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Gabon: Myboto dit tout! : Entretien réalisé par Norbert Ngoua Mezui et Jean-yves Ntoutoume

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Samedi 12 Octobre 2013 à 15:08 | Lu 2278 fois



Gabon: Myboto dit tout! :  Entretien réalisé par Norbert Ngoua Mezui et Jean-yves Ntoutoume
Mr le Président, « J’assume», tel est le titre du livre que vous avez publié après avoir rompu avec le régime, c’était en 2005, qu’est-ce que vous assumiez, cette rupture ou alors le bilan des politiques que vous avez menées ensemble plus de trente année durant ?

Avant de répondre aux questions que vous me poserez, je voudrais d’abord remercier votre groupe PYRAMID MEDIA, de m’avoir choisi comme son invité pour ce mois d’octobre 2013.

Venons-en maintenant à votre première question. Pour un meilleur éclairage, il convient de rappeler, pour les uns, et d’indiquer, pour les autres, les périodes d’exercice des fonctions que j’ai occupées tant au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG) que du Gouvernement de la République.

Promu membre du Bureau Politique du PDG lors de son congrès constitutif de fin août/début septembre 1970, je suis nommé Secrétaire Administratif du PDG en novembre 1972 et confirmé dans ces fonctions au congrès extraordinaire du mois de janvier 1973. Je les ai occupées jusqu’à la tenue de la session extraordinaire du Comité Central en janvier 1990, soit dix sept ans de travail soutenu.

J’entre au Gouvernement le 4 février 1978 comme Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de l’Information. Je deviens successivement Ministre Délégué à la Présidence de la République, chargé de l’Information, des Postes et Télécommunications, Ministre et Ministre d’Etat, chargé de l’Information, des Postes et Télécommunications, des Relations avec le Parlement, Porte-parole du Gouvernement.

Le 26 février 1990, je suis nommé Ministre des Travaux Publics, de l’Equipement, de la Construction et de l’Aménagement du Territoire, puis Ministre et Ministre d’Etat de l’Equipement et de la Construction auquel s’est ajouté le Département de la ville en 1999. Je reste à ce poste jusqu’au 11 janvier 2001, date de ma démission du Gouvernement.

C’est près de vingt trois ans que j’ai faits au Gouvernement. J’y ai servi mon pays avec dignité, abnégation et patriotisme. Dans l’exercice de ces fonctions, j’ai toujours été mû par le sens élevé du devoir et du travail bien fait avec les moyens disponibles comme le prouvent ces quelques exemples :

- Au Ministère de l’Information, des Postes et Télécommunications : la Station Africa n°1 inaugurée le 7 février 1981, première radio internationale commerciale en Afrique, bradée honteusement à la Libye depuis quelques années ; la couverture globale du Gabon en radiodiffusion, Télévision et télécommunications par satellite grâce au réseau Equasat, mise en service le 15 août 1987, ayant apporté la télévision dans la plupart de localités, surtout dans les provinces de la Ngouniéet du Woleu-Ntem qui en étaient totalement privées ; la nouvelle station provinciale de la radio d’Oyem inaugurée en août 1984 ; le siège de l’Office des Postes et Télécommunications, DELTA Postal, inauguré le 10 mars 1988, de nombreux bureaux de postes et centraux téléphoniques ; la mise en service d’une rotative au quotidien national L’Union le 10 mars 1984 ; la formation soutenue de ressources humaines au Gabon et à l’extérieur ; l’adoption, par le Gouvernement, du premier texte organique matérialisant l’existence juridique du Ministère de l’Information, des Postes et Télécommunications.

- Au Ministère de l’Equipement et de la Construction : le réseau routier national géré par le ministère passe de 7 200 km à mon arrivée en mars 1990 à 9 100 km à mon départ en janvier 2001 ; en trente (30) ans, de 1960 à 1990, il y a 468 km de routes nationales bitumées hors voiries urbaines, la plupart en structure légère (bicouche). Ce réseau routier complètement en piteux état bénéficie d’un programme de réhabilitation sur trois ans, le Programme Triennal d’Entretien Routier (PTER) cofinancé par le Gabon et des Bailleurs de fonds internationaux de 1991 à 1993 pour un coût total de près de 50 milliards de francs CFA, soit 16 milliards en moyenne par an avant dévaluation.

En janvier 1992, je fais adopter par le Gouvernement une politique de développement de la route sous-tendue par deux programmes interdépendants : le Programme d’Aménagement du Réseau Routier (PARR) et le Programme d’Entretien Routier (PER) qui doit prendre le relais du PTER après son exécution

Le Programme d’Aménagement du Réseau Routier (PARR) lancé le 15 août 1993 a permis le bitumage en structure lourde (béton bitumineux) des axes routiers : Nsilé-Bifoun, Bifoun-Lambaréné, Bifoun-Ndjolé, Eboro-Bitam-Oyem, Oyem-Mitzic, Mitzic-Lalara, Koulamoutou-Lastourville, Kéllé-Akiéni, soit un linéaire de 549 km en huit ans, des routes modernes, larges de9 mètres contre 7 mètres auparavant avec signalisations verticale, horizontale et directionnelle.

