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Le Gabon d'Ali Bongo : Les fondements du dialogue politique en vue !

l'info réelle 7J/7 - Martin Edzodzomo Ela le Jeudi 26 Janvier 2017 à 07:24 | Lu 2041 fois



«Un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune». (Ali Bongo Ondimba)

1. Genèse de cette crise politique objet du dialogue en vue.
Ses données factuelles.
Nous vivons en cette instant l’aggravation de la dégradation totale de notre vivre ensemble comme nation. Cette situation a ses racines dans le statut de pseudo-indépendance que le général de Gaulle, le Chef d’Etat français a octroyé au territoire du Gabon en 1960.
Un bref rappel historique.
Il y a des mythes qui durent. C’est ainsi que celui du Général de Gaulle décolonisateur et son fameux « Discours de Brazzaville ». La conférence de Brazzaville, ouverte le 30 janvier 1944, ne découle pas d’une démarche de décolonisation. (…). C’est bien logique : on ne saurait réunir tant de gouverneurs et d’administrateurs des colonies pour leur demander de se faire hara-kiri.
Dans son discours inaugural de la conférence, de Gaulle met les choses au point. : « Il appartient à la Nation française, déclare-t-il, et il n’appartient qu’à elle de procéder le moment venu aux réformes impériales de structure qu’elle décidera dans sa souveraineté. »
C’est ainsi que revenu au pouvoir en 1958, de Gaulle procède aux réformes impériales de structure que la nation française sous sa houlette en tant que le Chef d’Etat décide dans sa souveraineté. Les territoires africains reçoivent le statut d’Etats pseudo-indépendants dans le cadre de la « Françafrique ». Conséquence : une crise institutionnelle chronique.

Dans le cas du Gabon. Les crises électorales au Gabon de 1964 à 2016.
Partout en Afrique, l’élection du chef d’État donne toujours lieu à des débordements, des contestations se traduisant par de nombreuses actions : marches, sit-in, désobéissance civile, casses, puis arrestations, répression, massacres, tueries et autres assassinats.
Au Gabon, noyau de ce qui est devenu la “Françafrique”, aucune élection pour la présidence de la République ne s’est effectuée dans les normes minimales de démocratie. A la limite, il conviendrait de reconnaître que dans le cadre de la pseudo-indépendance octroyée en 1960 au territoire du Gabon, on ne peut pas au sens démocratique du mot, parler d’élection.

1964 : Le coup d’Etat des militaires de 1964 est perçu comme le ras-le-bol et surtout comme une réaction contre la dictature qui était entrain de se mettre en place. Le 18 février 1964 à 5h45, des jeunes officiers et sous-officiers de l’Armée Gabonaise déposent le Président Léon M’Ba, en dénonçant la dérive dictatoriale empêchant désormais la libre expression de la volonté du peuple par des élections libres et démocratiques. Ils confient la direction du pays à un Gouvernement Provisoire dirigé par M. Jean-Hilaire Aubame, leader socialiste de l’opposition à Léon M’Ba, qui fit sur les antennes de la Radio la déclaration suivante : « Mes chers compatriotes, c’es en ma qualité de Premier Ministre Chef du Gouvernement Provisoire que je m’adresse à vous.

C’est sur vos appels angoissants et répétés et pour éviter à notre cher Gabon une révolte générale avec toutes les conséquences qu’elle devait nécessairement entraîner que nos Militaires et nos Gendarmes viennent de libérer le pays d’un régime qui le conduisait fatalement au désastre. Je rends hommage à leur sens élevé du Devoir… »Ce putsch qui réussi sans violence ni effusion de sang sera mâté sévèrement à partir du 20 février 1964 par les troupes de l’Armée française venues de Richemont (en Bretagne), de Brazzaville et Bangui, qui rétabliront Léon M’Ba dans ses fonctions. Bilan officiel vingt et trois (23) Gabonais tués.1967 : « Voter photo ». Sous les auspices de Jacques Foccart, une élection fantôme est organisée, ayant comme candidat unique Léon Mba. Pour le peuple, ce dernier ne serait plus en vie. Son temple « bwetsi » avait déjà annoncé sa mort. Le peuple dans sa sagesse parlera de « voter photo ». Albert Bernard Bongo se retrouve vice-président, investi de tous les pouvoirs.

