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Gabon : Jean Elvis Ebang Ondo : « La période électorale est fertile en crimes rituels »

Le site de la Liberté - LVDPG - Média Libre & Débat 24h/24 le Samedi 10 Juillet 2010 à 13:00 | Lu 1818 fois

Entretien avec le président de l’association gabonaise de lutte contre les crimes rituels

A l’approche d’échéances électorales, nombre de capitales africaines sont le théâtre de disparitions mystérieuses. Libreville n’échappe pas à la règle, notamment à la veille des élections présidentielles de dimanche prochain. Les crimes rituels sont à l’origine de trois décès et de quatre disparitions. Au Gabon, une association a choisi de lutter contre les crimes rituels, dont les auteurs espèrent qu’ils les aideront à conquérir le pouvoir. Eclairages avec Elvis Ebang Ondo, président de l’Association de lutte contre les crimes rituels au Gabon.



Gabon : Jean Elvis Ebang Ondo : « La période électorale est fertile en crimes rituels »
Jean Elvis Ebang Ondo est le président de l’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR) au Gabon, laquelle est née à la suite d’un double meurtre de 2 enfants le 3 mars 2005. Nous l’avons rencontré ce jeudi dans les bureaux de la radio panafricaine, Africa n°1 où il dénonçait ce phénomène récurrent dans les pays africains, notamment en période électorale.

Afrik.com : Les crimes rituels seraient récurrents en période électorale. Combien de cas avez-vous enregistré depuis le 15 août dernier, date à laquelle le Gabon en entré en campagne électorale en vue de la présidentielle anticipée ?

Jean Elvis Egang Ondo : Trois personnes ont été retrouvées mortes et quatre autres ont disparu. Au Gabon et dans la sous-région, l’accession aux postes politiques et la préservation du pouvoir nécessitent, selon une conception bien évidemment fausse, le sang et les sacrifices humains. Et tout cela se passe au nez et à la barbe des autorités judiciaires du pays. La période électorale est fertile en crimes rituels.

Afrik.com : Vous parlez de la complicité des autorités ou du laxisme de la justice gabonaise ?

Jean Elvis Ebang Ondo : J’accuse en premier lieu le chef de l’Etat qui est le garant de toutes les institutions de la République. Il n y a pas une réelle volonté politique de résoudre ce problème. Par ailleurs, il existe également une sorte d’impunité notoire dans le pays. Le système est très bien organisé au point où les plaignants, notamment les parents des victimes, quelles que soient les preuves qu’ils peuvent apporter, n’ont jamais gain de cause.

Afrik.com : Votre association rencontre donc d’énormes difficultés pour obtenir justice au nom de ses membres ?

Jean Elvis Ebang Ondo : Nous avons des difficultés d’ordre politique et des problèmes purement judiciaires. Nos plaintes n’aboutissent jamais. Mais nous ne nous décourageons pas. Nous avons foi en Dieu parce qu’il s’agit là d’un combat spirituel. Les crimes rituels sont commandités dans les loges noires au cours des messes sataniques. Jésus ne nous abandonnera pas et nous croyons fermement que les choses vont changer.

Afrik.com : Avez-vous les moyens de votre politique ?

Jean Elvis Ebang Ondo : Nous avons les moyens humains. Il y a une forte mobilisation au niveau des églises où des veillées de prière sont régulièrement organisées et souvent même, des marches pacifiques. Mais nous avons des sérieux problèmes financiers. C’est l’occasion de lancer un appel aux Nations Unies et aux défenseurs des droits de l’Homme afin qu’ils apportent un appui à notre association.

Afrik.com : Quelles sont les personnes les plus visées par ces crimes ?

Jean Elvis Ebang Ondo : Il y a les enfants des foyers les plus démunis et ceux des familles d’immigrés. Dans d’autres pays, tels que la Tanzanie et le Rwanda, les albinos. Au Gabon, ce sont les enfants issus des milieux très défavorisés qui sont les plus fragiles. Les commanditaires de ces crimes savent bien que les parents des victimes n’auront pas les moyens d’obtenir justice. Un enfant est enlevé presque chaque semaine dans les familles d’immigrés. Jamais l’enfant d’une personnalité importante de ce pays n’a été kidnappé depuis que nous menons ce combat contre les crimes rituels.

