« Promouvoir le commerce intra-africain » : c’est le thème officiel de la dix-huitième rencontre ordinaire des chefs d’Etat d’Afrique qui devrait se voir ravir la vedette par la remise en jeu du mandat de Jean Ping. Elu en février 2008 à la tête de l’organisation panafricaine, M. Ping est arrivé au terme de son premier mandat.
Contrairement aux précédentes sessions ordinaires de l’Ua marquées par une élection au sein de l’organe phare de cette organisation, le sommet de cette année devrait donner lieu à d’intenses empoignades diplomatiques. Et pour cause, une bonne partie de l’Afrique représentée par plusieurs blocs régionaux ne voudrait plus voir M. Ping poursuivre sa mission à la tête de l’Ua.
Cette vision de l’Ua est incarnée par l’Afrique du Sud. La première puissance économique du continent noir bat campagne discrètement depuis plusieurs mois autour de sa candidature de poids : celle de Nkosazana Dlamini-Zuma (actuelle ministre de l’Intérieur de l’Afrique du Sud et ex-épouse de Jacob Zuma). Autre détail important qui plaide en faveur de Mme Zuma et qui renforce son envergure “diplomatique”, elle est proche de Nelson Mandela.
Les votes s’annoncent donc défavorables pour l’ancien ministre Ping. Selon plusieurs sources diplomatiques, il est vivement décrié par l’Afrique australe et de l’est. Pire, l’ex super ministre d’Omar Bongo n’est pas non plus en odeur de sainteté dans la zone Cemac (Afrique centrale) dont il est originaire.
D’autres spécialistes de la vie de l’Ua soulignent par ailleurs que l’Afrique du Sud a également les faveurs de l’Afrique blanche dans cette course à la présidence de l’Ua. Le fonctionnement de l’Ua est calqué sur celui de l’Ue (Union européenne).