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Gabon : Interview François ONDO EDOU ancien directeur général des élections "l’introduction de la biométrie "

Le site de la Liberté - LVDPG - Actu Gabonaise & Internationale le Mercredi 11 Mai 2011 à 11:42 | Lu 1554 fois



Gabon : Interview François ONDO EDOU ancien directeur général des élections "l’introduction de la biométrie "
Interview François ONDO EDOU


Question : François Ondo Edou, vous êtes un ancien directeur général des élections. A ce titre, vous avez pris part aux concertations politiques organisées par le président Omar Bongo en 2006 et 2007. Vous avez même, sous l’autorité de l’ancien ministre de l’intérieur, André Mba Obame, entrepris des contacts et procédé à des études allant dans le sens de l’introduction de la biométrie dans le traitement de la liste électorale. Etes-vous satisfait de la dernière initiative du chef de l’Etat ?

FOE : En partie seulement. En effet, comment ne pas se féliciter de ce que les acteurs politiques qui criaient sur tous les toits hier qu’il n’y aura pas de biométrie, soient enfin revenus à la raison. Les arguties que les uns et les autres avançaient pour justifier ce refus ne pouvaient évidemment tenir la route face à une opinion internationale de plus en plus exigeante. Mais attention, la précipitation avec laquelle les dirigeants du PDG ont révisé leur position me laisse plutôt pantois et perplexe ! Qu’est-ce qui justifie ce renversement pour le moins spectaculaire ? L’oiseau ne doit jamais oublier le piège.

Mon inquiétude est d’autant plus fondée que le pouvoir émergent, sans appel d’offres – c’est une exigence de la loi en matière d’attribution des marchés publics – a déjà retenu une société, ce qui n’est pas un gage de transparence. L’introduction des données biométriques dans le traitement du fichier électoral répond à un souci.

Ne perdons pas de vue que cette opération vise prioritairement à empêcher les votes multiples eux-mêmes favorisés par des inscriptions sauvages. En matière d’informatique, cela doit être clair, il y a toujours un programme défini, un logiciel conçu pour réaliser telle ou telle opération. Sans être cynique, on peut imaginer un programme informatique qui tolère l’inscription multiple de certains citoyens issus d’un fichier précis.

Ces temps derniers, le PDG s’est attelé à dresser un fichier de ses militants et sympathisants jusque dans les coins les plus reculés. Et si c’était ça la « botte secrète » du pouvoir pour flouer, une fois encore, les Gabonais ? Cela est d’autant plus plausible qu’en l’espèce, le pouvoir choisit en catimini l’opérateur, définit avec lui les programmes qui seront appliqués par l’outil informatique aux mains des seuls fonctionnaires du ministère de l’intérieur et exécutés par eux, sans aucun contrôle de l’opposition. Cela ressemble à un marché de dupes.

Entendons-nous bien, si l’introduction des données biométriques dans le traitement du fichier électoral a pour objectif la transparence électorale et l’organisation d’élections libres et apaisées, cela signifie qu’en acceptant la biométrie, le pouvoir est entièrement d’accord avec la transparence. Allons-y donc et certaines barrières doivent tomber ! Il s’agit de revoir les textes, à l’instar des dispositions prévues à l’article 37 du code électoral qui donnent aux autorités administratives le pouvoir d’établir, à l’échelon provincial, la liste électorale de leurs circonscriptions.

Parce que trop soumis à l’autorité politique, les gouverneurs sont mal placés pour œuvrer à la transparence électorale. Cette mission doit être confiée à une commission électorale revue et corrigée. Voilà les questions qui doivent désormais préoccuper la classe politique. Et une élection ne s’arrête pas au niveau de la liste : il va falloir revoir la structure même de la Cenap et son mode de fonctionnement.
Question : Vous ne faites donc pas confiance à la Cenap ?

FOE : Aucune confiance ! Cette institution a montré ses limites lors des dernières élections présidentielles du 30 août 2009. Vous savez, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il n’est vraiment pas souhaitable que nous revivions la situation du 3 septembre 2009 où un ministre de l’intérieur s’est permis de venir annoncer devant les membres de la Cenap, médusés, des résultats électoraux concoctés dans des officines politiques.

