News & Infos Utiles...
Gabonlibre.com
Gabonlibre.com
News 7J/7&Infos Utiles...
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Notez

Gabon : Professeur Pierre André KOMBILA : France-Afrique, le changement est il possible ?

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Jeudi 31 Mai 2012 à 13:45 | Lu 2890 fois



Gabon : Professeur Pierre André KOMBILA : France-Afrique, le changement est il possible ?
Raisons d’espérer

Le 6 mai 2012, la France a porté à sa tête le Socialiste François Hollande. Avènement d’un deuxième président socialiste depuis que l’Afrique a accédé à la souveraineté internationale. Il n’est donc pas surprenant que cet événement soit au cœur des approches et analyses des exégètes politiques de notre continent quand on tient compte des évolutions vécues à chaque accession aux affaires de cette famille politique. Ce fut d’abord en 1956 avec la loi-cadre qui porte le nom de Gaston Defferre ministre de Guy Mollet. Elle fut porteuse d’espérance pour notre espace, ouvrant la voie de la décolonisation de l’Afrique Noire; puis François Mitterrand en 1990 au sommet de la Beaule qui a exigé pour nous la démocratie. Malheureusement, ici, ne prospéra que le multipartisme et ce qu’il est convenu de nommer aujourd’hui le mirage ou l’illusion démocratique, par suite de renonciation et de reculs successifs de la pratique démocratique.

Nous saluons donc l’arrivée de François Hollande à la tête de la France, avec l’espoir qu’il posera sa troisième marche sur cette échelle de la liberté africaine. Nous nous en félicitons, car, nos espoirs pour une nouvelle politique africaine de la France renaissent. Elles se justifient pour 3 raisons : d’abord, parce qu’il nous revient à l’esprit cette question que, pour dire ce qu’il dit, cet être « normal » parviendra-t il à se désavouer comme ses prédécesseur ?« Nous ne sommes pas n’importe quel vieux pays… Nous sommes la France, et en tant que président de la République, il m’incombera d’exprimer les aspirations de la France : la paix, le respect et la capacité de donner aux peuples le droit de se libérer de la dictature. Tout ce que je ferai partout dans le monde le sera au nom des valeurs de la république ».

Félicitation pour cet engagement de la France qui a offert aux Etats-Unis d’Amérique, au moment où la France s’égarait dans des combats fratricides, la Statut de la Liberté dont la mission est d’éclairer le monde.
La deuxième raison d’espérer est que cette alternance qui vient de s’opérer en France voit arriver au pouvoir une autre idée de la France qui sied à tous ceux qui connaissent l’histoire de ce pays et qui savent que la gauche c’est un autre mode de contact entre français et aussi avec l’étranger. C’est surprenant comme les idéologies politiques déterminent le comportement des hommes !
Pour preuve vécu dans le passé, demain déjà, quand le subsaharien débarquera à Roissy, le policier qui estampillera son passeport lui esquissera un sourire et le lui remettra sans le retourner 100 fois.

La troisième raison d’espérer vient du fait que c’est François Hollande accompagné d’une équipe d’hommes et de femmes dont les idées et les comportements nous rapprochent de ces hommes et de ces femmes qui, après un siècle de lumière, ont imposé 1789, ouvrant le début de la fin d’un système ancien de domination de l’homme par l’autre, dont est née la déclaration universelle des droits de l’homme. Ainsi espérons-nous qu’ils sauront mettre en bonne place la primauté des droits humains sur les intérêts mercantiles. Il est un fait, comme dit l’adage, que quand, la morale rentre par la porte, le vice ne peut que fuir par la fenêtre. Le code de déontologie du gouvernement français est peut être le gage d’espoir pour une gouvernance exemplaire ?

Les Habitudes du passé ou le poids d’une certaine histoire

Malheureusement, cet optimisme se voit modéré par le poids d’une certaine histoire qui tient des habitudes du passé. Les mésaventures de J.M.Bockel et avant lui Jean Pierre Cot, doivent-ils nous pousser à tempérer nos attentes vis-à-vis de cette nouvelle France-ci ? Celle qui a gagné et qui vient de réaliser l’alternance, dans laquelle il faut bien sûr donner leurs places au vert avec Madame Joly que nous saluons au passage pour son rôle dans la moralisation, en d’autres temps, des mœurs de certains pétroliers du Gabon ainsi que le Front de Gauche avec Jean Luc Mélenchon dont le discours nous a rappelé le passé militant des mouvements étudiants des années 1960-1975, cette France là pourra-t elle renier son credo : « le changement c’est maintenant » ?

