LIBREVILLE — Le directeur de publication du quotidien national gabonais L'Union, Albert Yangari, a été interpellé par des militaires vendredi après des articles de son journal sur les violences post-électorales à Port-Gentil (ouest), a-t-on appris auprès des autorités et de témoins.
Une unité de bérets rouges, une des troupes d'élite de l'armée gabonaise, a arrêté en fin de matinée Albert Yangari, alors que sa voiture était sur une bretelle d'accès à la Cité de la démocratie, un quartier de Libreville, non loin du siège du quotidien, selon un journaliste de l'AFP qui a assisté à la fin de l'opération.
Un conseiller du ministère de l'Intérieur et de la Défense a confirmé à l'AFP que l'interpellation était en relation avec une enquête du journal sur les événements de Port-Gentil.
L'Union publie depuis trois jours une enquête sur les violences post-électorales qui ont secoué Port-Gentil entre le 3 et le 6 septembre. Le journal a notamment mis en cause le bilan officiel de trois morts, recensant cinq tués et affirmant que "le nombre de victimes peut atteindre 22 personnes".
Alors que le gouvernement a toujours affirmé qu'aucune victime n'a été tué par les forces de sécurité, l'Union avance qu'au moins trois personnes sont mortes des suites de tirs des forces de l'ordre.
Joint au téléphone, l'auteur de l'article Jonas Moulenda a affirmé à l'AFP qu'il craignait d'être arrêté à son tour.
Source AFP
Obama Mamboundou