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Gabon : L'entretien exclusif d'André Mba Obame à Echos du Nord (Version officielle)

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Lundi 23 Septembre 2013 à 09:00 | Lu 4419 fois

Echos du Nord : Les Gabonais qui vous portent depuis 2009 et d’autres qui les ont rejoints ces trois dernières années ont presque cédé au découragement car après l’annonce de cet entretien pour le 16 septembre dernier ils n’ont rien vu dans le journal. Certains ont cru à un simple effet d’annonce. Votre réaction.



André Mba Obame, le jour ce l’interview. © Echos du Nord
André Mba Obame, le jour ce l’interview. © Echos du Nord
André Mba Obame : Seriez-vous en train de me dire qu’à près d’une décennie de présence dans le paysage médiatique « Echos du Nord » n’a toujours pas réussi à tisser des liens de confiance avec son lectorat, au point que tout manquement donne lieu à des commentaires divers et tous azimuts ? Ou alors, seriez-vous en train de me dire que le lectorat gabonais est si blasé, si habitué aux errements de sa presse qu’il doute de tout et vit dans la suspicion permanente ? Si l’une ou l’autre de ces hypothèses peut se rapprocher, un tant soit peu, de la réalité, je me permettrai d’inviter chacune des parties à établir des liens de confiance.

J’ai, pour ma part et comme tous vos lecteurs, vu un encart en « une » de votre dernière édition qui annonçait et justifiait ce manquement, tout en s’excusant auprès des lecteurs. Je dois à la suite de cela de dire que, comme chacun a pu le constater, l’actualité s’est particulièrement accélérée au lendemain de la publication de votre encadré annonçant mon mot d’ordre d’enrôlement à nos concitoyens. Aussi, avons nous convenu, d’un commun accord et pour être complets, décaler et de prolonger ce rendez-vous avec votre rédaction. Je suis bel et bien là en face de vous, prêt à répondre à toutes vos questions, en toute transparence, sans tabou ni faux-fuyants et prêt à livrer au peuple gabonais ma part de vérité sur la situation générale de notre pays.

Parlant de l’enrôlement. Vous avez appelé les Gabonais à se faire enrôler. Au constat, cet appel a été entendu et depuis lundi 09 septembre dernier, les centres d’enrôlement ont presque refusé du monde. Quelles conséquences en tirez-vous ?

Si je vous comprends, cela postule qu’avant mon appel, et plus largement avant l’invite solennelle du directoire de l’Union nationale et de l’Union des forces pour l’alternance (UFA), les centres d’enrôlement faisaient grise mine ? Cela signifie donc que les Gabonais refusaient de s’y plier, qu’ils avaient fait le choix de s’abstenir.
Dois-je vous rappeler que l’abstention, donc la non collaboration, est une arme politique généralement utilisée pour marquer la défiance du peuple vis-à-vis du pouvoir établi. En s’abstenant, le peuple signifie son refus de collaborer avec et pour envoyer le message selon lequel le peuple considère que le régime établi n’est pas assez représentatif de ses intérêts et ne peut en rien répondre à ses aspirations légitimes.

L’abstention vise donc à ne pas cautionner un régime considéré comme injuste et illégitime. Autrement dit, en ne répondant pas à l’appel à l’enrôlement lancé par le pouvoir PDG émergent, le peuple gabonais a, une fois encore, indiqué au monde entier que le pouvoir établi n’est pas l’émanation de sa volonté, qu’il ne se sent en rien pris en compte dans la gestion actuelle du pays. A contrario, en répondant à l’appel que vous avez publié le 09 septembre dernier, il a montré de quel côté se trouve la légitimité et avec qui il aimerait travailler pour construire ensemble ce Gabon généreux et prospère dont nous rêvons. Cela n’a, du reste, pas de quoi étonner puisque cet acte majeur s’inscrit dans le droit fil des résultats réels de la présidentielle anticipée d’août 2009. Je voudrai donc remercier le peuple gabonais pour sa constance dans l’action citoyenne, pour son engagement résolu et sa mobilisation autour du directoire de l’Union nationale et des leaders de l’Union des forces de l’alternance UFA.


