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L’impossible alternance politique au Gabon par la voie des urnes sans une réforme constitutionnelle innovante.

Le site de la Liberté - Joel Mbiamany-N'tchoreret le Lundi 11 Octobre 2010 à 20:44 | Lu 1609 fois

Au moment où notre pays traverse une situation politique difficile et où certaines prises de paroles laissent poindre des potentiels positionnements qui risquent de perpétuer le mal politique dans notre pays et maintenir le peuple dans son état de souffrance, il me vient l’obligation de prendre la parole, en tant qu’universitaire et citoyen revendiquant ses droits démocratiques, afin d’attirer l’attention de mes compatriote et contribuer modestement à la réflexion qui a pris racine dans chacun de nos foyer. Je ne veux nullement me placer en juge et faire procès de bonne conscience à qui que ce soit, simplement d’ajouter, à la délibération des discussions politiques en cours, un point de vue autre. Il montre l’impossibilité de l’alternance politique au Gabon en l’absence de l’établissement préalable d’un État de droit avant toute élection. De ce constat, proposition de lutte politique est faite pour faire évoluer significativement notre pays.



L’impossible alternance politique au Gabon par la voie des urnes sans une réforme constitutionnelle innovante.
La politique est tout ce qui à trait à la manière dont une communauté conçoit et organise ses institutions : mène ses affaires, défend, favorise et protège son bien-être collectif. Elle est l’art du gouvernement. Pour mener ses affaires, la communauté désigne quelques-uns aux commandes du gouvernement. Cette désignation se fait sur la base d’un concours électoral en vue de la rétention du projet de société le plus à même de faire évoluer la communauté.

Le processus de désignation au gouvernement est donc une lutte politique entre deux ou plusieurs personnes (ou bien entre deux ou plusieurs organisations). L’enjeu est l’obtention de l’adhésion du peuple à son programme politique. Dans les démocraties, cette lutte politique entraîne la victoire de la partie qui fait valoir le mieux son projet politique. Dans les régimes autocratiques, comme le nôtre, elle est le fait de la forfaiture institutionnelle d’une minorité de la communauté soutenue par la puissance des armes et le pouvoir des intérêts égoïstes des multinationales françaises.

En effet, pour gouverner en démocratie, les aspirants à la conduite des affaires du pays entrent dans un concours oratoire à partir duquel chacun convainc de son aptitude à gérer efficacement, dans l’intérêt de tous, le bien public. Tous les acteurs de la vie politique du pays bénéficient des mêmes avantages pour faire valoir leur projet de société. Les citoyens décident ensuite du plus apte à gérer les affaires du pays. L’élu agira en conformité des promesses faites pour le développement de la communauté. S’il manque à ses engagements ou si le peuple constate s’être trompé dans son choix, au regard de ses attentes, puisqu’il est souverain de l’autorité politique, il le démissionnera. Le peuple fera ainsi l’économie des frais de l’incompétence et de la malveillance dans la conduite de ses affaires.

Nous le savons, la capacité du peuple à démettre les élus est l’un des facteurs qui a permis l’essor des sociétés occidentales, grâce, entre autres, à l’alternance des gouvernants qu’elle favorise. Les candidats au concours électoral se rivalisant dans la qualité des projets de société, mettent au service du peuple leur géni créateur et agissent de façon conforme à l’intérêt général de la communauté. L'alternance politique est de ce fait l’expression manifeste de la souveraineté du peuple pour encourager sa bonne gouvernance. L'alternance politique est favorisée par les mécanismes de séparation des pouvoirs des institutions de l’État. Elle empêche l’une des parties à un concours électoral de s’adjuger l’expression populaire librement exprimée et ainsi d’ôter au peuple son droit souverain d’élire et de démettre les gouvernements.