Sont en travaux depuis 1996 les axes routiers Franceville-La Leyou- Lastourville, Lambaréné- PK 51 Fougamou, Moanda-Bakoumba. Sont en attente de financements depuis 1997 les tronçons routiers Port-Gentil Mandorové, Lebamba-Ndendé, Ndendé-Tchibanga, Fougamou-Mouila, Mouila-Ndendé avec le concours de la BAD ainsi que les tronçons Ndjolé-Gare-Octra-Médoumane et Médoumane-Lalara avec le concours de l’AFD. Les autres axes routiers importants du pays y compris un pont-rail sur la Banio à MAYUMBA et la route des trois frontières par Méyokié (Cameroun-Gabon-Guinée Equatoriale) avec un pont sur le Ntem à Eboro sont retenus par les Bailleurs de Fonds INTERNATIONAUX au cours de la Table ronde en vue du financement du Plan d’Ajustement du Programme des Secteurs Urbains et des Transports (PAPSUT), organisée à Paris mi-juillet 1998 à l’initiative de la Banque Mondiale et du Gouvernement Gabonais dont la délégation conduite par moi comprenait les Ministres Marcel DOUPAMBY MATOKA (Finances et Budget), Jean PING (Planification) et Albert NJAVE NDJOYE (Transports).

Au terme de cette grande rencontre, il est arrêté, pour sept ans, de 1998 à 2005, un programme d’investissement au profit des différents secteurs des transports (routier, maritime, aérien, ferroviaire, fluvial, lagunaire) pour un montant de 515 milliards de francs CFA dont 410 milliards en vue du développement et du renforcement de l’ensemble du réseau routier du pays et le reste pour les autres secteurs des transports. Cet important programme bien conçu et bien planifié ne verra malheureusement pas le jour parce que le Gabon, empêtré dans des difficultés financières et ne pouvant honorer ses engagements extérieurs vis-à-vis de ces bailleurs de fonds, est sanctionné par ceux-ci en fin d’année 1998. Les nouveaux financements ne sont plus possibles et ceux en cours sont suspendus ou annulés.

Ces sanctions levées quelques années plus tard après régularisation par le Gabon de sa situation d’insolvabilité vis-à-vis de ses créanciers, les bailleurs de fonds internationaux ont repris le financement du programme routier adopté en 1992 et confirmé au cours de la table ronde de juillet 1998. C’est donc ce programme routier qui se poursuit aujourd’hui et qu’il ne sert à rien de mentir en occultant la vérité.

Le Programme d’Entretien Routier (PER) connaît aussi des difficultés de financement. Le Fonds d’Entretien Routier (FER) créé par la loi 2/97 qui doit être alimenté chaque année à concurrence de 16 milliards ne reçoit de l’Etat que 1 milliard de francs en 1998 et 1 milliard 500 millions (1,5 milliard) en 1999, soit au total 2 milliards 500 millions logés au compte du FER àla BEAC au lieu de 32 milliards exigés. Il est clair que ce n’est pas avec cette somme de 2,5 milliards qu’on peut entretenir9 100 km de route en deux ans. Il convient de relever qu’après mon départ du Gouvernement, la dotation budgétaire du FER est passée à plus de 20 milliards de francs par an.

La Communauté nationale voire internationale comprend donc pourquoi, face aux accusations infondées portées contre moi sur le mauvais état des routes à partir de 1998, j’ai demandé, par lettre du 21 décembre 2004 dont ci-joint copie, au Président de la République, l’organisation d’une émission radiotélévisée en direct sur la « route au Gabon de 1990 à 2004 : son entretien, son aménagement, son financement, les voiries urbaines ». C’est dommage que cette émission n’ait pas eu lieu et j’affirme avec force que tout le reste n’était que ténébreuses et jalouses machinations politiciennes pour casser, hélas, l’extraordinaire dynamique que j’avais insufflée à la construction et à l’entretien de la route au Gabon et que le Président Omar BONGO lui-même reconnaissait pourtant à plusieurs occasions dans ses discours ou interviews dont celle réalisée par la presse de la Primature en janvier 1996.

J’ai cumulé pendant douze ans les fonctions de Secrétaire Administratif du PDG et celles de membre du Gouvernement, mais, rassurez-vous, sans cumul des salaires. Maintenant, si vous voulez qu’on en parle, je suis à votre disposition.

Alors qu’est-ce que j’assume et non qu’est-ce que j’assumais dans mon livre ? J’assume, avec les autres, la responsabilité collective des actes posés et des décisions prises tant au gouvernement qu’au parti ; j’assume ma responsabilité individuelle dans l’action que j’ai menée au sein du gouvernement et du parti ; j’assume l’esprit et le contenu de ce livre ; j’assume la rupture avec le pouvoir auquel j’ai appartenu.

Il est dit que votre divorce était beaucoup moins politique que familial, que répondez-vous ?

C’est inexact et pour preuves :

J’ai démissionné du Gouvernement le 11 janvier 2001 ; j’ai créé un parti, l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD) le 30 avril 2005 ; j’ai décidé de m’opposer au Pouvoir que j’ai quitté ; j’ai été candidat et l’UGDD a présenté des candidats de l’Opposition à plusieurs élections de 2005 à 2009. Ma posture aussi bien dans mon comportement que dans mon discours est constante et conforme à mon engagement pour l’alternance démocratique. En quoi ces faits pleinement politiques peuvent-ils ressembler à un conflit ou, pour reprendre votre expression, à un divorce familial ?

Mieux, vous êtes journalistes ; vous avez généralement des dossiers sur différents évènements ; vous savez combien de fois j’ai été persécuté après ma démission du Gouvernement le 11 janvier 2001 et la création de l’UGDD le 30 avril 2005 : injures publiques, médisance, filatures, tentatives d’assassinat, tout y est passé. Des articles de presse mensongers, vils, reflet de la nature douteuse de leurs auteurs ont été de la partie et continuent toujours leur travail éhonté de destruction. Peine perdue. En effet, acquis à SOCRATE dans sa pensée « connais-toi toi-même », je me connais, je suis un homme libre, je poursuis et poursuivrai sans ambages, avec d’autres compatriotes et ils sont très nombreux, le combat glorieux pour l’alternance démocratique dans notre pays, le Gabon.