En lançant cet appel vous avez beaucoup insisté sur la fiabilisation du fichier. Si à la fin des opérations celui-ci n’est pas fiabilisé, à quoi aboutirez-vous ?

En refusant de répondre à l’appel du pouvoir PDG émergent, puis en donnant comme il l’a fait une suite positive aux différents appels venus de l’opposition, le peuple gabonais a envoyé un message clair, qui se veut aussi porteur d’une dynamique unitaire. La responsabilité des leaders de l’opposition que nous sommes est, d’une part, d’analyser sereinement ces messages afin de leur donner une suite et, d’autre part, de nous battre pied à pied avec endurance, courage et opiniâtreté pour parvenir à créer, sans délai, les conditions d’une alternance démocratique au pouvoir d’Etat. Rien ne sera obtenu sans lutte. Nous devons demeurer vigilants et nous tenir prêts à repartir au combat, sans céder sur nos convictions car, seule notre détermination et notre sens de l’organisation nous permettront d’aborder les prochaines échéances majeures en position de force.

Il ne vous a pas échappé que les prochaines Locales seront les premières élections organisées avec un fichier biométrique. Pour la suite et en vue d’une démocratisation réelle de notre système politique, elles auront valeur de test. L’Union nationale, l’ensemble des forces politiques de l’opposition réunies au sein de l’UFA et de l’UFC, et même plus largement les amis du Gabon, se devront d’analyser le déroulement de ce scrutin pour en tirer enseignements et conséquences pour la suite, et singulièrement pour la présidentielle à venir. Je sais que les présidents Myboto, Ogouliguendé, Maganga Mousavou, Kombila Koumba, Eya Mvey, Ndaot, Mayila et l’ensemble des leaders de l’UFA seront à la hauteur de cette espérance légitime et historique de notre peuple.

« Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. »

Dans le cas de figure d’un fichier non fiable, pensez-vous qu’il faudra engager la responsabilité de l’opérateur Gemalto, celle du gouvernement gabonais ou les deux à la fois ?

Vous conviendrez avec moi que le développement politique, économique, social et culturel du Gabon incombe d’abord à ceux qui se disent en responsabilité, à ceux qui exercent officiellement le pouvoir d’Etat. Tout manquement ou errements leur sera d’abord imputable. Toutefois, si le pouvoir PDG émergent se préoccupe peu de son image, ne s’embarrasse pas de scrupules et croit naïvement qu’il demeurera fréquentable ad vitam aeternam en dépit de ses manquements démocratiques et de son déficit de légitimité, autant je ne saurai croire qu’il en va de même pour Gemalto.

Cette entreprise, leader mondial de la sécurité numérique, est signataire du Global Compact, cette initiative de transparence voulue et portée par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. A ce titre, Gemalto a des responsabilités en termes de protection et défense des droits de l’Homme. Conformément à ses engagements internationaux, j’ose croire que Gemalto demeurera fidèle à sa volonté de promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l'Homme dans sa sphère d'influence, tout en veillant à ne pas se rendre complice de violations des droits de l'Homme.

Selon le Global Compact auquel Gemalto a librement adhéré, le respect des droits de l'Homme ne relève pas seulement des gouvernements et des Etats mais aussi des individus et des organisations qu'ils créent. Du reste, plusieurs formes de complicité sont identifiées à cet effet. Il y a la complicité directe qui consiste à prendre clairement part à des violations des droits de l'Homme en dehors de sa propre enceinte ; la complicité bénéfique qui consiste, pour une entreprise, à tirer profit des violations des droits de l'Homme commises par d'autres et, la complicité silencieuse qui, tout en n'encourageant pas la violation des droits humains, consiste à demeurer muet face à des cas flagrants de violation des droits de l'Homme.

Parce que Gemalto a des engagements éthiques, parce que cette entreprise d’envergure mondiale mesure parfaitement les dommages qu’une telle situation pourrait lui causer, j’ose croire qu’elle ne cherchera pas à tirer profit d’un déni de démocratie et mieux qu’elle ne demeurera pas muette face à la volonté du pouvoir PDG émergent de s’opposer à ce droit fondamental et imprescriptible qu’est la liberté des peuples à choisir librement leurs dirigeants et à esquisser en toute souveraineté les contours de leur destinée.