.
Pour ceux de notre génération qui ont vécu lycéens le passage exaltant de la colonisation à l’indépendance(1958-1960), étudiant militant et fonctionnaire doublé d’acteur politique, la terreur de la longue période de la guerre froide avec les dictatures des partis uniques (1960-1990) et vivons avec amertume la période de l’illusion démocratique depuis 1990, la distribution des rôles dans ce monde qui nous écrase leur est bien connue.

Oui, ce vécu où à chaque pas la présence ou l’action de la France fut notable, a fini par faire prendre conscience qu’il est nécessaire et indispensable que d’autres liens, d’autres relations soient pensées avec l’ancienne métropole, avant d’évoquer, comme certains l’envisagent la nécessité, pour nous, d’une seconde indépendance, avec le cortège de violence que cela suggère.

A l’heure où des luttes armées sont difficiles à imaginer, seules des accords négociés semblent indiqués pour résoudre les antagonismes. Oui, Il nous faut examiner à froid nos relations et nos volontés respectives. Que veut la France de l’Afrique et qu’attendent les Africains de la France ? Qu’on ne se méprenne pas, les élites africaines connaissent leurs responsabilités, leur faiblesse et le rôle qui doit être le leur dans la promotion de la démocratie, et la marche vers le développement. Mais sont ils entendus par ceux-là qui maîtrisent les forces d’oppression et de manipulation de toute sorte?

Cette réflexion peut-elle nous faire comprendre pourquoi les liens avec la France doivent-ils toujours être empreints de violence, de malice ou de tromperie ? Pourquoi la France officielle s’efface t elle devant la France des affairistes, des filous, des amitiés interdites ? Est-ce que l’Histoire de la pénétration et de l’installation coloniale suffit elle à expliquer ceci ? Née dans la violence, celle-ci est-elle condamnée à se perpétuer? Nous savons que pour s’installer sur ce territoire la France a du mâter les populations. Dès le départ, la pénétration française naît dans la douleur avec plusieurs nids de résistances auxquels répondaient des répressions brutales et dévastatrices. Des relents de ce passé ont été vécu de nouveau en 1964 lorsque des jeunes officiers ont déposé Léon Mba et en 1990 lors des événements de Port-Gentil. Et c’est depuis lors qu’a été institué la présence militaire française au Gabon, avec une garnison militaire à Libreville et son renforcement par une seconde à Port-Gentil après les événements de 1990.

Doit on conclure que 1960 n’a, en rien, changé la vision qu’a une certaine France du Gabon ? C’est fort probable pour une certaine France que représente les 65% de Français qui, au Gabon votent invariablement la droite ou l’extrême droite ? Car voter Sarkozy en avril 2012 n’était il pas aussi faire un clin d’œil au Front National !

Depuis qu’il est détaché de la tutelle sénégalaise en 1859, le Gabon est devenu et demeure un grand secteur d’échanges commerciaux pour l’Occident. A l’époque le Gabon est avant tout fréquenté pour l’ivoire, l’ébène, le bois rouge (padouk), le bois de santal et la cire. L’ivoire était très recherché par les Anglais qui l’exportaient vers les royaumes de la Côte de l’Or où il était préféré à l’ivoire local. Un retour en arrière qui nous fait découvrir que la défaite de 1870 faillit faire abandonner le Gabon n’eut été l’entêtement de Mgr Bessieux qui refusa de quitter cette terre, puis les découvertes des Missions Marchand et de Compiègne qui identifièrent l’immensité des richesses de ce territoire, nous confirme que ce sont les richesses du Gabon qui expliquent et justifient tant de violences poursuivies aujourd’hui encore par tant de vicissitudes

Et à partir des années 1950, Mounana a contribué à la première explosion de la bombe atomique française et depuis lors, Port-Gentil et le littoral sud fournissent le pétrole pour ne parler que des produits stratégiques. Et l’on comprend alors aisément qu’en 1960, alors que la France transférait l’autorité aux gabonais, à un Léon Mba qui ne voulait pas de l’indépendance, des accords particuliers furent concluent qui lient l’exploitation des matières stratégiques de notre sous-sol, à un accord préalable de la France avec, en outre la liberté d’exploiter nos espaces aérien et maritime.

