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Le Gabon, une dictature ? Allons bon…

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Lundi 11 Février 2013 à 08:39 | Lu 810 fois

Si la définition d’une dictature peut cadrer avec le quotidien politique du Gabon, elle cadre aussi, il faut bien l’avouer, avec la plupart des autres pays dans le monde, y compris ceux érigés en exemples de réussite. Et s’il fallait définir le fonctionnement politique du Gabon, il faudrait plutôt parler d’oligarchie ou de ploutocratie… Ce qui n’est guère plus flatteur.



Le Gabon, une dictature ? Allons bon…
Dans la Rome antique, la dictature est l’institution politique qui consiste à accorder les pleins pouvoirs à un magistrat suprême. La dictature est alors limitée dans le temps, quelques mois, légale et légitime. De nos jours le mot dictature s’est galvaudé et correspond à ce que les Romains nommaient «tyrannie» : le pouvoir arbitraire d’une personne ou d’un groupe qui s’impose et se maintient par la force.

Il n’y a plus guère de dictatures assumées dans le monde, la grande majorité des pays s’affirmant «démocratiques». «Très, très démocratiques» a-t-on envie d’ajouter. Car le régime décrit dans les diverses Constitutions n’a, en général, rien à voir avec l’usage qui est fait des textes.

Une dictature n’est pas essentiellement un régime visant à maintenir l’ordre établi en faveur des privilégiés. En fait, l’histoire moderne tend à prouver le contraire : de Mao à Chavez en passant par la Turquie de Mustafa Kemal ou la Yougoslavie de Tito, on dénombre de nombreuses dictatures ayant un discours essentiellement progressiste et dont le but avoué fût de supprimer les inégalités, l’injustice et l’oppression. Qu’elles aient échoué ou se soient fourvoyées ne change rien à leurs intentions premières.

À tort ou à raison, les dirigeants du monde entier semblent convaincus comme John Adams que «l’idée que le peuple est le meilleur gardien de sa liberté n’est pas vraie. Il est le pire envisageable, il n’est pas un gardien du tout. Il ne peut ni agir, ni juger, ni penser, ni vouloir». Et leur réponse à cette conviction est assez simple : seule une élite peut gouverner et gérer un pays. Les situations qui en découlent sont diverses mais tendent toutes vers un même but : donner à ceux qui «savent» les rênes du pouvoir.

Au Gabon, comme dans beaucoup d’autres pays pourtant traditionnellement considérés comme des exemples de démocratie, la classe politique n’a plus la confiance du peuple. Partout, on vote de moins en moins et le terme «politicien» n’est plus qu’une injure. Certes, la faute en revient majoritairement aux hommes politiques eux-mêmes, à leur incompétence, à la corruption et au clientélisme, mais dans un contexte où l’idéologie est méprisée, où l’homme de la rue ne voit plus dans ses dirigeants que des professionnels de l’escroquerie et du mensonge, la porte est grande ouverte à tous les abus. A commencer par la glorification des dictatures, surtout si on les habille des atours de la démocratie.

Quant l’économie impose sa loi à la politique

Un autre phénomène mondial, plaide en faveur d’un démontage systématique des pouvoirs démocratiques : le libéralisme économique. La question de la légitimité est posée. Qu’est-ce qui fonde l’État ? Soutenir et nourrir le marché et garantir l’activité économique, c’est cela le rôle de l’État, selon cette approche. Le bien public n’est plus à l’ordre du jour. Nous sommes donc plongés dans un calcul généralisé des coûts. L’État doit devenir un acteur du marché, son rôle n’est pas lié à la régulation, seule la croissance fondant la légitimité de l’État. Cette nouvelle rationalité politique propose une pleine responsabilité individuelle. S’il existe des fautes, elles sont dues à des erreurs de jugement. L’acte en lui-même n’est pas en cause, la bienveillance pour les maltraitances est donc normale. Il n’y a pas d’acte condamnable a priori.