Il n’y a aucune honte à se référer à ce qui se fait bien ailleurs. Dans la majorité des pays africains où l’administration manque souvent de neutralité, la meilleure garantie de transparence est assurée par des commissions électorales totalement indépendantes. Elles sont constituées de personnalités issues de la société civile ou à parité majorité-opposition. Chez nous, la Cour Constitutionnelle qui n’a jamais prouvé sa neutralité, désigne le président de la Cenap et c’est également elle qui examine les recours à l’issue du vote. Elle est donc à la fois juge et partie.

C’est inadmissible en système démocratique. Voilà les péchés originels qui plombent l’action de le Cenap. Il faut donc que les acteurs politiques de tous bords et sans exclusive s’asseyent pour concevoir une autre structure qui tienne compte des exigences de transparence et de démocratie et qui soit capable d’organiser des élections crédibles. Cela peut se faire dans un cadre consensuel et sous la supervision de l’ONU qui se penche déjà sur le dossier gabonais depuis le dernier séjour d’André Mba Obame au PNUD.

Question: Comme on peut le constater, vous avez une expertise et une grande expérience en matière d’élection. Etes-vous associé à la réflexion actuellement en cours ?

FOE : Non, et c’est bien dommage! Comme moi, d’autres Gabonais ont, en la matière, beaucoup d’expertise et d’expérience. Notre pays gagnerait à réunir ce qui est épars. C’est à ce niveau qu’on mesurait bien les qualités d’homme d’Etat du président Omar Bongo Ondimba. En toute chose, il recherchait la voie du juste milieu. Il avait la faculté d’écouter ses adversaires et travaillait quotidiennement à la préservation de la paix parmi les hommes.

Quand on prête le serment d’être juste envers tous les Gabonais on se place au dessus des considérations partisanes pour ne penser qu’à l’intérêt supérieur du pays. Et le Gabon est un tout, constitué de PDGistes et des militants de tous les autres partis, y compris ceux de l’opposition. Vouloir exclure du jeu politique des citoyens qui ne partagent pas les mêmes idées que le « prince » est un parjure. Quand on a la responsabilité de conduire la nation, on doit toujours œuvrer à la décrispation du climat politique en remettant à l’ordre les faucons, gourous et autres va-t-en guerre qui sont toujours prêts – pour la préservation de leurs intérêts personnels – à ouvrir le feu sur tous ceux qui s’opposent au système.

Sous d’autres cieux, les pouvoirs établis, notamment en Côte d’Ivoire, ont voulu exclure du jeu, des forces politiques en présence, s’appuyant sur le concept barbare de l’ivoirité. Au Gabon, les nouvelles autorités semblent avoir choisi la même voie étroite en prononçant la dissolution de l’Union Nationale et en écartant systématiquement ses dirigeants et ses militants du débat national.

Pourtant, même avec les chiffres officiels proclamés par la Cour Constitutionnelle, André Mba Obame est classé en troisième position à la dernière élection présidentielle. Si on y ajoute l’honorable Zacharie Myboto qui dirige un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, on est en présence d’une force politique que personne ne saurait ignorer. Avons-nous tiré des leçons que l’actualité ivoirienne nous a inculquées ? Puisque les mêmes causes produisent les mêmes effets, notre pays n’est pas à l’abri des mêmes soubresauts.

Question : Ali BONGO a pourtant invité la classe politique à deux reprises. Au sujet de l’Ile Mbanié et sur la biométrie.

FOE : Lorsqu’on réunit la classe politique dans un pays c’est pour parvenir à un consensus sur une question donnée en associant toutes ses composantes. La recherche du consensus ne s’effectue pas sur un sujet qui ne suscite aucune divergence. Sur Mbanié, tous les Gabonais sont unanimes : l’île fait partie intégrante du territoire national. Pourquoi donc réunir la classe politique au sujet d’une question qui ne fâche personne? Cela revient à défoncer une porte grandement ouverte. Derrière cette initiative, il y a, en filigrane, une opération de « com » qui n’a jamais dit son nom.

Par contre sur la biométrie, même si le PDG semble se raviser, il y a bien des divergences sur le rôle que doivent jouer le ministre de l’intérieur et les gouverneurs, les programmes à partir desquels les logiciels doivent être conçus, les nouvelles missions de la commission électorale, le mode de désignation de ses membres, le rôle de la Cour Constitutionnelle.

