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Gabon : INTERVIEW du Pr Joseph JOHN-NAMBO

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Mardi 7 Août 2012 à 15:21 | Lu 2207 fois



Gabon : INTERVIEW du Pr Joseph JOHN-NAMBO
Pour commencer, pouvez-vous nous dire, quel est votre état d’esprit actuel, vous et vos amis ?

Plus combatif que jamais ! Surtout, je suis serein et confiant dans l’issue positive de mon engagement que je crois juste et légitime, et je constate que cet état d’esprit est le même chez tous ceux qui partagent avec moi ce combat pour la liberté et la démocratie dans notre cher pays. La preuve : depuis que ça dure, aucun d’entre nous n’est allé pleurnicher à la télévision d’Etat ou ailleurs pour se renier comme par le passé, et c’est, je crois, une première au Gabon.

En dépit des persécutions que nous fait subir un pouvoir illégitime, cynique et arrogant, nous tenons bon. Figurez-vous qu’au Gabon, nous sommes revenus à une forme d’esclavage d’un autre âge : en effet, comment comprendre que pour des raisons bassement politiciennes, un pouvoir décide capricieusement, sans aucune base légale, de retenir les salaires de fonctionnaires qui travaillent et ce, depuis bientôt 18 mois ?

Quelle honte ! Dois-je rappeler à ces apprentis gouvernants, dépourvus de toute légitimité, que la méchanceté gratuite n’a jamais été une vertu en politique.

Et quand on ajoute à cette délinquance politique le fait que mes amis et moi sommes interdits de sortie du territoire (mon jeune frère et collègue Paul Marie NDJAMBEPOLO-GONDJOUT vient encore d’en faire les frais à l’aéroport de Libreville), on se dit que le Gabon a vraiment fait un extraordinaire bond en arrière. Et ça, si ce n’est pas une dictature, je ne sais comment vous pouvez qualifier pareil régime ! Mais vous savez, l’histoire nous enseigne qu’aucune dictature ne dure éternellement, à la fin, c’est toujours le peuple qui gagne et je crois espérer qu’avec l’accumulation d’autant de bourdes en si peu de temps, au Gabon, cette fin est proche. Il y a des signes qui ne trompent pas, je ne crois pas au hasard.

Après avoir gagné la bataille de l’abstention aux dernières législatives, suite à leur mot d’ordre de boycott, l’opposition et la Société Civile appellent aujourd’hui à la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine. Pourquoi l’adjonction du qualificatif « souveraine » ?
Il convient d’abord de préciser que c’est le peuple gabonais, mobilisé et galvanisé certes par l’opposition et la Société Civile qui a remporté la bataille du boycott. C’est donc à lui que revient ce mérite.

Pour revenir maintenant au cœur de votre question, permettez- moi de revisiter en quelques lignes l’histoire politique récente de notre pays, sans rentrer dans des détails qui risquent de lasser vos lecteurs.
En 1990, le Gabon a tenu une Conférence Nationale qui devait nous amener au pluralisme politique. Malgré les effets de manche d’Omar BONGO qui déclarait quelques mois auparavant, à Bitam, que lui vivant, il n’y aurait jamais de multipartisme au Gabon, la Conférence Nationale a eu lieu et les Gabonais ont obtenu le multipartisme.

Les manœuvriers de l’époque avaient tout fait pour que cette Conférence ne fût pas souveraine, c’est-à-dire que les recommandations de cette grande rencontre ne devaient pas être exécutoires, puisque la décision finale revenait au Président de la République qui restait maître du calendrier politique et de la destinée du pays. Le peuple « représenté » à la cité de la Démocratie ne devait que faire des propositions et non prendre des décisions qui engagent la Nation ; la Conférence Nationale de 1990 n’était donc pas souveraine. En d’autres termes, Omar BONGO a gardé la main, la Conférence Nationale lui a simplement permis de reculer pour mieux durer.

Cependant, reconnaissons que des avancées significatives furent enregistrées, parmi lesquelles le multipartisme intégral, les libertés politiques et syndicales pour ne citer que ces fondamentaux de toute République dignes de ce nom. Les institutions ont été remodelées par la suite pour coller à la nouvelle donne politique. Force est malheureusement de constater que ces acquis sont aujourd’hui liquidés par son successeur illégitime et son clan qui sournoisement glissent le Gabon vers une monarchie qui ne dit pas son nom.