Le désintérêt pour le bien commun est conjoint d’une vision du collectif comme étant le résultat de la somme des enrichissements personnels. La mise en avant du chef est normale : «Il est fort !». La quête de spiritualité peut rencontrer le syncrétisme «new age» ou des sectes comme les églises éveillées. Cela peut se faire selon la forme marchande, c’est même encouragé. Cela se déploie, par exemple, sous la forme des diverses modalités du «développement personnel» ou du «coaching». Dans ce cadre, rencontrer des sectes comme la scientologie n’est pas un problème. Pour cette façon de voir le monde, ce qui compte, c’est l’efficacité, le rapport qualité/prix, le reste n’a pas de valeur, donc pas d’importance !

Le capitalisme postmoderne n’a pas besoin des sujets. La subjectivité humaine ne l’intéresse que s’il peut l’annexer pour le travail et la consommation, le reste n’existe pas. Ce qui compte c’est qu’on soit solvable ou pas. Le sens de la vie, la planète en danger, les émeutes de la faim, le libéralisme s’en fout ! C’est en cela que Gunther Anders, penseur et essayiste allemand du XXe siècle, connu comme critique de la modernité technique, parlait de l’obsolescence de l’homme.

Dans ce contexte marchand, totalement orienté vers l’efficacité financière, tout ce qui devient important prend des allures de dictature : la dictature des marchés, la dictature de la mode, la dictature de la pensée unique, la dictature du profit, la dictature de l’urgence et plus récemment, la dictature de l’économie verte qui vient s’imposer avec insistance.

L’efficacité plutôt que la démocratie

Les régimes politiques ne font que se plier au mot d’ordre de la mondialisation, l’absolutisme. En Europe, qui impose à ses pays du sud les pires souffrances au nom d’un dogme économique arbitraire, aux États-Unis, où l’efficacité marchande fait admettre des horreurs dans d’autres pays du monde, en Asie, où la Chine et Singapour, qui comptent parmi les pays les plus oppresseurs pour leurs peuples, sont montrés en exemple de la réussite, au Moyen-Orient, où les Émirats arabes unis font oublier l’esclavage barbare qu’ils pratiquent encore ouvertement et massivement par leur éclat économique, la dictature semble pardonnée, effacée même des critères de jugement.

Ces dictatures ont su prendre une apparence moderne, acceptable, justifiée par leur intégration réussie dans le monde des affaires, le seul qui compte en fait. Remplaçant la figure honnie du despote par des oligarchies aux contours beaucoup moins nets, elles sont courtisées, admirées et parfois glorifiées par les vieilles démocraties qui se sentent à l’étroit dans leur carcan de principes.

La question ne semble donc plus de savoir si le régime idéal doit être démocratique, monarchique ou dictatorial : il doit être efficace et les cris d’orfraie des ONG, des associations citoyennes ou des altermondialistes ne préoccupent plus grand monde.

Face à cette généralisation de l’autoritarisme politique et du diktat des résultats économiques, les réactions sont plus barbares encore : les plus virulents sont les intégrismes religieux, en partie parce qu’ils ont été armés par ces mêmes tenants de l’efficacité économique pour faire tomber les régimes ancestraux. Certains se sont intégrés au jeu mondial, comme le Quatar ou l’Arabie Saoudite, d’autres se révoltent, s’appuyant sur les «damnés de la Terre», les laissés pour compte du développement économique. Dans tous les cas, le monde qu’ils proposent, imposent devrait-on dire, est tout sauf démocratique.

Une alternance démocratique crédible au Gabon ?

C’est dans ce contexte qu’il faut juger le Gabon et non dans un paysage idéal démocratique qui n’existe plus, si tant est qu’il ait un jour prospéré. Ici comme ailleurs, l’alternance démocratique se fonde sur des personnes et non des idées. L’opposition dénonce des dérives autocratiques avérées, mais on se demande comment elle va les contenir si elle arrive au pouvoir. Va-t-elle sortir du jeu mondial ? Va-t-elle les remplacer par d’autres ? Va-t-elle se contenter de les maquiller sous des apparences plus démocratiques ?