A mon humble avis, si nous voulons des élections apaisées, la solution de ces problèmes de fond n’est pas à rechercher au Parlement où la majorité mécanique est souvent incapable de faire la part des choses entre l’intérêt supérieur de la nation et celui d’une famille politique. L’ONU dont le rôle est la prévention des conflits doit envoyer une délégation au Gabon dans les prochains jours. Les débats pourraient bien se dérouler sous son égide. Ce serait un plus. Quelques jours avant cette échéance, le pouvoir appelle une partie de la classe politique à une rencontre informelle. Que cache cette fuite en avant ? Mystère...Qui vivra, verra...


Mercredi 11 Mai 2011
LVDPG - Actu Gabonaise & Internationale
Vu (s) 1554 fois




1.Posté par Mezzah le 11/05/2011 13:24 | Alerter
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Monsieur François ONDO EDOU,

Vous êtes simplement crème de la crème. Je me sens apaisé en vous lisant.

Vous êtes un de ces fils dont le Gabon doit être digne et fier. C'est triste que ceux qui ne privilégient pas l'intérêt supérieur de la Nation se privent de compatriotes aussi brillantissimes. Et Dieu seul sait qu’il y en a.

Comment un pays peut donc émerger en excluant de la gestion du pays les Hommes compétents, c’est la preuve une fois de plus que le pouvoir a été pris par la force.

2.Posté par Le Fils du Coin le 11/05/2011 14:07 | Alerter
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Très bonne interview

Monsieur François ONDO EDOU est un pro-André Mba Obame donc allez-y comprendre sa prise de position! FOE est un expert du domaine avec une grande expérience à son actif mais qui malheureusement avait montré ses limites également à l'ère Bongo Omar puis que les élections étaient toujours contestées.

Comme par coup de bâton magique François Ondo Edou devient "le bon"!!! Non non, vous êtes tous malheureusement rouge-bonnet et bonnet-rouge!!!

3.Posté par Milang Missi le 11/05/2011 19:18 | Alerter
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@ Mr Ondo Edou et Mezzah

je loue surtout votre courage. Apres avoir organisé plusieurs élections contestées au Gabon, vous venez quand même montrer votre joli visage aux Gabonais pour leur faire comprendre que le problème c'est pas vous mais les autres.
Le bon et honnête cheminement aurait voulu que vous disiez aux Gabonais pourquoi vous aviez organisé de "piètre" élections. Voici quelqu'un qui vient se dire compétent après avoir été nul comme directeur général des élections. De quelle compétence la compatriote Mezza fait elle allusion? De plus son remplaçant a la direction des élections n'est non plus un incompétent. Renseignez vous ma chère compatriote, le nouveau directeur Mr Ndong est un ingénieur en Informatique. Donc de grâce évitez de chanter compétence après avoir fait échec a la direction générale des élections

4.Posté par St.Michael le 11/05/2011 20:01 | Alerter
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BIOMETRIE is necessary but not sufficient.

La biométrie n’est pas une panacée, elle peut être un des facteurs contributeurs pour la tenue des bonnes élections.

IL FAUT COMMENCER PAR LE COMMENCEMENT :

Step1-Respecter l’état de droit et la constitution gabonaise qui disqualifient un gabonais d'adoption pour le post de président de la république.

Step2-Restituer le vote des gabonais du 30/08/09 qui a vu Andre Mba Obame élu président des Gabonais. Et reconnaitre les crimes à ciel ouvert commis le 04/09/09 pour voler une élection à laquelle Aliben n’avait pas le droit de participer.

Step3-Élections présidentielles à deux tours et Restriction du mandat présidentiel de 4 ans maximum et renouvelable une seule fois.

TRANSPARENCE, ETAT DE DROIT, LIBERTE SONT DES PREALABLES POUR UNE PAIX ET UNE STABILITE DURABLE.

FAIRE AUTREMENT N’EST QU’UNE ILLUSION PURE et SIMPLE.

Amen !

5.Posté par MEBALE le 16/05/2011 16:26 | Alerter
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ONDO EDOU,

Quel bilan faites vous d'avoir organisé des élections trafiquées durant tout votre séjour à ce poste.

Ou avez vous fait vos preuves avent de devenir l'expert?

Vous n'avez jamais été capable, la médiocrité professionnelle est donc votre tasse de thé.

INCOMPETENT NOTOIREMENT DE TOUS, DU VENT.

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