Les partis politiques et la société civile ont fait leur travail en demandant aux citoyens d’aller se faire enrôler. Les citoyens, en se rendant massivement dans les centres d’enrôlement, ont, eux aussi, rempli leur part de contrat. Il revient désormais à Gemalto de mettre tout son savoir-faire, que nous savons incontestable, au service de l’élaboration d’un fichier électoral fiable au Gabon.

Il m’est d’ores et déjà revenu que Gemalto a attiré l’attention du Gouvernement et de la Cour constitutionnelle sur les manquements aux procédures observés durant la phase d’enrôlement. Cette grande entreprise de rang mondial a tous les outils pour déjouer les tentatives de falsification du fichier électoral du pouvoir PDG émergent. Nous jugerons au résultat.

« … c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses "chances de réélection" a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. »

Vous êtes le dernier ministre de l’Intérieur du défunt président Omar Bongo Ondimba. Le pouvoir actuel vous rend responsable des blocages apparus à cette période sur la mise en route de la biométrie. Qu’avez-vous pour leur répondre?

Le principe de l’introduction de la biométrie dans le processus électoral a été arrêté en 2006 lors des Accords d’Arambo au cours desquels je représentais le Gouvernement en ma qualité de ministre de l’Intérieur. J’ai donc accepté cette demande pertinente qui émanait de l’opposition et j’ai convaincu le président de la République et l’ensemble du Gouvernement de l’adopter.

Sur présentation du ministre de l’Intérieur, donc de votre humble serviteur, le Conseil des ministres a adopté une ordonnance introduisant la biométrie dans le processus électoral, laquelle ordonnance a été signée par le président de la République et transmise au Parlement pour ratification. C’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui a voté contre la ratification de cette ordonnance et compromis l’introduction de la biométrie. Le Gouvernement dirigé par Jean Eyeghé Ndong, déterminé à mettre en œuvre cette réforme nécessaire au renforcement de la transparence électorale, a saisi par la suite la Cour constitutionnelle. Cette dernière s’est prononcée en faveur de la position de la majorité PDG à l’Assemblée nationale. Le ministère de l’Intérieur s’était d’ores et déjà préparé à la mise en œuvre de cette réforme. Ses agents avaient reçu des formations adaptées et des opérateurs avaient déjà été identifiés. Il s’agit de faits incontestables.

Dois-je vous rappeler que la loi n°001/2011 relative à la protection des données à caractère personnel ne date que du 25 septembre 2011 et qu’elle a été obtenue de haute lutte, grâce à la sagacité, la détermination et la persévérance de feu le président Pierre Mamboundou dont je salue ici la mémoire et l’œuvre ? Ceux qui font ce procès à l’équipe dirigeante du ministère de l’Intérieur entre janvier 2006 et juin 2009 peuvent-ils, en conscience et loin des arguments bassement politiciens de comptoir, affirmer que les conditions juridiques et institutionnelles étaient, à cette époque-là, réunies pour une gestion des données à caractère personnel ou le contraire ? En absence de garanties juridiques, peuvent-ils nous dire ce qu’il serait advenu de l’usage de ces données par les différentes administrations ?

Déjà, au début des années 2000, une tentative d’organisation du fichier de la Fonction publique sur une base alphanumérique avait créé une telle confusion dans les esprits qu’elle avait déclenché une vive polémique et ouvert un débat aussi nourri que passionné sur les liens informatique et libertés publiques. Pour la construction d’un Gabon démocratique où la souveraineté appartient au seul peuple, aurait-il été sage d’embarquer le pays entier dans une opération biométrique sans garantie juridique ? A chacun de répondre…
Je voudrai, pour ma part, dire que le ministre de l’Intérieur que j’ai été entre 2006 et 2009 était au service exclusif de la République et de ses institutions.