Fin 1967, à la mort de Léon M’Ba, il devient président. Il instaure un parti unique, le PDG : 1967, marque l’établissement au Gabon de la dictature du parti unique avec ses méthodes staliniennes. 1993 : La « Mascarade électorale » est mise en place, structurée et normalisée depuis, par le régime. S’ensuivra la pratique régulière ce qui convient de désigner comme les coups d’Etat permanents, avec les querelles postélectorales, aux conséquences tragiques pour les populations. On dénombre à chaque élection présidentielle des centaines de morts d’innocents lors de la contestation des résultats. L’élection truquée de 1993, qui inaugure a pratique du coup d’Etat électoral a provoqué des tueries à Libreville et à Port-Gentil avec comme bilan plusieurs dizaines sinon centaines de morts, bien au-delà du bilan officiel. 1998.

La pratique du coup d’Etat électorale fonctionne sans heurt, avec l’appui contractuel de la France dans le cadre de la Françafrique. 2005, La technique du coup d’Etat électorale instituée en 1993 est bien rodée, et ne souffre qu’aucune retouche. 2009, A la mort du patriarche Omar Bongo, la succession dynastique se fait sans légalement grâce à la technique bien rôdée du coup d’Etat électoral. L’héritier de fils, Ali Bongo qui s’y était préparé de longue date, s’impose avec les moyens à sa disposition : soutien indéfectible de la Françafrique, l’armée, et bien entendu la Cours Constitutionnel. Encore des morts de citoyens sont enregistrés. 2016. La division au sein de l’héritage éclate. Le microcosme politique donne le spectacle d’un drame politique du pays (en feuilleton Dallas, selon l’Ambassadeur des Etats Unis ou à la Borgia selon l’Hebdomadaire international Jeune Afrique Borgia ou du feuilleton Dallas, mai en pire. Encore une fois de plus, le coup d’Etat électoral s’accompagnera de dizaine de morts parmi la population, et des scènes de violences sans précédent.

2.. Ali Bongo réélu veut un dialogue pour un nouveau chapitre de l’histoire du Gabon.
Dans son discours, il déclare entre autre :

« Tout d’abord, le score serré de cette victoire signifie qu’il y a de nombreux électeurs, pour des raisons et d’autres, qui n’ont pas choisi notre projet. Il nous faut décrypter, entendre et comprendre leur message. Tout comme il nous faut comprendre l’aspiration générale de ceux qui ont voté pour nous, mais aussi de tous les compatriotes qui attendent des changements importants dans la gouvernance politique, économique et sociale de notre pays. Ces changements, nous allons les porter ensemble, dans un effort de rassemblement de toutes les énergies et de toutes les composantes de la société gabonaise. Oui, mes chers compatriotes, la diversité des opinions et des projets qui s’est exprimée tout au long de la campagne électorale et en dehors, doit être prise en compte.

C’est pourquoi, comme je l’ai déjà annoncé, j’entends réunir très rapidement les conditions d’un dialogue politique ouvert à tous ceux qui le voudront. Ce dialogue, qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation, devra nous permettre d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire commune, avec une attention toute particulière pour les jeunes et les femmes car demain ne se construira pas sans eux. J’appelle donc tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux de la présidentielle du 27 août dernier, à travailler avec moi, dans le respect de nos différences certes, mais animés de la volonté de situer l’intérêt supérieur de la Nation au dessus de nos intérêts particuliers et partisans. »

Il conclut au passage :

« Cependant, force est de reconnaître que cette campagne électorale a été très difficile. Jamais le débat politique national n’avait atteint le niveau de violence verbal que nous venons de vivre. Le rejet de l’autre a été érigé en norme. Les mots de haine ont été prononcés sans tabous. Les communautés entières ont été stigmatisées. Cette haine, et la violence qu’elle porte, ont laissé des blessures très profondes qu’il nous faut soigner dans l’urgence, si nous ne voulons pas qu’elles se transforment en plaies ouvertes et en gangrène pour notre société.
Reconstruire le lien social est une exigence pour chacun à la place et aux responsabilités qui sont les siennes. »

C’est dans cette situation qu’à peine déclaré élu par la Cour constitutionnelle, le 23 septembre 2016 dans la nuit, a l’issue de l’examen du contentieux électoral relatif au scrutin présidentiel du 27 août, Ali Bongo Ondimba est apparu à la télévision nationale pour appeler à «un dialogue qui abordera tous les aspects de la vie de la Nation» et permettra d’écrire «un nouveau chapitre de notre histoire commune».

