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Gabon - Point de presse : Coalition des syndicats de la CNSS

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Jeudi 7 Mars 2013 à 00:00 | Lu 566 fois



Dans sa mission régalienne de santé publique et afin de diversifier et compléter le dispositif sanitaire national, l’Etat gabonais a ouvert à Libreville, l’Hôpital Pédiatrique d’Owendo en 1977, la Fondation Jeanne Ebori en 1979 et, à Port-Gentil, l’Hôpital Paul Igamba, en 1983. Il s’agissait de prolonger l’action sanitaire des centres médico-sociaux et de pallier l’insuffisance et la précarité des centres de santé publique, en diversifiant l’offre de services par une gestion mutualiste de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), sur la base de cotisations donnant droit à une meilleure prise en charge des assurés.

C’est ainsi que la CNSS assurait, à elle seule, des services pourtant dits « nationaux », tels que l’hémodialyse, la chirurgie et la réanimation pédiatriques, la neurochirurgie, ou l’appareillage et rééducation fonctionnelle. Pour la création et le fonctionnement de ces services et pour l’investissement, en général, la CNSS n’a jamais reçu la moindre subvention de l’Etat. Son patrimoine est donc constitué par les cotisations obligatoires des travailleurs du secteur privé et de certains du secteur public, notamment les collectivités locales.

Au fil des ans, la situation financière des hôpitaux de la CNSS n’a cessé de se dégrader. Par là même, la qualité des infrastructures et des équipements a fini par devenir ce qu’il était question de pallier à l’origine. Force est de constater que cette situation financière catastrophique est moins due à des facteurs conjoncturels qu’à une gestion prédatrice d’individus affectés à la direction par reconnaissance politicienne ou par clientélisme, pour qui le budget de la CNSS était véritablement un cadeau à usage personnel.

Mais dans notre république de l’impunité, au lieu de sanctionner ceux qui ont mis à sac le patrimoine de la CNSS, au lieu de procéder à un audit qui identifierait les responsabilités de sa mal gouvernance, on passe au compte des profits et pertes, les cotisations que les adhérents et le personnel ont cumulé depuis des années, la qualité du service et les carrières: le gouvernement a décidé d’intégrer les centres hospitaliers de la CNSS dans le secteur public pour épargner ceux qui l’ont dépouillée.
En prenant cette décision à la légère, le gouvernement ignore magistralement toutes les implications juridiques, organisationnelles et humaines qu’elle porte.

De nombreuses questions sont, en effet, sans réponse :
Un transfert de ce type requiert un arsenal juridique extrêmement détaillé sur les attendus et les modalités du transfert, sur ses dispositions statutaires, sur celles de ses agents, sur leurs droits et ceux des travailleurs qui ont cotisé pendant des dizaines d’années pour disposer de soins qu’ils devront bientôt payer. Devront-ils désormais payer les consultations et les soins après avoir cotisé justement pour ne rien avoir à débourser dans l’urgence de la maladie ? Serons-nous remboursés ?

Si oui, quelles sont les modalités de ce remboursement ? Questions sans réponse.

Si les hôpitaux de la CNSS sont nationalisés, cela implique que tout le personnel aura désormais le statut de fonctionnaire. Des dispositions sont elles prévues dans ce sens ? Question sans réponse. Le personnel hospitalier de la CNSS verra-t-il sa carrière évoluer, comme le veut la norme ou alors, va-t-on nous sanctionner en dégradant notre statut, juste pour épargner des amis politiques coupables de malversations ? Si notre statut est toutefois maintenu, quelle sera l’ambiance de travail lorsque des collègues, à qualification égale, dans le même service, présentent des disparités salariales ? Va-t-on réduire nos salaires pour les aligner sur la grille indiciaire de la Fonction publique ou, ce qui serait préférable, alignera-t-on le salaire du personnel médical de service public sur les nôtres ? Question sans réponse.

Au plan organisationnel, les défenseurs de la nationalisation de la CNSS illustrent leur ignorance totale de la profession médicale. La première règle des codes de déontologie de la profession de la santé est l’obligation d’informer le patient. Cela est-il fait ? Question sans réponse. Pourquoi doit-on informer le patient ? L’état de santé d’un individu est un équilibre extrêmement fragile, soumis aux aléas de la vie et irrémédiablement affecté par le vieillissement.

Les risques de maladies, d’accidents, ceux liés à la maternité jalonnent notre vie. Les professions médicales et les institutions de santé sont celles qui engagent la plus lourde responsabilité, car elles ont pour mission, d’entretenir la vie et l’intégrité physique et mentale de tout un peuple. Les obligations de moyen et les obligations d’informer sont les deux pendants de cette responsabilité. Cet impératif d’information ne serait pas possible s’il n’était adossé à un principe fondamental : le secret médical dont l’inviolabilité est non seulement un devoir professionnel, mais également un principe de droit. L’hôpital est civilement responsable des dossiers médicaux et des archives. Cette responsabilité est un principe médico-légal. Ces aspects juridiques ont-ils été prévus dans le cadre de la nationalisation ? Question sans réponse.