La situation que nous connaissons aujourd’hui ne permet pas de revenir à cette version première de Conférence que je crois surannée. Réflexion faite après avoir tiré les leçons du passé et vue la situation explosive que nous connaissons aujourd’hui, je pense avec beaucoup d’autres compatriotes qu’il est tout à fait indiqué de passer à une formule qui permette au peuple souverain, dans sa diversité sociologique, de prendre en main son destin. D’où l’appel à une Conférence Nationale Souveraine qui nous donnera cette fois-ci l’opportunité de refonder durablement et sérieusement notre République, mise à mal par les velléités monarchiques de ceux qui ont pris le pouvoir par la force.

Je dirais, avec d’autres, qu’il est urgent de passer à une Nouvelle République et si la rupture est fondamentale au cours de ces assises souhaitées, nous aboutirions inévitablement à la 2ème République Gabonaise. C’est d’ailleurs le lieu ici d’en appeler aux élites progressistes dévouées à la cause de ce pays pour qu’elles investissent ce débat indispensable ; leur participation est nécessaire, non pas pour se parler entre elles, mais pour relayer avec intelligence les aspirations du peuple gabonais qu’elles ont beaucoup déçu jusque-là. Il est temps de rappeler chacun à ses responsabilités et ces responsabilités-là incombent particulièrement à ces élites progressistes qui, dans l’histoire de la construction des grands pays de ce monde ont toujours été à l’avant-garde du progrès.

Alors, j’entends et lis ici et là certains faucons du régime PDG, soutenus objectivement par leurs alliés tapis dans l’ombre d’une certaine opposition nostalgique, dire et faire écrire qu’il n’y aura pas de Conférence Nationale « bis ». Je le leur concède, car notre ambition justement n’est pas d’aller à une Conférence Nationale « bis ». Nous disons, Conférence Nationale Souveraine, c’est-à-dire que c’est le peuple, seul détenteur de la souveraineté, qui devra, à travers ses différentes composantes représentées à ces assises, décider souverainement de son destin en posant les jalons de cette Nouvelle République que nous appelons de nos vœux.

C’est son droit le plus absolu et ce droit n’est pas du tout en contradiction avec l’esprit de la Constitution. Celle-ci ne dispose-t-elle pas d’ailleurs que la Souveraineté appartient au peuple ?

J’ajouterais enfin que c’est la voie la moins périlleuse pour le Gabon en ce moment, c’est la voie de l’intelligence constructive, même si je sais qu’aujourd’hui l’intelligence est la chose la moins partagée dans notre pays. Nous n’avons pas le droit de rater cette occasion unique qui nous éviterait bien des turbulences inutiles et regrettables. Les crispations, les haines et les rancœurs sont telles aujourd’hui que la réconciliation nécessaire ne peut passer que par là. Tous ceux qui aiment le Gabon, tous ceux à qui ce pays a tout donné et qui, avec un minimum de sagesse savent placer leur égo en-dessous du pays n’ont rien à craindre de ce moment essentiel.

Alors, je sais que pour ceux qui ont volé la victoire d’André MBA OBAME en 2009, ça risque d’être fatal, et alors ?


Franchement, que représente leur petite personne face à l’intérêt de tout un pays ? Il faut vraiment être plus qu’égoïste pour tourner le dos aux intérêts de tout un peuple qui a hâte de tourner la page douloureuse de ces humiliations trop longtemps subies et refoulées.

Si le peuple adhère massivement à l’initiative, le pouvoir, lui, semble s’y opposer. Ne va-t-on pas vers un bras de fer qui pourrait nous rappeler les évènements sanglants de 2009 à Port-Gentil ?

En tant que Port-Gentillais et Gabonais d’origine et de cœur, je ne peux qu’être triste devant le sang versé par ces compatriotes froidement assassinés pour avoir simplement dit NON à l’imposture. C’est le lieu ici de leur rendre un hommage posthume, même si cela ne remplacera jamais ces vies sacrifiées. J’espère simplement que les commanditaires et les exécutants de ces basses besognes auront à répondre de leur crime, Dieu merci l’histoire est en marche.

