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Gabon: Déclaration de Monsieur Jean Eyeghe Ndong

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Samedi 24 Août 2013 à 08:27 | Lu 7954 fois



Gabon: Déclaration de Monsieur Jean Eyeghe Ndong
Mesdames et messieurs les journalistes,

Chers compatriotes qui m’honorez de votre présence cet après-midi.

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie d’avoir bien voulu faire le déplacement de la chambre de commerce de Libreville, à mon invitation.

Une semaine à peine après la commémoration du cinquante troisième anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, veuillez accepter mes souhaits de bonne fête de l’indépendance.

Je vous ai invité en effet dans le cadre d’un point de presse que j’ai choisi de tenir ce jour en rapport avec le contexte pré-électoral des prochaines élections locales. Contexte encore marqué, il faut bien le dire, par les interrogations, les soupçons et les doutes qui pèsent sur ces élections.

En acceptant de m’honorer de votre présence, je vous prierai de bien vouloir considérer que c’est l’ancien Premier Ministre qui s’exprime devant vous ; mais rassurez-vous, je n’occulte pas le fait que je suis l’un des responsables de la formation politique dissoute par une décision administrative du ministre de l’Intérieur. Ceux qui s’ingénient à désigner par le terme « ex Union Nationale », le parti politique auquel je fais allusion contribuent à mon sens à révéler au grand jour le malaise perceptible dans la vie politique gabonaise.

Cela dit, je constate avec vous que nous sommes aujourd’hui à quelques encablures d’une échéance électorale importante. Importante par les conséquences qu’elle induit au regard de l’articulation et du fonctionnement de nos institutions.

En effet, les élections des membres des conseils départementaux et des membres des conseils municipaux donnent lieu à l’élection par ces derniers des Sénateurs qui, chacun le sait, composent le Sénat, l’une des deux chambres du Parlement, et dont le Président assure constitutionnellement l’intérim du Président de la République en cas d’empêchement de ce dernier.

Il s’agit donc, d’un rendez-vous politique que les gabonaises et les gabonais souhaitent démocratique et paisible à tous égards.

Cette échéance électorale s’inscrit toutefois dans un contexte particulier. En effet, il subsiste dans l’opinion des interrogations, des soupçons et des doutes sur l’organisation, le déroulement et par voie de conséquence sur les résultats de ces élections. L’objet de ces doutes et interrogations portant sur la transparence électorale.

En effet, comment les populations peuvent-elles ne pas éprouver un sentiment de scepticisme quand on évoque la problématique des élections au Gabon. Elles en ont tellement connu avec leur cortège de contestation et de troubles post-électoraux au point qu’à certaines occasions le pays a failli basculer dans la violence. Ne pas rappeler cette évidence ou faire mine de l’ignorer serait simplement assimilable à une malhonnêteté intellectuelle et à un raccourci déconcertant.

En tout état de cause, sortir de cette logique de contestation est un impératif majeur pour notre pays. Ce d’autant plus qu’il est patent que le phénomène de l’abstentionnisme électoral, non seulement qu’il est structurel mais s’avère être désormais l’une des plaies du système politique gabonais.

Mesdames, messieurs,

Si aujourd’hui, une partie des gabonais disent, les uns d’une manière diffuse, les autres plus bruyamment que le pays est malade de sa vie politique, pour des raisons diverses, peut être que nous gagnerions en nous posant la question du pourquoi et en nous référant à un adage bien de chez nous selon lequel « si l’oiseau se plaint la nuit, c’est qu’il a un problème de couchette ». Autrement dit, si bon nombre de gabonais contestent la pratique des élections, c’est bien parce que du point de vue démocratique ils n’y trouvent pas leur compte. Ces gabonais ne se comptent pas seulement parmi les opposants ; la preuve, c’est qu’il nous est donné d’entendre ici et là, des personnes s’affichant ostensiblement au PDG donc des partisans du pouvoir, dire, souvent avec un air résigné, sur le ton de la confidenceque ça ne va pas en parlant des institutions en charge des élections.

Qu’est ce qui ne va pas ? D’après ces gabonais qui rejoignent en cela l’opinion de l’opposition qui est loin de ne compter que des affamés, des aigris, des jaloux selon une certaine presse. Sans vouloir passer pour un donneur de leçons, ne devrions-nous pas nous asseoir un moment pour nous livrer à une sorte d’introspection de notre vécu, autrement dit de notre pratique électorale réelle.