Assurément, lorsqu’il y a absence des mécanismes de la séparation de pouvoirs dans l’État, l’une des parties au concours électoral dispose nécessairement d’un rapport de force indu par rapport à l’autre partie. Les institutions qui organisent le concours électoral ont vite fait de la favoriser et la placer aux commandes du gouvernement. Le gouvernement ainsi désigné n’agira pas en conformité de l’intérêt du peuple, mais en rapport avec ce qu’il croit être la volonté du peuple. Au demeurant, même s’il dit parlé au nom du peuple, puisque le peuple n’a aucun moyen pour le rendre redevable de ses actions et le sanctionner si nécessaire, c’est en fait au nom de sa propre volonté qu’il s’exprimera.

En pareille situation, s’érige un gouvernement autocratique. Il conçoit et organise les institutions de la communauté pour mener les affaires, défendre, promouvoir et protéger les intérêts de quelques-uns au détriment du bien-être de tous. La vertu républicaine au regard de l’intérêt supérieur du peuple commande qu’en pareille circonstance, le combat politique ne soit plus axé dans l’accession au gouvernement, puisqu’il n’est pas conforme à l’expression de la souveraine volonté du peuple. La lutte politique doit nécessairement conduire à détrôner l’usurpateur des commandes du gouvernement.

En réalité, dès qu’un individu détient tous les pouvoirs de la paix, la sécurité et du gouvernement, la bonne gouvernance de la communauté est compromise, son développement périclite. Tout acteur politique qui entre en alliance politique avec un pareil gouvernement se fait complice du mal qui en résulte pour le droit souverain du peuple à disposer de sa destinée et contribue pour ce faire à favoriser la déchéance sociopolitique de la communauté nationale.

De fait, la lutte pour détrôner le gouvernement autocratique doit s’enraciner dans l’instauration d’un État de droit. Il ne saurait porter sur un autre objectif. En cela, il est malheureux de voir la légèreté avec laquelle certains parlent d’une possible alliance politique entre le parti de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) et le pouvoir autocratique aux commandes du gouvernement. Également, il est vain, de la part du parti de l’Union Nationale (UN), de croire qu’en produisant des fichiers électoraux avec des données biométriques, le vote populaire changerait quelque chose à la donne politique actuelle.

Certes l’opposition demande que des réformes concernant la transparence électorale soient entreprises. Entre autres, la révision du Code électoral, la réforme de la Commission Électorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP), le recentrage des compétences de la Cour Constitutionnelle en matière électorale, le retour au scrutin uninominal à deux tours et l’accès de l’opposition aux médias publics sont sollicités.

Notons qu’il existe un paradoxe à formuler de telles demandes. Comme si un voleur s’introduisait chez nous et volait tout notre bien. Au lieu de le demander de restituer le bien volé, nous sollicitons qu’il consente à nous le repartir équitablement. Le propre du voleur est de garder celé le bien volé. Il n’existe aucune grâce pour qu’il soit amené volontairement à donner une suite favorable à de telles demandes. De même, les demandes qui sont formulées par l’opposition ne visent que le processus électoral.

Il faut comprendre que la démocratie n’est pas que le fait pour les citoyens de voter librement. Personne au Gabon ne vote avec un fusil à la tempe. Le scrutin est libre malgré quelques accros importants. Pourtant, l’expression exprimée par le peuple gabonais n’est pas reflétée authentiquement dans la proclamation publiée par les institutions qui sanctionnent la joute du concours électoral. Ce n’est pas le vote libre qui donnera ses lettres de noblesse à la démocratie au Gabon, à la bonne gouvernance.

C’est l’existence de la séparation des pouvoirs des institutions de l’État qui confèrent la propriété démocratique d’un système de gouvernement. Cette séparation des pouvoirs défend l’équilibre entre les concourants au suffrage électoral. Ce qui entraîne une proclamation authentique des scrutins et par conséquent la mise en place d’un gouvernement compétent. Car les gouvernants ainsi désignés, se sachant épiés et redevables d’une paix juste, de la sécurité de tous et d’une bonne gouvernance, agiront avec promptitude et droiture.

La lutte politique que nous devons mener doit donc viser l’instauration d’un État de droit avant tout autre considération. Pour cela, souvenons-nous que partout dans le monde où se manifestent des démocraties édifiantes, le vote populaire n’a jamais précédé l’existence d’institutions politiques authentiquement démocratiques. C’est par les luttes contre l’autoritarisme sous toutes leurs formes que s’est institué un équilibre politique des droits et des libertés desquelles sont nées les institutions politiques démocratiques.

