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Gabon : Echec du baccalauréat, l’État « clochardise » les enseignants, entretient et alimente le favoritisme.

Le site de la Liberté - Tate le Vendredi 23 Juillet 2010 à 07:57 | Lu 2776 fois

S’il est aujourd’hui au Gabon un phénomène inquiétant, c’est bien celui des échecs scolaires dans les strates de notre système éducatif, primaire, secondaire et universitaire. Ces vingt dernières années, sur 100 élèves ayant présenté un examen, près de 85 en moyenne ont échoué. Pouvoirs publics, enseignants, parents et élèves : tous portent une part de responsabilité dans ces résultats médiocres.



Gabon : Echec du baccalauréat, l’État  « clochardise » les enseignants, entretient et alimente le favoritisme.
Catastrophiques, scandaleux, effrayants… Au Gabon, les élèves manquent d’adjectifs pour qualifier les résultats du baccalauréat 2010. Sur l’ensemble du territoire national, près de 85 % des candidats à cet examen de fin du second cycle ont échoué et ont mordu la poussière dès le premier tour, la situation n’est pas plus reluisante.

Pourquoi un tel taux élevé de redoublements ?

La série noire aux examens officiels n’est pas la seule forme sous laquelle l’échec scolaire se manifeste. Il y a aussi le taux de non-passage en classe supérieure. Le niveau des redoublements est relativement élevé au Gabon.

Les redoublants représentent près de 30 % des effectifs .Plusieurs facteurs peuvent expliquer la déroute scolaire au Gabon. Durant ces dix dernières années, on note une grogne permanente des enseignants à l’origine des résultats catastrophiques du baccalauréat. Les grèves répétées observées par les professeurs de lycée ont empêché les élèves de terminale de suivre tous les cours normalement prévus et les ont pénalisés.

Les pouvoirs publics « clochardisent » les enseignants.

« Nous prenons acte de ces accusations ; mais nous tenons à rappeler aux autorités Gabonaises, qu’elles sont en grande partie responsables des résultats scandaleux enregistrés au baccalauréat », réagit le responsable d’un syndicat d’enseignants. Et de préciser : « Si les textes particuliers contenus dans le statut des enseignants, qui dorment depuis plusieurs mois dans les tiroirs de la Présidence de la République, avaient été signés, les enseignants n’auraient pas fait grève. »

Comme au Gabon, les enseignants du secteur public se plaignent d’être traités par les autorités comme des clochards. Ils s’estiment lésés et réclament des primes qui tiennent compte de l’ampleur de leur travail. Pour eux, les débrayages multiples en pleine année scolaire sont des moyens de revendication de meilleures conditions de vie et de travail.

Ils entendent ainsi envoyer un signal fort aux responsables. « Malheureusement, notre signal est ignoré par ses destinataires, les autorités ; plutôt que de prêter une oreille attentive à nos doléances, elles préfèrent nous menacer, nous intimider, nous misérer », déclarent les enseignants Gabonais.
L’État y entretient une bureaucratie rampante et alimente le favoritisme.

Le Gabon souffre d’une hypercentralisation des décisions pédagogiques. On observe une forte standardisation des formations. L’État y entretient une bureaucratie rampante et alimente le favoritisme. Les investissements sont mal gérés, entrainant un gaspillage financier énorme. Ensuite, on constate des formations inadaptées qui ne coïncident pas avec les besoins spécifiques de l’élève. En outre, le Gabon est fortement touché par le problème des incitations des enseignants et des chefs d’établissement. Il n’y a pas de véritable politique de liberté et d’indépendance du corps enseignant dans le choix des programmes et de prise des décisions favorables au développement de l’éducation.

Prolifération des établissements scolaires privés fantômes.

Il est courant de trouver certains de ces établissements fantômes entre deux bars ou placés en plein cœur d’un marché. Les questions d’éthique et de déontologie ne préoccupent guère les promoteurs de ces institutions souvent fugitives. Le plus important étant pour eux, la rentabilité et le prestige social acquis sur le dos des pauvres parents d’élèves qui, chaque année déboursent d’énormes sommes d’argent, presque pour rien.

Le plus surprenant est l’appel d’un personnel non-qualifié et inexpérimenté. Depuis plusieurs années, à Libreville comme à Mekambo, plusieurs maisons d’habitation ont été transformées en complexes scolaires et lycées privés.Ce phénomène semble prendre de l’ampleur dans le pays d’autant plus qu’il existe une insuffisance chronique de structures scolaires d’ État et que l’activité génère beaucoup. Car au fond, les enseignements dispensés dans ces institutions fantômes et ces écoles gérées par des affairistes sont approximatifs, et à la limite ne correspondent même pas aux programmes officiels.

Résultat des courses : « carreaux » massifs aux examens,une institution?

Le résultat de cet imbroglio est catastrophique car, les élèves sortis de ces établissements n’ont pas de niveau, et quand ils vont dans les lycées où les enseignements sont donnés dans le respect des règles de l’art, ils se perdent. Par le principe de vase communiquant, cette situation entraine le pourrissement général du système éducatif gabonais, lequel souffre déjà de ses hommes, de la fraude et de la corruption.