Cette suggestion, dont je suis le premier à reconnaitre son manque d’originalité, car d’autres avant moi l’ont faite, a au moins le mérite de revêtir non seulement toute sa validité, mais aussi toute sa sagesse. Car, concernant une matière sensible telle que la politique avec ses subjectivités, l’expérience ici et ailleurs, nous a démontré qu’elle est éminemment nécessaire. En parcourant les temps forts de notre vie politique récente, il n’est pas possible que nous échappe la confession d’un homme qui a marqué de son empreinte la vie politique gabonaise et même africaine de ces quarante dernières années, je veux parler du Président Omar Bongo Ondimba qui quelques mois avant sa disparition avait eu la lucidité et le courage d’avouer que « Dieu ne nous a pas dit de faire du Gabon ce qu’on est en train de faire ».

Que l’on croie ou que l’on ne croie pas à la bonne foi de l’auteur, ces mots ne peuvent manquer de résonner fort dans nos têtes et de nous amener à raisonner quelque peu. C’est dire que le Gabon, notre pays, est un bien qui nous est commun, un patrimoine qu’il importe de gérer en prenant soin de toutes ses composantes.

Voici que l’heure a sonné pour de nouvelles élections. Il s’agit des élections locales. Les gabonais souhaitent se rendre prochainement dans les bureaux de vote pour choisir qui, des conseillers départementaux, qui, des conseillers municipaux. Mais nous ne serions pas des citoyens responsables si nous passons outre le débat suscité par ces élections, débat portant sur leur crédibilité à tel point que certains gabonais inclinent à ne pas y prendre part et même à ne pas s’enrôler. Situation politiquement et même civiquement grave pour un pays qu’on dit démocratique.

Depuis que le Gabon, en 1990, a opté pour un régime démocratique multipartite, aucune élection n’a connu une issue sans contestation, la raison étant essentiellement due à leur mauvaise organisation, à leur déroulement quelconque et au rendu de leurs résultats considérés dès lors douteux. En un mot, se pose le problème de la fiabilité de nos élections.

Sommes-nous compétents ou incompétents pour organiser dans notre pays des élections qui vaillent ? Pour ma part, la réponse est oui, je dirai même qu’il suffit de le vouloir. Nous en avons les compétences intellectuelles et matérielles. Nous avons même trouvé grâce à la biométrie, un outil pour fiabiliser les opérations électorales. Bien que, reconnaissons-le, ce ne soit pas la panacée.

Nous nous souvenons qu’après l’adoption de la loi sur les données à caractère personnel, la loi électorale a été modifiée pour y insérer les données biométriques afin d’assurer la transparence dans le processus électoral.

Tous les gabonais ont entendu à ce propos des responsables de l’Etat, affirmer que tout sera mis en œuvre pour que désormais la démocratie électorale soit au rendez-vous des échéances politiques. Le Premier Ministre, au cours d’une émission de télévision ne disait pas moins en affirmant, sous le regard du Ministre de l’Intérieur, que l’ancienne liste électorale, objet de toutes les interprétations est désormais caduque et que l’enrôlement des électeurs va désormais s’opérer en prenant en compte la technique biométrique.

Mais les élections portant sur une matière sensible, comme je l’ai déjà souligné, il a fallu que toute la classe politique s’accorde sur la mise en œuvre de cette technique dans le dispositif électoral. A cet effet, des réunions de concertation ont été initiées à la Présidence de la République et à la Primature. Il s’agissait de se mettre d’accord sur toutes les données nécessaires relatives au processus électoral devant constituer toutes les informations personnelles et biométriques permettant une identification de l’électeur.

Mesdames et messieurs,

Les gabonais avaient-ils des raisons de ne pas croire à la parole publique des plus hauts responsables de l’Etat qui ont donné l’impression de prendre à cœur la question électorale et de s’en préoccuper. Nous avons même cru que la sagesse à laquelle je faisais allusion au début de mon propos avait triomphé. Hélas, non

En effet, comment justifier les désaccords, les malentendus et toutes ces cacophonies de ces derniers temps au moment où l’opinion est en droit d’attendre la finalisation harmonieuse du dossier. Comment ne pas avoir le sentiment qu’il n’y a aucune volonté affirmée d’instaurer véritablement la transparence électorale et ne pas soupçonner que certains esprits veulent persister dans la pratique d’opacité électorale. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur la probité morale de certains de nos compatriotes qui ont en charge la gestion de notre système électoral, ce d’autant que l’on sait que la corruption est au centre de leur pratique.

