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La « croissance du PIB » mesure du progrès économique ?

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Lundi 11 Juillet 2016 à 07:15 | Lu 409 fois



Il est admis, pour une large partie des économistes, qu'il existe une corrélation entre la « croissance du PIB » et le progrès économique. Il est tout aussi admis que le PIB ne « mesure » pas le bien-être, la santé et le bonheur. Dans l'évolution des récentes « révolutions statistiques » sont nés des multiples d'indicateurs statistiques : empreinte écologique, indicateur de développement durable, indice de développement humain, entre autres.

Il est presque certain que toute cette fièvre statistique découle du besoin de toujours découvrir le meilleur critère statistique possible pour nous apporter l'image la plus fidèle de la réalité, telle que nous la vivons quotidiennement. Les statisticiens veulent toujours faire mieux pour essayer de rendre "objectives" les réalités et valeurs "subjectives". Compiler des données pour qui ? dans quel objectif ? en quoi cela contribue aux formules magiques des gouvernements pour vraiment nous apporter le progrès économique ?

L'idée de supercalculateur est sans doute un vieux rêve des totalitaristes, l'idée que les affaires d'une nation doivent être le plus ordonnées possible, il n'est pas étonnant alors de voir tous les planificateurs mondiaux saluer, avec bonheur, chaque nouveau pas dans l'application de nouveaux indices statistiques. Ce n'est toujours pas gagné que cela contribue vraiment au progrès économique.

Erreur fréquente : le culte de la croissance éternelle de la part des libéraux
Il existe une façon abusive et simplifiée d'accuser les libéraux d'adorateurs du culte de la croissance.
Si la croissance économique est largement acceptée comme un attribut souhaitable pour le niveau de vie dans l'économie, les libéraux n'ignorent pas pourtant les lacunes qui entourent le concept de croissance et celui de « Comptabilité nationale ». La « guerre des chiffres » autour des pourcentages annoncés comme « données officielles » n'est pas une prérogative à titre de culte, les libéraux n'attachent aucune adoration particulière au calcul d'agrégats.
La preuve de l'absence de culte aveugle de la croissance peut être attestée par les différentes critiques tenues à l'encontre des illusoires élixirs et panacées proposées par des planificateurs nationaux et internationaux. En effet la critique libérale s'efforce de distinguer les bonnes des mauvaises incitations à l'investissement, les bonnes et les mauvaises politiques de développement, les conséquences des stimulus à la croissance encouragés par la puissance publique.

L'idée que l'État est le pilote de l'avion de l'économie est une idée intrinsèquement étatiste, la rhétorique de la croissance, indépendamment des intentions de ceux qui l'utilisent, a souvent plutôt servi les intérêts des étatistes.
Nous pouvons constater que ni l'augmentation de la consommation, ni l'augmentation quantitative de monnaie sont garants d'une croissance saine. Une croissance matérielle infinie (si on pouvait exclure aussi le fait que les biens économiques ont une durée de vie limitée) sur une planète aux ressources limitées est impossible, et c'est précisément par le processus de marché que ces mêmes ressources peuvent être mieux gérées, par le mécanisme des prix, la loi de l'offre et de la demandeet par la revalorisation des droits de Propriété.

Si les expressions « croissance perpétuelle » ou « croissance éternelle » avaient un sens économique cela se saurait. Par ailleurs, comme l'a déjà affirmé François Guillaumat, c’est commode de désigner ses adversaires par des termes qu’on ne comprend pas soi-même, et pour proposer leurs « remèdes miracles » les falsificateurs n'hésitent pas à attribuer à leurs adversaires des notions et concepts qui n'ont jamais été soutenues, dans le moindre des cas cette mise en accusation est considérée comme un malentendu grotesque et absurde.

