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Gabon : Les incertitudes de la filière bois

Le site de la Liberté - Source : Gaboneco le Mardi 3 Août 2010 à 19:42 | Lu 703 fois

Le gouvernement gabonais a décidé, le 5 novembre 2009, de l’arrêt de l’exportation de bois en grume. Cette mesure entrée en application dès le premier jour de l’année 2010 est destinée, selon le gouvernement, à doter le pays d’une industrie capable d’exporter des produits made in Gabon à forte valeur ajoutée. La volonté des autorités de Libreville est de faire passer le taux de transformation locale de bois de 40% actuellement à 100%, soit au-delà de l’objectif de 75% prévu pour 2012.



Gabon : Les incertitudes de la filière bois
Si de nombreuses incertitudes entourent la justesse de cette décision, en termes de rentabilité, ses effets sur le terrain sont implacables. Comme le relève un expert, « la contribution du secteur bois à la création de la richesse nationale est certes faible, environ 4%. Mais en raison de son caractère intégrateur, le secteur bois a des liens fonctionnels avec nombre de branches d’activités : les services aux entreprises, l’énergie et le raffinage, les transports(…) les industries de seconde transformation et le commerce ».

Selon toujours ce dernier, les investissements cumulés de la filière sur les huit premières années des années 2000 avoisinent2000 milliards de FCFA. Cette filière qui constitue le deuxième contributeur aux recettes fiscales, avec 80 milliards de FCFA environ /an est également la deuxième source de devises de l’économie gabonaise, elle représente environ 12% de la valeur totale des vente à l’extérieur. Enfin, ce secteur représente le plus important bassin d’emploi, car c’est le premier employeur privé moderne avec 14 000 emplois directs et près de 5 500 emplois indirects.

Cette mesure ferait perdre à l’Etat en en 2010, « un peu plus de 50 milliards de CFA et ses effets néfastes sont déjà visibles, six mois après son entrée en vigueur : des entreprises en faillite, des milliers d’emplois détruits, l’accroissement du chômage et la paupérisation des populations, en particulier celles riveraines des sites d’exploitation.

En dépit de nombreux problèmes qu’elle entraine, certains estiment que cette décision est vitale pour l’industrialisation à pas forcés de la filière bois, notamment en prévision de l’après pétrole, même si la justesse du calendrier est discutable. D’autres par contre y ont vu une opération de charme destinée à la communauté internationale, à quelques jour de l’ouverture du Sommet de Copenhague où le Gabon comme l’ensemble des pays du Bassin du Congo attendaient négocier, à défaut d’un fonds d’indemnisation pour la préservation de la forêt, un mécanisme financier approprié pour lutter contre la déforestation et la dégradation des écosystèmes dans cette foret primaire crucial pour la respiration de la planète.

Certes, selon le président gabonais, « depuis Rio, le Gabon a consacré plus de 3 millions d’hectares de son territoire aux parcs nationaux. Nous avons créé 9 millions d’hectares de concessions forestières durables. Nous avons réduit de 20 millions de tonnes de CO2 par an les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et nous projetons d’atteindre une économie de 50 millions de tonnes par an d’ici 2015. » Pour les tenants de cette thèse, cette déclaration faite à l’occasion du Sommet d’Oslo, en mai dernier, lèverait u pan de voile sur la motivation première de cette décision.

L’argument vaut son pesant d’or mais ne peut-il réduire cette décision à une simple opération marketing. Le financement de la préservation du massif forestier du Bassin du Congo par la communauté internationale est un enjeu crucial pour les 5 pays qui se partagent les 520 millions d’hectares de ces forêts. Les ressourcent forestières conditionnent largement leur développement économique et c’est normal que ces derniers réclament une compensation financière.

Pour les autorités de Libreville, l’heure est venue de mettre le cap sur l’industrialisation de ce secteur vital pour l’économie nationale, en gageant sur la rentabilité à long terme, tout en assurant une meilleure gestion de la ressource. Pour soutenir les opérateurs du la filière, le gouvernement annoncé le 4 mars à Port-Gentil, une série de mesures d’accompagnement dont les plus importantes sont la mise en place d’un fonds de soutien doté d’une enveloppe de 20 milliards de FCFA, ainsi que l’exonération temporaire des droits d’entrée des matériels et équipements de transformation du bois.

Cependant, au regard des enjeux, ce fonds dont la source de financement reste modeste ne peut véritablement soutenir l’industrialisation tant souhaitée de la filière bois. Celle-ci ne serait possible qu’en présence d’un fonds d’industrialisation qui « financerait le développement du secteur en appui ou en garantie auprès des institutions bancaires et financières ».

La soudaineté de la mesure est sans doute pour beaucoup dans l’absence de solidité du mécanisme de financement de ce projet. Ce n’est qu’une question de temps, affirment des sources proches de ce dossier pour qui tout sera mis en œuvre pour réussir cette mutation, également décisive pour la gestion de la ressource. Mais c’est pour quand ?

Le temps fui et les incertitudes s’amoncellent, ce d’autant que cette mesure écarte d’office de la filière de nombreuses exploitations de petite taille et de taille moyenne qui ne disposent pas des capacités financières et techniques pour prendre en charge une Concession forestière sous aménagement durable(CFAD). De nombreux Gabonais font partie de cette catégorie d’opérateurs et cette exclusion de fait peut être vécue à la longue comme une disqualification des nationaux au profit des entreprises étrangères. Il serait bon qu’au moment ou la zone économique spéciale de Nkok sort de terre, un mécanisme financier adapté aux exigences et enjeux de l’industrialisation de cette filière stratégique soit mis en place.

Mardi 3 Août 2010
Source : Gaboneco
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