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La Françafrique : terreau futur de l'esprit terroriste en Afrique noire ?...

Le site de la Liberté - LVDPG - Actualité en ligne 24h/24 le Dimanche 14 Mars 2010 à 16:13 | Lu 688 fois



« Si j’avais su qu’on pouvait corrompre aussi facilement les hommes, je n’aurais pas acheté autant d’armes ». Ainsi s’exprime Laurent Gbagbo dans un entretien au magazine Jeune Afrique. En 2005, le président ivoirien avait traité Omar Bongo Ondimba de « rigolo » en réponse aux critiques que ce dernier avait émises sur la Constitution ivoirienne qui consacrait le concept d’ivoirité. Gbagbo avait présenté ses excuses à son homologue gabonais.

Dans la foulée, il aurait été avisé de lire Blanc comme nègre, dernier ouvrage d’Omar Bongo Ondimba, écrit en collaboration avec le journaliste français Ery Routier. Le président gabonais y livre le secret de sa longévité au pouvoir : acheter tout le monde. Du chef de village aux hommes politiques français. Sans se départir de sa gouaille habituelle, Omar Bongo déclare en substance : « si on pense que le chef n’a pas d’argent pour en redistribuer, il ne peut être ni respecté ni considéré ». Le chef se sert alors des finances publiques afin d’arroser à tout va : « Les professeurs, on n’a pas d’argent, pas de voiture ! Je paye. Les manifestations ? Je paye.

Les comices agricoles, je paye. La journée de la femme. Je paye. Il faut payer. Je paye. » Bongo avait ainsi fait de l’achat des consciences le paradigme central de son modèle de gouvernance. On pourrait aussi parler d’une stratégie d’investissement politique. Il pariait sur les hommes comme d’autres misent sur les chevaux. D’où son goût pour la métaphore équestre. La « Françafrique » lui apparaissait alors comme un terrain de course où la « France-jockey » montait « l’Afrique-cheval ».

Si Bongo, à la suite de Félix Houphouët-Boigny, est resté un pilier de la « Françafrique », c’est parce qu’il avait saisi l’âme de la France, vieille nation catholique, nostalgique de la tradition monarchique, où les hommes politiques révèrent les privilèges, le pouvoir et l’argent que Bongo savait distribuer. A sa prodigalité légendaire, Bongo ajoutait le cliché du « vieux nègre sage et semi-bouffon », le trickster par excellence ; cliché qu’il enfilait pour séduire les politiciens français, eux-mêmes piégés par le double masque de néo-colons et de courtisans.

La politique est un jeu foncièrement cynique. Bongo avait poussé ce jeu à son paroxysme. Au point qu’une seule règle éthique semblait motiver son action politique : garder le pouvoir pour le transmettre à son fils.

Afin de réaliser cet objectif, il a fallu miser sur le bon cheval français susceptible de gagner la course aux élections présidentielles de 2007. De ce point de vue, le dernier grand investissement d’Omar Bongo s’appelle Nicolas Sarkozy. Le coup de téléphone que ce dernier a passé à Bongo le soir même de son élection semble nous en administrer la preuve. Le retour sur investissement devait bénéficier non pas aux Gabonais mais à l’héritier naturel du trône de la « Françafrique ». Nicolas Sarkozy devait apporter à Ali Ben Bongo un soutien nécessaire à la réussite d’une succession dynastique préparée de longue date.

Contrairement à Houphouët-Boigny dont les réalisations économiques sont tangibles, Omar Bongo restera toujours dans mon esprit comme un archétype du nihilisme politique. Le Gabonais n’a vraiment jamais compté dans son champ d’action. Lui-même en était l’alpha et l’omega. Hubu-Valeur-Suprême. Mesure de toute chose. Je crains qu’Ali Ben Bongo ne soit l’héritier de cette vision politique, partagée aujourd’hui en Afrique noire par les fils de potentats nourris au régime autocratique.

Ali Ben Bongo a placé le concept économique de « l’émergence » au cœur de sa politique. Cette notion, faut-il le rappeler obéit d’abord à une logique entrepreneuriale. Elle couvre d’un vernis de modernité, la vision que les Bongo ont développée sur le Gabon : diriger ce pays est « une affaire de famille ». Cette logique, éminemment monarchique doublée de mercantilisme, ne situe guère la population gabonaise comme enjeu essentiel du pouvoir. Sa conquête et sa préservation sont mues par une volonté de puissance brute, indissociable du désir d’accumulation inhérent au système capitaliste, dont le délitement, ces dernières années, a ravivé le rêve de « l’hypothèse communiste » (cf. le philosophe Alain Badiou).

Lors de sa dernière visite au Gabon, Nicolas Sarkozy et Ali Ben Bongo se sont entendus et amusés comme larrons en foire :

Nicolas Sarkozy : « Il n'existe plus de pré carré et je ne le regrette pas. Ce sont des conceptions d'un autre temps ». « Nous ignorons vous et moi le contenu réel de ce qui est parfois appelé "Françafrique" ». « La politique des tutorats, des réseaux, des leçons est révolue. »

Ali Ben Bongo : « Je n'appartiens pas à la génération de la colonisation. Je n'en ai pas les réseaux (...), je n'en ai pas non plus les complexes »

Les Africains, sans doute jamais entrés dans l’Histoire, ne sont pas dupes. Ils savent que la visite de Sarkozy ouvre la page d’une nouvelle épopée pour les Bongos, et d’une tragédie pour la population gabonaise. Après 40 ans d’une autocratie ayant appauvri leur pays, les Gabonais sont repartis pour des décennies de discours « kafoutre ».

Le terrorisme fait partie de ce que Nietzsche appelait les « forces réactives » ou négatrices de la vie. Il naît du sentiment que certains hommes éprouvent d’être bafoués dans leur essence. Il est la résultante d’une négation ontologique. Les extrémistes musulmans, dont je ne cautionne guère l’action, le ressentent en rapport avec leur religion. La seule pauvreté ne poussera pas les Africains dans les bras des terroristes. Ils y seront contraints le jour où ils auront conscience d’être bafoués, niés dans leur essence d’êtres humains.

Le nihilisme politique, cette « folie raisonnante », poussera les Africains à la folie meurtrière. Quand les pauvres d’Afrique se réveilleront à la conscience d’un monde sans valeur éthique supérieure, qu’ils n’ont rien à perdre du fait que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue dans des conditions de détresse extrême, alors ils surmontera la peur d’une armée qu’ont a dotée de kalachnikovs en or (celle du fils à papa), et des troupes françaises dont on a consolidé la position à Libreville pour sauvegarder les alliances nihilistes.

Les Gabonais faisaient partie des rares nationalités à s’expatrier en Europe. Aujourd’hui leur expulsion est devenue monnaie courante parce que d’innombrables Gabonais fuient leur pays qui, malgré ses richesses, n’a aucun avenir à leur offrir. De tels dilemmes, crées par la « Françafrique » seront le terreau d’une violence qui pourrait un jour dégénérer vers terrorisme.

Source : Le post


Dimanche 14 Mars 2010
LVDPG - Actualité en ligne 24h/24
Vu (s) 688 fois




1.Posté par La citoyenne le 14/03/2010 17:35 | Alerter
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Le train vers le terrorisme est en marche...
La faute aux dictateurs parce que quand on laisse un peuple mourir pendant 42 ans et que subitement on vient nous mentir qu'on va tout changer bien qu'etant au gouvernement ils n'ont eu aucun scrupule à voler sans se soucier du peuple pour aujourd'hui nous parler d'emergence c'est nous prendre pour des teubé ou koi?

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