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Gabon : President Moukagni Iwangou: Discours de Nouvel An

Le site de la Liberté - Andre Bouassa le Dimanche 1 Janvier 2017 à 09:30 | Lu 1342 fois

Dans toutes les traditions du monde, le souvenir d’une année qui s’en va, et l’espoir d’une année qui arrive est un moment fort, aussi bien dans nos bureaux, dans nos foyers, que dans nos villes et dans nos villages.



Sans égard pour les familles endeuillées sur ses ordres. Sans égard pour l’avenir des jeunes Gabonais. Sans considération pour toute la Nation, qui entend renouveler ses représentants selon ce que l’agenda de la République commande, le Gouvernement qui a prétexté des difficultés de trésorerie pour répondre à ses obligations républicaines, s’adosse sur la Confédération africaine de football, pour célébrer son prestige.

UNION DU PEUPLE GABONAIS
CABINET DU PRESIDENT
N°091/PDT.CAB

Libreville le 30 décembre 2016

Gabonaises, Gabonais,
Mes chers compatriotes,

Dans toutes les traditions du monde, le souvenir d’une année qui s’en va, et l’espoir d’une année qui arrive est un moment fort, aussi bien dans nos bureaux, dans nos foyers, que dans nos villes et dans nos villages.
Installé devant la vie, ce long fleuve tranquille, chacun dresse son bénéfice d’inventaire, pour éclairer son futur avec les lumières de son passé.
En interrogeant notre passé le plus récent, qui nous offre le crépuscule du 31 août 2016 en alternative, il nous appartient d’inventer urgemment notre avenir.
Mesdames, Messieurs,
Depuis cinquante ans, c'est-à-dire depuis un demi-siècle, la République Gabonaise qui proclame l’égalité des chances, est placée sous le joug d’une seule et même famille.
Invité dans les urnes le 27 août 2016, pour déterminer son destin, le Peuple Gabonais qui fait l’expérience quotidienne de l’extrême précarité, dans un Etat immensément riche, le Peuple Gabonais disais-je, a librement fait le choix de l’alternance, pour qu’une aurore se lève enfin sur notre pays.
Sans précédent sur l’échelle de la gravité, le sort de notre pays a basculé dans l’horreur, pour cause du libre choix du Peuple.

Déterminé à s’imposer à la tête de l’Etat, le pouvoir familial a sorti les armes de la République contre son Peuple, et démontré au monde libre, qu’au GABON, et ce, nonobstant les conventions auxquelles il adhère, la force publique n’est pas instituée dans l’intérêt de la Nation, mais pour les seules convenances du prince.

Dans une véritable guerre d’épuration, dont le mode opératoire commande, non seulement de tuer, mais encore et surtout d’emporter les corps, afin que l’humanité ne retrouve aucune trace permettant de reconstituer l’horreur, les commencements de preuves en notre disposition, témoignent d’un bilan particulièrement lourd, lorsque le devoir de vérité permettra de reconstituer la réalité, qui a été ensevelie dans des charniers, réduite en cendres au terme des opérations d’incinération, ou simplement jetée à la dérive des océans.

Devant le procès de l’histoire, qui s’ouvrira forcement même devant le Tribunal de leurs consciences, toutes ces précautions servent une cause. Celle qui consiste à aménager un bénéfice du doute au profit des professionnels de la mort, bénéfice du doute fondé sur la querelle des chiffres.

Mesdames, Messieurs,

A la marge de cette bataille des certitudes, qui fait bénéfice aux hommes habiles dans l’art de tuer, un autre drame insoupçonné se noue, dans le cœur de toutes les familles des disparus.
Selon la tradition Bantoue, la consolation des familles et la paix des âmes passent par le respect de l’hommage accordé aux morts, qui est ritualisé dans des procédures plusieurs fois séculaires.
A cette occurrence, et s’agissant de toutes les familles qui recherchent à jamais le corps de leurs fils disparus, l’impossibilité de faire le travail de deuil est par dessus tout, une injure incommensurable faite de manière nucléaire, aux cercles les plus élargis de la société.