S’agissant du divorce familial dont vous faites état, il n’existe pas car la relation familiale est là dans son monde spécifique différent du monde politique.

Il est également dit qu’une telle rupture ne peut être sincère dans la mesure ou vous êtes devenu ce que vous êtes aujourd’hui grâce au Président Bongo et à son PDG?

Dans ma réponse à votre première question, j’ai dit et donné les fonctions que j’ai occupées tant au sein du Parti Démocratique Gabonais que du Gouvernement de la République. J’y ai été nommé par Albert Bernard BONGO puis Omar BONGO, Président de la République, Secrétaire Général puis Président Fondateur du Parti Démocratique Gabonais. Je l’ai toujours remercié du choix librement porté sur ma personne comme je lui en ai toujours exprimé toute ma reconnaissance.

Ainsi, en citoyen patriote, responsable, conscient du degré de confiance placée en moi, ai-je donné le meilleur de moi-même dans l’exercice, avec honneur, intégrité, loyauté et fidélité, de ces fonctions. Le fait pour le Président Omar BONGO, en toute liberté, de m’avoir confirmé, des années durant à ces postes de responsabilités, même parfois contre ma volonté, prouve bien sa satisfaction dans ma manière de servir. Oui, à deux reprises, j’ai demandé, sans succès, de quitter le Gouvernement en 1990 et après l’élection présidentielle de 1998.

Il y a des personnalités encore vivantes qui le savent. Le 11 janvier 2001, j’ai démissionné et vous avez certainement le souvenir du retentissement qu’a eu cette démission au plan national et international. Ayant donc occupé toutes ces fonctions, bien sûr avec des hauts et des bas, il est normal que je sois au devant de la scène dans mon pays comme à l’extérieur. Ceci est valable pour moi comme pour toute autre personne arrivée à un certain niveau des responsabilités dans la société. C’est tout aussi vrai que l’exercice de ces fonctions donnant droit à rémunération et avantages liés réguliers a produit des effets positifs dans le cours de ma vie.

Est-ce pour autant juste de dire que sans ces fonctions, je n’aurais rien été dans ma vie ? C’est absurde de le penser et de le dire parce que j’avais un emploi public. Mieux en me nommant aussi bien au Secrétariat Administratif du PDG qu’au Gouvernement, le Président Omar BONGO a reconnu en moi le mérite d’être à ces postes, mérite dû à ma personnalité. Cette personnalité, je l’ai construite dès ma jeunesse au Séminaire Saint-Jean, au Collège Bessieux, au Collège Normal de Mitzic, à l’Institut Régional Pédagogique à Bangui sous la tutelle de l’UNESCO, dans l’Enseignement où l’Instituteur, l’enseignant que Je suis a parfaitement conscience de son rôle capital d’éducateur dans son pays et est fier des résultats obtenus, dans ma vie familiale en construisant, de 1964 à 1967 à Mounana, une maison en dur pour offrir à ma famille des conditions de vie meilleures (voir photo) et dans mon combat politique pour la démocratie, l’Etat de droit et la justice sociale en me présentant, sur une liste d’Indépendants proches de l’Opposition, avec Georges MABIGNATH, Martin ALLINI et Grégoire OKOUYI, aux élections législatives d’avril 1964 après le coup d’Etat militaire du 18 février 1964 face à la liste du Bloc Démocratique Gabonais conduite par le Ministre Eugène AMOGHO. Je ne ferai la connaissance de Monsieur Albert Bernard BONGO qu’à Mouila lors de la campagne pour l’élection présidentielle d’avril 1967 à laquelle il est colistier du Président Léon MBA comme Vice-Président de la République.

« Grâce au PDG aussi, je suis devenu ce que je suis » dit-on également. C’est facile à dire surtout lorsqu’on est de mauvaise foi ou lorsqu’on ne connaît pas la réalité.

Quand le PDG est créé, je suis à Bangui à l’Institut Pédagogique Régional avec mes collègues Martin AYANG, Maurice PITHER et Auguste KOMBILA MOUSSAVOU en stage vertical pour la formation de Conseiller pédagogique et d’Inspecteur de l’Enseignement primaire. Nous y adhérons depuis là-bas. A notre retour au Gabon, je suis porté, dans le cadre de l’action militante, à la tête du bureau du comité d’entreprise du Ministère des Eaux et Forêts où j’occupe les fonctions de Directeur de Cabinet. Ce comité se met au travail et mène une activité politique remarquable. Au Congrès constitutif du PDG fin août/début septembre 1970, je suis admis au Bureau Politique puis plus tard au mois de novembre 1972, au Secrétariat Administratif.

Ces premières années du PDG sont des années de dur labeur car le Gabon sort du multipartisme pour le parti unique. Il faut expliquer, convaincre, arriver à infléchir les positions de réticence, de résistance, de rejet ou d’hostilité des uns et des autres. Il faut porter ce nouveau venu à travers tout le pays dans des conditions très difficiles pourquoi pas périlleuses au regard du mauvais état du réseau routier. Il faut, pour le faire, des hommes et des femmes déterminés, combatifs, prêts, avec abnégation, à toute épreuve ; ils sont nombreux, avec à leur tête, les permanents Léon AUGE, Georges GNAMBAULT et Zacharie MYBOTO, les Secrétaires à l’Organisation et à la Propagande, Henri MINKO et Eloi RAHANDI CHAMBRIER, la Responsable des Femmes et celui des Jeunes, Anne-Marie BOUMA et Jean-Pierre PIEBI sans oublier les deux premiers Secrétaires administratifs du Parti, MM. Jean-Marie NZEMBOTE et Pascal NDOUNA DEPENAUD.

