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Gabon: Déclaration du mouvement "Bongo doit partir" lors de la réunion de concertation société civile-partis politique

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Dimanche 11 Septembre 2011 à 10:19 | Lu 814 fois



Les leaders de la société civile gabonaise
Les leaders de la société civile gabonaise
A la Société Civile Gabonaise
Aux Responsables des partis politiques de l’opposition
Aux Syndicats gabonais.

A l’Attention du peuple gabonais

Prenant acte de tous les appels à l’unité lancés, d’une part, par Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du PSD, et Pierre Mamboundou, président de l’UPG, et, d’autre part, par la société civile gabonaise par le biais de la coalition « Ça suffit comme ça », appels qui ont inspiré, en ce samedi 10 septembre 2011, cette réunion des forces vives de la nation, le mouvement politique en exil « Bongo Doit Partir » (BDP) et les Gabonais de la diaspora se réclamant de l’opposition radicale affirment leur adhésion totale et inébranlable à ces appels.

Nous tenons cependant à mettre en garde les acteurs de ce rapprochement contre toute attitude de naïveté qui consisterait, comme cela a souvent été le cas, à se mettre, une fois de trop, en position de mendiant de la démocratie. Le peuple ne doit jamais mendier la démocratie. Il doit l’arracher, voir l’imposer, par tous les moyens. Nous mettons également en garde ces mêmes acteurs contre toute attitude qui consisterait à continuer à commettre l’erreur de les exclure du débat politique national. Le BDP pense que le principe d’unité des forces vives de la nation doit s’appuyer sur une synergie de toutes ces forces où qu’elles se trouvent.

En outre, nous rappelons qu’unir la société politique et la société civile autour d’un projet d’élections transparentes et crédibles au Gabon, à commencer par l’élection législative actuellement préparée de manière unilatérale et frauduleuse par le régime des Bongo, supposerait, comme on l’espère, que tout le monde ait désormais compris que le changement que les Gabonais souhaitent de toutes leurs forces ne viendra ni par les urnes ni par la bonne volonté des Bongo, et encore moins par le miracle de Jésus-Christ. A ce titre, il est indispensable que tout le monde tienne vis-à-vis des Gabonais un discours clair et honnête qui ne laissât plus aucune ambiguïté sur les intentions des partisans du changement aujourd’hui en voie d’unification.

Autrement dit, la clarté du discours que demandent les Gabonais de la diaspora se réclamant de l’opposition radicale et le mouvement « Bongo Doit Partir » impose que tout le monde, parlant de la même voix, adopte un langage ferme qui mettrait en avant les impératifs suivants :
1. Il ne s’agit plus de parlementer une énième fois avec les Bongo ou de faire des doléances maintes fois ressassées: cela fait 20 ans que les Gabonais parlementent et que les Bongo, père comme fils, accords après accords, roulent dans la farine des générations entières de Gabonais de tous bords qui ont cru ces voyous au pouvoir ; le temps est venu de dire clairement à ces bandits de grand chemin : « On ne parle plus, on ne négocie plus, ça passe ou on casse ».

2. Il ne s’agit plus de dissimuler la réalité à laquelle les Gabonais doivent faire face derrière des discours vagues comme « trop c’est trop » ou autres formules sans sens. Qu’est-ce qui est trop ? Il ne faut pas se tromper d’ennemi et il ne faut plus avoir peur de désigner clairement les ennemis du peuple. L’origine du mal gabonais ce sont les Bongo. Il faut donc clairement dire aux Gabonais que rien de bon ne peut se passer au Gabon tant qu’un Bongo sera au pouvoir. Pour que le Gabon change et s’épargne 70 ans de bongoïsme héréditaire, donc, Bongo et les deux complices qui soutiennent constitutionnellement ce système (Rose Rogombé et Marie Madeleine Mborantsuo) doivent partir.