La question que l’on est en droit de se poser est donc la suivante :
Faut-il, oui ou non, dans un tel contexte, prendre part aux élections, en l’occurrence celles qui pointent à l’horizon, au risque de se sentir une fois de plus « grugé » et d’accréditer du même coup la thèse selon laquelle le pouvoir ne veut pas de la transparence électorale ?

En réalité, la véritable réponse à cette importante question réside dans la forme de lutte que nous, membres de l’opposition, et les autres citoyens devons mener pied à pied face au pouvoir en utilisant les moyens démocratiques que nous donne la Constitution et l’Etat de droit. S’agissant notamment d’une opposition ayant pour objectif l’alternance, nous devons fonder notre stratégie et fixer nos actions avec pour seul but l’instauration d’un système électoral équitable afin que chaque sensibilité politique ait ses chances de parvenir au pouvoir par la voie royale : celle que nous offre le peuple par l’expression de sa souveraineté, c'est-à-dire l’élection. Tel est mon crédo et j’affirme ici que je m’inscris résolument dans cette voie tout en étant conscient qu’elle est parsemée d’embuches.

Mesdames, messieurs,

C’est le lieu de regretter l’attitude de certains qui prêtent à ceux qui défendent la même cause qu’eux, des intentions qu’ils n’ont pas ou des calculs qu’ils sont loin de faire. L’opposition gabonaise s’est trop souvent fourvoyée dans le passé pour que nous retombions aujourd’hui dans les mêmes ornières. Autant nous devons éviter de nous condamner à la paralysie, autant nous devons éviter d’embastiller les esprits.

Face à l’hégémonie d’un parti au pouvoir, que devons-nous faire, en prenant en compte l’environnement dans ses différents aspects ?

Nous avons appelé au boycott en 2011, les populations nous ont massivement suivis. La contribution de l’opposition dans la mise en œuvre de la biométrie dans le système électoral a été d’un apport déterminant bien que des points importants que l’opposition a proposés durant la concertation n’aient pas été pris en compte, par exemple l’opération des audiences foraines, l’authentification des électeurs dans les bureaux de vote.

Faut-il encore appeler au boycott, attendre à la maison que les élections se déroulent ou que le bon Dieu descende sur terre. Non, nous devons continuer la lutte. La lutte que nous offre le système démocratique que nous-mêmes avons tous appelé de nos vœux en 1990. Si cette lutte démocratique, par le fait de ceux qui veulent servir à la population une transparence en trompe l’œil débouche sur du désordre, alors, la faute leur incombera.

Mesdames, messieurs,

C’est pourquoi notre lutte aura d’autant plus de mérite que nous aurons réussi par notre capacité de persuasion collective et notre contribution intellectuelle à améliorer le système électoral gabonais qui en a absolument besoin et que nous parviendrons à traquer ceux qui, d’une manière ou d’une autre, s’évertuent à verrouiller à leur avantage le dispositif électoral qui ne doit être, somme toute, qu’un instrument administratif au service équitable de tous les partis politiques, donc de tous les gabonais. Mais pour persuader, il faut au préalable que nous-mêmes croyions à la légitimité des actions que nous entreprenons ; même si le contexte est de nature à nous en écarter par toutes sortes de tentatives susceptibles de nous entrainer dans des comportements contre-productifs.

Pour ma part je reste convaincu que nous parviendrons à modifier le paysage politique et institutionnel de notre pays, pour vu que nous nous convainquions de la force supérieure de notre peuple. Un peuple mobilisé et déterminéà arracher l’essentiel de ce qui lui est légitimement et fondamentalement dû, c'est-à-dire le respect de leur honneur,de leur souveraineté, de leur liberté et de leur dignité dans leur statut de citoyen.

Aussi, convaincu que dans un pays constitutionnellement démocratique comme le nôtre, le peuple est le détenteur suprême du pouvoir, et qu’il exerce ce pouvoir par le truchement des élections libres, transparentes et équitables, j’ai l’honneur de vous annoncer qu’à l’occasion des prochaines élections locales, je serai candidat au poste de Maire de Libreville.