Epicentre des explosions politiques en Afrique, les élections, gangrenées par la fraude électorale d’État, sont la cause des violences politiques.
Elections truquées, [négociation-fragmentation] des oppositions, gouvernement d’Union Nationale, sont les autres volets tactiques de cette stratégie.
Cette quadrature stratégique contient en germes les ferments d’une implosion aux conséquences imprévisibles. Le continent est parsemé de « zones en dehors du temps » où la guerre est le seul moyen d’expression : Liberia, Soudan, Angola etc. La violence est latente partout ailleurs. Le risque de conflagration est bien présent au Gabon. Système politique et système électoral, en inter relation permanente, pervertis par les rigidités ataviques de dirigeants archaïques bloquent toute évolution rationnelle de la société.

Les piliers de la légitimation du pouvoir demeurent la violence active des forces spéciales [ le fleuron étant la Garde Présidentielle-], la violence passive de l’Etat, articulée autour de la fraude électorale, la répression sociale, la corruption à grande échelle.

Ce mode d’action politique se veut la seule manière de sauvegarder l’équilibre de l’Etat et la paix sociale sous forme de la « pax romana ». Il y a ensuite ce qu'on retire d'un semblant de dialogue qui, en fin de compte, se réduit à un monologue. Les responsables du système ne semblent pas connaître ce que c'est dialoguer. Un dialogue ne peut s'entendre convenablement, ce qui est évident avec un paranoïaque tout à son discours intérieur de domination.
Les crises électorales au Gabon de 1964 à 2016, ont toujours été le déclencheur de l’éclatement du mécontentement populaire. Mais il ne faut pas que la démagogie s’en empare, pour dissimuler le fond, qui est une gestion prédatrice, patrimoniale du pays par le système.

De 1967 à 1973, pendant un quart de siècle de parti unique, on ne peut pas parler en toute honnêteté d’élection; tout au plus de cérémonies de plébiscite du potentat mis en place et soutenue par l’ancienne puissance coloniale. Pour Maurice Robert, qu’on ne présente plus au lecteur gabonais : « Il est évident qu’en préservant la stabilité de pays comme le Congo ou le Gabon, la France protégeait dans le même temps ses intérêts économiques. Le Gabon disposait d’un potentiel pétrolier et minier, en uranium et en manganèse notamment, considérable.

Ces richesses étaient convoitées par d’autres pays qui s’efforçaient de séduire le pouvoir en place ou qui, au contraire, soutenaient sous une forme ou une autre l’opposition, afin de « prendre un ticket » pour l’avenir. Les Etats-Unis n’étaient pas les derniers à manœuvrer pour accroître leur influence et leurs investissements au Gabon. Un signe parmi d’autres : un de leurs ambassadeurs (le premier) à Libreville était un ancien de chez Mobil, Charles Darlington » À question : – À la question : Pierre Péan écrit que votre mission consistait à veiller « d’abord à la sécurité de Bongo, du régime et des installations d’Elf au Gabon ». Il reconnait que : – Dans une certaine mesure, il n’a pas tort. Ce n’était pas expressément dans ma mission. Mais défendre les intérêts du groupe passait par la stabilité du régime. D’où mon extrême vigilance sur tout ce qui était de nature à le mettre en péril.

La crise gabonaise révèle la crise des systèmes « démocratiques » africains. Le scénario des élections en Afrique francophone est ennuyeusement identique. À quelques rares exceptions, le sortant est invariablement réélu, sa victoire est invariablement contestée par l’opposition et la société civile, et l’annonce des résultats ouvre invariablement sur des temps incertains. Ce schéma est aujourd’hui à l’œuvre au Gabon, il l’a été hier au Congo-Brazzaville, et la même cause produisant le même effet, le sera (peut-être) demain, en 2018, au Cameroun. »
Cette crise du politique, n’est-elle pas aussi et avant tout une crise de la parole ?

Aujourd’hui, la situation de notre pays nous conduit à parler de nouveau. Plus que jamais, nous sentons que le vivre ensemble est fragilisé, fracturé, attaqué. Ce qui fonde la vie en société est remis en cause. Les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous. Alors même que l’aspiration au débat est forte, il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou sous une autre, n’est jamais très loin.