Afrik.com : Quels sont les organes "prisés" par les commanditaires de ces crimes ?

Jean Elvis Ebang Ondo : Les organes les plus recherchés sont la langue, les yeux, les oreilles et les sexes.

Afrik.com : Comment opérez-vous pour endiguer le phénomène ?

Jean Elvis Ebang Ondo : Nous organisons des campagnes de sensibilisation et apportons de l’aide socio-médicale aux familles victimes, ainsi qu’une assistance judiciaire.

Samedi 10 Juillet 2010
LVDPG - Média Libre & Débat 24h/24
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1.Posté par Kidordin le 10/07/2010 14:09 | Alerter
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Ces crimes rituels sont une véritable plaie au Gabon, j'ignorais qu'il existait une association qui les combattait: c'est très bien.

Quand j'étais enfant, nous vivions dans la crainte permanente de la tristement célèbre "voiture noire". C'est sûr que ce ne sont pas ces bêtises qui feront avancer notre pays.
Il est vraiment essentiel d'éduquer les gens à tous niveaux pour éviter la propagation de ces sornettes et sortir le pays de l'obscurantisme.

La culture du Gabon est aussi riche qu'il y a d'ethnies et de région, c'est une culture originale, profonde et merveilleuse, qui gagnerait à être (re)connue. Certaines traditions et coutumes se perdent avec l'occidentalisation massive et c'est vraiment dommage pour le patrimoine mondial.

Mais ces crimes sont non seulement stupides mais nous font passer pour des sauvages arriérés.
Stop! Laissez tranquilles les langues, les sexes et les oreilles des pauvres enfants défavorisés: élevez-vous plutôt par la connaissance et le travail et cultivez votre réseau. Tout le reste n'est que bêtise et abrutissement.


Kid Ordin.



2.Posté par Ngone le 10/07/2010 16:37 | Alerter
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Et le trafic d'organes humains des pays pauvres aux pays riches, vous y pensez ? ou le drap des crimes rituels qui convient si bien aux croyances africaines vous aveugle tellement ?

Les autopsies sont elles pratiquées sur ces morts ou suffit-il d'annoncer que c'est un crime rituel et la boucle est bouclée ?

3.Posté par Ngone le 10/07/2010 16:49 | Alerter
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"Quand j'étais enfant, nous vivions dans la crainte permanente de la tristement célèbre "voiture noire"".

Nous avons tous vécu ces peurs étant enfants, surtout à Libreville et Port-Gentil, des villes sensées être modernes. Si ces crimes étaient issus de nos rites ancestraux, comment expiquer leur naissance avec la politique et les connivences extérieures ? les fameuses voitures noires, font-elles partie de nos rites ? Les trafic d'organes en Afrique se font en catimini par des réseaux dont personne ne soupçconne l'existence, englués que nous sommes dans l'obscurantisme à nous débattre avec les crimes rituels, tandis que le vieux monde se renouvelle en Afrique, à Haïti et dans toutes les contrées appauvris et sans défense. Ouvrez les yeux et essayez de regarder la lune et non le doigt qui vous la montre. Un écran de fumée, ces crimes rituels !

4.Posté par Kidordin le 10/07/2010 17:36 | Alerter
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Faire des amalgames avec le traffic d'organes n'a pas de sens.
Le traffic d'organes est tout aussi condamnable mais n'a rien à voir avec un crime rituel:

Le traffic d'organes est une exploitation financière du besoin en transplantation. Cela va du malheureux qui va faire don volontairement d'un rein (le plus souvent en Inde) aux criminels qui prélèvent un organe sans autorisation sur un patient qui vient de décéder (coeur, foie, cornée, ect) ou pire encore, tuent pour prélever des organes.
Ce prélèvement doit être fait chirurgicalement et suivant certaines règles afin que l'organe prélevé puisse être utilisable, en d'autres termes il faut disposer de compétences médicales pour retirer l'organe en question.
De plus la conservation de ces organes nécessite un maintien constant de la chaîne du froid (donc certains moyens matériels) et une utilisation très rapide des organes.