Nous avons consacré nos compétences et une grande partie de nos vies pour remplir nos différentes missions au sein de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Nous tirons une fierté immense d’avoir, chacun à notre niveau, œuvré à améliorer la qualité de nos services pour sauver quotidiennement des vies dans notre pays. Nous sommes outrés de constater à quel point, au Gabon, le nivellement se fait toujours par le bas. Quel progrès, quel développement pouvons-nous alors, attendre de nos dirigeants ?

Mesdames et Messieurs,

Nous prenons à témoin l’opinion nationale devant le fait que, dans notre pays, les églises, premières autorités morales restent sourdes et aveugles à la misère et aux drames sociaux qui se développent de jour en jour. Nous alertons, une fois de plus, nos compatriotes du cynisme de nos dirigeants qui, à force de se soigner tous à l’étranger avec les moyens de l’Etat, donc appartenant à nous tous, finissent par considérer comme inutiles la diversité et l’amélioration de notre système de santé. Le Gabon est devenu une république à deux visages : d‘une part, le visage de la misère pour lequel tomber malade est devenu un luxe, faute de moyens et de structures sanitaires suffisamment équipées et, d’autre part, le visage de l’opulence d’une république de jet set, de stars qui dépense l’argent public pour doter l’administration de Hummer, pour construire des terrains de golf, pour organiser des compétitions internationales de course de hors-bords off-shore, pour acheter la maison la plus chère de France (67 milliards) que même les émirs arabes ont renoncé à acquérir par ce qu’elle est trop chère, pour acheter la maison de Bob Kennedy aux Etats-Unis, etc. et pour lequel La santé n’est plus une priorité au Gabon.

Mesdames et Messieurs, cette question nous concerne tous.

Par conséquent, nous demandons aux agents d’être vigilants. Les 18 mois de congés payés annoncés pour certaines catégories de personnel pourraient être un piège. Renseignez-vous bien et vous verrez que congé peut être synonyme de licenciement, si l’on prend le terme au sens de « prendre congé de quelqu’un », qui signifie « quitter quelqu’un » ou « dire au revoir ». Avant d’accepter ce congé, prenons les garanties qu’il ne s’agit pas d’un congédiement , c’est-à-dire, d’un licenciement. Continuons donc notre travail et prenons les malades en charge avec la conscience professionnelle habituelle.

Toutefois, nous insistons sur la vigilance qui doit nous habiter : sans qu’il en soit informé, le personnel de la Fondation Jeanne Ebori a vu des ouvriers débarquer afin d’effectuer des travaux. De quels travaux s’agit-il ? Il s’agit du désamiantage du bâtiment. Depuis 1997, l’amiante est interdite dans tous les pays européens. Depuis la construction de la FJE, nous sommes exposés à ce matériau extrêmement toxique. Respirer les fibres d'amiante causent des fibroses pulmonaires, des cancers broncho-pulmonaires, des cancers de la plèvre et des cancers des voies digestives. Les victimes de ces pathologies sont principalement les « travailleurs de l'amiante », mais aussi des personnes exposées de manière environnementale et souvent à leur insu. La direction générale a donc décidé le désamiantage de la FJE en prenant soin de ne pas nous informer alors que nous y avons été exposés pendant des années, au péril de nos vies. Ce qui démontre, une fois de plus, le peu de cas qui est fait des citoyens gabonais, de leur santé et de leurs vies.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes déterminés à défendre nos droits, déterminés à défendre nos vies et déterminés à toujours veiller à la santé des Gabonais.
Déterminés à nous faire respecter en tant qu’adultes responsables, en tant que professionnels, en tant que travailleurs et en tant que citoyens, nous invitons le gouvernement à plus de sérieux dans sa démarche et, une fois de plus, nous l’invitons à un débat pour un projet participatif associant tous les professionnels et tous les concernés par le fonctionnement des unités hospitalières de la CNSS.
Le gouvernement doit se ressaisir et prendre conscience du tourbillon dans lequel il est sur le point de s’engouffrer. Car il en assumera l’entière responsabilité devant la société et devant l’Histoire.

Nous vous remercions



P. Syndicat HIPPOCRATE
La Présidente


Sylvie NKOGUE-MBOT P. SNICH - CNSS
Le Président


Alphonse ELLA-BEYEME




P. SYNA-CNSS
Le Président


Jocelyn NGOMA



P. SAP-CNSS
Le Président


Albert MEZUI NDONG



Fait à Libreville, le vendredi 1er Mars 2013

Jeudi 7 Mars 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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