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La République française face à Omar Bongo, une République bananière La responsabilité de la France dans l’affaire Ali Bongo.

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Samedi 9 Juillet 2016 à 06:50 | Lu 2049 fois



Il est indispensable que les leçons de l’histoire éclairent en ce moment la réflexion des dirigeants français, en rapport avec l'attitude ou la politique pratiquée dans le cadre de la Françafrique:
"Une alliance étroite avec des despotes n'est jamais sans danger pour les Etats libres " (Démosthène)
Nous avons vu que, pour le président français, Nicolas Sarkozy, rupture ou pas, Omar Bongo Ondimba (avec son réseau) demeura la pièce centrale de ce dispositif africain de la France : « La Françafrique».

Les interventions comme celle au Tchad pour soutenir Deby, ou en Côte d'Ivoire en faveur de Drame Ouattara sont des illustrations les plus lamentables de cette tutelle militaire française sur des pays supposés avoir recouvré leur souveraineté. En France, jamais il n’y a eu la moindre réflexion politique sur le sort des populations des pays de son pré-carré, qui, sans la moindre protection, subissent en permanence les exactions de ses protégés. Une « France » qui s’était engagée de soit disant protéger ces jeunes États, pour permettre selon le général de Gaulle « faciliter l’installation de ces États. Il leur faut du temps et de l’aide pour arriver à s’établir.

C’est vrai au point de vue financier et économique : aussi, au point de vue de l’ordre public ; sans que cette aide implique de la part de la France le moindre choix de personnes. » Cette politique de Gribouille que la France pratique envers les États africains, coûteuses en vie dont criminelle, désastreuse pour l’image de la France dans les esprits, choquante pour les observateurs tant soit peu lucides comme le note Odile Tobner , a conduit à ce qu’il convient d’appeler : Mafia-fric.

«Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique: ce qu'une génération a fait, une autre peut le défaire. C'est possible»

Ce qui caractérise une société démocratique, c'est qu'à la différence de ce qui a lieu dans les sociétés de dictature, les lois et les conventions peuvent être dénoncées par les individus ; celles qu'ils n'ont pas produites, parce qu'ils ne les ont pas produites et qu'elles leur apparaissent comme imposées de l'extérieur ; et celles qu'ils ont produites, parce qu'ils les ont produites et qu'ils peuvent les modifier à volonté.

Dans un tel monde, c'est par la participation effective de chaque citoyen, qui permet d’effectuer les exactes opérations et contrôler les ressentiments souvent légitimes, que la réalité des lois et des règlements ne peut manquer de susciter en chacun des membres ; c'est dans cette participation que l'appartenance de l'individu à la société prend un sens et une réalité. Quand cette participation est refusée à l'individu, ou quand elle est viciée et corrompue, il n'y a pas de démocratie et l'individu souffre de subir la loi imposée. C'est le problème de l'exclusion politique dont sont victimes ceux qui rejettent en Afrique les systèmes mis en place par la France depuis 1960.

Il se trouve bizarrement pourrait-on dire que les citoyens français se trouvent dans la même position d'exclusion politique, en ce qui concerne le système de la Françafrique. La Françafrique a été comme tous les observateurs ont pu le souligner, un domaine de la vie politique française où le citoyen n'a jamais eu une participation quelconque; pour ceux des élites qui ont été mêlées, cette participation a été viciée et corrompue. Dans cet ordre, c'est à juste titre que l'Hebdomadaire international indépendant, Jeune Afrique, illustrera la couverture de son numéro 2645 du 18 au 24 septembre 2011 du titre accrocheur de : - France La République bananière; pour parler des révélations du bien connu de la Françafrique: Robert Bourgi, concernant entre autre, les relations des dirigeants français avec le potentat gabonais Omar Bongo.

La France, une République bananière, qui a trahi sa vieille démocratie par le système Françafrique, mis en place pour pérenniser la domination néocoloniale sur les Etats africains. Les révélations sur les destinataires des valises de billets et les commissions distribuées par Elf à Omar Bongo, et les révélations de Robert Bougi étalées au grand jour sur les financements occultes en France en provenance du continent, devraient avoir mis à mal la République et la démocratie en France. C'est la mise à nu de la « République souterraine » qui s’est mise au-dessus des lois. En révélant ses turpitudes, on doit voir une menace de cette république et de cette démocratie officielles:

Et de se demander: - C'est donc ça la démocratie française ? _. Les abominations commises au Gabon par cette République souterraine montrent, en effet que ce qu’il y a de plus cher pour un peuple, sa dignité, est menacée par la France par cette apologie du secret à la méthode mafieuse qu'a institué le système de la Françafrique.
Dans son billet: Ce que je crois, Béchir Ben Yahmed écrit: « Tout au long de la semaine écoulée, au sein de la classe politico-médiatique de France et d'Afrique, on a beaucoup parlé du lien incestueux et nauséabond qui s'est tissé entre l'argent et la politique.[…] Il ressort de ce qui a été affirmé que beaucoup d'argent - «politique» et africain _ quitte, depuis des décennies, les capitales du continent, par valises pleines, pour Paris. Un tel mouvement Sud-Nord a contribué puissamment au financement des campagnes électorales comme au bien-être de nombreux hommes et partis politiques français, de droite, d'extrême droite et de gauche. […], je voudrais ajouter ici ce que je sais et ce que je pense de ce phénomène.

