Un nouveau rebondissement est survenu dans la grève des agents de la mairie centrale de Libreville, déclenchée depuis le 4 février dernier. Le 20 avril, deux le président du Syndicat des agents de la mairie de Libreville (SYAML), Alexandre Nziengui, et le secrétaire général de l’Action pour le renouveau municipal (ARM), Olui Nzué Memine, ont été arrêtés et entendu par le Procureur de la République.
Les deux leaders syndicaux ont été arrêtés suite à une plainte commune de la mairie et du frère de l’agent municipal Elvis Nguema, décédé le 8 avril dernier, et dont les collègues avaient exposé le corps dans le hall de la mairie le 9 avril pour interpeller l’administration qui aurait refusé de lui verser une avance pour se soigner.
«Nous avons été accusés, en tant que leaders syndicaux, par la mairie et le frère de notre collègue défunt d’avoir volé et déposé à l’Hôtel de ville le corps de ce dernier. Ce qui est totalement faux, comme cela a été démontré devant le procureur. Ce sont au contraire les collègues de feu Nguema, qui furieux de son décès et de l’inaction de la municipalité de son vivant, ont décidé d’agir ainsi pour interpeller notre hiérarchie sur les difficiles conditions de vie des agents municipaux», a expliqué Alexandre Nziengui.
Les deux leaders syndicaux ont été relâchés dans la journée faute de preuves suffisantes jointes au dossier.
«La mairie de Libreville souffre d’une gestion perverse et désastreuse. Une situation qui est consécutive à un manque de politique de développement lisible et cohérente, à l’improvisation et au pilotage à vue. Quand le maire Berre quitte son poste, il laisse une masse salariale de 6,8 milliards de francs CFA. 21 mois après la prise de fonction de monsieur Ntoutoume Emane, elle de 12,8 milliards», a fustigé Olui Nzué Memine, expliquant que cette hausse était consécutive aux recrutements anarchiques et par complaisance et à la création de cinq nouvelles directions.
Les leaders syndicaux dénoncent également d’importants détournements de fonds à la mairie centrale. «Les mariages rapportent 600 millions de francs CFA, l’Inspection générale produit 475 millions, la publicité 500 millions, etc. Tout cet argent n’est pas reversé au Trésor», affirme Olui Nzué Memine.
Les syndicats de la mairie centrale de Libreville ont annoncé que leur mouvement de grève pourrait se durcir si le gouvernement continuait à rester muet sur cette affaire. «Dès que l’ONEP grimace, l’équipe gouvernementale se précipite à son chevet, sans doute à cause du pétrole. Pour nous c’est le black-out total», ont enfin lancé les leaders syndicaux.