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Gabon : Pour sortir de l'impasse, refonder la politique

Le site de la Liberté - Martin Edzodzomo-Ela le Mercredi 19 Octobre 2016 à 00:06 | Lu 1307 fois



La finalité de la politique.

Pour le grand écrivain russe ; Soljenitsyne : « Nul ne peut ignorer la politique tant elle régit la vie commune et la chose publique.- Pour les gens qui ne connaissent pas de sphère supérieure, le pouvoir est un poison cadavérique. Rien ne peut les sauver de sa contagion.» En effet, la politique est une œuvre collective, permanente, une grande aventure humaine. Elle a des dimensions sans cesse nouvelles et élargies.

Elle concerne à la fois la vie quotidienne et le destin de l’humanité à tous les niveaux. L’image qu’elle a dans notre société (la société gabonaise) a besoin d’être revalorisée. Elle est une activité noble et difficile. Les hommes et les femmes qui s’y engagent, ainsi que tous ceux et celles qui veulent contribuer au « vivre ensemble », méritent notre encouragement. Ainsi la politique a une finalité. Nous affirmons que la politique est essentielle. Une société qui la mésestime se met en péril. Il est urgent de la réhabiliter et de repenser en tous domaines (éducation, famille, économie, écologie, culture, santé, protection sociale, justice...) un rapport actif et valorisant entre la politique et la vie quotidienne des citoyens dans notre pays.
· Réaliser le vivre ensemble.

La politique a en effet comme ambition de réaliser le « vivre ensemble » de personnes et de groupes qui, sans elle, resteraient étrangers les uns des autres. « Ceux qui soupçonnent la politique d’infamie s’en font une idée courte... L’action politique a un fantastique enjeu : tendre vers une société dans laquelle chaque être humain reconnaîtrait en n’importe quel autre être humain son frère et le traiterait comme tel. »

· Poursuivre le bien commun.
L’organisation politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des intérêts particuliers, individuels ou collectifs, souvent contradictoires entre eux. Elle « comprend l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement ». Aussi doit-elle être l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Elle se doit de prendre en compte non seulement l’intérêt des générations actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable, celui des générations futures.
· Maîtriser la violence.

La violence est au cœur de la condition humaine. L’un des buts de la politique est de la maîtriser partout où elle est présente : délinquance, criminalité, injustice flagrante, conflit d’intérêt, guerre renaissante, menace pour la paix intérieure ou extérieure. Afin de sortir de l’animalité de la violence brute, la politique réserve à l’Etat le monopole de la contrainte physique légitime et contrôlée. Elle cherche à substituer à cette violence individuelle le droit et la parole. Elle met en place des institutions et des procédures de médiation qui préservent l’homme lui-même de ses propres dérives, en particulier en cherchant un juste équilibre entre pouvoir judiciaire et pouvoir politique, pour assurer la liberté de chaque citoyen.

Ainsi pourront vivre ensemble et se reconnaître comme êtres égaux et différents, dans la sécurité assurée, des citoyens et des citoyennes que distinguent, et souvent opposent, le sexe, l’âge, la classe sociale, l’origine, la culture, les croyances. La politique est en quelque sorte « englobant majeur » des différents secteurs de la vie en société : économie, vie de famille, culture, environnement. Elle est en tout, mais n’est pas tout. On tomberait vite dans le totalitarisme si l’Etat prétendait assumer la charge directe de l’ensemble des activités quotidiennes. Le mobile de l’action politique se nourrit d’une posture de compréhension. La politique devient alors une culture. De la culture : un savoir, changer le cours des choses sans que personne ait été humilié. C’est pourquoi, il faut valoriser la politique !
Notion polysémique, la politique recouvre :

1. La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée ;
2. Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société (économie, droit, sociologie, etc.) ;

3. Dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir ;
4. La politique est le plus souvent assortie d’une épithète qui détermine sa définition : on va parler de stratégie politique par exemple pour expliquer comment elle se situe dans une perception combinatoire et planifiée de nature à lui faire atteindre ses objectifs.
Souveraineté.