Pour les entreprises françaises, l’Afrique qui maintient un taux de croissance autour de 5% reste un partenaire intéressant et un marché important pour l’avenir. (Le Conseil des investisseurs français en Afrique compte 1000 entreprises comme membres, avec un chiffre d’affaire combiné annuel de 40 milliard € (52 milliards $, £32 milliard) auquel, il faut ajouter 12 milliards d’euros supplémentaires pour les entreprises non membres.) ( in British Broadcasting, 9 mai 2012). La part du Gabon n’en est pas négligeable

Il n’est donc pas surprenant qu’en 1964, à la suite d’un coup d’état militaire et en 1990 lors d’événements populaires à Port-Gentil les forces armées françaises intervinsent.
Les gabonais qui aspirent à la démocratie, à la justice et au développement ne sont pas naïfs. Ils connaissent l’importance des intérêts français en Afrique et au Gabon en particulier qui disposent d’immenses richesses. Ils savent aussi qu’entre nations il n’y a que les intérêts qui comptent comme le disait le Général De gaule.

Aussi, beaucoup d’entre nous se demandent-ils, avec l’ expérience de JP Cot et JM Bockel, quelle évolution vont connaître les déclarations du Président Hollande ? Souvenons nous que Le Président Sarkozy avait annoncé pour sa politique de rupture que les accords de coopérations avec le Gabon seraient révisés et examinés par les deux parlements français et gabonais. Je viens de quitter la 11e législature et n’ai pas eu l’occasion d’examiner ces textes. D’ailleurs, le journal Le Monde n’avait il pas en son temps annoncé la vacuité de cette annonce!

Ce qui pollue les relations France-Gabon, ce sont les conflits d’intérêts. Des liens particuliers d’affaires sont tissés entre la famille présidentielle et les entreprises installées au Gabon, dans lesquelles pataugent des hommes politiques français. A tel point qu’il est difficile de savoir si les responsables du domaine public travaillent pour l’Etat ou pour des individus.
Il est inimaginable que dans un tel contexte qui écarte les relations d’état à état et qui privilégie les relations personnelles, puisse germer une volonté d’alternance politique.

Le Gabon, disons le, est un pays à grande potentialité économique (3e PIB du Continent). Mais les gabonais demeurent pauvres à 80% et 20% vivent en dessous du seuil absolu de pauvreté, dont un grand nombre se ravitaillent dans les décharges publiques de Libreville. Ceci n’étonne guère, car depuis 1960 notre pays est gouverné comme un état maffieux, sans plan réel de développement. Ici, c’est un lobby d’affairistes gabonais et étrangers qui est au centre de tout, appuyé par une cellule depuis l’Elysée. Et Michel de Bonnecorse ne disait pas autre chose en déclarant sur RFI, au cours de ce mois de mai à propos de Sarkozy : «non seulement la rupture promise n’a pas eu lieu, mais la coopération a été ramené bien en arrière avec tant de déviances, ou les fonctionnaires ont été remplacés par des affairistes.»

En fait, le contrôle du pouvoir gabonais par des tiers date de l’aube de la naissance du nouvel état. En effet, l’élection de 1957 qui a conduit à l’Assemblée Nationale territoriale les députés qui devaient élire le Premier Président qui allait amener le Pays vers l’indépendance avait donné la majorité à l’UDSG, parti de Jean Hilaire Aubame. Et en 1958 Jean Hilaire Aubame, proche du parti socialiste français sera écarté du pouvoir par un jeu du puissant lobby forestier d’alors, au profit de son rival Léon Mba pour des raisons mercantiles.

En 1967, Léon Mba malade, le VP d’alors Paul Marie Yembit est évincé au profit d’Albert Bernard Bongo, agent des services secrets français. Il deviendra par la suite chef d’Etat par des artifices constitutionnels. Bongo restera 46 ans au pouvoir. Et à sa mort, son fils sera imposé depuis l’Elysée, par Bourgi interposé. Ainsi, jusqu’à l’élection présidentielle de 2009 qui a vu le nom du vainqueur dicté depuis l’Elysée aux deux présidentes, celle intérimaire de la République et celle de la Cour Constitutionnelle, aucun scrutin remporté par ceux qui détiennent le pouvoir n’a obtenu le verdict populaire.

De passage à Libreville Sarkozy niera l’intervention de la France dans cette mascarade électorale et ce même Sarkozy recevant Maky Sall récemment élu démocratiquement, osera ranger l’élection d’Ali Bongo parmi les alternances démocratiques du Continent.
L’implication d’une certaine France dans les affaires du Gabon parait donc claire. Quelques éléments qui démontrent la complicité du pouvoir français transparaissent dans les accessions au pouvoir chez nous et montrent bien que ceux qui ont présidé aux destinées du peuple gabonais n’ont jamais été l’émanation du suffrage populaire et que le pouvoir français a toujours soutenu ces manipulations. Déjà en 1964, la France a rétabli Léon Mba renversé par une junte de jeunes officiers.