Rétablir la confiance. Nous savons que c’est la confiance dans la parole donnée qui permet que s’élabore une vie en société, c’est le fait que l’on privilégie des lieux – sous des formes diverses – de parole citoyenne, d’échanges, de concertation, de médiation, etc., qui peut redonner ses lettres de crédit au politique. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux. Il n’y a pas de projet durable qu’élaboré dans un rapport de dialogue. La politique est donc un lieu essentiel de l’exercice de la parole. Là où le conflit n’est pas dit, là où la vérité est transformée ou cachée, là risque d’apparaître la violence. Le débat est ce lieu privilégié où des affirmations diverses, parfois adverses, sont travaillées les unes par les autres. Des positions se transforment, deviennent conscientes d’elles-mêmes.

Dès lors, tout ce qui pervertit la parole, le mensonge, la corruption, les promesses non-tenues ont des conséquences très lourdes. Et nous en sommes là aujourd’hui. Entre le « ras-le-bol» de ceux qui n’y croient plus et se désintéressent de la vie publique, et ceux qui, pleins de colère, veulent renverser la table et se tourner vers les extrêmes, la marge de manœuvre est de plus en plus étroite pour relégitimer la parole publique.

Le dialogue doit permettre de trouver les voies et moyens pour gérer les différences, les oppositions au sein de la société ; Comment gérer l’opposition, la violence que porte tout combat politique ? Comment affirmer ses convictions en opposition à une société qui ne les comprend pas et n’en tient plus guère compte ? Les convictions sont nécessaires, mais comment les intégrer dans la discussion – elle aussi nécessaire et indispensable – et ne pas tomber éventuellement dans une posture antidémocratique ? Comment tenir une parole prophétique qui ne soit pas que du lobbying ou une opposition véhémente et stérile ? Tels sont les défis qui se posent aux patriotes engagés pour le changement d’un système politique qui n’a jamais eu la légitimation du peuple souverain en démocratie.

Nous avons évoqué dans la précédente publication que, comme toutes communications, le dialogue comprend au minimum un émetteur et un récepteur. Cependant, le dialogue se distingue dans le processus qui unit ces deux protagonistes. Alors que la donnée émise est le message, le but du message est l'objectif de la communication ; dans un dialogue véritable, le but n'est donc pas le sujet de l'énoncé, il ne s'agit pas d'avoir raison du récepteur ni de lui imposer un point de vue cognitif, une perspective ou référence. Ainsi, par un code constituant un langage qui peut être verbale ou non verbal, une parole est contenue dans le message et transmise dans la communication, afin d'être décodée et reçue par le destinataire, puis de lui signifier quelque chose qui a du sens dans sa propre existence. Le dialogue appelle donc à ce que les acteurs de la communication soient transformés dans leur être, en toute liberté ; l'écoute active, l'humilité sincère et le respect mutuel y sont donc nécessaires.

3. Dialoguer., c’est entrer dans un processus, dans un travail, dans une parole et une relation qui permettent de résister à la violence. Régulièrement, des faits témoignent d’un déficit de dialogue dans notre société gabonaise, et même d’un refus d’y entrer. Cette dégradation du dialogue interroge l’ensemble de la société. Face à cette crispation des individus et des groupes pour le dialogue, dans la vie sociale comme dans la vie politique, on en arrive à se demander : « Peut-on encore débattre au Gabon ?» La question est importante particulièrement en politique, car, la démocratie repose, en effet, sur l’exercice de la délibération, elle requiert une pédagogie et une éthique de la discussion qui concerne chaque citoyen.

Aussi faut-il que « nul ne néglige d’être prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère »; comme le recommande l’Apôtre Jacques quand il écrit : « Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère. » Ce sont ces vertus du dialogue qu’a voulu honorer le prix Nobel de la paix, décerné à quatre organisations tunisiennes qui, malgré l’instabilité et les violences, ont conduit de longues et laborieuses discussions qui ont aboutit à une feuille de route vers la paix civile.

Cette démarche du dialogue, qui prend en compte la complexité du réel, est décisive pour résister à ce qui divise et oppose, et enferme les protagonistes dans l’impasse d’affrontements inévitables. Face à ces simplismes réducteurs, facteurs d’exclusion et d’intolérance, nous, Chrétiens gabonais sommes appelés à témoigner d’une Parole venue « habiter » l’opacité de notre histoire ; selon qu’il est écrit : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1-14). « Dans le monde » et pas « du monde »(Jean 17, 16-18), le croyant est conduit à assumer des demandes parfois contradictoires.