Sur cette question, nous devons à la vérité de dire aux Gabonais que c’est la majorité PDG à l’Assemblée nationale qui, pour la préservation de ses "chances de réélection" a entravé la mise en œuvre de la biométrie au Gabon. Personnellement, plus que la défense des intérêts d’une famille politique, j’avais aussi à cœur de contribuer à la construction d’un Gabon fort et prospère, y compris au plan politique et démocratique. Doit-on l’en blâmer ? Cependant, ai-je, à cette époque, toujours eu le discours, le sens de la communication et le tact pour indiquer aux uns et aux autres que notre démarche s’inscrivait dans le sens de la consolidation des institutions et de notre démocratie ? Je ne saurai en juger…..Je suis plutôt fier de l’action qui a été la mienne sur ce dossier.

Après avoir appelé les Gabonais à aller se faire enrôler, allez-vous leur lancer un appel à aller voter ?

Je vous ai déjà dit que les prochaines locales seront une répétition générale du scrutin majeur à venir. Au-delà des résultats officiels qui pourront être rendus par la Cour constitutionnelle, un instantané de l’état politique du pays et du rapport de forces sociologiques sera perceptible par l’ensemble des observateurs et forces politiques nationales. Cet instantané et ce rapport de forces seront déterminants pour la suite.

C’est pourquoi nous devons nous mobiliser pour faire apparaître le rapport de forces réel et offrir à l’ensemble de la communauté nationale et internationale les outils d’une analyse fine et meilleure de la situation de notre pays. Quoi qu’en pensent ou en disent certains, nous sommes parvenus à la fin d’un cycle, à la fin de cette ère où les élections truquées dictaient leur loi sur le continent.

La systématisation de fichiers électoraux biométriques est, à cet effet, un indicateur. « Un bulletin de vote est plus puissant qu’une balle de fusil », disait Abraham Lincoln, l’un des pères-fondateurs des USA. Les relations incestueuses entre le pouvoir PDG émergent et les institutions, les arrangements d’arrière-boutique ou l’envie irrépressible de fraude ne doivent pas occulter cette vérité. Nous devons donc saisir cette opportunité pour envoyer un message clair, net et solennel aux amis du Gabon quant aux échéances futures.

Jean Eyeghe Ndong, le vice-président de l’Union nationale a déclaré sa candidature à la Mairie de Libreville. Comment avez-vous accueilli cette annonce ? Et que vous inspire cette candidature ?

Jean Eyéghé Ndong est vice-président de l’Union nationale, parti dont je suis le secrétaire exécutif. Mais au-delà de cela, Jean Eyeghe Ndong est un homme d’Etat qui a toutes les qualités pour être un excellent maire de Libreville.

Je sais son attachement de toujours à cette ville dans laquelle il est né et a grandi. Nul n’ignore sa grande proximité avec ses concitoyens ainsi que son engagement de toujours sur les questions sociales et les préoccupations quotidiennes des Gabonaises et des Gabonais. Comme beaucoup de Gabonais, je crois qu’il a jusque-là fait montre d’un sens élevé de l’Etat, d’un courage historique et d’une détermination qui me font dire qu’il peut encore beaucoup apporté à notre pays. Que l’on ne trouvera pas mieux que lui pour diriger la capitale du Gabon.

Comme beaucoup de Gabonais, j’ai noté que sa candidature est placée sous le sceau du rassemblement et je m’en réjouis. Je m’en réjouis d’autant plus que cette candidature devrait être portée par l’UFA. Elle s’inscrit donc dans l’idée d’unité et dans une perspective commune et demeure fidèle à la ligne fondatrice de l’Union nationale et de l’UFA.

La candidature de Jean Eyéghé Ndong est donc le prolongement des luttes que nous avons menées ensemble depuis quatre (4) ans bientôt. Comme celle du président Maganga Moussavou à Mouila, elle est porteuse de cette généreuse idée d’unité que le peuple gabonais a toujours appelée de ses vœux. Doit-on reprocher à des leaders d’être à l’écoute de leur peuple ? Je ne le pense pas. Bien au contraire, j’encourage mes amis, partisans du changement et de l’alternance, à s’inscrire avec enthousiasme et détermination, dans cette démarche unitaire à l’occasion des échéances futures…


Un débat a cours sur le fait générationnel. Les jeunes générations estiment que c’est leur heure, que c’est leur temps. Trouvez-vous ce discours légitime et déterminant pour la gestion de la ville de Libreville ?