Et c’est peut être ici, sur le terreau d’une rancœur aux relents les plus imprévisibles, que se trouve la dimension la plus délicate d’une histoire, qui croit à tort, qu’il suffit de réaliser la réconciliation des acteurs politiques pour apaiser toute une Nation.

Chers compatriotes,

Depuis le 27 décembre 2016, des familles Gabonaises font l’objet d’une opération de déguerpissement, pour avoir, sans titre, occupé 800 logements, en lieu et place des ayant droit, dont plusieurs d’entre eux, ont contracté des engagements auprès des établissements financiers de la place.

Dans le cadre d’un projet global, non annulé à ce jour, qui prévoit la livraison au titre du septennat dernier, d’une offre de 35.000 constructions, la contrariété signalée n’ouvre sur aucun péril à l’égard des ayant droit, réservataires prioritaires d’un projet immobilier qui n’a livré que près de deux pour cent (2%) de son offre.
Porteur lui-même d’une solution supplémentaire, Monsieur le Ministre de l’urbanisme dispose en sa personne, d’une marge de manœuvre nécessaire et suffisante, qui aurait pu valablement lui permettre de faire l’économie d’une rupture de trop avec la Nation.

En intégrant le Gouvernement, avec l’engagement ferme de réaliser 10.000 logements par an, Monsieur le Ministre dispose, à la fois, d’une réponse sécurisée pour les ayant droit, et d’une solution apaisante pour les occupants de fait, qui ne demandent qu’à régulariser leurs situations respectives.
Sauf à primer la propension à la promesse facile, et à consacrer l’affaiblissement définitif de la parole publique, l’annonce initiale faite par le chef de l’Etat, et l’offre supplémentaire formulée par une autorité compétente, à propos d’un droit opposable au Gouvernement, ne peuvent s’accommoder de la moindre légèreté dans un domaine de grande acuité sociale.

Chers amis,

Après l’assaut meurtrier sur le quartier général de Jean PING, le déguerpissement des sans abris est la deuxième victoire dont le Gouvernement de la République semble se prévaloir sur le Peuple Gabonais.
Dans un contexte général marqué par un discours officiel, qui s’inscrit systématiquement sur le registre de la dénégation de la vérité, le déguerpissement en cause est un fait éminemment révélateur, qui questionne la stratégie nationale de croissance et de réduction de la Pauvreté, et qui invite à lever le voile, sur les indicateurs qui renseignent de la réalité des choses.

En renvoyant par familles entières, des hommes et des femmes au péril du déguerpissement, le régime en place montre bien qu’il ne travaille pas à réduire la précarité au GABON, comme chacun peut le vérifier, à l’aune deux indicateurs, pris parmi tant d’autres.

Le premier indicateur est relatif à l’école, qui porte l’avenir et l’ambition d’une Nation. Tous les pays ayant adhéré aux objectifs du millénaire pour le développement ont convenu, d’œuvrer à assurer l’éducation primaire à tous, et à donner aux enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires.

A cet égard, la mesure de déguerpissement entrevue en cours d’année est un coup fatal, porté contre l’école de proximité, qui pourvoit à l’éducation pour tous, et dont les effets collatéraux sont de nature, à terme, à compromettre le suivi normal du cycle primaire, qui est à la base de toute formation.
Le deuxième indicateur porte sur l’environnement durable, avec pour objectif, de parvenir à inverser la tendance dans le traitement du paludisme et d’autres maladies.

Sur ce terrain, tous les Etats du monde ont convenu de réduire de moitié, avant l’an 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable.
En observant tout l’acharnement qu’il a mis à expulser des compatriotes d’un cadre de vie acceptable, sans mesure d’accompagnement, le Gouvernement de la République jette au péril de l’exclusion sociale, des cohortes de Gabonais qui ne retrouveront que très difficilement accès à l’eau potable. Avec la certitude, dans un environnement de grande humidité, qu’ils se retrouveront à la merci de toutes les épidémies.

Chers compatriotes,

Après avoir abandonné l’école, ce levier qui façonne l’avenir d’une nation, à un niveau de sinistre jamais égalé, le Gouvernement de la République propose au Peuple et au monde, ce qu’il sait faire le mieux, à savoir, les jeux et la distraction.