En 1967, Léon Mba mourant, Jacques Foccart a imposé Albert Bernard Bongo comme successeur. Et en 1990, après avoir aidé à mâter les manifestations de Port-Gentil, elle renforça sa présence en installant la deuxième garnison militaire de Port-Gentil, après celle de Libreville.

Quelle voie ?

Lorsque nous évoquons ces faits, certains analystes français parlent, à juste titre, de jérémiades. Reconnaissons pourtant que le Gabon a connu dans les années 1990 ses heures de contestation ; il est vrai bien moindre, parce que moins soutenu dans le temps que les printemps arabes. Mais à Port-Gentil l’armée Française est venue au secours de celle du Gabon pour arrêter le mouvement. Et en 1994, les mouvements de contestations furent calmés par l’annonce de la paix des braves qui ouvrit la voie aux Accords de Paris. En 2009 une insurrection populaire fut noyée dans le sang à Port-Gentil.

Comment conjurer les jérémiades sans tomber dans le piège du rêve de la nouvelle indépendance. D’autant qu’il est vrai que l’Histoire a peu d’exemples où le colonisateur abandonne de gaieté de cœur ses colonies. Nous pouvons ici ensemble et pour mémoire évoquer les exemples de l’Algérie et du Vietnam et la violence engendrée par les velléités d’indépendance de ces 2 nations.

Mais aujourd’hui avec la mondialisation et bien plus encore demain avec la nouvelle approche où les états peuvent avoir un droit de regard sur les économies et les finances, l’égoïsme des nations peut elle céder la place à la complémentarité des nations ? La quelle complémentarité pourrait passer par l’avènement des partenariats solidaires. L’on pourrait ainsi actualiser maintenant cet écrit d’Albert Schweitzer : « je m’étonne qu’à notre époque de politique coloniale, on n’ait pas compris cette nécessité d’envoyer là-bas des formateurs, qu’on n’ait pas crée un mouvement de mission laïque, qui enverrait en coopération des hommes de tous les métiers, capables d’aider les colonisés à se développer….. Il nous faut être habité par des idéaux de civilisation. »


Nous pouvons parvenir à ce degré de raisonnement si nous prenons conscience qu’une coopération entre deux nations de niveau de développement inégaux et guidé par le seul esprit des affaires n’a engendrée ici que le mal développement et tout son corolaire: corruption, gabegie, népotisme, pouvoir héréditaire et j’en passe.
Il est possible d’imaginer d’autre nouveau type de partenariat associant un peu d’humanitaire à travers des projets d’échanges profitable à tous.

Un tel type de Partenariat demande de «substituer », comme le dit Joffrin dans le Nouvel Observateur ou tout au moins d’associer, « l’économie de marché aux aspirations humaines ». Ce qui fut poursuit-il toujours la mission de la sociale démocratie. Et quand le premier Ministre Ayrault parle de co-développement, n’ouvre-t il pas une nouvelle approche dans les échanges à venir ?

Ainsi avec la France, le Gabon peut sortir du mirage démocratique. D’autant plus que le Gabon a disposé dans un passé récent des outils pour le démarrage d’une vraie démocratie qui aurait pu conduire vers l’alternance. Mais nous savons comme le dit, dans son essai « Afrique : le mirage démocratique », Vincent Hugeux, « dans les économies rentières, tant que l’accès au pouvoir restera le seul moyen d’accéder aux ressources, il n’y aura pas de culture d’alternance. »
En fait, le sommet de la Beaule qui devait être le prélude à cette culture d’alternance parce qu’il initia la conférence nationale qui nous permit d’élaborer des outils pour le démarrage d’une démocratie alternative, ne connut aucun accompagnement et n’accoucha que du seul multipartisme.

En effet, la Conférence Nationale de 1990, dans ses recommandations amena l’Assemblée Nationale où, bien représentée à l’époque, l’opposition fit adopter une Constitution et une loi électorale qui avaient pu permettre la victoire d’un opposant (Mba Abessole) à l’élection présidentielle de 1993. Et en 1996, la loi électorale 7/96, issue des Accords de Paris de 1994 avait permis à l’opposition de remporter les élections des mairies des grandes métropoles du Gabon( Libreville, Port-Gentil, Oyem, Mouila) et d’avoir des représentations dans beaucoup de municipalités secondaires, comme Makokou, Gamba…