Ce sont vos collègues du site d’information « Gabonreview » qui ont récemment titré sur « la République des imberbes ». Etant moi-même arrivé jeune aux responsabilités, je ne suis certainement pas le mieux placé pour y répondre. Je vous dirai simplement que, comme pour paraphraser l’écrivain Guinéen Thierno Monenembo, « la jeunesse n’est ni un diplôme ni un gage de compétence, de probité ou de rigueur ». A contrario, je vous dirai que le grand âge n’est pas non plus un gage de sagesse, de pondération et d’abnégation.

Tout est fonction de nos parcours personnels et des épreuves que nous affrontons dans la vie. A sa sortie de prison, Nelson Mandela avait plus de 70 ans, mais il incarnait l’avenir de l’Afrique du Sud, de l’Afrique voire du monde. Il l’a d’autant mieux incarné qu’il a su composer avec toutes les couches de la société sud-africaine : Blancs, Noirs, Métis, Indiens, Jeunes, Vieux, Femmes, Hommes… Chacun avait pu trouver sa juste place à ses côtés.

Ce débat oiseux et pernicieux que l’on veut nous imposer sur le renouvellement de la classe politique sur la seule base de l’âge traduit l’aridité intellectuelle de ses promoteurs, autant qu’il dénote de leur incapacité à fédérer les Gabonais de toutes catégories et tous horizons. Plus grave, il révèle la nature profonde d’un régime qui ne cherche qu’à entretenir des clivages et la division, à opposer les Gabonais entre eux, selon la maxime éculée du « diviser pour régner ». Après le débat Jeunes/Vieux à quoi passeront-ils ? Au débat Est/Ouest ? Nord/Sud ? Fang/kota ? Vili/Nzébi ? Myéné/Téké ? Punu/Obamba ? Puis quoi encore ? Département des Plateaux/Djouri-Agnili ? Lébombi-Léyou/Mpassa ? Méfions-nous toujours de ces débats qui tendent à entretenir des clivages, à diviser et entretenir le sectarisme.

Notre pays a une longue tradition de responsabilisation de la jeunesse. Omar Bongo Ondimba n’était-il pas devenu président de la République à 32 ans ? Paul Malékou n’a-t-il pas été appelé au Gouvernement à 24 ans. Et des exemples de ce type sont nombreux dans notre histoire. Ce qui manque réellement à notre pays c’est la circulation de ses élites et le renouvellement régulier de sa classe politique. D’où la nécessité de l’alternance politique. La jeunesse ne saurait être le seul critère qui vaille.

Ce qui compte avant tout, c’est nos cursus, expériences, vécus et épreuves personnelles. Car, c’est dans l’épreuve qu’on s’endurcit et apprend davantage de la vie. A cet effet, je puis vous dire que celle que je traverse est lourde d’enseignements que je crois que chacun, le moment venu, est capable de mettre au service du pays, mettre au servir de notre cause commune, à savoir l’alternance au pouvoir d’Etat et la construction d’un Gabon démocratique et prospère, un « Gabon pour tous »…
Le Gouvernement alternatif que j’ai mis en place le 25 janvier 2011, visait dans sa composition cet objectif de renouvellement des élites.


« Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. »

Certains ont parlé d’une retraite définitive du champ politique vu la raréfaction de vos apparitions. L’avez-vous envisagé ?

Dès ma première sortie publique en juillet 2009 à Port-Gentil, j’avais indiqué que ma candidature à la présidentielle était un « acte de foi dans le Gabon, un rempart contre le sectarisme et l’égoïsme ». Tant que l’égoïsme, l’affairisme serviront de bréviaire, je ferai face. Tant que le sectarisme dictera sa loi en politique, je me tiendrai debout. Tant que le Gabon existera, je lui consacrerai mes forces et ma réflexion. Or, le Gabon, contrairement à moi, est éternel. Pour tout vous dire, tant que Dieu m’accordera le souffle de vie, j’essayerai de me consacrer à mon pays et à mes compatriotes. Le reste n’est que menterie politicienne, aveu d’impuissance et humour de mauvais goût. Pour conclure sur cette question, le croyant que je suis n’oublie pas que : "l’Homme propose, Dieu dispose".


Quel regard avez-vous de la situation politique du pays ?