Oui, je conduirai une liste de candidats au 2e arrondissement de Libreville et je compte sur des femmes, des hommes et des jeunes qui me feront l’honneur de partager ma démarche citoyenne et politique pour composer les listes de candidature dans les premier, troisième, quatrième, cinquième et sixième arrondissements de Libreville. Grace au soutien de ces compatriotes et à l’appui de l’initiative commune que je propose et baptise dès ce jour« Libreville pour tous », nous irons à la conquête de l’Hôtel de ville de Libreville et de ses arrondissements. Je préciserai, le moment venu sous quelle bannière nous solliciterons les suffrages des Librevillois.

Ceci a le mérite d’être clair pour tous.

Mesdames, messieurs,

Ma démarche n’a rien d’un acte de franc-tireur, elle n’est pas non plus le signe d’une ambition solitaire mais elle est plutôt le fruit d’une réflexion longuement menée avec beaucoup d’autres compatriotes de tous bords. Elle est la somme d’écoutes attentives des diverses opinions qui se sont exprimées relativement à ces élections. Bien sûr, elle tient compte de plusieurs de nos pesanteurs de tous ordres qui, à bien y regarder de près, ne permettent pas la promotion de la pratique démocratique. En disant cela, je m’adresse à tous mes compatriotes, qu’ils soient partisans du parti au pouvoir ou qu’ils émargent dans l’opposition.

Pourquoi suis-je candidat au poste de Maire de Libreville ?

Je réponds à la question par une autre.

Pourquoi ne serai-je pas candidat au poste de Maire de Libreville comme tout autre gabonais pourrait l’être ?

D’aucuns pourraient aussi se demander si, en me portant candidat à la Mairie de Libreville, je ne suis pas conscient de l’adversité d’en face, à en juger par des sentiments d’animosité que j’ai provoqués contre ma personne à la suite de ma prise de position exprimée le 16 juin 2009 lors des obsèques de feu Président Omar BONGO ONDIMBA.

Je réponds que, d’une part, éprouver des sentiments d’animosité ne constitue pas une réponse à ma prise de position, d’autre part, convaincu en conscience de ma bonne foi, c’est précisément dans le droit fil de cette prise de position que je pose humblement cet acte de candidature avec un fort sentiment que les Librevillois l’appréhenderont ainsi et l’intègreront comme étant un acte de foi salutaire. Foi en la démocratie, foi en la transparence électorale qui, malheureusement, peinent encore à éclore dans notre pays.

Mesdames et messieurs,

On ne peut pas s’engager en politique de manière réfléchie et responsable sans être acquis à des convictions.

En affirmant mon ancrage dans l’opposition démocratique, je voudrais solennellement en appeler à l’intelligence, à la réflexion et à la sagesse de mes amis politiques qui se sont engagés comme moi dans le même combat pour leur dire qu’il me parait nécessaire d’avoir une approche réaliste et pragmatique du combat en tenant compte de l’environnement et de la nature du contexte. Cette approche me conduit à penser que nous ne pouvons pas prétendre gagner la lutte en nous excluant systématiquement du champ politique réel. A mes yeux, c’est à cela que le pouvoir cherche à nous pousser, nous qui l’interpellons constamment sur la pratique démocratique et sur l’éthique du pouvoir.

Notre démarche politique nous commande d’être présents le plus possible à toutes les batailles, notamment électorales afin de ne pas laisser le terrain libre à l’adversaire qui en profiterait tout naturellement.

Mesdames, messieurs,

En posant ma candidature, je fais appel au rassemblement des Librevillois. Celui qui rompt avec l’ordre ancien et va au-delà des partis politiques. Ma candidature s’adresse à tous les gabonais quelle que soit leur appartenance provinciale, ethnique ou politique. Car, n’oublions pas qu’il s’agit d’élections basées essentiellement sur la gestion et que diverses sensibilités politiques élues sur la base du système à la proportionnelle, comme c’est le cas pour les élections locales, seront amenées à gérer des localités ensemble.

Chers compatriotes,

Libreville, ville historique, la capitale de notre pays doit avoir fière allure. Loin d’être encore une réalité, cela doit être une ambition. Cette fière allure doit reposer d’abord sur la légitimité élective des autorités placées à sa tête. Ensuite, cette fière allure devrait se vérifier à l’aune de l’image que renvoie la cité et qui résulte de la politique déployée et par les autorités municipales d’une part, et par l’Etat d’autre part.

