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Le développement économique du Gabon est encore une fiction

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Lundi 11 Mars 2013 à 09:34 | Lu 709 fois

Alors que certains médias anglophones, le Times et The Economist en particulier, soutiennent l’idée d’une «Afrique émergente», une étude un peu moins partisane remet en cause cette chimère. C’est d’autant plus vrai pour le Gabon dont les indicateurs économiques sont loin d’être réjouissants.



Le développement économique du Gabon est encore une fiction
Les promoteurs d’une montée en puissance rapide et importante de l’Afrique dans l’économie mondialisée ont recours à des indicateurs inutiles pour évaluer le développement du continent. Ils brandissent la récente croissance du PIB, l’augmentation du revenu par habitant, l’explosion de l’usage des téléphones portables et des services bancaires par téléphone pour preuve que l’Afrique se développe.

Le Time évoque la croissance dans des secteurs comme le tourisme, le commerce de détail et la banque, et cite des pays qui viennent de découvrir de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. The Economist souligne l’augmentation du nombre de milliardaires africains et du commerce entre l’Afrique et le reste du monde. Mais, ces indicateurs ne donnent qu’une image partielle de la bonne santé du développement, le développement étant généralement compris comme un synonyme d’industrialisation.

Les pays riches ont démontré que si l’économie ne sort pas des activités qui ne font que perdre en rentabilité avec le temps, principalement l’agriculture et les activités extractives comme l’exploitation minière, du bois et la pêche, pour s’orienter vers des activités de plus en plus rentables comme l’industrie de transformation et les services, on ne peut pas vraiment parler de développement.

L’article de The Economist évoque, quant à lui, un rapport de la Banque mondiale exposant que «L’Afrique pourrait être au bord d’un décollage économique, tout comme la Chine il y a trente ans,» notant que, dans les deux cas, une population massive de jeunes travailleurs était immédiatement disponible pour dynamiser la croissance.

Il évoque aussi l’importance de l’éducation : «Sans une meilleure éducation, l’Afrique ne peut espérer imiter le miracle asiatique.»

Plus de risques que d’opportunités en Afrique

Les deux magazines cités, à l’origine de cette vague d’affirmations sur l’avenir flamboyant de l‘Afrique, ne mentionnent ni le secteur secondaire, ni même sa troublante absence en Afrique. Ce qui confirme une fois encore à quel point l’idée d’industrialisation comme signe de développement a été totalement abandonnée au cours des dernières décennies. Les sciences économiques prônant le libre échange en sont venues à conseiller aux pays pauvres de se cantonner à leurs secteurs primaires de l’agriculture et des activités extractives et de s’intégrer tels quels dans l’économie mondiale.

Aujourd’hui, pour de nombreux défenseurs du libre échange, la seule augmentation du PIB et une augmentation des volumes des transactions commerciales sont synonymes de bon développement économique. Mais augmentation de la croissance et du commerce et développement, ce n’est pas la même chose. Il existe naturellement plusieurs indicateurs offrant une image plus précise du développement, ou pas, de l’Afrique comme la part du secteur industriel dans le PIB ou la valeur ajoutée manufacturière (VAM) des exportations.

Dans ces cas-là, comme le montre un récent rapport de l’ONU, image des perspectives de développement de l’Afrique est bien moins flatteuse. Ce rapport révèle que, malgré certaines améliorations dans quelques pays, dont le Gabon reste absent, la majorité des pays africains stagnent ou régressent en termes d’industrialisation.

La part de la VAM dans le PIB africain est tombée de 12,8%, en 2000, à 10,5% en 2008. On a également assisté au déclin de l’importance des biens manufacturés dans les exportations africaines, dont la part dans les exportations totales de l’Afrique est tombée de 43% en 2000 à 39% en 2008. En termes de croissance industrielle, si la plupart ont stagné, 23 pays africains ont connu une croissance négative de la VAM par habitant pendant la période 1990-2010.