Il sait que son existence concrète est faite de compromis, élaborés en dialogue avec d’autres références et convictions. Ce terme, compromis, n’a pas toujours bonne presse, notamment chez ceux qui rêvent de pureté idéologiques ou religieuses et suspectent aussitôt la compromission. C’est oublier que dans le mot compromis, il y a promesse. Celle de pouvoir tenir tout ensemble, grâce au dialogue, ce que l’on pensait au départ incompatible. Il ne s’agit pas d’évacuer les conflits, ni de masquer les différences et les différends, mais de trouver une issue partagée, par la parole échangée et la parole tenue. C’est en construisant ces compromis que l’on endiguera la montée des extrémismes avec lesquels il ne devrait y avoir aucune compromission.

Il y a en effet ce qu'on retire d'un semblant de dialogue qui, en fin de compte, se réduit à un monologue. Les tenants du pouvoir dans notre pays ne semblent pas connaître ce que c’'est dialoguer. Un dialogue ne peut s'entendre convenablement, ce qui est évident avec un paranoïaque tout à son discours intérieur.

Dans le domaine politique, la corruption pervertit le système démocratique qui implique une clarté des choix et non la pratique des méthodes impliquant secret et mensonge. Dès lors, malgré la répétition fréquente de termes tels que dialogue et transparence, on a le sentiment que tout se passe derrière la coulisse. La démocratie renvoie d’abord au caractère public du débat, à l’égalité des citoyens, au pouvoir du peuple. Autant de valeurs et de principes qui sont fondamentalement violés par la corruption. L’opposition véritable, qui refuse d’entrer dans un rapport de corruption avec le dirigeant en place, est souvent tenue dans l’ignorance complète des pratiques de la majorité et le débat démocratique devient un jeu formel et théâtral.

Le double langage et le dialogue politique!

Il y a deux paroles: celle que l'on livre et celle que l'on retient. Il y a ce que l'on dit et ce que l'on garde pour soi. Dans la vie sociale, ces deux paroles se distinguent souvent l'une de l'autre. Cela renvoie au problème de la sincérité et du mensonge. Une forme particulière de mensonge, à savoir le double langage, que nous définirons de la manière suivante : tandis que le mensonge, considéré en général, consiste à dire une chose que l’on sait fausse (à une ou plusieurs personnes), le double langage consiste à dire deux choses différentes, à propos d’un même problème, à deux interlocuteurs différents. Les interlocuteurs, à supposer qu’ils aient connaissance des deux versions, se demanderont alors laquelle est la vraie.

On pourrait dire que le double langage présente, pour les destinataires du mensonge, un avantage : il peut en effet être repéré dans le moment présent, grâce à la contradiction même qu’il présente, tandis qu’un mensonge ordinaire a des chances de passer inaperçu, tant que l’émetteur n’aura pas révélé ses intentions en passant aux actes. Mais le double langage constitue, sur le plan psychologique, un remarquable piège. L’adversaire formule ses exigences et sème la peur dans ses discours officiels, et il laisse dire, confidentiellement, qu’il est prêt à faire des concessions.

Or les esprits subtils, parmi les hommes politiques et les journalistes, auront tendance à privilégier le confidentiel par rapport à l’officiel, ce qui se voit difficilement par rapport à ce qui est visible, se donnant ainsi l’illusion d’avoir découvert, décrypté quelque chose, et de ne pas s’être laissé prendre aux apparences. Quant à la population, si le contenu de la thèse prétendue confidentielle que divulguent les esprits subtils lui agrée, elle ne sera que trop heureuse d’y adhérer : elle redoutait la guerre, voici qu’on lui promet la paix ; elle ne demandera peut-être pas beaucoup de preuves. - La conclusion pratique, qui découle de ces remarques, est la suivante : lorsqu’un émetteur, quel qu’il soit, pratique le double langage, il doit faire l’objet d’une surveillance renforcée ; Il convient certes, de recueillir ses différents discours, et d’envisager diverses hypothèses.

La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. Dès lors, le dialogue politique doit tendre au rétablissement de la concorde et de l’harmonie au sein de la communauté nationale. Le dialogue implique un minimum de respect pour le concept de l'humanité et un langage commun entre adversaire. Ce que le double langage ne permet pas. Une nation unie dans la Concorde est comme :- [une famille au sein de laquelle prévaudrait respect, amitié, loyauté…et non le double langage, la duplicité l’humiliation -]-

Jeudi 26 Janvier 2017
Martin Edzodzomo Ela
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