Ainsi des différentes théories telles la "croissance zéro" voulant nous prouver les "limites de la croissance" postulent que le "mythe de la croissance" vit ses derniers jours car ses théoriciens croient avoir trouvé la faille : une croissance illimitée est impossible car on vit dans un monde limité. On nous dira que si l'économie n'existait pas fallait bien un jour l'inventer. Pas besoin d'un cours magistral pour comprendre que dans notre monde fini l'idée de l'infini n'est même pas concevable, mais de là à prétendre que les libéraux ont toujours soutenu cette idée d'éternité au sens quasi-religieux, il fallait bien un jour aussi l'inventer.

La réalité est la suivante :

 ce sont avant tout les étatistes qui préconisent une croissance indéfinie, seule possibilité pour eux de rembourser une dette publique elle-même toujours croissante ;
 une croissance indéfinie est possible dans l'immatériel, par l'innovation, l'amélioration des services existants, permettant précisément l'économie des ressources finies ; affirmer le contraire relève du sophisme matérialiste.
Critique de la « croissance de l’Ecole autrichienne»
Pour Murray Rothbard, le concept populaire de croissance est une construction imaginaire collectiviste analogue à la notion biologique d'organisme vivant : - « La mode des “théories de la croissance” suppose que chaque économie serait mystérieusement destinée, comme un organisme vivant, à “croître” d’une façon déterminée à un taux défini (en négligeant, dans ce bel enthousiasme, que certaines “économies” “croissent”... à reculons). ». Pour Rothbard : « L’emploi de telles analogies sémantiques tend à faire oublier, voire à nier, la volonté et la conscience individuelles dans les domaines économique et social. ». Par ailleurs, dans un marché libre, chaque individu décide de combien il veut économiser afin d'augmenter son niveau de vie futur, tout comme combien il veut consommer dans le présent. S'il découle que le total de l'investissement en capital soit un reflet de décisions individuelles volontaires, l'économiste, par conséquent, n'a aucune justification éthique en approuvant la « croissance » comme une fin en soi.

Chacun obtient autant de « croissance » qu'il le souhaite et dans l'ensemble tout le monde profite des placements et de l'épargne réalisées par ceux qui économisent volontairement. Qu'arrive-t-il si le gouvernement décide de stimuler le taux de croissance ? Ce n'est plus à chaque individu de décider combien il veut « croître » volontairement : l'investissement dans ce cas ne peut venir que de l'épargne forcée de certains individus. Bref, si A, B ou C « grandissent » par l'investissement obligatoire, c'est toujours au détriment de D, E ou F qui sont contraints d'épargner. Nous ne pouvons plus dire que le niveau de vie de chaque personne active augmente, sous un régime de croissance obligatoire ce sont surtout les épargnants les grands perdants. L'économiste Wertfrei ne peut donc affirmer que le niveau de vie de la société s'agrandit. La « croissance » ne peut pas être une valeur absolue, surtout lorsque l'économiste place la « société » en dehors des décisions individuelles volontaires ; le niveau de vie de « la société » ne peut être meilleur en imposant des pertes à certains pour faire croître une autre partie des individus, ce qui est plutôt une régression pour la plupart des gens.

Citations

1. Chiffrer un revenu national ou la richesse d'une nation n'a point de sens ; dès que l'on s'engage dans des considérations étrangères au raisonnement d'un homme opérant dans le cadre d'une société de marché, nous ne pouvons plus nous appuyer sur les méthodes de calcul monétaire. Les tentatives pour définir en monnaie la richesse d'une nation ou du genre humain entier sont un enfantillage du même genre que les efforts mystiques pour résoudre les énigmes de l'univers en méditant sur les dimensions de la pyramide de Chéops. (Ludwig von Mises à propos de la sphère du calcul économique)
2. La vraie question pour la croissance future n'est pas celle de l'épuisement des ressources utilisées aujourd'hui ; c'est la faillite de l'imagination de sociétés tellement nombrilistes qu'elles n'imaginent pas que l'avenir puisse être autrement que le présent. C'est cette faillite de l'imagination sous la pression du managérialisme. Il est tout à fait possible que cela conduise à la fin de la croissance ; mais si cela arrive, nous ne pourrons que nous le reprocher, plutôt que de croire que c'est la conséquence inéluctable d'un mode de vie insoutenable. (Alexandre Delaigue)

La « croissance du PIB » mesure du progrès économique ?