En effet, on ne saurait perdre de vue que l’Etat qui assure la tutelle administrative et financière des collectivités locales a toute sa place dans l’édification des zones urbaines et rurales au travers par exemple des ministères en charge de l’Intérieur, de l’Urbanisme, des Travaux Publics, de l’Environnement, de la Santé, de l’Education, du Logement, etc. En somme, une synergie des politiques économiques, infrastructurelles, sociales et culturelles, etc. doit constamment se développer entre le pouvoir local et l’Etat ; le tout devant concourir au développement des localités et au bien-être des populations.

A cet effet, les ressources financières locales outre qu’elles doivent s’accroître, en raison des missions de plus en plus lourdes des collectivités locales, devraient bénéficier d’une gestion planifiée et transparente sous le contrôle bien compris de l’Etat comme cela s’organise sous d’autre cieux. L’unicité des caisses ne devrait pas servir de prétexte à l’Etat pour reléguer au second plan les besoins de la ville qui dans le cas de Libreville, génère des ressources propres.

Je profite de cette tribune pour lancer un appel à mes compatriotes des capitales provinciales (Koulamoutou, Mouila, Tchibanga, Lambaréné, Port-Gentil, Franceville, Oyem et Makokou) et des autres communes du Gabon qui ont la même vision que la mienne, à s’entendre sur la base d’une plate-forme politique pour confectionner des listes de candidatures militant pour la démocratie locale et la mise en œuvre de la loi relative à la décentralisation.

Nous pouvons dire prosaïquement que Libreville a besoin de faire sa toilet


te, non pas celle qu’on lui fait circonstanciellement. Libreville a droit à un entretien de tous les jours en tant que capitale et vitrine du Gabon. Elle est vue, regardée, parfois scrutée, par conséquent appréciée en bien ou en mal par ses habitants et par des milliers de touristes, femmes et hommes d’affaires qui y séjournent pour des raisons diverses. Ils doivent s’y sentir en sécurité, ils doivent y bénéficier d’un environnement agréable et reposant. La plage ne suffit pas.

Voilà pourquoi, soucieux de restaurer l’autorité municipale, ma candidature s’inscrit dans une ambition claire : celle de proposer et de réaliser une politique urbaine crédible et réaliste porteuse de projets qui rencontrent l’adhésion des populations ; ce, grâce à une équipe de femmes et d’hommes légitimement et raisonnablement ambitieux, réunissant un capital humain d’ingénieurs, urbanistes, aménagistes, architectes, sociologues urbains, etc.compétents et dévoués, sous le contrôle d’un Conseil municipal responsable, qui joue son rôle au travers de ses délibérations sur les affaires de la commune conformément à la loi relative à la décentralisation, dans le droit fil des intérêts de ses concitoyens et du pays.

Mesdames, messieurs,

Que constatons-nous à Libreville aujourd’hui dès qu’on s’éloigne du bord de mer et que l’on s’engage à l’intérieur du centre urbain de la capitale ?

Nous découvrons une ville qui croupit sous les immondices et déchets de toute nature. Sommes-nous fiers de constater que notre capitale est dépourvue de cimetière afin d’assurer à nos morts le repos qu’ils méritent. Sommes-nous fiers d’être obligés de nous procurer des aliments vendus à même le sol et le long des rues par des commerçants. Sommes-nous fiers d’emprunter les rues le long desquelles s’amoncellent entre les trottoirs (quand il y en a) et la chaussée proprement dite, des trainées de saleté. Sommes-nous fiers de croiser des hautes herbes en pleine ville, et aux abords des immeubles publics. Je ne parlerai pas d’épaves de voitures qui avilissent notre paysage urbain, etc. Devons-nous continuer ainsi sous le sceau de l’impuissance. Impuissance municipale.

Mesdames, messieurs,

En postulant la candidature à la Mairie de Libreville, je suis conscient et je mesure l’importance des enjeux. Ces enjeux, je les perçois pour ma part sous le prisme du développement de la cité et de son rayonnement.

Aussi, je forme le vœu qu’au-delà de l’alternance démocratique réclamée par les populations, notre ambition commune porte sur une ville :

- Dont la sécurité, la propreté et la salubrité sous leurs aspects les plus divers soient des règles premières à observer ;

- Que notre ambition commune porte sur une ville aménagée selon des règles d’urbanisme préalablement définies et dont les infrastructures et le mobilier urbain, en plus de leur efficacité épousent l’esthétique et inspirent un sentiment du beau ;

- Que notre ambition commune porte sur une ville disposant de cimetières qui soient des lieux de repos dignes de nos morts ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville agrémentée d’espaces verts, de jardins publics, de places et de promenades pour piétons ;