Le rapport révèle aussi que la part de l’Afrique reste marginale en termes de commerce mondial des produits manufacturés. Sa part de la VAM mondiale est même passée d’un déjà dérisoire 1,2% en 2000 à 1,1% en 2008. La part africaine des exportations mondiales de produits manufacturés est passée de 1% en 2000 à seulement 1,3% en 2008.

L’Afrique perd aussi du terrain dans le secteur manufacturier à fort besoin de main d’œuvre: sa part d’activités peu technologiques dans la VAM est tombée de 23% en 2000 à 20% en 2008, et la part des exportations de produits manufacturés peu technologiques dans le nombre total des exportations de bien manufacturés africains a dégringolé de 25% en 2000 à 18% en 2008.

Enfin, l’Afrique reste lourdement dépendante des industries d’exploitation des ressources naturelles, ce qui indique à la fois son faible niveau de diversification économique et le faible niveau de sophistication technologique de sa production.

De telles statistiques et comparaisons avec l’Est asiatique ne cadrent naturellement pas du tout avec la version admise d’une «Afrique émergente.»

Un récent rapport de la Banque africaine de développement arrive à la même conclusion. «La croissance de l’Afrique semble se concentrer sur une gamme limitée de matières premières et sur les industries minières, peut-on y lire. Ces secteurs ne génèrent pas les opportunités d’emploi qui permettraient à la majorité de la population d’en partager les bénéfices. Ce phénomène tranche de façon très contrastée avec l’expérience asiatique, où la croissance du secteur industriel à fort besoin de main-d’œuvre a contribué à sortir des millions de personnes de la pauvreté…» Le rapport continue en soulignant que «promouvoir une croissance globale signifie… élargir la base économique au-delà des industries minières et d’une poignée de matières premières du secteur primaire.»

Il y a une trentaine d’années, certaines nations africaines, à commencer par le Ghana et l’Ouganda, ont mis en place des réformes libérales pour contenir leur déclin économique. Mais dans de nombreux cas ils ont ouvert leurs marchés à la compétition mondiale, alors qu’au-delà des industries minières, ils n’avaient rien pour rivaliser. Si la part des projets d’investissements directs à l’étranger du continent a constamment augmenté au cours des dix dernières années, une grande partie de cet investissement n’a fait qu’accentuer les déficits structurels de leurs économies.

Aujourd’hui, de nombreux pays africains ont besoin de politiques industrielles associées à des mesures protectionnistes temporaires, des crédits subventionnés dans les domaines technologique et de l’innovation, s’ils veulent voir leur secteur secondaire décoller un jour. C’est vrai pour les mêmes raisons que cela le fut pour le Royaume-Uni et les autres nations qui ont réussi leur industrialisation.

Les donateurs bilatéraux et multilatéraux y sont opposés (et structurent leurs conditions de prêt en conséquence). Les accords de l’OMC et les nouveaux accords régionaux de libre échange (ALE), tout comme les traités bilatéraux d’investissement (TBI) entre pays riches et pays pauvres les interdisent fréquemment.

Ce problème du manque «d’espace politique» nécessaire a été souligné dans un récent rapport de l’Africa Progress Panel, présidé par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.

Le Panel fait part de ses inquiétudes au sujet de l’Accord de partenariat économique (APE) proposé par l’Union européenne, qui vise à soumettre l’accès des produits africains aux marchés de l’Union européenne à la condition que l’Afrique élimine ou réduise les droits de douane de 80% des importations issues de l’Union européenne. L’idée même d’industrialisation a tout bonnement disparu du programme officiel de développement. Et pourtant, si nous continuons tous à nous référer régulièrement aux pays riches de l’OCDE comme à des pays «industrialisés», il y a une raison.

Malgré des gains importants dans l’industrie des services et le domaine du revenu par habitant, l’Afrique n’est toujours pas en train d’émerger, et les services ne suffiront pas à eux seuls à créer suffisamment d’emplois pour absorber les millions de jeunes chômeurs des zones urbaines en plein développement d’Afrique.

