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Gabon : La police, la justice et l’armée sources d’insécurité

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Lundi 7 Janvier 2013 à 08:29 | Lu 753 fois

Au delà des faits divers plus ou moins exceptionnels qui mettent en cause des membres des forces de l‘ordre dans des affaires de violences ou de braquages, personne ne peut nier que la présence de policiers ou de militaires à proximité engendre immédiatement un sentiment de crainte et d’inquiétude. Un sentiment justifié, hélas, par l’attitude de ces corps en uniforme.



Gabon : La police, la justice et l’armée sources d’insécurité
Tout le monde a son anecdote à raconter, plus ou moins dramatique ou désagréable, qui met en scène un membre des forces de l’ordre abusant de ses pouvoirs, s’autorisant des gestes ou des paroles déplacées, et parfois des actes délictueux ou violents. Lors des vœux des forces de défense et de sécurité du Gabon au président de la République, le sujet a été évoqué par le président lui-même, qualifiant de «voyous» les nouvelles recrues, ce qui est par ailleurs exagéré car tout le monde n’est pas à mettre à la même enseigne et que les anciens ne sont pas, non plus, exempts de tous reproches.

«Je vous ordonne que de tels agissements cessent car ils n’honorent pas l’uniforme que vous arborez» a-t-il ajouté, dénonçant des recrutements qui ne respectent pas les textes et critères en vigueur. Certes, personne ne contredira le président sur ce point. Mais se contenter d’un simple lifting de façade et affirmer que les exactions de la police ou des gendarmes sont dus à des problèmes de recrutement reste un peu court comme argument.

Depuis trop longtemps, l’armée, la police et les services de renseignement ont été des sources importantes d’insécurité pour les citoyens. Mal rémunérés, certains de leurs membres se livrent au vol et à l’extorsion, parfois simplement pour pouvoir vivre. Chefs d’État et autres hommes politiques se sont souvent servis de l’armée et de la police pour réprimer les manifestations populaires, écarter leurs rivaux ou simplement prouver leur toute puissance, assurant en échange à l’ensemble de la hiérarchie une totale impunité sur leurs délits de corruption et leurs malversations. Étant donné le faible contrôle exercé par les autorités civiles et le manque de mécanismes de responsabilisation, les militaires et les policiers auteurs d’abus de pouvoir et de violences échappent généralement à toute sanction.

Entre les «mange mille» dénoncés par les chauffeurs de transports en commun, et redoutés par les automobilistes de toutes catégories, les contrôles d’identité sauvages par des personnes dont il est impossible de vérifier l’identité, les interventions de policiers en tenue de combat pour assister des huissiers, souvent sans jugement légitime, à déloger des familles de leur maison, les agressions de la part de policiers en civil exhibant leur carte de police pour s’exonérer de toutes règles de vie en société ou menacer d’éventuels plaignants, sans parler des viols de prostituées dans les bars et les boîtes de nuit et des confiscations de téléphones portables ou de marchandises dans les boutiques, la liste est très longue des excès qui ont forgé la réputation des hommes en uniforme.

Quand bien même ils ne seraient pas la cause de l’insécurité, ils ne font rien pour l’éviter. Que des agresseurs s’introduisent dans votre maison et un appel à la police, si elle répond, se résumera en général à «nous n’avons pas d’essence pour nous déplacer». Les bons d’essence ont bien été attribués au service, mais échangés contre des espèces sonnantes et trébuchantes en lieu et place du carburant. Les entreprises et les particuliers qui en ont les moyens font appel à des sociétés privées pour assurer leur sécurité et celle de leurs clients, faute de pouvoir compter sur la police. Au final, la police n’agira, en général, que si la victime est connue ou connaît «quelqu’un». Encore faudra-t-il prévoir le «coca» et le carburant pour que cela serve à quelque chose.

Qui oserait porter plainte contre des policiers quand l’affaire se résume à un «parole contre parole» ? Qui pense qu’il peut obtenir des tribunaux la condamnation d’un gendarme ou d’un militaire suite à un abus d’autorité, y compris devant témoins ? Alors que les brimades sont quotidiennes, personne ne dénonce, personne ne s’insurge… avec raison puisque les rares qui ont tenté de le faire ont eu ensuite à subir la vengeance de leur oppresseur ou de ses camarades. Sur les marchés, dans les véhicules, dans les bars et les commissariats, une certaine police fait sa loi qui n’a rien de légitime.

