe. Cette entreprise étant l’une rares du pays à n’avoir jamais enregistré un mouvement d’humeur de son personnel depuis sa création.

Mardi 29 Avril 2014
Gabonlibre.com : News 7J/7
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