Il est admis, pour une large partie des économistes, qu'il existe une corrélation entre la « croissance du PIB » et le progrès économique. Il est tout aussi admis que le PIB ne « mesure » pas le bien-être, la santé et le bonheur. Dans l'évolution des récentes « révolutions statistiques » sont nés des multiples d'indicateurs statistiques : empreinte écologique, indicateur de développement durable, indice de développement humain, entre autres.

Il est presque certain que toute cette fièvre statistique découle du besoin de toujours découvrir le meilleur critère statistique possible pour nous apporter l'image la plus fidèle de la réalité, telle que nous la vivons quotidiennement. Les statisticiens veulent toujours faire mieux pour essayer de rendre "objectives" les réalités et valeurs "subjectives". Compiler des données pour qui ? dans quel objectif ? en quoi cela contribue aux formules magiques des gouvernements pour vraiment nous apporter le progrès économique ?

L'idée de supercalculateur est sans doute un vieux rêve des totalitaristes, l'idée que les affaires d'une nation doivent être le plus ordonnées possible, il n'est pas étonnant alors de voir tous les planificateurs mondiaux saluer, avec bonheur, chaque nouveau pas dans l'application de nouveaux indices statistiques. Ce n'est toujours pas gagné que cela contribue vraiment au progrès économique.

Erreur fréquente : le culte de la croissance éternelle de la part des libéraux
Il existe une façon abusive et simplifiée d'accuser les libéraux d'adorateurs du culte de la croissance.
Si la croissance économique est largement acceptée comme un attribut souhaitable pour le niveau de vie dans l'économie, les libéraux n'ignorent pas pourtant les lacunes qui entourent le concept de croissance et celui de « Comptabilité nationale ». La « guerre des chiffres » autour des pourcentages annoncés comme « données officielles » n'est pas une prérogative à titre de culte, les libéraux n'attachent aucune adoration particulière au calcul d'agrégats.
La preuve de l'absence de culte aveugle de la croissance peut être attestée par les différentes critiques tenues à l'encontre des illusoires élixirs et panacées proposées par des planificateurs nationaux et internationaux.

En effet la critique libérale s'efforce de distinguer les bonnes des mauvaises incitations à l'investissement, les bonnes et les mauvaises politiques de développement, les conséquences des stimulus à la croissance encouragés par la puissance publique. L'idée que l'État est le pilote de l'avion de l'économie est une idée intrinsèquement étatiste, la rhétorique de la croissance, indépendamment des intentions de ceux qui l'utilisent, a souvent plutôt servi les intérêts des étatistes.

Nous pouvons constater que ni l'augmentation de la consommation, ni l'augmentation quantitative de monnaie sont garants d'une croissance saine. Une croissance matérielle infinie (si on pouvait exclure aussi le fait que les biens économiques ont une durée de vie limitée) sur une planète aux ressources limitées est impossible, et c'est précisément par le processus de marché que ces mêmes ressources peuvent être mieux gérées, par le mécanisme des prix, la loi de l'offre et de la demandeet par la revalorisation des droits de Propriété.

Si les expressions « croissance perpétuelle » ou « croissance éternelle » avaient un sens économique cela se saurait. Par ailleurs, comme l'a déjà affirmé François Guillaumat, c’est commode de désigner ses adversaires par des termes qu’on ne comprend pas soi-même, et pour proposer leurs « remèdes miracles » les falsificateurs n'hésitent pas à attribuer à leurs adversaires des notions et concepts qui n'ont jamais été soutenues, dans le moindre des cas cette mise en accusation est considérée comme un malentendu grotesque et absurde.

Ainsi des différentes théories telles la "croissance zéro" voulant nous prouver les "limites de la croissance" postulent que le "mythe de la croissance" vit ses derniers jours car ses théoriciens croient avoir trouvé la faille : une croissance illimitée est impossible car on vit dans un monde limité. On nous dira que si l'économie n'existait pas fallait bien un jour l'inventer. Pas besoin d'un cours magistral pour comprendre que dans notre monde fini l'idée de l'infini n'est même pas concevable, mais de là à prétendre que les libéraux ont toujours soutenu cette idée d'éternité au sens quasi-religieux, il fallait bien un jour aussi l'inventer.