Au lendemain de l’élection présidentielle du 30 août 2009, nous avions attiré l’attention de la communauté internationale sur les risques qui pesaient sur notre pays et le caractère dictatorial de ce pouvoir qui s’était installé dans la violence et contre la volonté exprimée par le peuple gabonais. Aujourd’hui, ce que nous dénoncions à l’époque se confirme chaque jour avec gravité.

De manière arbitraire, de hauts cadres de la Nation sont l’objet de mesures illégales de suspension de salaires pour les fonctionnaires et d’interdiction de sortie du territoire depuis 33 mois au seul motif qu’ils ont notoirement exprimé leur opposition à l’installation d’un pouvoir illégitime à la tête de l’Etat. Il n’y a contre ces hauts cadres, au nombre desquels on compte des professeurs d’Université, pharmaciens, ambassadeur et d’anciens directeur généraux d’Administration centrale, aucune poursuite judiciaire ni procédure disciplinaire. En droit, cela s’appelle de l’abus de pouvoir.

Pour délit d’opinion, depuis 2009, tous les hauts cadres gabonais ont été écartés de l’Administration et des organismes publics dans lesquels ils exerçaient et où leurs compétences et leur intégrité étaient reconnues.
Il n’est nul besoin d’en dire plus, tant le peuple gabonais, dans son immense majorité, a bien conscience désormais du péril qui menace notre pays, en tant que Nation et en tant que République.

Au mois de juillet dernier, le magazine « Jeune Afrique » notait que sous Omar Bongo, moins de 20% du PIB était utilisé pour l’investissement alors que son successeur en utilise 35% pour le même objectif d’investissement. A vos yeux, la réalité se dessine-t-elle selon l’analyse de cet hebdomadaire ?

« Jeune Afrique » aurait pu également noter que depuis l’indépendance du Gabon, jamais une loi de règlement n’avait été adoptée par ordonnance car cela est contraire à la Constitution, et que pour la première fois dans l’Histoire de notre pays, le Conseil des ministres a adopté en février 2013 une ordonnance portant règlement définitif du budget 2011. Se substituant ainsi au Parlement pour se prononcer sur sa propre gestion.

Votre confrère aurait tout autant pu relever que jamais depuis l’indépendance de notre pays, le juge des comptes n’avait refusé de déclarer conformes les comptes de l’Etat au terme d’un exercice budgétaire et que depuis que ce pouvoir illégitime s’est imposé à la tête de notre pays, aucun des comptes qu’il a présenté à la Cour des comptes n’a obtenu la déclaration de conformité de cette institution. Les comptes des exercices 2010 et 2011 n’ont pour ainsi dire pu être "certifiés" par le juge des comptes.

Ceci pour vous dire que le budget est une prévision. Ce qui compte ce n’est pas la prévision, c’est la réalisation. Et en termes de réalisation, donc en ce qui concerne l’usage qui est fait par ce pouvoir des ressources de l’Etat, il faudrait y consacrer un entretien exclusif. La réalité de notre pays aujourd’hui est bien plus triste et bien plus grave que vous ne l’imaginez. Et c’est avec gravité que je le dis. Notre pays se trouve entre les mains d’une bande de brigands qui, devant l’impuissance ou la complicité non assumée du Gouvernement et de toutes les autres institutions de la République, pillent notre pays au vu et au su de tous. Nos compatriotes n’en peuvent plus d’assister impuissants à ce spectacle. L’avenir nous dira…


Le pouvoir en place met oppose de plus en plus à l’opposition le bilan de ses réalisations : infrastructures routières, structures sanitaires rénovées ou en construction, complexe hydroélectrique comme le Grand Poubara. Le message n’est-il pas de dire à l’opposition qu’elle gagnerait à revisiter son discours ?

Allez donc demander aux populations de Libreville qui manquent d’eau potable depuis quatre ans et vous saurez. Rendez-vous donc dans un hôpital, n’importe lequel, et vous demanderez leur opinion à nos compatriotes que vous y rencontrerez.