Quand élèves et parents sombrent dans la facilité : en attendant que le parent achète l’épreuve.

Les difficiles conditions dans lesquelles les enseignements dispensent les cours peuvent aussi expliquer les échecs scolaires. Le nombre de salles de classe est relativement faible, les effectifs sont pléthoriques dans les classes d’examen… Et les gouvernements semblent très peu s’en préoccuper. Mais les élèves et leurs parents ont aussi une part de responsabilité dans l’expansion du phénomène.

Dans de nombreuses familles, il n’y a aucun suivi des enfants. Dès qu’ils sortent de l’école et rentrent chez eux, nombre d’élèves sont abandonnés à eux-mêmes ; ils ne révisent pas leurs leçons et passent des heures devant la télé, y compris avec leurs parents. En clair, les élèves n’étudient plus suffisamment. Ils attendent que leurs parents leur achètent des épreuves – s’il y a des fuites – à l’approche des examens.

Le système éducatif gabonais semble être réellement malade de ses hommes au regard de l’ampleur que prend le phénomène de la fuite des épreuves et du faible niveau de son enseignement, tout en discréditant la valeur des diplômes du Gabon.

By Tate

Vendredi 23 Juillet 2010
Tate
Vu (s) 2776 fois



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16.Posté par Mezzah le 25/07/2010 11:08 | Alerter
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Cher Tate,

Je salue l’analyse brillante que vous faites de notre système éducatif en restant totalement impartial et en distribuant avec rigueur les notes que chacun d’entre nous mérite : parents, enseignants, gouvernants.

Alors je reste bien entendu sur ma faim, moi pauvre Mackaya des quartiers Bel Air, Midoubé, Atsibtsos, les Akébé, Melen et bien d’autres mapanes.

Je suis de cette génération qui a passée cet examen du baccalauréat dans les années 80, c’était tout un symbole car on savait que du jour au lendemain nous quitterons la cellule familiale pour se retrouver seul et jouir d’une certaine liberté. On allait toucher cette bourse emblématique avec ces gros lots qui ont permis à certains d’entre nous de construire une maison au village, de doter une femme, de soutenir les frangin(e)s qui étaient encore au primaire et au collège.

A cette époque j’ai entendu parler pour la première fois de la bourse catégorie C. Croyez moi l’introduction de cette bourse C a été dévastatrice pour les plus méritants. Aaahhh, mes chers frères et sœurs le Gabon notre pays, ce petit eldorado avait tout ce qu’il fallait pour ne pas se plaindre. Pour revenir à la bourse C, elle a été mise en place pour permettre aux élèves de niveau inférieur à la terminale d’aller apprendre à l’étranger et notamment en France. Alors qui pouvait en bénéficier ? pas le lycéen de Makogonio, de Ndindi, de Minvoul, d’Ovan, de Mayumba. Mais les enfants de tous ceux qui étaient proches du système. Quand nous arrivons en France avec nos bourses D, nous les retrouvons dans les lycées. Cette faille au système a été certainement un facteur important qui a permis à nos dirigeants d’avoir un œil fermé sur le système éducatif du Gabon dès lors qu’ils savaient que leur progéniture était à l’abri quelque part.

Une question ma tourmente l’esprit : et si la faillite et la destruction de notre système avaient été savamment orchestrées pour permettre aux enfants des dirigeants actuels (qui s’accrochent au pouvoir) d’être plus instruits pour diriger le pays à leur tour. A méditer !

15.Posté par on va encore faire comma le 25/07/2010 00:47 | Alerter
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@Honneur

"En tant que gabonais soucieux de l'avenir intellectuel de mon pays, je demande au Gouvernement et au chef de l'État d'organiser les états généraux de l'enseignement, du primaire au supérieur"

Frangin je te comprends, mais depuis et étant petit, j' avais toujours entendu parler des ces choses- là, états généraux.

Maintenant, j' ai vieilli toujours les mêmes mots et maux

14.Posté par Honneur le 24/07/2010 22:58 | Alerter
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En tant que gabonais soucieux de l'avenir intellectuel de mon pays, je demande au Gouvernement et au chef de l'Etat d'organiser les états généraux de l'enseignement, du primaire au supérieur.
Parce que j'ai honte quand on n'insulte quelqu'un à l'étranger " bête comme un gabonais".
Vérifier systématiquement à la sources, les diplômes des enseignants étrangers qui souhaitent enseigner au Gabon que se soit dans le privé ou le public les evaluer dans leurs domaines de compétance car beaucoup enseignent avec des faux diplômes achetés. Quand un professeur enseigne le pidjin au lieu du vrai anglais ça laisse des traces dans le parcours des étudiants. Les enseignants gabonais doivent aussi montrer leurs preuves. La correction du BAC doit se faire en doublon comme cela se fait dans d'autres pays . Les épreuves du BAC doivent être comme un secret d'Etat jusqu'au jour "J"