Il se perpétue depuis plus d'un demi-siècle, car il a pris naissance quelques années après les indépendances des pays africains, au nord et au sud du Sahara. Comme on le sait, ces indépendances ont été concédées par la France, bon gré mal gré, à partir des années 1950, et l'ancienne métropole a tout naturellement voulu garder ces pays dans son orbite. Elle a alors instauré un système postcolonial de coopération et d'interdépendance, élaboré et régi pour l'Afrique subsaharienne, jusqu'à sa mort en 1997, par Jacques Foccart, choisi pour cette mission par le général de Gaulle.

Pour la période où les gaullistes n'ont pas été au pouvoir, sous Giscard et Mitterrand, les rênes de ce système ont été confiées par ces deux présidents à des exécutants qui ont tout bonnement chaussé les bottes de Foccart. Baptisé «Françafrique», entretenu par Charles Pasqua et d'autres, le système a réussi à survivre au XXe siècle; il perdure à ce jour: de temps à autre affleure à la surface un incident de parcours qui montre que «le canard est toujours vivant». Du côté africain, les instigateurs du système – qui en sont vite devenus au sens littéral du terme les «parrains» - ont pour noms Houphouët, Mobutu et Bongo (père).

Ils ont disposé de sommes colossales et en ont utilisé une bonne part pour «lubrifier» leurs relations politiques, principalement, mais pas uniquement, en France (et en Belgique). Félix Houphouët-Boigny et Omar Bongo n'ont pas craint de dire ou de laisser entendre qu'ils avaient financé non seulement les hommes politiques français de droite et de gauche, mais aussi le leader de l'extrême droite ! Pour la Françafrique, l'argent n'a pas de couleur (politique), peut-on dire avec l'hebdomadaire du 51 bis de la rue d'Auteuil. «J'ai souvent croisé à Libreville François de Grossouvre», dit Robert Bourgi pour étayer la thèse selon laquelle François Mitterrand aurait touché lui aussi, de l'argent d'Omar Bongo. Il (François de Grossouvre) les secrets de famille et veillait au financement des campagnes du Parti socialiste(PS). […] Ministre des Affaires étrangères à deux reprises, de 1984 à 1986 et de 1988 à 1993, Roland Dumas avait un accès direct à François Mitterrand, sans passer par le Premier ministre.

C'était l'homme des missions secrètes, aussi bien chez Bongo, qui l'appelait «mon ami intime», que dans l'entourage de Jean-Marie Le Pen. (…). Le président gabonais était généreux. En 2001, il a avoué : «C'est mon argent à moi. Je ne nie pas avoir aidé les uns et les autres, mais je ne veux pas que l'on dise que j'ai aidé tel parti contre tel autre. » En clair, Bongo arrosait large. À gauche comme à droite. (…). Sous Mitterrand, l'argent circulait surtout par Elf et sa fameuse caisse noire. (…) Jusqu'en 1981, le système a essentiellement profité au rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac. Puis un jour, Mitterrand a convoqué Le Floch Pringent (le patron d'Elf) à l'Elysée et lui a dit : «Désormais, il faudra rééquilibrer les choses, sans oublier le RPR.» La caisse noire – environ 5 millions de dollars par an, selon Le Floch Pringent – était gérée par André Tarallo et Alfred Sirven. Tarallo pour la droite. Sirven pour la gauche… Elf et Bongo remplissaient ainsi les du RPR et du PS, mais aussi les poches de quelques particuliers .

C'est ça la nouvelle forme qu'a pris l'empire de la France, préconisée par le général de Gaulle dès 1944, quand il déclarait : « Il appartient à la Nation française, et il n’appartient qu’à elle de procéder le moment venu aux réformes impériales de structure qu’elle décidera dans sa souveraineté.» Ces réformes impériales de structure décidées par la France, dans sa souveraineté, sous l'homme de Brazzaville, par le génie de Jacques Foccart, ce sont les rapports ainsi établis avec les anciens territoires, qui ont abouties à la France-à-fric, comme nous venons de le voir.

[…]. On voit les hommes politiques français se combattre à fleurets non mouchetés autour de «rétro-commissions» faramineuses qui semblent avoir pollué les campagnes présidentielles des quinze dernières années. À leurs côtés se livrent à un duel à mort des intermédiaires dont les frasques font le miel d'auteurs de livres à succès – et des tribunaux…»

L’argent, l’argent des rétro-commissions et des valises voilà par quoi le petit d’agent du « Deuxième Bureau de la coloniale », Albert Bernard Bongo, placé par la puissance coloniale à la tête du territoire du Gabon devenu pseudo-indépendant a réussi à subjuguer ses maîtres de l’ancienne puissance coloniale.