Justice sera tôt ou tard rendue à leurs familles.

Je sais que dans le camp d’en face, la soif de sang est grande, mais si pour conserver le pouvoir certains sont prêts à en arriver là, c’est qu’ils ne méritent pas leur place dans cette humanité commune, même si je ne suis pas naïf, « l’Homme est un loup pour l’Homme ». Mais à ces assoiffés de sang humain qui au sein du pouvoir dit émergent agissent de jour comme de nuit pour mettre en œuvre ce vampirisme, à ces partisans de la politique de la terre brûlée, je ne peux que dire chiche. L’histoire, encore elle, nous enseigne que ceux qui déclenchent les tueries ne sont pas forcément les bénéficiaires de cette boucherie.

Où sont aujourd’hui les Bemba, Taylor, Kadhafi, Ben Ali, Moubarak et certainement bientôt Assad ?

Qu’ils pensent un seul instant à l’avenir de leurs enfants et de leur clan gracieusement entretenus par l’argent souvent mal acquis de ce Gabon qu’ils veulent sacrifier sur l’autel de leurs petites ambitions ; le sang appelle toujours le sang. Le Gabon n’a pas besoin de ça. Allons-y à la Conférence Nationale Souveraine et réglons nos problèmes sans en venir à des tueries inutiles. La soif du pouvoir pour le pouvoir ne justifie pas que l’on s’entretue inutilement. Les Hommes passeront inévitablement mais le Gabon restera, à moins de vouloir l’effacer de la carte du monde ; en ont-ils réellement les moyens de leur sombre projet. Alors, de grâce, retrouvons nos esprits, et ce ne sera que sagesse et même justice pour ce peuple qui a tant souffert et qui souffre encore et toujours.

Comme l’a déclaré André MBA OBAME (leur bête noire numéro 1 d’aujourd’hui), la tenue même de cette Conférence Nationale Souveraine ne sera pas la victoire d’un camp contre un autre, c’est tout simplement le Gabon qui se retrouvera et qui en sortira vainqueur.

L’un des arguments évoqués par les « anti-conférence nationale » est que ceux qui appellent aujourd’hui à l’organisation de cette conférence n’en ont pas le droit. En contexte de crise, comme c’est le cas en ce moment, la Constitution peut-elle garantir au peuple le droit à une telle démarche ?

Je vais procéder, si vous le permettez, à une interprétation littérale de votre question pour y répondre. Vous parlez d’« anti-conférence nationale », j’entends plutôt « anti-Conférence Nationale Souveraine », parce que moi aussi je ne suis pas pour une conférence nationale « bis ». C’est la première observation.

A propos, ensuite, de ceux qui n’auraient pas le droit d’appeler cette Conférence Nationale Souveraine. Je perçois derrière vos propos, l’allusion à peine voilée faite aux opposants au pouvoir illégitime actuel, je dis bien opposants au pouvoir et non opposants du pouvoir (alliés objectifs du pouvoir illégitime auxquels je faisais allusion plus haut), car j’ai toujours distingué dans mes recherches ces deux types d’opposition au Gabon depuis la conférence nationale de 1990. Suivez mon regard !

Revenons donc aux opposants au pouvoir illégitime actuel, particulièrement aux leaders de l’Union Nationale, Zacharie MYBOTO, Jean EYEGHE-NDONG et André MBA-OBAME, pour ne citer que ces trois, qui sont devenus depuis bientôt trois ans, les pestiférés de ce pouvoir illégitime via certains de ses thuriféraires. C’est le lieu ici de déplorer la bassesse et l’ingratitude de ces « mercenaires » devenus, à l’endroit de ceux qui, hier les ont « fabriqués ». Ils se reconnaîtront ! Si nous étions dans un pays normal, ces petites gens n’existeraient que dans leur terroir respectif, mais le système PDG a fait d’eux des références.