Le Gabon, immobilisé par la corruption et les détournements d’argent public

Si tous ces blocages concernent aussi le Gabon, d’autres viennent s’ajouter qui rendent son avenir plus fragile encore. Le Gabon, en terme de richesses, est entièrement dépendant du pétrole. Le FMI a récemment rappelé que si la crise mondiale encore à venir venait réduire la demande de consommateurs en or noir, il verrait très vite ses comptes tarirent et les conséquences sur la situation financière du pays seraient désastreuses.

La pauvreté endémique qui sévit dans le pays n’est pas prise en compte par le gouvernement qui compte sur la croissance pour l’enrayer. Cela serait un bon calcul si le fruit de cette croissance était équitablement répartie, ce qui n’st pas le cas du tout. Le Gabon a beau être riche, l’un des plus riches d’Afrique, les revenus du pays sont systématiquement détournés par la classe dirigeante composée des milliardaires du pays. En ont-il conscience ? Ce n’est même pas certain.

Rien n’est fait pour transformer la croissance du Gabon en emplois stables. Les formations restent très élitistes et concernent quelques centaines d’étudiants. Le jeu du clientélisme ferme de toute façon la porte à tous ceux qui ne savent pas jouer des coudes et des pressions familiales pour s’octroyer bourses et écoles de prestige.

Les trois secteurs qui ont déjà prouvé leur capacité de création d’emplois en Afrique, l’agriculture, l’industrie, et le commerce de détail et l’accueil sont totalement laissés à l’abandons ou réservés à des investisseurs étrangers. Ici encore, l’État ne fait rien pour former ses jeunes à ces métiers, ne créant ni écoles spécialisées, ni formations professionnelles de reclassement. Lorsque les emplois se précisent, les entreprises doivent faire appel à une main-d’œuvre étrangère faute de ressources locales.

Concernant l’agriculture, le Gabon a besoin de réformer ses droits fonciers, de mettre en place des infrastructures et d’améliorer l’accès à des intrants tels que les semences, les financements et les assurances afin de lui donner un coup de fouet. Là encore, les commissions et services des ministères concernés préfèrent faire appel aux investisseurs étrangers, quitte à leur appliquer des mesures d’exception et à contourner la loi plutôt que de s’attaquer au cœur du problème.

L’exploitation minière, pétrolière et gazière contribue pour une grande part au PIB au Gabon, mais ces secteurs emploient moins de 1% de la population active. C’est d’une stratégie de l’emploi dont a besoin le pays, pas seulement d’une stratégie de croissance. Il lui faut des programmes clairs pour créer des emplois, ciblant des secteurs à fort besoin de main-d’œuvre et qui bénéficient d’avantages comparatifs. Le gouvernement, en collaboration avec des entreprises privées, doit améliorer l’accès à ces secteurs au monde de la finance, construire les infrastructures nécessaires, supprimer les règlementations et les formalités administratives superflues, créer un environnement plus ouvert aux entreprises et développer les aptitudes requises pour soutenir les industries du futur. Au lieu de cela, les fonctionnaires en charge de ces problèmes ont des rêves de grandeur, parlent de «Silicone Valey » gabonaise, oubliant que le Gabon est un pays minuscule, négligeable pour l’économie africaine et plus encore dans l’économie mondiale.

Alors que les ressources devraient être utilisées en investissant dans des programmes qui aident à organiser l’emploi de subsistance plus efficacement, ainsi que dans la santé et l’éducation des plus vulnérables, on chiffre en centaines de milliards le développement d’infrastructures de prestige qui n’ont d’autre but que d’attirer d’éventuels grandes entreprises multinationales dont l’histoire a prouvé qu’elles étaient avant tout des prédateurs. Une politique de miroirs aux alouettes qui n’a, par ailleurs, que très peu de chances de fonctionner vu la concurrence des pays anglophones disposant, en plus de ces verroteries, d’une main d’œuvre très bon marché et mieux formées que celle du Gabon.

Enfin, tant que l’essentiel des richesses du pays seront détournées par quelques familles pour les transformer en dépenses somptuaires d’apparat, tant que les milliers de milliards investis par l’État ne produiront que des ersatz d’équipement largement surfacturés et rapidement inutiles ou dégradés, l’émergence du Gabon restera un leurre le menant tout droit à la faillite.

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Lundi 11 Mars 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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