Malheureusement, toutes ces avancées furent éphémères. Sans doute à cause de deux facteurs : le renoncement de Mitterrand à l’esprit de la Baule et l’entêtement d’un pouvoir gabonais, fort de ses soutiens extérieurs, adepte du pouvoir familial et héréditaire, dominant les forces de sécurité et de la défense nationale, régnant sur l’administration, à conserver le pouvoir à vie. Ainsi, le Parti Démocratique Gabonais(PDG) au pouvoir depuis 54 ans, après nous avoir détourné la victoire de 1993, a réussi, par des ordonnances successives, à ramener notre loi fondamentale de 1991 et la loi électorale 7/96 au niveau des textes de Parti unique, avec lesquels il a gouverné avec terreur de 1968 à 1990, et a pu lui permettre d’imposer le fils du président Bongo pour succéder à son père en 2009.

C’est ainsi que, à ce jour, le Gabon est revenu quasiment à l’état de parti unique d’avant 1990.
Avec un président de la République à vie, une Assemblée Nationale monocolore (116 député du PDG sur 120 élus).
Et maintenant, quel avenir ?

Les années 1990 restent dans nos mémoires comme celles des Conférences nationales en Afrique. Ces conférences nationales devaient dans l’esprit de François Mitterrand ouvrir la voie de la Démocratie au sortir du Sommet de la Baule (19-21 juin 1990). Reconnaissons-le, en décrétant la mort des partis uniques, ces conférences ont permis le retour au multipartisme. Pour ceux d’entre nous qui étaient dans l’opposition, la Baule a été avec l’avènement du multipartisme, une bouffée d’oxygène, un souffle de liberté, bien qu’elles n’aient en définitive engendré qu’illusion. Mais disons-le, cette illusion permet au moins une certaine expression.

La prise du pays en otage par le PDG ne se comprend que par les liens multiformes que les richesses du Gabon ont permis à la famille du pouvoir de tisser avec le milieu des affaires et avec le sommet du pouvoir politique de la France. En exigeant au pouvoir gabonais de promouvoir la démocratie, François Mitterrand nous a, peut on dire, aider à parvenir au multipartisme, actuellement en vigueur quoique de temps en temps on lui tord le cou, comme avec la dissolution de parti politique.

En fait dans son propos à la Baule François Mitterrand suggérait une démocratie véritable: « lorsque je dis démocratie, lorsque je dis que c’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparait la nécessité d’une grande liberté, j’ai naturellement, un schéma tout prêt : système représentatif, élection libre, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure. »

Rien de tout ce qui est dit ici n’est effectif au Gabon. Le pouvoir a fait de l’élection un lobby puissant pour justifier sa pérennisation. Aujourd’hui la Cour Constitutionnelle comme la Commission électorale sont les outils de conservation du pouvoir du Parti démocratique gabonais. Le ministère de l’intérieur restant le laboratoire des manipulations diverses.

La situation du Gabon aussi bien politique, administratif qu’économique montre que le choix des Hommes sensés organiser le pays ne correspond à aucune grille des valeurs identifiée. Pour corriger cette situation, il nous faut aujourd’hui remettre en place les instruments d’une démocratie réelle qui garantissent les libertés fondamentales, des élections libres et n’autorise pas un présidence de la République à vie. Il nous faut repenser la représentation et le rôle de la Cour Constitutionnelle et de la Commission électorale ainsi que leurs liens avec le ministère de l’intérieur pour un système électoral fiable.

Aux Accords de Paris de 1994, l’arbitrage de Roland Dumas avait fini par faire accepter au PDG que la commission électorale devienne détentrice de la liste électorale, comme le suggérait alors l’opposition. Mais depuis lors nous sommes revenus à la case départ. Récemment encore, j’ai dû en plein conseil interministériel, croiser le fer avec un ancien ministre de l’intérieur, actuellement dans l’opposition, qui craignait qu’entre les mains de la commission, cette liste ne devienne propriété des opposants. Comme quoi la liste électorale demeure aujourd’hui un des instruments de fraude majeur du PDG.

Le Gabon ne peut pas continuer à fonctionner avec le système politique actuel. Ici, c’est une minorité inefficace et arrogante qui est au pouvoir. Plus de 80% d’électeurs se sont abstenus lors de la dernière élection législative de décembre 2011. Et c’est une infime minorité qui a porté ses voix sur le président de la République actuel en 2009.