J’ai entendu parler de la République des maquettes. Je dois à la vérité de dire que j’ai trouvé le qualificatif un peu dur au départ. Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit.
Quant aux exemples que vous prenez, tel le Grand Poubara et les routes, ils constituent la parfaite illustration de l’ingratitude de ceux qui ont commis l’ignominie de déclarer qu’ils avaient trouvé ce pays tel un champ de ruines. Parce qu’à ma connaissance, ces projets avaient bel et bien démarré avant 2009 et leurs financements entièrement garantis. Ce sont les entreprises adjudicataires qui sont parvenues à tenir leurs engagements qui sont à féliciter. Quant à ceux qui font de la récupération politique, ce petit jeu ne trompe personne.


Comment ressentez-vous la situation de l’insalubrité de la ville de Libreville ?

"Comme on fait son lit on se couche" dit le proverbe. La situation d’insalubrité est l’expression parmi d’autres de la vraie nature de ce pouvoir. Les Gabonais ne sont pas sa préoccupation. Pourquoi le seraient-ils, ils n’ont pas votés pour lui. La vie quotidienne des Gabonais ne préoccupe point ce pouvoir. Seul l’intéresse le pillage des ressources du pays.

Votre mot de fin ?

Les Gabonais de manière constante nous exprime leur détermination à être débarrassés de ce régime qui détruit notre pays, humilie son peuple et compromet l’avenir. Mon engagement, aux côtés de mes compagnons de l’Union nationale et des autres forces politiques, pour l’alternance politique dans notre pays reste entier et je suis plus que jamais déterminé à y parvenir.

Je crois qu’après quatre années, les uns et les autres ont définitivement compris que nous avons changé d’époque. Elle est désormais révolue la période des petits arrangements d’arrière-boutique. Nous sommes déterminés à débarrasser notre pays du pouvoir PDG émergent et vous pouvez me croire, avec l’aide des Gabonais, nous y parviendrons.



Publié il y a 1 minute ago par JEAN-PIERRE ROUGOU

Lundi 23 Septembre 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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11.Posté par shebab Goya le 30/04/2015 21:12 (depuis mobile) | Alerter
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Il ya ke des immortel pour parler ainsi. Dommage ke la potitike ne soit pa ma tasse de thé mais votre putaine de chienlit. Le gabon veut otre chose. Une révolution totale inclusive car yapa ke la bande Bongo dan ce bled. Et vous non plus

10.Posté par Gabon le 09/12/2013 21:26 (depuis mobile) | Alerter
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Il n''a qu''a rester hors du gabon escro menteur assassin. C''est supporteur on va les tchoc 1 à 1.

9.Posté par Yann Nguéma Fabrice le 09/10/2013 22:52 | Alerter
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La Réflexion de l’un d’eux, enseignant‐chercheur à l’UOB: « André Mba Obame n’a jamais roulé que pour lui-même. Comme Paul Mba Abessole en 1990, Mba Obame s’est débrouillé pour liquider l’UN afin de rester seul face à Ali Bongo Ondimba.

En prêtant sa parodie de serment au siège de l’UN, Mba Obame savait, en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, que le régime allait frapper fort.

Ce qui laisse penser que Mba Obame avait en idée de tuer l’UN et liquider politiquement ses amis pour ensuite se remettre en scelle en créant un nouveau parti politique, il paraît La Nouvelle Espérance, ce qui lui aurait permis de devenir l’unique interlocuteur du président Ali Bongo Ondimba.

Mais c’était sans compter avec la maladie qui est venue tout remettre à plat et conforter la posture du Commandeur acquise par le président de la République en exercice. »

Comme quoi, l’art du complot ne paie pas toujours...