13.Posté par velevess le 24/07/2010 16:59 | Alerter
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l'enseignement au Gabon est le digne pendant de nos services de santé: il n'y a que les issus du peuple pour frequenter nos etablissements scolaires et nos hopitaux. Les autres étudient et se soignent en Europe. La responsabilité des parents qui regardent la télé avec leurs enfants est certes évidente mais que dire de ceux là qui s'éclairent à la lampe à pétrole ou au moupetou quand ils peuvent se payer un litre de pétrole

12.Posté par EYANG ANE NGWANE le 24/07/2010 09:55 | Alerter
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les résultats de cette année n'ont rien de surprenant. J'ai passé mon bac au Gabon en 1985 le niveau à cette époque était déjà très critique. Certains enseignants n'hésitent pas à donner des notes de complaisance à leurs élèves en contrepartie d'une aventure ou d'une somme d'argent. De la seconde en terminale l'une de nos copines de classe avait les meilleures notes en math, physique et biologie alors qu'elle n'avait aucun niveau. Elle était la maîtresse du prof de maths (un Béninois). Les 2 autres profs étaient également Béninois "il fallait aider la belle soeur". Résultat, elle a passé son bac 3 fois et après l'avoir eu, elle n'a pas pu faire d'études supérieures car pas de niveau. Malheureusement, son histoire n'est pas un cas isolé. Vous avez des parents sans scrupule qui n'hésitent pas à acheter les épreuves alors qu'ils sont conscients de la médiocrité de leur enfants. Il y a longtemps que les élèves Gabonais n'ont plus eu une année scolaire normale, ce n'est pas en rafistolant les choses que l'on obtient de bons résultats.
Pour rétablir l'ordre des choses, il faut offrir une formation de qualité à nos enseignants et des conditions de travail qui leur donnent envie de se surpasser (salaires convenables, matériel de pointe, locaux en bon état). Ils doivent bénéficier régulièrement de la formation continue afin de réactualiser leurs connaissances. Ces solutions mettront fin aux grèves. Les parents qui paient les profs et qui achètent les épreuves doivent arrêter ces pratiques. Ils condamnent leurs enfants à l'échec. Lorsque ces derniers vont à l'étranger et même à l'uob, ils sont incapables d'avancer car la "promotion canapé" et les mentions "doit réussir" ont leurs limites. Nous avons un beau pays, montrons lui que nous l'aimons en prenant nos responsabilités.

11.Posté par ITOUMB'EH le 24/07/2010 08:48 | Alerter
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Autre problème de taille les harcèlement dont sont victimes les élèves de la part des enseingnants qui ne privilégie la médiocrité au détriment du mérite mais également nous fait faire un grand bond dans une ère de sauvages à peine évolué où le plus fort peut exiger (tout) ce qu'il veut du faible qu'il contrôle au travers des notes. Comme c'est malheureux! Et dire que ce sont des enseignants gabonais qui s'illustrent le mieux dans ces pratiques, il y a raisons de se demander véritablement si le mal n'est pas dans le fruit?! Car le détenteur de la connaissance étant pourri je me demande bien comment peut-il en sortir quelque chose qui fasse rêver ou donne envie.... Le malheur, le malaise, le mal-être, la mort, ... de la société nous sont inoculés là, par nos frères gabonais plus est, dans ces salles de classes. Comment fournir des efforts quand on sait que ceux-ci ne vaudront rien (du tout) sinon à être dans le lot des échoués à la fin du trimestre parce qu'on n'a pas 5000 F cfa à donner à l'enseignant en fin trimestre?!
Galère, il faut sévir et mettre tous ces ennemis de la République hors d'état de nuire car il n'y a pas plus criminels qu'eux. Mais il n'empêche que ceci reste une facette du problème parmi des milliers d'autres...

10.Posté par Alvine17 le 23/07/2010 21:41 | Alerter
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Track,

Salut,
j'apprécie ton com,
Honnêtement, cette désolation ne m'a pas vraiment sidéré parce qu'on sait et comme tu as dis, je trouve ça débile qu'on s'étonne encore des résultats.

9.Posté par SIsi le 23/07/2010 12:15 | Alerter
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La société gabonaise entre perversion morale et sexuelle:

Pour les garçons et filles, la déviance, selon l'expression" mourir jeune et riche"


8.Posté par SIsi le 23/07/2010 12:08 | Alerter
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"En attendant que le parent achète des épreuves – s’il y a des fuites – à l’approche des examens".

Triste réalité

7.Posté par chechemote le 23/07/2010 12:05 | Alerter
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Enseigner, signifie "marquer d'un signe, distinguer, rendre remarquable"

On forme des enseignants qui ne maitrisent en rien la pédagogie.Peuvent - ils éduquer les élèves, quant ceux ci, ne possèdent aucune méthode, ni pratique d'enseignement et d'éducation ainsi que toutes les qualités requises pour transmettre un savoir quelconque.

Faire preuve de pédagogie signifie enseigner un savoir ou une expérience par des méthodes adaptées à un individu ou un groupe d'individus.

Avant de crier aux loups, quel est l' enseignant capable de maitriser, la didactique qui est l'étude des questions posées par l'enseignement et l'acquisition des connaissances dans les différentes disciplines scolaires?


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