Après ces quelques éclairages, il est établi que le PDG est plutôt ce qu’il est devenu grâce à l’action décisive de ces pionniers dont Zacharie MYBOTO. Je n’en dis pas plus. Tout autre propos et toute autre allégation ne sont que la confirmation de la volonté de ce Pouvoir de travestir et de tronquer l’Histoire du Gabon en la fabriquant à sa guise.

J’ajoute et il faut le dire qu’avant d’occuper des fonctions politiques en septembre 1968 comme DIRECTEUR DE Cabinet de Monsieur le Ministre Rigobert LANDJI, j’ai déjà accompli dix ans dans ma carrière d’enseignant. Je suis organisé ; je n’attends pas un véhicule de service pour me rendre au travail ; j’ai une maison chez moi sous laquelle la COMUF découvre le gisement d’uranium d’Oklo et j’ai droit à une indemnisation conséquente en millions de francs en 1969. A l’époque les millions ne sont pas légion. Je m’organise encore mieux. Je suis altogovéen et j’ai servi dans les trois localités importantes à l’époque dans la région (Franceville, Okondja, Moanda). J’en sais quelque chose et je n’accepte pas qu’on jette l’opprobre sur ma famille et moi juste pour nuire. Que chacun fasse son introspection pour se rappeler ce qu’il était ou ce qu’était sa famille avant d’embrasser la carrière politique.



L'Union Nationale en 2010


Ensuite vous avez crée l’UGDD, avant de vous retrouvez dans l’Union Nationale que d’aucuns assimilent à un parti de fang, les mêmes qui pensent que vous n’y êtes que comme un faire valoir ethnique, que répondez-vous et quels sont vos rapports avec les autres membres du directoire de l’UN, Casimir Oyé Mba, Jean Eyeghe Ndong,André Mba Obame, pour ne pas les citer ?

Oui le 30 avril 2005, je fonde l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD), avec pour idéal et pour objectif « le progrès pour le Gabon ». Parti politique de l’Opposition, il doit mener le combat pour l’avènement de l’alternance démocratique dans notre pays. Les gabonaises et gabonais y adhèrent massivement. Je parcours le territoire national pour confirmer la nécessité de mener ce combat.

Le Pourvoir est sérieusement ébranlé. Il se lance bassement dans des actions destructrices : corruption avec distribution d’argent à des personnes membres ou non de l’UGDD, invitées par la suite à faire des déclarations de démission dans un local d’enregistrement aménagé à cette fin dans un hôtel privé, intimidations, menaces, pressions, filature, mise en place d’un dispositif permanent des Services des Renseignements dans la rue partant de Pellisson à Hollando qui abrite mes bureaux à l’Immeuble les Arcades, tracts et articles de presse orduriers, perte d’emploi, de fonction, de marchés publics et bien d’autres intrigues ; bref un clavaire innommable pour moi-même et pour les personnes physiques ou morales proches de moi ou supposées l’être.

Malgré cet environnement détestable, nous participons aux différentes élections politiques programmées. A l’analyse objective des résultats obtenus du reste louables et encourageants pour la plupart, nous concluons, après l’élection présidentielle anticipée d’août 2009, conformément à notre volonté réelle d’alternance, que l’UGDD seule comme aucun autre parti politique de l’Opposition seul ne peut atteindre cet objectif salutaire tant attendu du peuple gabonais face au PDG dans sa logique du pouvoir absolu.


Nous convenons alors que la voie royale pour y arriver est celle du regroupement des acteurs et formations politiques de l’Opposition acquis à la cause de ce combat ardu certes mais indispensable en République. Ainsi notre parti, l’UGDD, se met-il d’accord avec le Mouvement Africain pour le Développement (MAD) et le Rassemblement National des Républicains (RNR) pour, conformément à la loi, fusionner et donner naissance, le 10 février 2010, à une nouvelle formation politique de l’Opposition dénommée l’Union Nationale (UN), avec pour devise, le GABON POUR TOUS : un véritable acte de foi en notre pays et en cette volonté farouche pour l’alternance démocratique. Un grand rêve de la plupart de nos compatriotes est devenu réalité. Des adhésions massives et spontanées pleuvent et sont enregistrées sur l’ensemble du territoire national. La confiance et l’espoir renaissent. Un nouveau cap pour des lendemains de progrès se dessine.

L’Union nationale est, en quelques mois d’existence, au firmament de sa côte de popularité. Le Pouvoir en prend parfaitement conscience. Apeuré, il met en marche sa machine de guerre pour détruire l’adversaire redouté. Le 25 janvier 2011, profitant de l’acte politique de prestation de serment de forme d’André MBA OBAME, candidat indépendant à l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, le Ministre de l’Intérieur dissout l’UNION NATIONALE. Cette décision est inique car ce n’est pas en sa qualité de Secrétaire Exécutif de l’UN qui n’existait pas en août 2009 qu’il a posé cet acte essentiellement politique comme ceux de Paul MBA ABESSOLE après l’élection présidentielle de 1993 et de Pierre MAMBOUNDOU après celle de 2005.