La théorie de l’État de droit qui prend appui sur l’idée de la souveraineté du peuple indique qu’avant la société politique moderne, les individus vivaient dans un état de nature où régnait la domination des plus forts. Pour posséder sa liberté, les relations entre individus entraînaient un climat conflictuel. À traves ce climat, la liberté de chacun et de tous était menacée.

Pour se prémunir des dangers d’une telle situation, tous ont favorisé la préservation commune de la liberté. La société civile qui en a résulté a garanti à tous et à chacun les mêmes libertés, les mêmes droits et les mêmes devoirs. Aussi, pour s’assurer que ne ressurgisse le règne de la raison du plus fort, l’équilibre des pouvoirs fut hissé en étendard du droit et de la liberté politique. C’est cette équilibre qui garanti la démocratie et le plein épanouissement des peuples.

Pour favoriser l’avènement de l’État de droit, l’engagement au combat politique au Gabon doit être axé dans la recherche d’un rapport de force favorable face au gouvernement autocratique. Il s’agit de disposer des arguments et des moyens populaires en vue de contraindre le pouvoir autocratique à restituer au peuple son droit souverain usurpé.

Il faut par conséquent aller vers le peuple pour prendre appui sur sa souffrance et son mécontentement. Les démarches qui sont faites auprès de la France ou les démarches souterraines faites auprès de cet usurpateur ne sont que des aveux de faiblesse et une abdication pour le combat politique en vue de se complaire dans une posture du conquis.

Par ailleurs, la domination coloniale qui a façonné notre société a donnée le cadre politique dans lequel nous existons. L’indépendance politique n’a pas coupé le cordon ombilical entre le pouvoir colonial d’antan et l’autorité politique actuelle. Si dans les États africains anglophones il y existe une indépendance politique par rapport à l’ancien pouvoir colonial c’est bien parce que la grandeur de l’Empire britannique pouvait permettre de concéder le droit de ses anciennes colonies à disposer de leur propre destinée. Au regard de cette possession de souveraineté, les pays d’Afrique anglophone connaissent des fréquentes alternances gouvernementales qui favorisent un certains essor sociopolitique, ce qui n’est pas le cas des pays d’Afrique noire colonisés par la France.

Les déclarations faites par certains politiques français à l’effet qu’ils n’ont pas de candidats dans le processus électoral respectif des pays d’Afrique noire francophone, au-delà des ficelles qu’ils tirent dans les coulisse du pouvoir dans ces pays, dénotent un droit de regard, un veto qui leur confèrent le droit de considérer lequel des candidats au concours électoral doit prendre les commandes du gouvernement.

Alors que nous nous serions crus affranchis d’une telle domination politique, admettons que la souveraineté de disposer de nous-mêmes n’est que de pure forme. La joute politique mise de l’avant pour désigner qui doit mener nos affaires, défendre, promouvoir et protéger notre bien-être communautaire, notre art de gouvernement, n’est qu’un jeu de dupe qui consacre un état de minorité nous interdisant de souverainement décider de qui doit gouverner notre peuple.

Pour cela, l’incapacité de certains politiques gabonais d’accéder au pouvoir par la force de l’expression des urnes conduit plusieurs à aller quémander en France des arbitrages politique d’une autre époque ou à entrer dans des alliances ou des logiques politiques qui desservent notre communauté nationale à moyen et long terme. L’idéal politique abandonné, certains endossent effectivement des postures politiques qui ne reflètent en rien les ambitions de tout peuple aspirant à sa plénitude politique.

Que serait devenu l’Inde, si Indira Gandhi avait choisi la compromission? Que serait devenu le peuple sud-africain si Mandela avait opté pour la voie de la facilité? En choisissant la voie de la commodité et de la compromission, nous optons pour la perpétuation des tares décriées et non pour l’avancement du peule vers son essor et sa félicité comme si bien dit dans notre hymne nationale.