Il convient de nuancer et approfondir cette notion de souveraineté en posant la question fondamentale : qui est souverain ? Est-ce le président, le député? En démocratie, la réponse ne se fait pas attendre. Non, le souverain c’est le peuple. C’est le peuple souverain qui donne des pouvoirs au président, aux députés, pour une durée déterminée.
La voix du peuple .

C’est avec Abraham Lincoln qu’un concept unique et authentique de la démocratie a été concrétisé en Amérique du Nord, dans la Fédération des Etats issus de l’empire colonial britannique. Pour Abraham Lincoln, la démocratie était supposée un système où le gouvernement devait être celui du « peuple » par le « peuple » et pour le « peuple ».
Le peuple.

De tous les côtés on l’évoque, on le convoque. Il est urgent de l’entendre puisque, il est la racine de la démocratie. Car le peuple voit clair. Contrairement aux élites, il sait ce qui est bon pour lui. On doit comprendre évidemment la perte de confiance des citoyens, quand les acteurs de la démocratie représentative abandonnent ou trahissent ceux qu’ils sont sensés représenter. Pour autant, on ne respecte pas le peuple en l’enfermant dans un simplisme binaire, réducteur et sans nuances, en jouant sur ses émotions, ses peurs et son ressentiment du moment.

Renouveler, revitaliser la démocratie requiert, à l’inverse, le débat raisonnable, l’échange d’arguments contradictoires, la prise en compte de la complexité du réel, la réflexion sur le long terme nécessaire aux maturations. Ce qui, hors de toute démagogie populiste, implique d’en appeler d’abord à l’intelligence et à la responsabilité de chaque citoyen. C’est la seule manière de résister aux démagogies populistes qui abîment la démocratie.

Car la voix du peuple est discutable et doit être toujours discutée, interrogée.
Le Chrétien plus que d’autre le sait, car, à de multiples reprises, la Bible le souligne.
Dès la libération d’Egypte, le peuple Israël a du mal à accepter l’exode aride vers la Terre promise. Il « murmure » contre Moïse et contre Dieu car il a faim et il a soif et l’eau de Mara est amère. Il préférerait le retour aux platées de viande de la servitude égyptienne, plutôt que le risque de la vie et de la liberté. Comme souvent, les discours démagogiques ont une part de vérité, à partir de ce fondement de vérité, le démagogue pervertit la réalité.

En tout cas, c’est rarement par la voix du peuple que s’énoncent les voies de Dieu et la parole des prophètes a rarement été populaire. Et que dire de la « foule » qui se presse autour de Jésus, qui l’écrase de son admiration et qui plus tard l’accablera de son opprobre et de son mépris sur le chemin du Golgotha ? La suite de l’évangile, comme l’actualité, nous montre que les foules « sans bergers », les peuples en souffrance, finissent souvent par s’en remettre à de mauvais bergers, religieux ou politiques, qui eux rassurent, quitte les faire marcher au pas de leur loi.

LA PERVERSION DE LA POLITIQUE : LA POLITIQUE DU VENTRE.

Au Gabon, c’est la politique du ventre : « Au Gabon, toutes les fortunes viennent de l'Etat. Elles sont nées de la corruption, souligne le directeur d'une société française. » Les principaux acteurs du microcosme politique gabonais prennent l’enjeu de la politique comme :
« la possibilité d’acquérir la richesse et le prestige, d’être capable d’en distribuer les bénéfices sous la forme d’emplois, de contrats, de bourses, de dons d’argent, etc., à ses parents et à ses alliés politiques ».
Il est bien entendu que la personne qui se dévoue ainsi au service public, doit pour ce faire exister. C’est donc à la communauté à devoir à ses besoins de subsistance. Une loi démocratiquement mise en place doit répondre à cette exigence, qui n’entre pas dans la logique économique du marché du travail ; dans laquelle, la profession, le métier est supposé offrir sur le marché des produits ou des services tarifés.