3. Il ne s’agit plus de laisser les Gabonais deviner péniblement les intentions des leaders de nos classes politiques et civiles ou de se cacher derrière des discours supposés « responsables »: l’insurrection doit être, aujourd’hui, la visée la plus explicite et la plus urgente de toute la nation. Aucun Gabonais ne doit plus, au jour d’aujourd’hui, rester dans le flou. Les mots d’ordre doivent être clairs et les intentions publiquement affichées. Si le but est d’empêcher les législatives et d’imposer la réforme, il faut dès maintenant y préparer les Gabonais et dire avec eux, sans ambages, que : « Ce que décide Ali Bongo, on s’en fout désormais. L’élection n’aura pas lieu. Un point c’est tout. »

4. Il ne s’agit plus de mettre en place des coalitions visant à la promotion des individus. Il s’agit de nationaliser le combat au-delà des hommes et d’affirmer l’impératif d’un changement immédiat basé sur des objectifs communs, le premier étant de mettre hors d’état de nuire les Bongo et leur système, le second étant d’instaurer au Gabon les principes de transparence qui mèneraient rapidement et immédiatement à des élections générales propres par lesquelles les Gabonais auraient enfin le loisir d’élire librement les leaders de leur choix ; pour cela, la Coalition à mettre en place doit clairement signifier son objet. Combattre une dictature est avant tout une lutte pour la vie ou la mort. L’état d’esprit doit être celui de la lutte car le régime en place ne fera de cadeau à personne. Pourquoi le ménager à notre tour ?

5. Il ne s’agit plus de confondre le Gabon avec une démocratie ni même pour les associations et syndicats d’avoir peur de politiser leur discours. La conférence nationale de 1990 ne fut possible que parce que syndicats et associations politisèrent leur discours en réclamant ouvertement la conférence nationale. Si tout le monde est désormais d’accord avec le BDP et la diaspora radicale que le changement ne peut venir au Gabon ni par les urnes ni par la bonne volonté des Bongo, alors il est impératif de sortir des attitudes légalistes et faussement républicaines qui ont tendance, au Gabon, à saper puis détruire tout effort insurrectionnel. L’objectif est la chute des Bongo. Ne tergiversons plus.

Pour notre part, nous nous disons prêts à travailler, dans le cadre d’une vaste coalition des forces radicales nationales, à la mise en place des stratégies à même de causer, immédiatement, la plus grande crise politique de l’histoire du Gabon. Aucun groupe ne peut y arriver tout seul. Ce combat va demander l’engagement de toute la nation. Le BDP et les Gabonais de la diaspora se réclamant de l’opposition radicale en appellent donc à une synergie immédiate et urgente de toutes les forces du changement au Gabon comme dans la diaspora en vue de la mise en place, dans un délai de deux semaines, d’un Commandement Suprême, dont la fonction sera, dès lors, d’élaborer un plan insurrectionnel visant à la chute immédiate des Bongo.

La langue de bois doit donc cesser. Le peuple doit montrer aux Bongo et au système d’état PDG qui est plus bandit que qui. Si l’unité des forces du changement que les uns et les autres souhaitent est une démarche sincère, réaliste et déterminée, il ne faut plus faire de l’insurrection un secret. Les Gabonais sont tous d’accord qu’aucune élection ne doit se tenir sans biométrie. Ils veulent aussi que les élections ne se tinssent qu’après des réformes profondes qui déferaient le chiffon à la mesure de la petitesse des Bongo qui sert actuellement de Constitution au Gabon. La lutte actuelle ne peut donc plus être réduite à une simple lutte pour de simples élections législatives. C’est une lutte qui doit être à la mesure du changement radical attendu par les Gabonais, c’est une lutte qui doit viser la réforme totale et l’alternance, donc la prise de pouvoir immédiate par les forces du changement, par tous les moyens.

Le peuple et la classe politique doivent aussi savoir qu’il y a, dans toute dictature, des signes qui ne trompent pas : Quand un despote se sent obliger de contorsionner la loi aux fins de s’assurer des victoires trafiquées, c’est qu’il ne se sent pas bien assis ni stable dans son pouvoir. L’ordonnance anti-démocratique d’Ali Bongo du mois d’août est un aveu d’Ali Bongo que son pouvoir est fragile. Il faut donc passer aux actes. Le BDP et les Gabonais de la diaspora se réclamant de l’opposition radicale se tiennent prêts à contribuer à une stratégie insurrectionnelle nationale, unitariste et cohésive qui, en deux ou trois petites
semaines, mettrait les Bongo devant un seul choix : partir ou partir.

Fait à Montclair, New Jersey, Etats-Unis d’Amérique, le 9 septembre 2011



NTOUTOUME NGOUA et JP.ROUGOU(UN) et Daniel YENO( PGP)
NTOUTOUME NGOUA et JP.ROUGOU(UN) et Daniel YENO( PGP)

Dimanche 11 Septembre 2011
Gabonlibre.com : News 7J/7
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