Leurs partis politiques respectifs n’ont pas été dissouts et Monsieur Ali BONGO ONDIMBA, pourtant député en 1993 et Ministre de la Défense en 2005 n’avait dit aucun mot pour demander la dissolution de leurs partis. De toute façon, la prestation de serment du Président de la République, aux termes de l’article 12 de la Constitution a lieu devant le Parlement (députés et sénateurs) et la Cour Constitutionnelle. Ce n’était pas le cas le 25 janvier 2011. Cette décision est aussi et surtout anticonstitutionnelle parce que l’article 1er paragraphe 13 alinéa 2 de la Constitution dispose notamment que « les partis ou formations politiques dont les activités sont contraires aux lois peuvent être interdits selon les termes de la loi ». Il n’est nullement fait état de dissolution. L’interdiction pouvant se situer dans le temps n’est pas synonyme de dissolution qui signifie « disparition ».

En acceptant cette décision, Ali BONGO ONDIMBA viole le serment de respecter et de défendre la Constitution qu’il a solennellement prêté conformément à l’article 12 de la Constitution, serment ainsi libellé : « Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du Peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous ». Puis-je alors lui rappeler les dispositions de l’article 78 alinéa 2 de la Constitution sur la Haute Cour de Justice : « Elle juge le Président de la République en cas de violation du serment ou de haute trahison » !


Puis-je lui rappeler aussi en Afrique les cas de l’Angola, de la Côte-d’Ivoire, du Congo et de la République Démocratique du Congo où il y a eu guerres civiles ou prestation de serment ou les deux à la fois mais où l’UNITA de Jonas SAVIMBI, le FPI du Président Laurent GBAGBO, l’UPADS du Président Pascal LISSOUBA, le MCDDI de Monsieur Bernard KOLELA et le l’UDPS de Monsieur Etienne TSHISEKEDI n’ont pas été dissouts !

Puis-je encore lui rappeler que face à la gravité de cet acte non conforme aux dispositions des textes régissant les Organisations Internationales dont le Gabon est membre, nous avons porté cette affaire devant la Présidente de la Commission de l’Union Africaine (UA) le 8 juillet 2013 et devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) le 23 septembre 2012, que notre plainte a été jugée recevable du fait que le Gabon a signé et ratifié la CHARTE AFRICIANE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES de 1981, CHARTE figurant dans le préambule de la Constitution de la République Gabonaise et que le Secrétariat de cette Commission a réagi en faveur du rétablissement provisoire de l’UN en attendant le jugement au fond de la Commission !

Puis-je enfin lui rappeler que l’Opposition gabonaise, réunie à Mouila les 7, 8 et 9 septembre 2012 et l’Union des Forces pour l’Alternance (UFA) dans sa déclaration du 19 avril 2013 ont, sans ambages, réclamé la réhabilitation de l’Union Nationale !

Il revient au Pouvoir et à son Chef, Ali BONGO ONDIMBA, de respecter et de défendre la Constitution, donc de rétablir l’Union Nationale dans ses droits.

Ce Pouvoir et son parti, le PDG qui sont si forts, si populaires et si confiants doivent le prouver dans la compétition démocratique et non en écartant, par tous les moyens, un adversaire redouté et pourquoi pas redoutable. Mieux, ils redoutent tellement l’Union Nationale que la loi n° 016/2011 du 14 février 2012 relative aux Partis politiques interdit, en ses articles 5 et 46, aux membres fondateurs d’un parti politique dissout de créer ou d’occuper des fonctions de responsabilité au sein d’un autre parti pendant cinq ans à compter de la date de la dissolution.

En d’autres termes, nous, membres fondateurs de l’Union Nationale, sommes frappés par ces dispositions depuis la promulgation de la loi 016/2011 susvisée. Nous voilà ainsi privés, à dessein et dans ce cas, pendant des années, de notre liberté de conscience, de pensée, d’opinion, pourtant garantie par la Constitution. Une loi liberticide juste pour punir des compatriotes bien ciblés. Nous ne l’acceptons pas. Nous avons besoin de notre parti.

« D’aucuns assimilent l’Union Nationale (UN) à un parti des Fangs et pensent que je n’y suis que comme faire-valoir ethnique » dites-vous et vous me demandez d’y répondre. Dans la première partie de cette question, je vous ai largement parlé de l’UGDD et de l’UN. Que je sache, l’UN est, malgré sa situation passagère actuelle, implantée dans les neuf provinces. C’est un parti qui compte en son sein des militantes et militants dans les différentes ethnies de notre pays. Il n’y a donc rien qui en fait un parti des fangs exclusivement.

Maintenant dans le militantisme, il y a effectivement l’ardeur des uns et des autres qui fait la différence. A ce sujet, j’adresse mes encouragements aux militantes et militants toujours disponibles et je demande aux autres de se mobiliser davantage.

S’agissant de ceux et celles qui sont tentés de croire que l’Union Nationale serait un parti à base ethnique, je leur dis sèchement qu’ils se trompent car c’est contraire à l’esprit qui a motivé sa création, qui a prévalu dans le choix de sa dénomination et de sa devise sans lesquelles ce parti n’existerait pas.

Quels sont mes rapports actuels avec les autres membres du Directoire de l’UN et vous citez Casimir OYE MBA, Jean EYEGHE NDONG, André MBA OBAME. Ils sont bons, ils le sont, non seulement avec ceux que vous citez, mais aussi avec les autres, à savoir Jean NTOUTOUME NGOUA, Paulette MISSAMBO, Jean-Pierre ROUGOU et Gérard ELLA NGUEMA. Je relève néanmoins qu’une certaine presse, par des articles mensongers comme à son habitude, s’ingénie à noircir ces rapports, singulièrement avec André MBA OBAME. Peine perdue, elle n’y arrivera pas.