Malheureusement ceux qui font de la politique un métier, prennent la politique comme nous l’avons énoncé ci-dessus, à savoir, comme : « la possibilité d’acquérir la richesse et le prestige, d’être capable d’en distribuer les bénéfices sous la forme d’emplois, de contrats, de bourses, de dons d’argent, etc., à ses parents et à ses alliés politiques. »
On comprend dès lors la cause fondamentale de toutes les dérives : De la politique du ventre ou « la Mangeoirecratie. » C’est le drame de notre société gabonaise.

C’est ainsi que la grande crise que nous vivons en ce moment doit aussi bien être analysée comme une querelle d’intérêts entre les héritiers du système: “La famille Borgia” selon le journal Jeune Afrique, “en résumé, la guerre Ping-Bongo, c’est un peu le dernier épisode des Borgia : famille, pouvoir, argent, complots, alliances de circonstance”. Dans l’histoire de l’Italie, la famille Borgia a subi une légende sinistre forgée par ses ennemis politiques. Les Borgia furent accusés pèle-mêle d'empoisonnement, de fratricides, d'incestes… Cette légende a contribué à faire des Borgia les symboles de la décadence de l'Église à la fin du Moyen Âge. Aujourd'hui, le nom de Borgia rime avec luxure, pouvoir et violence. La politique gabonaise sous la haine des fils putatifs et autres héritiers d’Omar Bongo Ondimba retentit comme en échos de “Borgia”. Commentant la crise résultant du scrutin du 27 août, l”Ambassadeur des Etats-Unis fait référence au feuilleton Dallas.

Le système Bongo : Prince de ce monde et Mammon !

Pour ce qui nous concerne, depuis toujours, le système Bongo a fait du mensonge et de la corruption sous toutes les formes le moteur de son art de gouverner, et sa méthode la plus efficace pour neutraliser la volonté du peuple gabonais au changement. Cette stratégie à la limite satanique a conduit les Gabonais à perdre toute confiance dans les responsables politiques, et surtout en ceux qui dirigent le pays et bradent notre patrimoine national depuis bientôt 36 longues années.

Ce qui a conduit les Gabonais à l’impuissance devant le mal, et à l’apathie. De plus, cet argent que Bongo distribue provient de l’argent que procure le pétrole et détournée. Bongo prétend distribuer aux Gabonais la plus grande partie de l’argent que l’État gabonais lui confie, (autrement dit qu’il s’octroie) : « Au Gabon de Bongo, la frontière entre la cassette personnelle du président et le budget de l’État n’est pas très claire ». Et Bongo ne donne pas cet argent sans contrepartie : la mort de l’âme du bénéficiaire. On voit donc que tel que ce système fonctionne dont l'argent est "le nerf de la guerre", fonctionne, il a engendré en lui tous les vices qui le gangrènent, et qui ont pour noms: corruption, détournement, atteinte aux intérêts supérieurs de l'Etat, et toutes les autres abominations qui ont fait de notre pays, un empire du mal qui a dépassé les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe.
Mammon et Mammoncratie

La Bible nous donne un éventail de six puissances mauvaises – Mammon, le prince de ce monde, le prince du mensonge, le Satan, le diabolo et la mort. On peut faire une remarque à leur sujet. Quand on les compare, elles sont toutes caractérisées par leur fonction : l’argent, le pouvoir, le mensonge, l’accusation, la division, la destruction. Ces puissances de ce monde forment un tout avec la « politique » ; sous sa forme machiavélique de domination  Ce n’est donc pas étonnant que ce soit du fait « politique » que les antagonismes s’exacerbent le plus fortement au sein de toute « Fratrie ». Que la rivalité ou l’affrontement dans le cadre du théâtre politique aboutissent souvent à la guerre civile, au sein d’une même communauté.