Sans égard pour les familles endeuillées sur ses ordres. Sans égard pour l’avenir des jeunes Gabonais. Sans considération pour toute la Nation, qui entend renouveler ses représentants selon ce que l’agenda de la République commande, le Gouvernement qui a prétexté des difficultés de trésorerie pour répondre à ses obligations républicaines, s’adosse sur la Confédération africaine de football, pour célébrer son prestige.

En s’étant affranchi de toutes les limites éthiques, le régime s’est coupé de tous les ressorts qui le lient à notre identité culturelle propre, pour offrir à l’Afrique et au monde, l’image trompeuse d’un homme éclairé, à la tête d’un pays qui éprouve du mal à le suivre.

Préoccupés à replacer les choses dans leur contexte, les Gabonaises et les Gabonais appellent à la solidarité de tous les Peuples du monde, afin de les aider à retrouver leur totale et pleine souveraineté.

Mesdames, Messieurs,

Dans une adresse à l’opinion, j’ai indiqué, après lecture faite, que le Rapport final de la mission d’observation de l’Union européenne, sur l’élection du Président de la République Gabonaise, loin de clore le débat, ouvrait des portes.
La première d’entre elle s’est ouverte à Nairobi, autour d’un projet résolution, soumis dans le cadre du dialogue entre l’Union européenne, et les représentants des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
N’ayant visiblement pas la même approche de la valeur de la vie humaine, au point que cette résolution n’a pu prospérer, la partie européenne persiste et signe.

Sous le sceau des instruments de l’Accord de Cotonou, elle appelle à un dialogue renforcé avec la partie Gabonaise, afin que toute la lumière soit faite sur cette élection, à propos de laquelle, il a été éprouvé de manière évidente, des grossières violations des valeurs essentielles qui se trouvent au fondement du partenariat entre l’Europe et les ACP.
La deuxième porte va s’ouvrir à Strasbourg, entre des Parlementaires européens, plus préoccupés par le dernier grand drame africain, que des Africains eux-mêmes, plutôt heureux pour les plus exaltés, d’avoir fait obstruction à la manifestation de la vérité, sur la terre d’Afrique.

Posant un problème qui touche aux libertés et à la démocratie, valeurs universelles que le monde libre a en partage, je reste persuadé que plusieurs cénacles vont accueillir ce débat.

Entre temps, et par obligation de loyalisme découlant de mon engagement à soutenir la candidature unique de l’opposition véritable, J’ai pris part au Dialogue National pour l’Alternance, convoqué par Jean PING.
Y étant, j’ai participé à une réflexion globale, qui a convié l’ensemble des délégués, à déterminer les contours d’une nouvelle République.

En clôture des travaux, j’ai été séduit de l’annonce faite par Jean PING, de sa prestation imminente du serment du Président de la République Gabonaise.

Saisissant l’occasion de cette perspective heureuse, pour présenter mes vœux de bonheur aux upégistes, aux forces du changement et à tous les Gabonais, je me dois à la vérité, de signaler, les nombreuses questions devant lesquelles nous place l’énoncé de cet évènement, que nous avons tous découvert en même temps.
S’étant le premier, approprié le combat pour l’alternance, le Peuple Gabonais entend, sinon le conduire à son terme, à tout le moindre, suivre les articulations qui vont le faire aboutir.

Avec l’espoir que Dieu va bénir le GABON.

J’exprime ma profonde compassion aux familles endeuillées, et toute ma solidarité à nos compatriotes, marqués à jamais pour plusieurs, pour avoir partagé le rêve d’une aurore, qui va forcement se lever sur le GABON.
Au moment de nous quitter, je voudrais exprimer une pensée toute particulière à Bertrand ZIBI ABEGHE et Sylver MAPANGOU MOUYAMA, dont l’injuste détention, augmente chaque jour, notre amitié infinie pour chacun d’eux.

Je vous remercie.
Le Président

Jean de Dieu MOUKAGNI-IWANGOU

Dimanche 1 Janvier 2017
Andre Bouassa
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