Le crime rituel c'est tuer quelqu'un parce que l'on croit que cela va apporter (au choix) bonheur, santé, richesse, succès, popularité, ect. C'est par le biais des membres arrachés (langue, oreille, sexe) et au cours d'une cérémonie organisée (chants, danses, prières) que la personne pense être à même d'atteindre ses objectifs.

Bref absolument rien à voir entre les deux ni dans les objectifs, ni dans le type de membres/organes prélevés, ni dans la manière de procéder.

Monsieur Ebang Ondo se plaint de l'absence de moyens et de sérieux dans la prise en compte des crimes rituels et il a sans doute raison: même s'il n'existe pas de statistiques pour savoir le % des crimes rituels dans l'ensemble des crimes au Gabon, c'est tout de même un fléau qu'il faut combattre de toutes nos forces. Je le félicite vivement pour son initiative et lui souhaite beaucoup de courage et de succès dans son combat pour faire avancer les mentalités.

J'ignore si des autopsies sont systématiquement réalisées mais si on trouve au Gabon un jeune enfant mort avec la langue coupée, le sexe et les oreilles arrachées (surtout en période électorale comme le souligne si bien l'article), il ne faut pas avoir fait une école de police ou de médecine pour en déduire que c'est un crime rituel. Qu'est-ce que ce pourrait bien être d'autre? Je n'ai jamais entendu parler de traffic de langues, de sexes ou d'oreilles, je ne pense même pas que ce sont des membres que l'on transplante donc cette hypothèse n'a aucun sens.

Concernant le lien avec les us et coutumes traditionnels, j'aimerais clarifier mon premier message.
Oui, la mise à mort fait partie de certains rituels traditionnels ancestraux, c'est le cas par exemple du cannibalisme qui consiste à manger certaines parties de son ennemis pour en absorber la force, l'énergie vitale. Anciennement on retrouve ce rite chez les fangs ou les gaulois pour ne citer que ces deux peuples (mais les exemples de cannibalisme de combat sont très nombreux dans l'Histoire).
Les crimes rituels sont des déviances de croyance anciennes qui exploitent la crédulité (ou de la bêtise) des gens à des fins plus mercantiles. Je suspecte aussi que certains tueurs, en plus du gain financier, assouvissent également par ce biais des instincts plus sombres encore. Ainsi je ne serais pas surpris si sous le masque du "sorcier" se cachait en fait ce que sous d'autres cieux on appellerait un tueur en série.
D'où l'importance de faire des enquêtes sérieuses.

Effectivement, aujourd'hui on assiste à une émergence de ces pratiques (qui j'insiste bien sont des déviances et n'ont rien à voir avec les rites et croyances de nos ancêtres).
Je suis fier d'être gabonais, fier de ma culture et de mon héritage.
Mais ces pratiques me font honte parce que justement, elles n'ont rien à voir avec nos traditions.
C'était là le sens de mon message.
En espérant l'avoir clarifié,


Kid Ordin.





5.Posté par Ngone le 10/07/2010 20:16 | Alerter
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Cher compatriote, merci pour ces précisions qui tout de même font froid dans le dos. Mea culpa pour mon incapacité à concevoir que des gens sont encore englués dans des croyances d'un autre âge en 2010. J'en suis attristée car dans ces conditions, comment construire l'avenir ? Merci encore de m'avoir sortie de ma naïveté.

6.Posté par Gabonais le 11/07/2010 02:34 | Alerter
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J'ai l'impression que Ngone s'en sert aussi des organes génitaux de ces pauvres innocents pour être quelqu'un. Sinon pourquoi voudrait-il qu'on en parle pas. S'il pense qu'il existe des trafics d'organes génitaux par les occidentaux qu'ils se mettent aussi à combattre plutôt que d'attaquer des personnes qui s'engagent bénévolement expose leur vies pour des pratiques commandités par les grands de ces pays. Régulièrement on entend parler des morts mutilés et non des pratiques d'organes dont au Gabon dont pour la première fois j'entend parler. Beaucoup de ceux qui sont dans cette association ont perdu les leurs par ces pratiques rituels et non de le trafics pour des personnes malades. Les langues, les sexes, les seins et autres ce ne sont pas les reins, le cœur, etc qu'on peut greffer au malades et ce n'est pas dans une forêt qu'on les coupes.

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