Que voulez-vous, n’est-ce pas Omar BONGO qui, dans sa puissance glorieuse disait : « je peux faire d’un chien un ministre », ce qui en disait long sur la conception qu’il avait des institutions de la République, mais passons. Les Blancs nous ont appris qu’ « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’opinion ». A bien comprendre ces chantres de l’ordre ancien, le pêché que ces compatriotes ont commis c’est d’avoir quitté le bateau ivre du PDG.

Qui peut aujourd’hui affirmer qu’André MBA OBAME qui a fait des études plus que brillantes des années durant, doit son Doctorat en Sciences politiques au PDG et à ses chefs d’hier et d’aujourd’hui ?

J’ai même lu quelque part qu’EYEGHE NDONG devait sa carrière, et pourquoi pas son cursus universitaire, au tout puissant PDG et à son fondateur. Arrêtons de délirer. Ils écriront aussi bientôt que si moi, JOHN-NAMBO, je suis agrégé des facultés de droit, c’est grâce à eux. Non, messieurs et mesdames les thuriféraires du Parti-Etat, je dois mon agrégation aux efforts par moi consentis et au travail acharné effectué des années durant, pendant que eux dansaient au rythme des tam-tams Pédégistes, et je suis fier de n devoir mess références universitaires qu’à moi-même.

Dois-je rappeler à ces esprits particuliers qu’au Sénégal, MACKI Sall et Moustapha NIASSE, respectivement Président de la République et Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal, ont été pendant longtemps des proches collaborateurs du Président

A.WADE qu’ils ont battu à la dernière présidentielle. En quoi sont-ils des traites et donc infondés à diriger aujourd’hui leur pays ?


Sauf qu’au Sénégal, la conscience des acteurs politiques du camp de WADE est formatée au diapason de la logique républicaine alors qu’au Gabon, nous nageons dans les marigots de la république du village ou tous ceux qui ont travaillé avec le chef du village (Parti-Etat) lui doivent allégeance ad vitam aeternam. La République, c’est la chose personnelle du Président et sa famille qui ont droit de vie et de mort sur « leurs collaborateurs » qui, en réalité ne sont que « leurs sujets ».

C’est d’ailleurs cette logique qui a prévalu à la désignation du candidat du PDG à l’élection présidentielle de triste mémoire de 2009. Le PDG est le parti de « mon père » et comme vous devez tout à « papa », vous n’avez qu’à obéir, sinon vous sortez de la famille et je vous coupe les vivres. Et quand on sait qu’au PDG beaucoup sont ceux qui partagent consciemment ou inconsciemment, j’allais même dire à raison, cette logique, il fallait tout faire, y compris par la force armée, pour perpétrer le patrimoine familiale ; ainsi fut perpétré le coup d’Etat électoral de 2009.

Vous comprenez pourquoi il nous faut sortir de ce schéma intenable à long terme de la République en remettant les choses à l’endroit, d’où la nécessité de cette Conférence Nationale Souveraine qui donnera, j’en suis certain, une nouvelle lisibilité à cette notion de République que certains ont volontairement ou par ignorance coupable détourné de son sens originel.

Alors, quand vous me rapportez que ces compatriotes, et bien d’autres, ne sont pas fondés à appeler à la tenue d’une telle Conférence, je dis simplement qu’il s’agit là d’une diversion ridicule, uniquement fondée sur des nécessités alimentaires et ça peut se comprendre, beaucoup d’entre eux ne peuvent pas tenir longtemps en dehors de cet Etat patrimonial. Si les leaders politiques cités plus haut étaient encore au PDG, les mêmes qui crient aujourd’hui au complot se seraient déployés sur les plateaux de leurs télévisions aux ordres pour louer les qualités de stratèges de leurs ennemis d’aujourd’hui.

Car, lorsqu’ils étaient ensemble, en dehors de la fausse affaire de l’île Mbanié, je ne les ai pas entendu dire autant du mal de MBA OBAME, en dehors de quelques esprits chagrins d’ailleurs manipulés au sein du système, EYEGHE-NDONG n’était pas autant vilipendé. Qu’ils arrêtent donc de nous distraire avec leur lamentable raccourci pseudo-intellectuel. Je dis et redis que des compatriotes gabonais, quel que soit leurs convictions politiques du moment, ont parfaitement le droit d’appeler à une Conférence Nationale Souveraine, dès lors que les intérêts supérieurs du pays sont en jeu, c’est même un devoir pour tout Gabonais patriote et progressiste. Et moi, vous l’avez déjà compris, je félicite haut et fort tous ceux qui ont pris part à cette initiative salvatrice pour mon pays.