Chers compatriotes, je voudrais simplement demander qu’on arrête de quémander la souveraineté du peuple. Le combat politique à mener en ce moment ne doit pas rechercher des alliances politiques qui légitiment la soumission du peuple; il ne doit pas non plus viser la participation à des élections pour une espèce de cohabitation politique hybride qui n’apportera aucun avantage tangible au peuple. Nous devons axer notre combat dans l’instauration d’un État de droit. Il ne faut attendre du pouvoir autocratique aux commandes de l’État la moindre concession à cet égard, à moins qu’il soit contraint par l’expression d’une certaine volonté populaire. Il faut aussi arrêter d’espérer de la communauté internationale qu’elle infléchisse le pouvoir actuel.

Il serait souhaitable que l’opposition entreprenne une tournée nationale et instruise le peuple sur les réalités politiques précédemment mentionnées et qu’il fasse signer une pétition pour entamer une réforme constitutionnelle d’initiative populaire en vue de l’instauration d’un État de droit dans notre pays. Toute démarche de lutte politique autre que celle que nous venons de décliner ne pourra qu’entraîner les mêmes résultats et les mêmes effets. Les dernières élections partielles des législatives nous ayant grandement instruit. L’opposition politique nouvelle du Gabon doit prendre le leadership de l’agenda politique et refuser de réagir aux infantilités de pouvoir. Nous devons démontrer une maturité politique à toute l’Afrique francophone.

Nous savons, chers compatriote, que la vie politique s’articule autour de nombreuses considérations et que la préservation des intérêts propres l’emporte généralement sur les intérêts collectifs. Nous sommes néanmoins dans un carrefour important de l’histoire politique de notre jeune Nation. N’attendons pas de la providence que notre démocratie se construise.

Nous pouvons effectivement faire le choix de l’égoïsme et nous enfermer dans des logiques politiques sectaires et porter pour la postérité l’odieux d’avoir contribué au mal politique de la Nation ou faire le choix de la générosité en axant notre action politique dans l’établissement de l’État de droit, cherchant prioritairement, à doter notre pays d’une Constitution démocratiquement légitimée par le peuple souverain. Si nous faisons ce dernier choix, la Nation gabonaise nous le revaudra à tout jamais.

Je vous remercie.

Joël Mbiamany-N’tchoreret



Lundi 11 Octobre 2010
Joel Mbiamany-N'tchoreret
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1.Posté par MAKOTA le 11/10/2010 23:00 | Alerter
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Mon très cher ainé,
Je tiens à te féliciter pour cette contribution que je juge être de haut vole. Mais malheureusement, une sortie d'une telle envergure, ne résout au fond aucun problème à notre jeune démocratie. C'est vraiment décevant de voir les intellectuels gabonais agir de la sorte, comme si ils souffraient d'une cécité ou font semblant d'ignorer les problèmes auxquels est confrontés notre pays dans tous ses pendants. Vous faites des propositions qui à mon avis ont un sens dans les pays développés, mais qui ne tiennent pas la route chez nous.
Je n'en veux pour preuve, le projet de dévolution monarchique qui vient de se passer chez nous au pays. Voilà Ali Bongo qui a remplacé son père de président, sans coup férir. Je n'ai pas vu un seul intellectuel lever le petit doigt, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Mais tous ce que vous savez faire, c'est de nous cracher les écrits devant un ordinateurs, après avoir consulté tous les sites du monde pour nous sortir toutes les théories possibles pour nous faire des leçons de morales, mais lorsqu'on creuse, il n' y a rien. Évitez d'être les intellectuels des écrans d'ordinateurs, il faut être réalistes.
Les intellectuels chez nous, sont à la recherche de leur bien être et non celui du peuple. Certains sont même des supers conseillers des membres du gouvernement et aujourd'hui vous voulez nous parlez de quoi ? Vous nous parler de Mandela et de bien d'autres hommes politiques qui ont posé les jalons d'une opposition dans leurs pays respectifs, mais comparaison n'est pas raison mon cher.
Chez nous le système date de plus de 40 ans, c'est aujourd'hui que vous pensez qu'il faut renverser le pouvoir, mais c'est dangereux. Je vous demande de vous réveiller. Descendez de votre planète et venez vivre avec nous.
Laissez l'Union du peuple gabonais tranquille. Au moins ce parti a l'avantage de faire les choses au vue et au su de tout le monde, sans raser les murs. Même si Mamboudou venait à rentrer dans le gouvernement, c'est une bonne chose, on verra s'il pourra changer les choses de l'intérieur ou pas. Qui vivra-verra.
Je vous remercie.