De l’Union Nationale, parlons-en. Votre parti est devenu curieusement aphone et inactif ces derniers temps, est-ce en raison de sa dissolution ? ou en êtes vous avec sa réhabilitation ? D’aucuns avancent des dissensions internes.

L’Union Nationale aphone et inactive ? Je ne le crois pas. Dans la situation qui est la nôtre, les choses ne sont pas faciles. C’est pour cela que je voudrais d’abord louer la foi des responsables locaux, des militantes et militants de l’Union Nationale en leur parti ; cette foi inébranlable qui leur permet d’affirmer sans peur leur appartenance à l’Union Nationale, de persévérer dans la voie du combat pour l’alternance démocratique, de résister aux intimidations, aux pressions, aux menaces et aux tentations d’ordre financier, matériel, professionnel ou politique. Je voudrais ensuite indiquer que nous travaillons méthodiquement dans des commissions couvrant différents secteurs de l’activité nationale dont les rapports adoptés en plénières définissent les axes des actions à mener. Nous nous exprimons lorsque c’est opportun.

S’agissant de la réhabilitation de l’Union Nationale, elle est notre combat permanent. Des démarches sont menées au plan national comme au plan international. J’en ai longuement parlé plus haut.

Des dissensions internes ? Moi je parlerai des débats internes ; ce qui est normal, vital et encourageant dans un parti démocratique comme le nôtre.

Le débat politique de l’heure au Gabon porte sur l’organisation des élections locales, la prorogation des mandats actuels des élus locaux est-elle conforme à la loi fondamentale ?

Oui le débat politique de l’heure au Gabon porte sur l’organisation des élections locales, mais aussi sur les assassinats crapuleux et odieux avec mutilation d’organes humains à des fins fétichistes, couramment appelés crimes rituels. Au sujet de ceux-ci, il n’y a pas de place pour la diversion avec des mesures spectacle contraires parfois aux pratiques légales et inefficaces pour combattre radicalement ces actes barbares, amoraux et révoltants.

Il faut donc que le Pouvoir s’y investisse pleinement en prenant des mesures allant dans le sens de la moralisation de l’Etat avec obligation d’exemplarité au sommet, des mesures qui privilégient la justice et le mérite, des mesures effectives de lutte contre la pauvreté, la précarité, le chômage et le gain facile d’argent à l’origine, entre autres, de ces actes criminels. Il faut aussi que la loi soit appliquée, de manière égale, pour tous, acteurs et commanditaires des crimes par les Services de Sécurité et de Justice. On le voit, le problème de crimes de sang est devenu un fléau social que je condamne avec force et qui doit être combattu sans concession, sous tous ses aspects dont ceux évoqués ci-dessus. C’est ce que le peuple attend du Pouvoir.

Revenons aux élections des collectivités locales et à leur organisation. Ces élections, on a tendance de l’oublier, sont d’une importance capitale pour le développement équitable et équilibré de notre pays. Pour cela, elles doivent être organisées de manière à permettre aux populations de faire librement le choix des personnes pouvant réellement se mettre à leur service, des personnes capables d’impulser localement une véritable dynamique de développement économique, social et culturel.

Pour l’Opposition et singulièrement pour l’UFA à laquelle appartient l’UN, il faut des élections libres, transparentes, justes et crédibles organisées avec des listes électorales biométriques fiables, établies dans le respect strict des consensus et recommandations de la classe politique. Ainsi tout le monde ira aux élections avec les mêmes chances au départ. Le Gabon aura de ce fait des conseils municipaux et départementaux régulièrement élus. Ce sera un pas important vers notre objectif d’alternance démocratique.

L’autre volet de ces élections est celui, comme indiqué plus haut, du développement des mairies et départements grâce à des ressources financières clairement définies dans différents textes de lois dont notamment la nouvelle loi organique sur la Décentralisation. Cette loi votée fin 2011, modifie la loi organique 15/96 du 6 juin 1996 et prévoit un fonds de péréquation des Collectivités locales pour l’investissement public, fonds dont l’alimentation, sur ma proposition, a été arrêtée à 10% du Budget général de l’Etat.

Ce taux retenu d’abord par l’Assemblée Nationale puis par le Sénat devait permettre aux collectivités locales, en fonction de leur classification, d’avoir une enveloppe budgétaire conséquente pour l’Investissement. C’est dommage qu’à la demande du Chef de l’Etat, le Sénat, lors de l’examen de cette loi organique en deuxième lecture, à défaut de maintenir ce taux de 10% querellé concernant le prélèvement d’office opéré sur le budget général de l’Etat chaque année, n’ait même pas fixé un taux inférieur de ce prélèvement dans la loi organique laissant au Pouvoir Exécutif le soin de le faire annuellement dans la Loi de Finances.

Si cette disposition qui n’est pas contraignante pour le Pouvoir Exécutif est votée en termes identiques par l’Assemblée Nationale, il faut d’ores et déjà considérer que la Décentralisation tant attendue sera encore un échec dans ses objectifs majeurs, réduisant les Collectivités locales à jouer toujours les seconds rôles où, par exemple, pour réparer la toiture d’une école ou d’un dispensaire, il faudra encore recourir au Ministre de l’Education Nationale ou à celui de la Santé Publique. A cette allure, on continuera à faire du surplace à défaut de régresser.