Des propositions allant dans le sens d’une organisation d’élections transparentes, justes et libres sont indispensables. Nous en faisons deux
Il s’agira 1°) de revenir à la loi fondamentale de 1991 et à la loi électorale 7/96 de 1996, tout en les expurgeant des points qui ont favorisés les abus du PDG ;
Il s’agira 2°) de récuser les responsables actuelles de la Cour Constitutionnelle et de la CENAP. Ces deux structures seront mises sous la responsabilité de professeurs de droit reconnus pour leur probité et leur renommée nationale et internationale dans cette phase transitoire.
Une commission restreinte composé des responsables des partis politiques représentés à la 11e législature suffira pour la révision de la Constitution qui sera ensuite soumise à référendum, avec interdiction formelle de révision par Ordonnance. La même commission relira et réadaptera la loi électorale 7/96 issue des accords de Paris de 1994. Les autres instruments de la transparence seront mise en place pour que fin 2013, le Gabon puisse organiser des élections générales.


Professeur Pierre André KOMBILA

Jeudi 31 Mai 2012
Gabonlibre.com : News 7J/7
Vu (s) 2890 fois



Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

16.Posté par Dorothée le 05/06/2012 10:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Raison d'espérer, il est important de susciter le débat pour que se maintienne la démocratie! Nous avons en plus tous une responsabilité de transmission quelques soient les générations. Le devoir de mémoire est indispensable même si celà peut paraitre redondant. Il y'en aura toujours un qui n'aura pas été au courant. Se mettre en première ligne demande du courage et beaucoup de responsabilité. C'est pour celà que peu se lève pour guider les hommes et nombreux sont ceux qui trouvent une position confortable dans la critique. Elle est constructive lorsqu'elle s'accompagnent de propositions. Soyons donc constructifs, débattons sans amertume. Le Gabon s'est construit par l'arrivée de différents peuples: portugais, américains, anglais, français, camerounais, congolais, béninois, sénégalais, équato guinéens etc...Le nom de notre capitale en est le témoignage. C'est celà qui fera le terreau fertile des grands hommes de demain et la Grande Nation qui nous deviendrons.
L'imagination est tout. C'est un avant-goût de ce que la vie nous réserve. (Albert Einstein) Soyons donc imaginatifs pour réserver le meilleur au Gabon

15.Posté par Pr.Pierre André Kombila le 04/06/2012 22:31 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Je voudrais remercier tous ceux qui réagissent a cette réflexion. A ceux qui mènent ici un débat contradictoire je voudrais dire que s ils veulent une réponse historique et précise a leurs questionnements il serait bien indiqué qu ils donnent leur identité ou qu ils n hésitent pas a me contacter. Je préfere parler de questionnement parce que ce qui est dit ici sur les événements de 90 a 94 n a aucun contenu et est souvent éloigné de la réalité historique. Ils peuvent me voir pour leur éviter de dire des contre vérités historiques. Quant a notre responsabilité sur la pérennisation du PDG au pouvoir je ne sais pas ou était cet anonyme pendant ce temps. je suis ouvert au débat le plus large possible pour éclairer l avenir de notre pays

14.Posté par Elijah le 02/06/2012 01:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Grand bravo à PDGiste-A-Mort !!!! Brillante intervention !!!!
J'ai hate de lire la reponse du professeur !!!

13.Posté par Ali9% le 01/06/2012 18:40 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Même les guignoles ont les vrai résultats de l'élection Gabonaise

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=RoYMoEMGwTk

12.Posté par mathiasse le 01/06/2012 17:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
tout a fait d accord avec pdgiste à mort bien qu etant contre ses idées parfois mais cette fois je reconnais que se qu il dit est vrai notre professeur na pas une leçon d histoire à nous donné car eux ont raté d écrire la vrai histoire du gabon et aujourdhuit acause je dis bien acause des gens comme les kombila nous subissons se que nous sommes entrain de vivre car s il etaient aller a cette conference pour l interet du peuple on parlerais autre chose aujourdhuit mais ils ont choisi l interet personnel le resultat c est se que nous savions deja quand à croire qu avec hollande au pouvoir les choses vont changer bonnet blanc bonnet enfin c est a nous peuple de nous soulevé et non attendre une quelconque decision de l hexagone comme dit un passage dans la bible aide toi et le ciel t aidera vivra

11.Posté par TCHOUGOUDJA LE FILS le 01/06/2012 16:57 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
L e biafrais et sa clique de mercenaires et lèche-culs finiront par comprendre que comme la vielle France, le Gabon n'est pas n'importe quel pays. Les manipulations et autres plans machiavéliques de la machine rouillée PDGiste finiront par se retourner contre eux-mêmes.

Merci professeur.