Enfin, je vous remercie de considérer à juste titre que nous sommes dans un contexte de crise, car il y a bien crise multisectorielle au Gabon. Et s’il fallait en établir une hiérarchie, je dirais qu’il y a d’abord une profonde crise politique au Gabon ; crise qui prend sa source dans l’élection présidentielle anticipée qui a été volée au peuple gabonais par ce qui sont aujourd’hui au pouvoir et leurs alliés qui soutiennent objectivement le pouvoir illégitime. Plus personne au Gabon et à l’extérieur n’ignore que c’est bien André MBA OBAME qui a remporté cette élection ; on aura beau se cacher derrière son petit doigt pour affirmer le contraire, c’est un fait historique et politique qui marquera durablement la sociologie politique gabonaise, n’en déplaise aux tenants de ce coup de force électoral.

Et c’est justement pour solder une fois pour toute cette crise qu’il faut qu’on aille à la Conférence Nationale Souveraine. Il ne s’agit pas, comme il se dit dans les couloirs du pouvoir illégitime, d’une opération de partage du pouvoir. Un pouvoir usurpé ne se partage pas surtout lorsque les usurpateurs, au lieu d’adopter un profil bas après leur forfait, se parent d’arrogance vis-à-vis du peuple qu’ils ont brutalisé et volé et passent leur temps à insulter celui à qui ce peuple a réellement confié ses destinés.

Quelles sont les chances que ce grand rendez-vous du dialogue national permette enfin que la voix du peuple soit entendue ?

Il appartient justement au peuple gabonais de s’approprier cette démarche : seul le peuple peut l’imposer. Vous avez vu ce qui s’est passé avec la mascarade électorale des législatives, quand l’opposition et la société civile ont su expliquer au peuple le bien fondé du boycott, ça a marché, aujourd’hui nous avons une Assemblée Nationale qui ne représente que les seuls députés du PDG et ses alliés objectifs.

C’est donc dire que les chances de voir tenir cette grande rencontre résident essentiellement dans la détermination du seul peuple souverain. Ne dit-on pas que c’est la « vox populi », la voix du peuple, qui est la voix de Dieu ?

Ce n’est plus une affaire des leaders de l’opposition véritable et/ou de la Société Civile, c’est l’affaire du peuple gabonais tout entier. Je sais que ce ne sera pas facile, mais c’est à la portée de la détermination du peuple, car un peuple déterminé, même devant les chars et l’argent facilement distribué, arrive toujours à triompher.

Les Gabonais sont aussi intelligents que les autres peuples du monde, contrairement à ce que croient certains, il suffit de les sensibiliser sur le bien-fondé de la démarche pour qu’ils adhèrent massivement ; vous avez vu ce qui s’est passé avec le boycott, ça marché parce que le peuple a été suffisamment édifié et le résultat a été à la hauteur des espérances. Personnellement je suis optimiste.

Que répondez-vous au gouvernement, lorsqu’il dit que le Gabon ne traverse aucune crise ?

Vous voulez certainement parler du Gouvernement NDONG SIMA ! Ce n’est certainement pas l’avis de ce dernier qui avait appelé à une « concertation nationale », même si cet appel a fini par être retiré. Non, plus sérieusement, croyez-vous sincèrement à ces élucubrations ?