2.Posté par lepatriote le 12/10/2010 00:04 | Alerter
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déjà écrit par le BDP et quand le BDP écrit celà: certains disent ohh ils sont violents. aujourd'hui bcp partage cet avis, tres bien cher ami.

3.Posté par LeGaboma le 12/10/2010 01:13 | Alerter
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@ Joel Mbiamany-N'tchoreret


Je suppose que vous avez posté, vous-même, cette contribution très édifiante. Si tel est le cas, permettez-moi, s’il vous plait, de m’en réjouir. Il était temps, dans ce media dit voix du peuple, que des universitaires se mêlent au débat, avec le peuple que nous sommes, sans les barrières habituelles que cette qualité d’universitaire crée, soit d’elle-même, soit du fait des hauteurs de celui ou celle qui l’est. Je me réjouis tout aussi que vous ayez choisi le qualificatif « universitaire » plutôt qu’ « intellectuel » pompeusement utilisé par la mentalité PDG.


Cette distinction nécessaire entre l’universitaire et l’intellectuel est, pour moi, crucial, tant, dans notre Gabon là, il y a trop d’universitaire et peu d’intellectuel. Etant un produit de l’UOB, j’ai encore le souvenir d’une des mes enseignants qui nous répétait sans cesse que le véritable problème de notre pays était ceux-là que nous appelons « les intellectuels ». Je la comprends mieux aujourd’hui (J’y reviendrai).


Votre texte s’adresse à ceux qui ont un certain niveau de compréhension et c’est justement là que le bas blesse. La politique (tropicale) s’adresse, elle, à la masse. Une masse précaire, anéantie, anesthésiée et, finalement, masochiste. « On va encore faire comment? », en bon universitaire, je suis certains que vous connaissez ce slogan national, ancré même dans la terminologie de la communauté estudiantine.


Votre analyse est claire. Mais c’est sans compter avec ce peuple que vous ne semblez malheureusement pas bien connaitre. Dans cet engagement à imposer aux usurpateurs un Etat de droit, vous cité l’Inde et l’Afrique du Sud, on ajoutera « peut-être » la Côte d’Ivoire (surtout si l’élection se passe bien), mais vous constaterez que le peuple gabonais a raté toutes les occasions de se saisir de son destin, notamment, de 1990 à 1994. Le reste n’ayant été pour le régime, à mon humble avis, que des opérations de routine.


Le peuple gabonais est un peuple atypique. Comme un ami aime à le dire, le gabonais est unique dans son genre. S’il y a des compatriotes qui l’ont compris, c’est bien les hommes politiques. Je m’explique. D’une part, le PDG sait que le gabonais est faible. Il suffit de mettre deux ou trois militaires dans les rues et son compte est réglé. Au fil des élections depuis 1990, son zèle, son arrogance et sa capacité à défier le peuple sont poussés, chaque fois, un peu plus loin. Aujourd’hui encore, il ne fait aucun doute, en matière de libertés individuelles et d’expression démocratique, que nous avançons à reculons. Et la peur, sinon la psychose, est du coté du peuple qui semble avoir été poussé jusqu’à son dernier retranchement. Le pouvoir se la coule douce, il n’a rien à craindre.