L’ARGENT : L’argent ! L’argent, la cause de tous les maux. Pour en avoir, les hommes meurent, tuent, volent. Le poète britannique Walter SCOTT nota que : « L’argent a plus tué d’âmes que le fer n’a tué de corps. »
À l’extérieur comme à l’intérieur du pays, le président Bongo a toujours fait du mensonge et de la corruption sous toutes les formes le moteur de son art de gouverner, et sa méthode la plus efficace pour neutraliser la volonté du peuple gabonais au changement. Ce qui a conduit les Gabonais à l’impuissance devant le mal, et à l’apathie.
Et Bongo ne donne pas cet argent sans contrepartie : la mort de l’âme du bénéficiaire : du Gabonais assujetti, comme du dirigeant français corrompu.

Pourquoi l’argent est-il arrivé à exercer dans la société gabonaise une telle séduction perverse ? Les chrétiens reconnaîtront ici une « exousia » que Jésus personnifie en l’appelant Mammon, et très précisément le Mammon de l’iniquité. Le Mammon, l’argent qui impose comme lois des relations l’échange, la vente, rien pour rien, tout se paie, tout s’achète. C’est cet esprit qu’il a introduit dans la société gabonaise actuelle. Cette puissance démoniaque qui a rendu l’argent maître au lieu de serviteur est le vrai problème.

Quand une société privilégie les valeurs morales, de dignité, de vertu, et d’amour, il n’y a pas de perversion par l’argent. Celle-ci devient possible quand les hommes et les femmes on cessé d’accorder une importance à leur dignité, aux valeurs spirituelles transcendantes, et qu’ils se prostituent collectivement en acceptant avec complaisance coupable, l’avilissement général. Il est clair que lorsque l’argent devient dieu, comme il l’est devenu pour les élites politiciennes gabonaises, toutes les valeurs morales sont écartées.

Malgré les indépendances octroyées certes – (octroyées et non conquises, voir le mythe de Gaulle), les Français sont très présents militairement en Afrique. Quel est leur rôle exactement ? Est-ce qu’ils servent encore une politique française ou est-ce qu’ils entrent dans le jeu des réseaux ? Le drapeau sert à camoufler beaucoup de choses. Je pense qu’ils entrent dans le jeu des réseaux et de leurs intérêts corporatifs. Comme pour tous les coopérants, il y a des avantages économiques considérables. Il y a aussi des aspects stratégiques. Justement, à propos de l’histoire du Rwanda, nous savons aujourd’hui, de source sûre qu’il y avait des intérêts stratégiques.

Tout un système d’écoute sur l’Afrique orientale était basé au Rwanda. L’objectif de l’opération Turquoise c’était de protéger et couvrir tout ça, ce dont on n’a jamais parlé. Ainsi on est arrivé à instituer à la place des Etats indépendants, des « territoires d’exploitations » où s’est pérennisé ce que Jean-Marc Kalflèche caractérisera par : - l’abus du « Domaine réservé » : - « -Un domaine qui n’apparaît plus capable, aujourd’hui de prévoir les bouleversements d’un continent au désespoir, de favoriser le développement de ces alternatives libérales ou modérées qui restent seules capables d’empêcher le pire, enfin d’œuvrer pour le développement de ce « far West » de la francophonie, – - Du « domaine réservé », on est progressivement passé au domaine de l’inavouable, qui va du pillage mutuel à la sainte alliance des polices. La « réserve » aurait pu être extrêmement utile si l’on avait consenti à s’en servir doucement, sans froisser les susceptibilités, que la stratégie économique de tel ou tel de nos partenaires nous semblait vouée au désastre, et qu’il pourrait aboutir à des résultats meilleures par des moyens plus sûrs…- Tout ce qu’il y a de meilleur dans l’ «énarchie », le patronat ou l’université fuit l’Afrique comme la peste à cause du « domaine réservé » et de ce qu’il dissimule : un dysfonctionnement mortel et une abondance ruineuse, compte tenu de l’absence de politique. »

Du « domaine réservé », on est progressivement passé au domaine de l’inavouable. Inavouable la vérité sur la situation administrative d’Ali Bongo qui a été mis par la France-à-fric (la Françafrique) sur le trône de son père défunt. Mais ça n’aura été comme tout le monde le sait, qu’un secret d’alcôve. A la France de se ressaisir. La France est conviée à retrouver le sentiment de sa propre dignité, réputation ; à reconstruire son honneur violé par ses rapports avec les Etats issus de ses anciennes colonies africaines.

L’honneur, cet ensemble de principes moraux qui incitent à ne jamais accomplir une action qui fasse perdre l'estime qu'on a de soi ou celle qu'autrui nous porte. Tous les dirigeants français, tous les gouvernements de la Vème République française ont pu capituler, cédant à l’attrait diabolique de l’argent que leurs distribuait l’émir Omar Bongo, oubliant l’honneur, livrant le Gabon la servitude.

Reconnaître l’imposture et le mensonge de la Françafrique, de la part des dirigeants français d’aujourd’hui, est un acte de courage qui s’impose, pour l’honneur de leur pays.


Samedi 9 Juillet 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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