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Gabon sous l'empire Bongo - Participation au dialogue national : Entre réserve et tactique

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mardi 15 Novembre 2016 à 06:41 | Lu 2341 fois

La perspective de voir la rencontre voulue par Ali Bongo sous son empire se conclure par des propositions de réformes institutionnelles modifiables à souhait dans le temps devrait inciter à une réflexion de fond.



Ali Bongo Gouverneur de Françafrique
Ali Bongo Gouverneur de Françafrique
Comment tout cela finira-t-il ? Quand ? Le processus censé déboucher sur le dialogue national prôné par Ali Bongo est en panne. Au Parti démocratique gabonais (PDG), comme dans les formations de la majorité, les zélateurs soutiennent cette idée sans savoir à quelle sauce ils seront mangés ou sans pouvoir en livrer la plus-value. Dans l’opposition, deux écoles de pensée s’opposent sur le principe, sans avoir pris le temps de retourner la question dans tous les sens. Manifestement, l’espoir de voir cette grand-messe déboucher des avancées démocratiques s’éloigne. Dans le droit fil de la dynamique politique enclenchée en 2009, le pays glisse inexorablement vers une impasse. Comme toujours, un blocage complet est à redouter.

Et pourtant, une analyse de situation aurait pu mener à autre chose. Pour de multiples raisons, la classe politique nationale aurait pu s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte. En quête de légitimation, la majorité aurait pu s’y préparer avec sérieux, sans arrière-pensée politicienne. Dans l’opposition, la perspective d’une retraite des chefs aurait commandé davantage de lucidité. Même si personne n’ose l’évoquer à haute voix, dans les entourages immédiats de Jean Ping, Casimir Oyé Mba, Guy Nzouba Ndama, Zacharie Myboto, Didjob Divungui Di Ndinge, Jules Bourdes Ogouliguendé, la question de la succession revient désormais en boucle. Et aucun dirigeant historique ne souhaite laisser la situation en l’état. Voilà pourquoi la colère et l’émotion, la lassitude et le désespoir, les larmes et le sang ne doivent pas occulter l’essentiel : la nécessité d’agir avec stratégie, loin du tumulte et du fracas d’une forme de dictature de l’instant.

Alternative crédible

Pourquoi, sitôt désigné vainqueur, Ali Bongo a-t-il décidé de faire sienne une idée à laquelle il s’était opposé tout un septennat durant ? Simplement par souci de se conformer à sa promesse devant le Parlement réuni en congrès en juin dernier. Ensuite, du fait des «évidentes anomalies» dénoncées par l’Union européenne tout au long du processus électoral et des doutes sur la sincérité du résultat final. Enfin et surtout, en raison de l’extrême violence ayant prévalu au moment de l’annonce des résultats. Ce climat mortifère a indubitablement radicalisé les positions et exacerber la coupure du pays en deux camps opposés. Si cette situation n’est pas totalement nouvelle, elle confirme la détermination de l’actuelle majorité à se «maintenir au pouvoir, coûte que coûte, y compris au prix du sang des Gabonais, pour conserver les privilèges qu’il en tire», selon la formule de Casimir Oyé Mba.

En appelant au dialogue politique, Ali Bongo poursuivait en réalité trois objectifs : permettre à son camp de se souder et faire bloc face à son adversaire héréditaire, donner à la communauté internationale des gages de son désir de préserver la stabilité et surtout, créer une brouille entre l’opposition et une opinion publique échaudée par le résultat de toutes les consultations politiques passées. L’opposition aurait dû en tenir compte.

Elle aurait pu affiner sa stratégie, au lieu de laisser libre cours aux querelles byzantines. Surtout dans un contexte où soutenir l’éventualité d’un dialogue expose au désaveu populaire. Or une opposition républicaine, clamant son intention de gouverner, peut difficilement rejeter une solution politique. Autrement dit, un radicalisme éloigné des subtilités de la politique pourrait considérablement compromettre l’un de ses objectifs immédiats : apparaître aux yeux de la communauté internationale comme une alternative crédible à l’actuelle majorité.

Eclosion de la vérité

A y regarder de près, tout reste encore possible : le dialogue voulu par Ali Bongo peut permettre une vivisection de la machine électorale. Il peut être l’occasion d’analyser le mécanisme de confection de la liste électorale. Il peut servir à revisiter le processus de validation de la candidature controversée d’Ali Bongo. Il peut donner lieu à des éclairages sur les multiples arrestations de leaders d’opinion. Il peut faciliter l’analyse du déroulement des opérations de vote. Il peut aider à cerner le rôle des personnels de commandement, notamment dans la province du Haut-Ogooué. Il peut contribuer à évaluer l’impact des perturbations des télécommunications sur la sincérité des résultats. Il peut figurer la responsabilité des experts mandatés par l’Union africaine dans le processus de recomptage mené par la Cour constitutionnelle. Surtout, il peut ouvrir la voie à un bilan exhaustif de la répression et à une identification des commanditaires et exécutants. En un mot comme en mille, la recherche de solutions aux causes et sous-causes du blocage démocratique doit constituer la trame de ces assises.

De l’entreprise française Gemalto à l’Agence de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep) en passant par les compagnies de téléphonie et fournisseurs d’accès internet ou encore les responsables des institutions impliquées, toutes les parties impliquées dans l’organisation de la présidentielle du 27 août dernier doivent être interpellées. Les membres de la Cour constitutionnelle, le président de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), le procureur de la République, les ministres de l’Intérieur ayant conduit le processus d’enrôlement, le ministre de la Défense au moment des faits, le président de l’Arcep, le gouverneur de la province du Haut-Ogooué, le président de la Cour d’appel judiciaire ou les responsables des forces de défense et de sécurité devraient alors saisir cette occasion pour contribuer à l’éclosion de la vérité.

Chacun d’eux pourrait situer l’opinion sur sa participation à ce vaudeville traumatique. Individuellement et collectivement, ils devraient se tenir prêts à assumer l’énonciation de leurs actes, leur effectuation et, par suite, les réparations voire les suites, judiciaires ou non. On ne peut et ne doit faire comme si la dernière présidentielle ne s’était soldée par des flots d’hémoglobine et des torrents de larmes.

A cette occurrence, et à elle seule, le dialogue national voulu par Ali Bongo pourrait avoir du sens. Il y a, de ce fait, nécessité à s’accorder préalablement sur le problème à résoudre. Hors de cela, le pays pourrait se retrouver face à une impasse, sur une question politique dont l’onde de choc peut traverser plusieurs générations. Malheureusement, au train où vont les choses, on imagine déjà la suite : un consensus mou sur de prétendues réformes institutionnelles, condamnées à être ensuite modifiées au gré des intérêts de la majorité.

En somme, un échec salué par les «fondamentalistes» des deux camps. La régression politique vers une période anesthésiante. Avec, en prime, le discrédit de la classe politique. Pourtant, une solution politique demeure indispensable. Pour rompre avec le surplace et la tradition du rendez-vous manqué, une analyse froide s’impose, au-delà des convenances et carrières personnelles. Il s’agit de penser les défis du moment avec imagination, audace et rigueur. Cet indispensable examen de conscience se fera-t-il ? Nul ne le sait. Une chose est cependant sûre : si les défis et le futur condamnent à s’y risquer, le combat pour la démocratie et le progrès commande d’agir selon une stratégie pensée.

avec gabonreview

Mardi 15 Novembre 2016
Gabonlibre.com : News 7J/7
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