Dans les standards internationaux, lorsque dans un pays donné, le pouvoir, illégitime qui plus est, dissout un parti politique pour des raisons bassement politiciennes en empruntant des raccourcis juridiques, ce pays est incontestablement en crise ; lorsque dans ce même pays ce même pouvoir retient illégalement les salaires des fonctionnaires opposants en activité, ce pays est en pays en crise ; lorsque dans ce même pays ce même pouvoir illégitime emprisonne les étudiants après avoir délibérément violé les traditionnelles franchises universitaires arrachées de haute lutte par les universitaires eux-mêmes, ce pays est en crise ; un pays qui dispose sur son territoire d’un gouvernement parallèle, que les socialistes français ont qualifié d’alternatif est un pays en crise ; lorsque dans un pays le pouvoir illégitime interdit aux opposants de sortir du territoire national sous des prétextes fallacieux, ce depuis plus d’un an, ce pays est en crise ; un pays qui ne respecte pas les droits de l’Homme, dans le contexte international actuel, est incontestablement un pays en crise. Sinon, comment expliquez-vous la récente douche froide du prétendu président de ce pays lors de sa dernière visite de travail à l’Elysée ? Le monde entier a vu à la télévision comment il a été traité. La cécité politique est la pathologie la plus récurrente dans les pays en crise et il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir.


Pour terminer, professeur, n’avez-vous pas peur pour votre vie, vu vos positions politiques actuelles ?



Le simple fait de me poser cette question illustre bien que nous sommes en crise, parce que dans un pays normal, j’allais dire dans un Etat de droit et en démocratie, on n’échafaude pas des plans d’assassinat des opposants comme on le constate en ce moment. Je figure paraît-il sur une liste noire en vue de mon élimination physique avec mes illustres amis. Je suis pertinemment conscient de ce que, quand on s’engage, dans un pays en crise, dans un combat d’une telle envergure, on sait à quoi s’attendre. Mais, personne ici-bas n’a encore découvert là où l’on peut se cacher de la mort, ça se saurait, et ce n’est pas moi qui fermerai définitivement les cimetières.

Donc, pour vous répondre franchement, je n’ai pas peur, surtout quand je sais que tous ceux qui me sont chers, à commencer par mes enfants, même éloignés, soutiennent à fond mon combat, en dépit des privations que leur infligent indirectement ce pouvoir illégitime.

Si, en 1990, le lâche assassinat de mon neveu, Joseph RENDJAMBE-ISSANI (paix à son âme !), avait pris tout le monde de court, à commencer par les Port-Gentillais, ce ne serait plus le cas s’ils arrivaient à mettre leur plan à exécution. A supposer que celui-ci soit réel, comme je le crains, connaissant la nature particulière de nos adversaires, je crois que ceux qui l’ont conçu ne mesurent pas encore l’ampleur des dégâts après coup, pour leur clan et pour eux-mêmes. Je peux même affirmer ici avec force et conviction que s’ils m’éliminent à 10 heures du matin, avant la tombée de la nuit, quel que soit l’endroit où ils se retrouveront, ceux qui auront planifié et exécuté ce crime, subiront le même sort que celui qu’ils m’auront réservé et on commencera à parler de leurs proches au passé.

Je n’ai pas peur, je vous le redis. Ils savent là où j’habite, ils connaissent la marque et l’immatriculation de mon véhicule, ils connaissent même là où je donne cours à la Faculté de droit, je souhaiterai d’ailleurs qu’ils le fassent devant mes chers étudiants, après ou pendant un bon cours d’Histoire du droit et des institutions comme j’aime le faire, puisque les forces de l’ordre ont élu domicile au campus universitaire. Ils savent qui je fréquente et qui j’appelle au téléphone, même avec qui je corresponds par Internet. Alors, puisqu’ils estiment être maintenant les maîtres de ma vie, il ne leur reste plus qu’à mettre à exécution leur projet macabre, si tel est leur désir et leur plaisir. Et qui vivra verra !

Mardi 7 Août 2012
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19.Posté par Castor&Pollux le 09/08/2012 10:05 | Alerter
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@DOUMBENENI
La drogue ... c'est mal! il faut que tu essaies d'arrêter ça.

18.Posté par Larévolte le 08/08/2012 23:59 | Alerter
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@ PDGiste-A-Mort post 17,

C'est très pertinent ce que vous dites mais c'est tellement drôle votre façon de l'exprimer que je suis tordue de rire à me bloquer les côtes.