Le mauvais fonctionnement de l’appareil judiciaire et de la police a donné naissance à une pratique de justice populaire qui se déroule sur la place publique, avec des bastonnades et parfois des exécutions sans procès des malfaiteurs. Lorsque les gens voient que les voleurs et les bandits de grand chemin se retrouvent le lendemain dans la rue, ils arrivent à la conclusion qu’il vaut mieux se faire justice soi-même. Ainsi, lorsqu’on attrape un voleur, on ne l’amène pas au commissariat de police mais on règle son affaire dans le quartier en le lapidant.

Pour réformer les forces de sécurité et leur rendre le rôle de protecteurs des populations, peut-être faudrait-il se pencher sur le comportement de la police et de la justice. Au Gabon, avec quelques connexions et de l’argent, on peut échapper à tout châtiment, quelle que soit l’ampleur du crime. Dépolitiser la police, renforcer son professionnalisme, sont des conditions préalables à une police crédible et efficace. La corruption effrénée qui règne dans la police comme dans la justice est un obstacle à toute amélioration du système. Si les membres des forces de sécurité responsables de violations des droits humains ne sont pas déférés devant les tribunaux, la justice pour les victimes demeurera un vain mot. Seules l’obligation de rendre des comptes pour les violations commises par le passé et une réforme constructive pourront garantir que les forces de sécurité n’agissent pas au-dessus des lois.

Surtout, le concept de «sécurité» ne concerne pas simplement les institutions centrales que sont l’armée et la police. Les tribunaux, le système pénitentiaire et les organes de contrôle civil, comme les ministères et les Parlements, doivent être englobés dans une éventuelle réforme. Car les forces de sécurité ne sont, en fin de compte, que des citoyens ordinaires à qui l’on octroie un peu plus de pouvoir et qui en abusent. Rien ne permettra d’éviter cela si l’impunité reste de mise, si les formations sont bâclées, si la hiérarchie elle-même ne montre pas l’exemple, si les protections politiques continuent de prendre le pas sur la loi.

Les exceptions, car elles existent et ne sont pas forcément minoritaires, ne peuvent rien faire sans une volonté forte et visible du gouvernement et des états-majors, fussent-elles placées à des postes de commandement. Tant que les auteurs d’abus resteront impunis et intouchables, la confiance dans les forces de l’ordre ne pourra être rétablie. Les responsables politiques, la police et les militaires africains devraient accepter que le public ait un droit de regard sur les dispositifs de sécurité. La société civile, la presse ont un rôle essentiel à jouer dans ce domaine, mais qui prendra le risque de s’opposer à des hommes en armes, appuyés par toute une hiérarchie, sans l’appui solide d’une «police des police», indépendante des ministères de l’Intérieur et de la Défense ? La question reste posée au président de la République qui ne peut avoir oublié qu’il fût longtemps, lui-même, ministre de la Défense et adepte d’une «armée en or». Sauf qu’au Gabon, il semble que même l’or ne soit pas à l’abri de la corrosion.


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Lundi 7 Janvier 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par secukaotitique. le 07/01/2013 09:58 | Alerter
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Rédacteur de l'article,ces problèmes tiennent majoritairement à la nature du recrutement. pour ce qui concernent les forces de l'ordre en général.
L'enrôlement dans celles-ci fondé sur des critères sentimentaux,sans tests objectifs ni formation tant de base que professionnelle rigoureuse est dramatique pour la sécurité nationale au Gabon.

Lorsque l'on ne mérite pas un bien,on en a pas la conscience d'utilisation optimale et on en mesure pas non plus la valeur.

Et en cas de conflit,cet acabit de soldats sont ceux qui abandonne très rapidement leur mission fuyant ainsi leur responsabilités de défenseurs de la sécurité publique.

On ne fait pas une police pour sortir un parent,une connaissance des désœuvrés ou des sbires du banditisme.

2.Posté par BIBI BEN MOUNBAMBA le 07/01/2013 13:05 | Alerter
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N'importe quoi, qui les recrutes? et sur quelle basse et pour combien de temps de formation?
Ojoukou ali demon ondimba a lui même la réponse à ces questions et sa bande de bénis oui.
Arrêtez de venir jouer a la comédie,on en a marre.

3.Posté par la nouvelle republique le 08/01/2013 17:49 | Alerter
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il faut tout simplement mettre a la tête des forces de police nationale de notre pays les 'homme qu'il faut dans ce corps il y'a encore des Hommes de valeurs et qui pourront rendre à la police ses lettres de noblesses

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