La réalité est la suivante :

 ce sont avant tout les étatistes qui préconisent une croissance indéfinie, seule possibilité pour eux de rembourser une dette publique elle-même toujours croissante ;
 une croissance indéfinie est possible dans l'immatériel, par l'innovation, l'amélioration des services existants, permettant précisément l'économie des ressources finies ; affirmer le contraire relève du sophisme matérialiste.
Critique de la « croissance de l’Ecole autrichienne»

Pour Murray Rothbard, le concept populaire de croissance est une construction imaginaire collectiviste analogue à la notion biologique d'organisme vivant : - « La mode des “théories de la croissance” suppose que chaque économie serait mystérieusement destinée, comme un organisme vivant, à “croître” d’une façon déterminée à un taux défini (en négligeant, dans ce bel enthousiasme, que certaines “économies” “croissent”... à reculons). ». Pour Rothbard : « L’emploi de telles analogies sémantiques tend à faire oublier, voire à nier, la volonté et la conscience individuelles dans les domaines économique et social. ». Par ailleurs, dans un marché libre, chaque individu décide de combien il veut économiser afin d'augmenter son niveau de vie futur, tout comme combien il veut consommer dans le présent.

S'il découle que le total de l'investissement en capital soit un reflet de décisions individuelles volontaires, l'économiste, par conséquent, n'a aucune justification éthique en approuvant la « croissance » comme une fin en soi. Chacun obtient autant de « croissance » qu'il le souhaite et dans l'ensemble tout le monde profite des placements et de l'épargne réalisées par ceux qui économisent volontairement. Qu'arrive-t-il si le gouvernement décide de stimuler le taux de croissance ? Ce n'est plus à chaque individu de décider combien il veut « croître » volontairement : l'investissement dans ce cas ne peut venir que de l'épargne forcée de certains individus. Bref, si A, B ou C « grandissent » par l'investissement obligatoire, c'est toujours au détriment de D, E ou F qui sont contraints d'épargner.

Nous ne pouvons plus dire que le niveau de vie de chaque personne active augmente, sous un régime de croissance obligatoire ce sont surtout les épargnants les grands perdants. L'économiste Wertfrei ne peut donc affirmer que le niveau de vie de la société s'agrandit. La « croissance » ne peut pas être une valeur absolue, surtout lorsque l'économiste place la « société » en dehors des décisions individuelles volontaires ; le niveau de vie de « la société » ne peut être meilleur en imposant des pertes à certains pour faire croître une autre partie des individus, ce qui est plutôt une régression pour la plupart des gens.

Citations

1. Chiffrer un revenu national ou la richesse d'une nation n'a point de sens ; dès que l'on s'engage dans des considérations étrangères au raisonnement d'un homme opérant dans le cadre d'une société de marché, nous ne pouvons plus nous appuyer sur les méthodes de calcul monétaire. Les tentatives pour définir en monnaie la richesse d'une nation ou du genre humain entier sont un enfantillage du même genre que les efforts mystiques pour résoudre les énigmes de l'univers en méditant sur les dimensions de la pyramide de Chéops. (Ludwig von Mises à propos de la sphère du calcul économique)

2. La vraie question pour la croissance future n'est pas celle de l'épuisement des ressources utilisées aujourd'hui ; c'est la faillite de l'imagination de sociétés tellement nombrilistes qu'elles n'imaginent pas que l'avenir puisse être autrement que le présent. C'est cette faillite de l'imagination sous la pression du managérialisme. Il est tout à fait possible que cela conduise à la fin de la croissance ; mais si cela arrive, nous ne pourrons que nous le reprocher, plutôt que de croire que c'est la conséquence inéluctable d'un mode de vie insoutenable. (Alexandre Delaigue)

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