Ors, le vrai homme politique au sens noble du mot, est celui qui sait s’élever au-dessus des rivalités partisanes à la faveur d’un accident de l’Histoire. Il lance de la différence dans la répétition et s’extirpe de la focalisation mimétique. Ce n’est malheureusement pas ce que nous voyons pour l’instant dans notre pays ! -L’inacceptable de ce conflit, d’une querelle toute freudienne d’« enfants putatifs gâtés » et autres héritiers est que, cela met gravement en danger l’équilibre socio-politique du pays, par l’accélération de la crise politique laissé par le père. Leur querelle tient en otage l’évolution démocratique du pays, et dévoie le débat nécessaire et indispensable pour les changements en profondeurs souhaités pour le pays.
Valoriser la politique.

La noblesse de l’engagement politique est indéniable. Les abus qui existent ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt de tous ceux qui, animés par le souci de la justice et de la solidarité, se dépensent pour le bien commun et conçoivent leur activité comme un service et non comme un moyen de satisfaire leur ambition personnelle. Dénoncer la corruption, ce n’est pas condamner la politique dans son ensemble, ni justifier le scepticisme et l’absentéisme à l’égard de l’action politique. Dans les sociétés contemporaines, le vivre ensemble, qui est l’ambition de l’organisation politique, se définit de plus en plus sous l’idéal démocratique.

En effet, les sociétés humaines ont toujours aspiré à atteindre un niveau supérieur de civilisation. Un tel résultat dépend certes des connaissances et des techniques qui permettent aux hommes de maîtriser leur milieu physique, mais il dépend avant tout des valeurs en fonction desquelles les hommes choisissent de vivre. Ce qui caractérise une civilisation, ce sont les valeurs que les hommes choisissent, c’est le succès ou l’échec dans leur effort pour les atteindre. Dans cette démarche, le gouvernement qui est l’émanation de l’organisation politique d’une nation joue un rôle central et nécessaire.

Le dessein fondamental de l’Etat est d’ordre moral : contribuer à la civilisation humaine à travers l’activité politique. C’est alors que la politique doit être d’essence démocratique.
La « Révolution » qui doit être la notre

Le but de notre combat ne doit pas être de vaincre ou d’humilier à notre tour qui que ce soit parmi ceux qui nous exploitent aujourd’hui. Notre but est de gagner la compréhension et le respect de notre dignité par quiconque. Il arrive parfois que les ennemis d’autrefois puissent faire les meilleurs amis. C’est pourquoi nous réclamerons constamment dialogue et réconciliation. Nous n’avons à détruire personne dans le combat pour la démocratie et la libération de notre peuple des aliénations actuelles. Nous voulons seulement que les gens cessent de briser la vie de notre peuple et qu’ils cessent de détruire notre pays bien aimé.

C’est simple. Et en chrétiens, nous croyons fermement que la bonté et la compassion sont les meilleurs moyens de gagner la sympathie des autres. C’est une des raisons pour lesquelles nous devons engager ce que l’on peut appeler une révolution de l’esprit, une révolution existentielle. Nous avons à réaliser tous chacun de nous un changement, une révolution sur le plan spirituel, social et politique. « Il faut que les énergies de l’Évangile passent dans la vie temporelle des hommes ; ce que la bonne nouvelle annonce pour ouvrir le ciel et la vie éternelle demande aussi à transformer la vie des sociétés terrestres au sein même de ses misères et de ses contradictions ; c'est qu'il y a dans le message évangélique des implications politiques et sociales qui doivent à tout prix se déployer dans l'histoire ».

Cette « Révolution » qui a pour objectif, la recherche à la réalisation de la demande que Jésus Christ nous a donnée pour adresser au Père : « Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Mercredi 19 Octobre 2016
Martin Edzodzomo-Ela
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