Les hommes de pouvoir crédibles mis en avant par le monde politique gabonais appartiennent tous à l’oligarchie locale, ce milieu très fermé des dirigeants historiques, et se sont jusqu’à présent illustrés par leur défense forcenée d’une ploutocratie qui a su maintenir le Gabon dans un sous-développement patent. Le jeu politique gabonais n’est composé que de milliardaires, les autres se devant de rester à leur place, celle du servant.

C’est là que se situe le problème, dans ces Assemblées inaptes et inutiles, et non dans le caractère dictatorial du régime mis en place par feu Omar Bongo, dont les institutions sont depuis toujours largement dévoyées. Et c’est là que se jouera l’avenir du Gabon : conserver un fonctionnement de village africain ou devenir une démocratie moderne. Mais pour cela, il faudra d’abord que chacun ose déclarer quel choix de société il défend pour le Gabon, dans un monde dominé par des pouvoirs qui sont tout sauf démocratiques.

Gabonreview

Lundi 11 Février 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par Lola le 11/02/2013 09:59 | Alerter
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Le Gabon est une affaire de gros sous a dit M. D'AKOK. On s'en tient à cela point barre.

2.Posté par Feu-PDGiste-A-Mort le 11/02/2013 19:52 | Alerter
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Cet article se trompe d'entrée de jeu : le Gabon est justement une "dictature" telle que l'entendent les Romains. Ali Bongo est un "Magistrat suprême à qui est confié les pleins pouvoirs". En vérité quelqu'un comme Omar Bongo incarnait par exemple bien plus qu'un dictateur ou le président du Gabon, il était Gabon, comme Jean-Paul Sartre l'avait dit à propos de Castro pour Cuba. Cela veut tout simplement dire que la seule évocation de l'un (Gabon ou Bongo) ou de l'autre (Bongo ou Gabon) entraînait automatiquement l'existence de l'un et l'autre. Voici le premier sens du mot dictature, lorsqu'un président et le pays que celui-ci dirige ne font plus qu'un.

Ali Bongo est dictateur pour de tous autres raisons...

3.Posté par david le 20/02/2013 09:23 | Alerter
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Meme en Europe y'a des gouvernements dictatoriaux(Elections contestées pour le futur president UMP,en Europe de l'Est,etc.),legislateur ne respecte pas generalement les regles du jeux que lui meme a etabli,il tourne les cartes selon sa position.
Par ailleurs en parlant d'opposition au Gabon,c'est vraiment difficile de le croire les opposants gabonais sont ceux qui etaient aux affaires et qui une fois ils ont perdu des privilèges menacent et basculent temporairement dans cette "opposition".Ces soit disant opposant làs ils ont tués ou prémedités des meutres pendant cette periode pour proteger leurs interets a eux et non des gabonais.A l'epoque etant aux affaires,ils avaient acceptés ce mode de gestion du pays(geopolitque,nepotisme,les concours d'Etat ou des tocards/absents sont admis,etc.).Aujourd'hui ils sont contre.Pour ma part,ils ne sont pas des opposants dans l'etymologie meme du terme opposant.
Chaque fois ils parlent de plusieurs maux dont " la dictature",moi suis d'accord que le pouvoir a des defaillances a certains niveaux,cependant "dictature" n'est pas approprié,
Le Gabon a un chef d'Etat,un gouvernement et des Institutions fortes tout ce qui ce fait de maniere general est appreciable meme si il y'a des domaines dans lesquels le pays accuse un retard.
Arretons d'etre toujours negatifs,ce qui se fait aujourdh'ui au Gabon est dans l'interet des gabonais meme si tout le monde ne sera pas de mon avis,il n y a pas de dictature.

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