17.Posté par PDGiste-A-Mort le 08/08/2012 22:32 | Alerter
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@ Doumbeneni,

Un Homme (Fam) ne dit pas ce qu'il va faire, il fait : tu parles comme une femme ! Tu dois être à la GR, non ? On vous connaît pour ça, forts qu'avec les sans-défense ! Jamais on ne vous a vus aller combattre avec les Casques Bleus en Somalie ou au Congo-Kinshasa ! Vous pouvez faire quelle guerre civile, avec tout le vin que vous sucez dans les maquis au milieu de vos tuées ! Si votre Dieu doit mater les Gabonais, c'est pas vous qu'il appellera, il fera appel à ses mercenaires ! Parce qu'il sait que vous êtes des rends-faibles !!! Que la Ôpope ! Que la bouche ! Siffleur de mazoute, wa ! Va émerger à Cotonou ! Maxo te bénira là-bas avec le kounou qu'il donne aussi à boire à votre Dieu !

16.Posté par Ntsame le 08/08/2012 20:38 (depuis mobile) | Alerter
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Ndong Sima, premier ministre, un Ekang d'Oyem et pdgiste. est à dire poste 14 que vous vous en foutez de lui? ou alors tous les Ekang pdgistes doivent quitter "votre parti", vu que vous prévoyez tuer meme ceux du pdg. Aka, faut bien parler hein!

15.Posté par Ntsame le 08/08/2012 20:34 (depuis mobile) | Alerter
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pour infos, le terme Fang est abusivement utilisé pour désigner la communauté Ekang. les Fang sont un sous groupe Ekang, localisé dans la région de l'estuaire. moi je suis du sous groupe Ntumu, je ne suis pas Fang. je suis une EKANG de Bitam.

14.Posté par DOUMBENENI le 08/08/2012 19:02 | Alerter
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@ jues obiang ... Je m'en fous de toi ... Vous les fangs et les quelques myènès ou nzebis qui vous suivent, vous commencez à nous fatiguer sérieusement .... si c'est la guerre civile que vous voulez, tant pis pour vous nous on est prêts. Les fangs vont attendre longtemps avant de diriger encore le Gabon. On est fatigués de vos attitudes de race supérieure et de votre mépris de bilops comme vous dites ... Amo ne dirige jamais le Gabon même s'il doit corrompre tous les socialistes de France.

13.Posté par un gabonais le 08/08/2012 18:27 (depuis mobile) | Alerter
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Doumbedeni... Il faut vraiment arreter de dire des betises et se renseigner avant de commenter.
Monsieur Nambo n''a rien a faire avec tout ca et n''a jamais occuper les fonctions que tu decris. L''interview est clair et limpide tout comme le changement.

12.Posté par jues obiang le 08/08/2012 18:27 | Alerter
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@Django
l'insulte toujours l'insulte, n'avez vous rien d'autre pour contredire les idées des uns et des autres?
Vous plongez sans difficultés dans le tribalisme primaire. Si vous pouvez pas supporter le débat mais, tais- toi.

@ Doumbédéni . peux -tu nous donner la liste et les noms des personnes tuées par Amo/ Donc Rawiri a été tué par ALi et son frère ?
merci pour l'info. Les enfants de Rawiri et sa famille appréciront. vous affirmezd es choses graves.
Aussi, traiter tout un peuple Myéne de traitre, c'est abusif quand même , donc le peuple donc tu es issu n'est pas traitre parceque certains sont PEDE gistes ?
oula la si vous êtes de la minorité présidentielle usurpée. Il y a dequoi être inquiets par vos propos et votre niveau et la qualité de votre raisonnement.

Bien sur je m'attends aussi aux insultes je me fais pas d'illusions sur votre réation. Amialement chers compatrites

11.Posté par un gabonais le 08/08/2012 18:27 (depuis mobile) | Alerter
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Doumbedeni... Il faut vraiment arreter de dire des betises et se renseigner avant de commenter.
Monsieur Nambo n'a rien a faire avec tout ca et n'a jamais occuper les fonctions que tu decris. L'interview est clair et limpide tout comme le changement.

10.Posté par Django le 08/08/2012 12:43 | Alerter
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@ St.Michael ... Fume ton chanvre et fais pas chier ... on est tous au courant pourt l'UNIFANG même si vous utilisez ces traitres de myènès ... les myènès étant des traitres depuis des siècles : ils se sont bien vendus mais si tu étais garçon tu ne salirais pas le nom d'1 ange son of a bitch

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