8.Posté par Ngone le 25/09/2013 19:49 | Alerter
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Mais pourquoi mettre tout l'espoir d'un pays et de son peuple sur un seul homme ? Une fois cet homme qui n'est rien d'autre qu'un homme est détruit, destabilisé, vous faîtes quoi ? Vous retournez pleurer ? Amo n'est pas Dieu, c'est un être humain qui avait décidé de renouer avec sa conscience. Il a été stoppé net, et vous vous l'attendez ? Vous attendiez PMM aussi, et là plus personne. Arrêtez d'attendre le bon dieu. Inscrivez-vous sur les listes électorales pour vous exprimer démocratiquement puisque l'on nous parle de démocratie. Prenez la loi et les institutions. Tout le monde attend tout d'Amo, c'est tout de même bizarre. Vous êtes-vous demandé ce qu'il attend de vous ? Mais surement pas que vous l'attendiez pleurnichant comme des femmes et des enfants. Lui aussi a besoin de sentir un peuple volontaire et courageux, y avez-vous pensé ? Mais non, il nous faut des Moise, des jésus et je ne sais quoi d'autre. C'est même cruel de lui transmettre une telle charge émotive alors qu'il se bat pour s'en sortir. donnez lui donc du courage en en ayant. c'est trop facile de tout attendre des autres pour ensuite leur lancer la pierre s'ils n'y arrivent pas. PMM est parti seul, PCZ aussi, et vous attendez toujours jésus. On finit par se demander si notre peuple mérite que l'on se sacrifie.

7.Posté par Lola le 24/09/2013 23:48 | Alerter
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Quand Ali, Mamadou, coulibaly, odjoku, alao, agbeno etc... viennent tuer Mba, Mamboudou, makaya obame, minkolo, makosso... chez eux, ça devient inquiétant.

6.Posté par Ennemi d''Etats le 24/09/2013 17:19 (depuis mobile) | Alerter
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Merci Mr le President ! Cela dit : d''après Isidor Noel Thomas Sankara je cite, tout systeme bloque est un systeme explosif, tôt ou tard qui rencontre une force superieur qui le subjugue et le domine en rien, fin de citation. Bon vent a vous AMO.

5.Posté par OKONDJA le 24/09/2013 14:09 | Alerter
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VIVEMENT MR LE PRÉSIDENT QUE VOUS REVENEZ FAIRE TREMBLER LES SORCIERS CAR SAUF UN SORCIER PEU VOUS EN VOULOIR DE FAIRE SORTIR LE GABON DE LA DICTATURE DANS LAQUELLE NOUS VIVONS DEPUIS 50ANS. ODJUKU ALI ONDIMBA ET SES SORCIERS T'ONT EMPOISONNER CROYANT QUE TU MOURRAS , MAIS ILS OUBLI QUE MR LE PRÉSIDENT ANDRE MBA OBAME MARCHE AVEC LA PUISSANCE DU CHRIST.
VIVE AMO , POUR QUE VIVE UN GABON MEILLEUR.
LES JALOUX VONT MAIGRIR HOOOOOOOOOOOOOO ET CA COMMENCE MÊME.
MBA OBAME MARCHE AVEC LE CHRIST

4.Posté par Priscilla le 24/09/2013 08:16 | Alerter
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cet article à été lu 1600 fois en seulement 5 min! Un plébiscite record que les gabonais accorde à AMO. On comprend mieux les envies de meurtre et les cauchemards qu'il donne au couple présidentiel Odjukwu-acrombessile.

3.Posté par mor mor vivan vivan le 24/09/2013 01:00 | Alerter
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kia kia kia kia kia un maboul comme ça qui n'est pas encore mort ? il a cassé cocotiers cadeau le 15 août 2012, il a fabriqué un faux documentaire pour vo ler à mamboundou sa 3e victoire (françafrique), il a prêté serment illégalement, il a tué avec son ami Ali, il a volé TV+ en 2005, il a fait assassiner des femmes au PNUD et à cocotiers, il a menti comme il respire, il a tué rawiri et d'autres, il a monté une mutinerie ayant fait de nombreux morts à la prison de libreville, il ment comme il respire, il a détourné les économies d'omar bongo (des centaines de milliards), il a acheté mgr basile mvé, il a vendu sa nièce à bongo, il collectionne les crânes humains ...etc. Il n'a qu'à mourir une bonne fois comme ça on en parlera plus. Qu'il pourisse sous la terre et que les vers le mangent bien. Lucifer, Omar et Amin Dada l'attendent en enfer. Et c'est trop bien.

2.Posté par Petit Léon Mba Minkoh le 23/09/2013 14:11 | Alerter
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La seule bonne nvle c'est sa bouille qui nous la donne, à savoir qu'il est en train de revenir à la vie... Pour 2016, ça augure de belles empoignades entre le bourreau et sa victime !

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