L’argument développé dernièrement par le Ministre de l’Intérieur devant la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale pour justifier le rejet de cette disposition en s’appuyant sur la spécificité des ressources d’emprunt qu’il suffit de ne pas prendre en compte ne convainc pas. Cette disposition, j’insiste, a le mérite de permettre une répartition équitable de la richesse nationale au niveau de la base. Il faut la faire aboutir.

S’agissant de la conformité à la Constitution, de la prorogation, par la Cour Constitutionnelle, des mandats actuels, non pas de tous les élus locaux, mais des seuls membres des bureaux des Collectivités locales, je vous renvoie aux déclarations à ce sujet de l’Union Nationale et de l’Union des Forces pour l’Alternance (UFA). Ces déclarations qui ont relevé le caractère arbitraire de la prorogation de ces mandats, les contradictions flagrantes de ladite Cour quant à la signification du cas de force majeure dans ses décisions relatives au report des élections locales n° 141/CC du 22 septembre 2002, n° 178/CC du 7 décembre 2007 et n° 0022/CC du 29 avril 2013 ainsi que son esprit partisan dans son rôle de régulation des élections, ces déclarations, dis-je, ont dénoncé et condamné la grande acrobatie juridique à laquelle s’est livrée la Cour dans sa décision n° 0022/CC susvisée. C’est dommage.

A propos d’acrobatie juridique, un autre cas s’annonce avec les dispositions de l’article 30 de la nouvelle loi organique relative à la Décentralisation qui instaurent à nouveau un scrutin uninominal à deux tours pour l’élection, par leurs pairs, des maires, adjoints aux maires, présidents et vice-présidents des conseils départementaux alors que la Constitution en son article 4 alinéa 1er dit ce qui suit : « le suffrage est universel, égal et secret. Il peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution ou par la loi. Le scrutin est à un tour pour toutes les élections politiques. »

L’élection des membres des bureaux des conseils municipaux et départementaux est une élection politique aux termes de l’article 3 de la loi 7/96 du 12 mars 1996, modifiée, portant dispositions communes à toutes les élections politiques, ainsi libellé : » Sous réserve des dispositions des articles 10 et 37 de la Constitution, la présente loi s’applique aux élections politiques et au référendum. Sont élections politiques :

- l’élection du président de la république
- l’élection des députés à l’Assemblée Nationale
- l’élection des sénateurs au Sénat
- l’élection des membres des conseils municipaux et des conseils départementaux ».

Si l’Assemblée Nationale adopte en termes identiques cet article 30, cette mesure s’étendra automatiquement à l’élection du président de la République, à celles des députés et des sénateurs, ce qui exigera une révision de la Constitution. Quellequ’en soit la suite, je note avec satisfaction que le Pouvoir prend conscience de la nécessité du retour au scrutin à deux tours pour toutes les élections politiques, ce scrutin ayant l’avantage de dégager une majorité absolue qui confère à tout élu la légitimité voulue pour l’exercice de son mandat. Qu’il est juste le combat que je mène à cette fin, avec d’autres, bien sûr, depuis la révision constitutionnelle de 2003 qui instaura le scrutin à un tour que je qualifiais, bien que député issu du PDG à l’époque, de trouvaille rétrograde, chosifiant le Gabon et monarchisant la République. J’invite les démocrates de tous bords à mener ce combat avec conviction jusqu’à son terme.

Croyez-vous à la sincérité du gouvernement d’organiser , cette fois des élections dans des conditions de transparence, avec notamment l’introduction des données à caractère personnel dans le fichier électoral ? Et pensez-vous que la seule biométrie puisse garantir la transparence électorale ?

Votre question est pertinente mais j’ai beaucoup de mal à y répondre avec foi. Oui, il y a des avancées ; la loi n° 1/2011 relative à la protection des données à caractère personnel a été votée ; ces données sont prises en compte dans la loi n° 7/96 du 12 mars 1996, modifiée, portant dispositions communes à toutes les élections politiques pour l’établissement de la liste électorale biométrique ; une commission paritaire ad hoc sur la mise en œuvre de la biométrie dans le processus électoral au Gabon s’est réunie et a rendu son rapport ; d’autres rencontres ont eu lieu ici et là entre le Pouvoir et l’Opposition.

En dépit de ces lueurs d’espoir, le dossier « transparence électorale » piétine, le Pouvoir ne voulant pas jouer franc jeu en refusant d’associer l’Opposition en amont, en aval et tout le long du processus électoral. Rassurez-vous, l’Opposition ne s’en laisse pas conter. Nous savons que la seule biométrie n’est pas la panacée pour venir à bout de la fraude électorale mais qu’elle en constitue un maillon incontournable pour la contenir. C’est tout le sens de notre combat.

Dans le cas ou l’Union Nationale n’est pas réhabilitée avant la date des élections, présenteriez-vous des listes indépendantes, ou alors des listes communes avec d’autres formations politiques regroupées au sein de l’UFA ?

Un parti politique a pour mission de concourir à l’expression du suffrage, de surcroît lorsqu’il est engagé dans le combat de l’alternance démocratique. C’est le cas de l’Union Nationale par ailleurs membre de l’Union des Forces pour l’Alternance (UFA) qui, vous le savez, participera aux élections locales.


Dans le cas ou l’opposition, gagnerait ces élections locales au point de devenir majoritaire au Sénat, accepteriez-vous d’entrer dans un gouvernement d’union nationale ?

En démocratie, il y a un principe fondamental : la majorité gouverne, l’Opposition s’oppose. Ainsi la ligne de démarcation est-elle nette. C’est notre approche.