10.Posté par Grand-Maître Maçon Hiram Abiff le 01/06/2012 10:38 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pour une fois, je suis en accord parfait ou presque avec PDGiste-A-Mort. Kombila et une bonne partie de l'opposition de circonstance dans notre pays devrait arrêter d'entretenir leur cirque dans l'imaginaire populaire. Surtout lui, Kombila, il sait en son fort intérieur le rôle qui a été le sien en 1993/1994 pour aider au maintien du régime Pédé-juste, au nom du principe bien ancré dans certains certains esprits du TSF. En 2009, Gagui Ojukwu Obi Jeffrey Bongo n'a pu se maintenir au pouvoir que grâce au TSF. J'ai des preuves qu'il ne sert plus à rien d'exposer, pour ne compliquer davantage la situation, alors que le peuple commande une union sacrée des patriotes. Il est temps, et grand temps, qu'ils prennent leur retraite politique, bien préparée d'ailleurs avec leur participation aux gouvernements Bongos. Au plan historique, vous ne nous apprenez rien, car vous rabâchez des lieux communs, des classiques dignes d'un cours en école primaire.

Ce n'est pas François Hollande, quelle que pourrait être sa volonté, qui viendra faire soulever la population pour chasser ce régime de criminels incompétents entre des mains d'un gang d'apatrides nigerio-bénino-malo-sénégalo-ivoiro-américano-franco-libano-soudano... C'est au Gabonais de prendre leurs responsabilités pour changer le cours tragique de leur histoire déjà trop longue. Les Nigériens et les Maliens l'ont fait avec leurs armées, nous pouvons le faire avec la population civile; étant donné que l'armée gabonaise s'est avérée finalement n'être qu'un gang de commerçants corrompus.

D'ailleurs, par votre mariage, vous êtes de ceux qui représentent les intérêts de la françafrique au Gabon. Elle a été utilisée avec efficacité pour obtenir votre soutien à Bongo en 1993, en 1994 et votre entrée au gouvernement en 2006. Arrêtez de nous blaguer.

9.Posté par PDGiste-A-Mort le 01/06/2012 01:52 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pr Kombila,

Vous excuserez ma déception amertumée à la fin assez pénible, je dois dire, de vous lire. Elle est grande ma déception, si grande dans la lassitude qui m'a pris de relire, en cet article (plus proche du conte que d'une analyse politique), un discours que vous ou votre Compère a déjà prononcé à une époque faste où les Gabonais (plus que Mitterrand et La Baule !) vous avaient offert l'occasion immanquable de forcer le PDG à une alternance au pouvoir. Je parle de La Conférence Nationale, où la chance avait tourné, elle était du côté de votre opposition, il suffisait à vous et à vos amis, desimplement voter la "Souveraineté" de La Conférence Nationale et ainsi décider avec les pleins pouvoirs, la Déposition immédiate de feu Omar Bongo.

Or, qu'en avez-vous fait ?

Que je vous rafraîchisse un peu la mémoire. Vous avez été une majorité écrasante à vous abstenir de voter "Souveraine" La Conférence Nationale, et de cette manière, votre opposition ratait l'opportunité de faire tomber le PDG. Dois-je vous rappeler, cher Professeur, que La Conférence Nationale gabonaise a été la seule du continent à agir ainsi ? Que vaut alors toute cette piqûre de rappel qui ne vise qu'à tenter de vous disculper, assez maladroitement d'ailleurs ?
Dois-je vous rappeler également que des Gabonais sont morts pour votre cause, pendant que vous, votre Compère, ainsi que tous les opposants sauf feu Pierre Mamboundou Mamboundou (notre dernier opposant !!!) couraient publiquement à la soupe ou négociaient clandestinement des ponts d'or dans la signature anticonstitutionnelle des Accords de Paris ?

Professeur, laissez-moi vous dire que si le PDG ne partage pas son règne au Gabon depuis 56 ans, c'est en toute ou partie parce que vous y aviez largement contribué ! Et ça n'est pas fini !

Mais le sommet de ma déception, Professeur, (en espérant vivement que vous répondiez à cela !) est que votre article passe sous silence le secret de polichinelle que l'ensemble de la classe politique cache aux Gabonais, à savoir que c'est un Souverain Grand-Commandeur pdgiste qui a toujours grassement "payé les voyages et les déplacements" de ses Frères opposants. C'est notamment pour cette obéissance aveugle que plusieurs parmi vos pairs se sont toujours promis de mourir plutôt que d'aller incendier une loge, n'est-ce pas, Professeur ?

Alors épargnez-nous cette litanie de larmes, je vous prie.