L’opposition, d’autre part, semble elle aussi avoir compris que le peuple gabonais n’est pas prêt du tout. Les appels au calme après chaque simulacre en est une preuve. L’on prend souvent l’exemple de Port-Gentil pour affirmer le contraire de ce que j’essaie de démontrer, mais Port-Gentil n’est qu’une infime partie du Gabon. Un opposant a même, récemment, déclaré qu’il ne voudrait pas que l’histoire retienne que c’est lui qui a amené la violence au Gabon. Une autre preuve (ca n’engage que moi) réside dans les voltes face auxquels ces derniers nous ont habitué à la fin des années 90 et début des années 2000. Tout le monde crie à la traitrise, mais en réalité (ce n’est qu’un point de vue), certains opposants ont vu que le peuple gabonais s’est souvent montré lâche. Il attend, assit à la maison, que quelqu’un fasse tout le travail pour lui.


Le peuple envoie des signaux à ses leaders, c’est par rapport à ces signaux que les hommes politiques savent jusqu’où ils peuvent aller. Entre compter sur les gabonais et aller négocier avec le bon vieux colon, la plupart des opposants choisissent cette dernière option, ayant compris que nous, gabonais, sommes terriblement amorphes. Le résultat est là, triste de lui-même. Le PDG, avec le feu-vert de ce même colon, utilise le gabonais contre lui-même. Le paupérise, l’abrutit, l’humilie avec une insupportable arrogance.


Quant aux universitaires (je finis par là), ils sont pires que les hommes politiques et n’échappent pas à clochardisation et mendicité à laquelle sont soumis tout ceux qui ne sont pas à la soupe. Mais plutôt qu’être pionniers ou martyrs, font le bien facile choix d’être des chantres de l’émergence. Quel triste spectacle de voir le Ministre de l’Education Nationale, que l’on dit n’être qu’un instituteur, être accompagné à une émission télévisée par un agrégé qui se contente, derrière-lui, de corroborer à ses propos en hochant la tête comme un béni-oui-oui !

4.Posté par la pensee gabonaise le 12/10/2010 11:46 | Alerter
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@ Monsieur LeGaboma

Je suis tout a fait d'accord avec votre analyse.
Dans un de mes posts sur un autre article, j'avais deja evoque cet etat de fait ou, la peuple constitue lui-meme un frein au changement avec les forces resistantes qu'il cree au sein de l'opposition.

Le peuple, comme vous l'avez dit, attend que tout soit fait par les leaders politiques qui ne sont pas vraiment credibles. le peuple ne veut pas tout simplement se prendre en charge; il ne veut pas prendre son destin en mains, prefere subir. C'est, pour lui, une option plus securisante. En fait, ce peuple attend un miracle. Bon, Dieu leur a deja donne un Moise national, surement apres ses 23 ans (si je ne me trompe pas) d'errance dans le desert du regime bongoiste, le conduirait surement vers la Terre Promise de l'alternance.

5.Posté par Ngone le 12/10/2010 13:42 | Alerter
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@ Le Gaboma, rien à rajouter. Merci.

6.Posté par Doom Le vengeur le 13/10/2010 12:45 | Alerter
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@MAKOTA,
J'ai apprécié votre réaction jusqu'à
Même si Mamboudou venait à rentrer dans le gouvernement, c'est une bonne chose, on verra s'il pourra changer les choses de l'intérieur ou pas. Qui vivra-verra
. Si PMM rentre au gouvernement, il ne lui restera plus qu'à prier que le règne d'ALI 9 dure 40 ans. Car ce serait une erreur politique aux conséquences irréversibles. En gros ce sera sa mort politique.

7.Posté par MAKOTA le 13/10/2010 14:43 | Alerter
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Mon frère, tu es comment ?

C'est l'entrée de Pierre Mamboundou dans le gouvernement qui fera quoi aux gabonais ou au Gabon ?
Mba Obame qui a longtemps été une tête pensante du PDG et qui a cherché toutes les stratégies pour faire perdurer ce système au pouvoir , n'a pas été élu par les gabonais ? Est-t-il mort politiquement parce qu'il est venu dans l'opposition ? Tu parles d'une éventuelle mort politique de Mamboundou, franchement !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Tuez d'abord André Mba Obame politiquement et je vais voir. Merci.

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