Un gouvernement d’Union Nationale pour appliquer le programme « du Gabon dit émergent » auquel nous ne croyons pas ? Ne nous y attardons pas, le sujet n’étant pas d’actualité.

Croyez-vous encore à la conférence nationale souveraine ?

Vous êtes d’accord avec moi qu’il ne sert à rien d’occulter la vérité, de la tronquer, de la triturer, de l’ignorer, de l’enterrer car elle sera toujours là, présente, invaincue inaltérable et s’imposera à nous.

La vérité aujourd’hui est que le Gabon est en crise morale, politique, économique, sociale et culturelle. Pour y mettre un terme, il faut que les gabonaises et gabonais s’assoient, se parlent librement et en toute responsabilité, trouvent les solutions idoines, s’engagent ensemble à les mettre en œuvre et parviennent à le faire. En taisant tout ego au profit du patriotisme de chacun, la voie à emprunter est celle d’une grande rencontre entre les forces vives de la nation sous la forme d’une Conférence Nationale Souveraine qu’on peut appeler autrement, le plus important étant le fond. Le Pouvoir a tort de ne pas y accéder. L’entêtement forcené conduit vers l’inconnu.

Le Président Myboto à l'Union Africaine
Que vous inspirent les évènements politiques actuels en Centrafrique ?

Les évènements politiques actuels que vit la République Centrafricaine ne laissent personne indifférent. C’est pour cela qu’ils mobilisent la Communauté Internationale dont je salue les initiatives prises pour y mettre un terme. Cependant une analyse de cette situation de crise en Centrafrique depuis quelques années montre que les coups d’Etat répétitifs, source d’instabilité, de luttes politiciennes, de conflits interethniques et entre religions, de massacres de la population ainsi que la malgouvernance avec comme conséquence une pauvreté endémique en sont, entre autres, à l’origine. La recherche des solutions de sortie de crise ne saurait ne pas en tenir compte. Les Centrafricains eux-mêmes en sont concernés au premier chef.

Pour conclure notre entretien, je dirai que je suis inquiet, inquiet pour le Gabon et pour son avenir, tout peuple étant imprévisible. La diversion, les effets d’annonces, les promesses et la communication intensive et tapageuse pour épater et appâter les Gabonais restent inopérants face aux nombreux maux qui les accablent et pèsent lourdement au quotidien sur leur vie. Ces maux sont, entre autres, la vie chère, la situation pénalisante de l’Ecole et de l’Hôpital, l’insécurité galopante avec son lot d’assassinats, le chômage notamment des jeunes, la destruction autoritaire des biens des citoyens (maisons, plantations), la malgouvernance caractérisée par la cupidité, la corruption, la gabégie particulièrement dans les dépenses somptuaires, les injustices de tout genre etc…

Ces quelques exemples ne sauraient occulter le climat politique très délétère que vit notre pays depuis le 3 septembre 2009 au sortir de l’élection présidentielle anticipée du 30 août de la même année.

Coup d’Etat électoral, violences physiques avec mort d’hommes, violation de la Constitution et d’autres lois, dissolution de l’Union Nationale, rencontres politiques de forme, déni de démocratie, suppression injustifiée des salaires aux agents publics, interdiction de sortie du territoire national à des compatriotes, telles sont quelques illustrations de ce climat très délétère.

Le développement ci-dessus nous conforte une fois de plus dans notre combat, pour l’alternance. Menons-le ensemble et avec détermination, peuple gabonais.

Publié par JEAN-PIERRE ROUGOU

Samedi 12 Octobre 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par Mvé le 13/10/2013 12:20 | Alerter
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Quand on est dans l'opposition, on est attentif aux problèmes et à la misère du peuple.On découvre les malversations du pouvoir en place. On est l'ardent défenseur de la population qui crie famine , qui ne peut se loger ni se soigner , l' hôpital public étant quasi inexistant .....et j'en passe. Mais une fois arrivé aux affaires, l'opposition devenue majoritaire dans le pays perd toutes ses bonnes intentions et devient aveugle face à la situation catastrophique du pays qu'elle pourtant observée et condamnée avec force. La théorie de à chacun son tour se met en place......on oublie le peuple... on pense aux siens, la machine à ruiner continue à dérouler en plein régime comme si rien n'était . Il n'y a pas de changement....... Si et seulement si notre "opposition" pouvait contredire cette tendance, le pays commencera seulement à sortir la tête de l'eau.

2.Posté par La Fraternité Pdégiste et gabonaise. le 13/10/2013 13:11 | Alerter
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N'oubliez pas l 'écart qui est très courant entre "les bonnes intention" et "les ressources disponibles" pour les réaliser.

Nous aimons tous le Gabon.N'en déplaise à tous qui nous considère comme insensés,cyniques.

3.Posté par Giap Effayong le 13/10/2013 16:59 | Alerter
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@Post2,
Vous n'êtes pas seulement considérés comme des personnes cyniques et incensées,on vous prend également pour des indécrottables pédérastes qui mériteraient d'être gazés avant de finir dans un four crématoire.Si seulement vous pouviez imaginer le palaisir qu'éprouverait le peuple gabonais devant une telle oeuvre de salubrité nationale.

4.Posté par Larévolte le 13/10/2013 18:15 | Alerter
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Cet homme est rempli de sagesse! Chapeau bas M. Myboto!

5.Posté par Rodrigue le 14/10/2013 11:40 (depuis mobile) | Alerter
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Dans le milieu politique du Gabon, on a le choix entre mangé et être mangé. A mon humble avis, Myboto est un becté comprenez par la qu'il est mangé, il se paye la tête des gabonais.

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