Vous et les autres, il est grand temps de passer votre tour ; et daignez faire de la place à la jeunesse, à une relève moins arriviste que ne fut votre fausse et fourbe opposition à feu Omar Bongo !

J'attends vos réponses.

Respectueusement.

8.Posté par PDGiste-A-Mort le 01/06/2012 01:52 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pr Kombila,

Vous excuserez ma déception amertumée à la fin assez pénible, je dois dire, de vous lire. Elle est grande ma déception, si grande dans la lassitude qui m'a pris de relire, en cet article (plus proche du conte que d'une analyse politique), un discours que vous ou votre Compère a déjà prononcé à une époque faste où les Gabonais (plus que Mitterrand et La Baule !) vous avaient offert l'occasion immanquable de forcer le PDG à une alternance au pouvoir. Je parle de La Conférence Nationale, où la chance avait tourné, elle était du côté de votre opposition, il suffisait à vous et à vos amis, desimplement voter la "Souveraineté" de La Conférence Nationale et ainsi décider avec les pleins pouvoirs, la Déposition immédiate de feu Omar Bongo.

Or, qu'en avez-vous fait ?

Que je vous rafraîchisse un peu la mémoire. Vous avez été une majorité écrasante à vous abstenir de voter "Souveraine" La Conférence Nationale, et de cette manière, votre opposition ratait l'opportunité de faire tomber le PDG. Dois-je vous rappeler, cher Professeur, que La Conférence Nationale gabonaise a été la seule du continent à agir ainsi ? Que vaut alors toute cette piqûre de rappel qui ne vise qu'à tenter de vous disculper, assez maladroitement d'ailleurs ?
Dois-je vous rappeler également que des Gabonais sont morts pour votre cause, pendant que vous, votre Compère, ainsi que tous les opposants sauf feu Pierre Mamboundou Mamboundou (notre dernier opposant !!!) couraient publiquement à la soupe ou négociaient clandestinement des ponts d'or dans la signature anticonstitutionnelle des Accords de Paris ?

Professeur, laissez-moi vous dire que si le PDG ne partage pas son règne au Gabon depuis 56 ans, c'est en toute ou partie parce que vous y aviez largement contribué ! Et ça n'est pas fini !

Mais le sommet de ma déception, Professeur, (en espérant vivement que vous répondiez à cela !) est que votre article passe sous silence le secret de polichinelle que l'ensemble de la classe politique cache aux Gabonais, à savoir que c'est un Souverain Grand-Commandeur pdgiste qui a toujours grassement "payé les voyages et les déplacements" de ses Frères opposants. C'est notamment pour cette obéissance aveugle que plusieurs parmi vos pairs se sont toujours promis de mourir plutôt que d'aller incendier une loge, n'est-ce pas, Professeur ?

Alors épargnez-nous cette litanie de larmes, je vous prie.

Vous et les autres, il est grand temps de passer votre tour ; et daignez faire de la place à la jeunesse, à une relève moins arriviste que ne fut votre fausse et fourbe opposition à feu Omar Bongo !

J'attends vos réponses.

Respectueusement.

7.Posté par Belafonte le 31/05/2012 23:07 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Belle leçon d'histoire. Mais on connaît tous comment on finit tous ceux avaient le même discours. Chacun veut se frayer un chemin vers la soupe de manière plus ou moins voilée.

1 2
Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Gabonlibre.com : Chers intervenants, injure = exclusion définitive de notre...Signalez nous des commentaires hors sujet en cliquant "Alerte"

Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Gabonlibre.com . Si votrese veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures personnelles entre certains lecteurs qui se connaissent aussi bien de façon épistolaire que physique.

Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

Jean Ping Président élu | La Résistance Gabonaise | Histoire du Gabon | MCG | Revue Politique | Revue Economie | Revue Société | Annonces Classées | Société Civile | MDFC | CAPPO | Gabon Occupé par l'imposteur | Les Collabos | Communiqué | Les Réactions | Les syndicats / Grève | Faits Divers | Interpellation | Revue Infos Plus | Education Nationale | Gabon - Diplomatie | Culture / Evènement | Vie Etudiante | Journaux | Interview | Justice ! Affaire à Suivre | Gabon Débat | Sport | Actu Estuaire | Actu Woleu Ntem | Actu Ogooué Maritime | Actu Haut Ogooué | Actu Ngounié | Actu Moyen Ogooué | Actu Ogooué Lolo | Actu Ogooué Ivindo | Actu Nyanga | GabonlibreTV | Présidentielle 2009 | Gabonlibre.com | H. André Mba Obame

Les Articles les plus lus

Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...