- Que notre ambition commune porte sur une ville disposant d’un plan de circulation automobile et des aires de parking ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville dotée d’un service de voirie, d’un atelier d’urbanisme opérationnel et d’une unité de protection civile,

- Que notre ambition commune porte sur une ville dotée d’un équipement performant de ramassage et de traitement d’ordures en régie ou concessionnaire ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville dont les marchés et espaces commerciaux, au-delà de leurs fonctions essentielles constituent des zones urbaines d’attraction touristique ;

- Que notre ambition commune porte sur une ville qui offre des opportunités et un environnement favorable au développement des affaires ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville comptant un minimum de services sociaux de proximité, notamment en matière de santé, de maternelles et de crèches pour jeunes enfants ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville capable de développer ou de contribuer à la politique nationale du logement social ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville qui développe une activité culturelle, intellectuelle, scientifique et sportive, offre des structures et lieux de loisirs, fait de son espace territorial un lieu d’épanouissement humain et de liberté créatrice, et s’emploie à reconstituer, dans la mesure du possible, son histoire et celle du pays dans toutes les dimensions ;

- Je forme le vœu que notre ambition commune porte sur une ville ouverte au monde grâce à sa participation aux associations internationales comme l’A.I.M.F et joue efficacement pour son intérêt le jeu de la coopération décentralisée.

Véritable gageure n’est-ce pas ! Et pourtant, telles doivent être nos ambitions. Car, rien n’est impossible dès lors que la vision et la volonté politique se conjuguent avec une action publique bien pensée et soutenue par des moyens conséquents.

Mesdames, messieurs,

Les acteurs politiques que nous sommes et ceux de demain ne sauraient faire l’économie de telles ambitions s’ils ont pour objectif de construire une ville de Libreville digne et fière.

Mais il faut au préalable pour cela une prise de conscience collective des citoyens gabonais qui passe par un acte fondateur, celui que l’administration nous demande de poser dès maintenant, c'est-à-dire celui de s’enrôler, expression peut-être nouvelle pour les populations, mais qui veut tout simplement dire s’inscrire sur la liste électorale, désormais biométrique au terme de la loi.

L’acte qui consiste à s’enrôler n’est pas seulement une formalité administrative, il est aussi une première étape de la manifestation d’une prise de conscience citoyenne. La deuxième étape étant le vote, le pouvoir pour le citoyen de choisir librement un candidat ou une liste de candidatures le jour du scrutin.

La dernière étape étant celle qui consiste à veiller au respect de son vote, c'est-à-dire de son choix. C’est pourquoi il est prévu une partie contentieuse dans le processus électoral. Il est plus que nécessaire d’intégrer ces étapes qui donnent droit au vote.

Autrement dit, les citoyens doivent s’enrôler sinon il ne leur est pas possible de voter.

En ce qui me concerne, en plus de l’enrôlement, je me ferai le devoir, en temps opportun, de soumettre mon projet politique à l’attention des citadins de Libreville.

Encore une fois et surtout pour les indécis, tous pour l’enrôlement conformément à la loi.

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie pour votre aimable attention.


Source : JP Rougou

Samedi 24 Août 2013
Gabonlibre.com : News 7J/7
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11.Posté par israel le 29/08/2013 15:10 | Alerter
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IL FAUT QUE CA CHANGE.......

si vous commencé à etre inquiet maintenant du manque d expliquation à la population de la rencontre officieuse de "Bongo façon" avec JEN', on arrivera à dire d ici la que ces hommes politiques avaient une relation etroite ;;;;;
A cela nous dirons tous que JEN nous a aussi trailli comme ces predecesseurs( MBA LE PRETRE DES BOIS, LOUIS gaston LE COMIQUE, MBA OBAM LE PLUS GRAND POLITICIEN DU MONDE.........ET QUE dirai je encore ;;;;;;;;;)

OUVRONS UN TOUT PETIT PEU NOS YEUX c est comme ça que le

10.Posté par Ngone le 28/08/2013 19:11 | Alerter
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C'est vrai, il y a un "hic". Pourquoi JEN n'a pas trouvé utile d'éclairer les gabonais sur les rumeurs de la rencontre dite "officieuse" avec Ali, ne fut ce que pour partir du bon pied avec la population avant de leur demander leurs suffrages. Priscilla encore une fois m'épate de par sa lucidité. Ca craint vraiment. Pourquoi nos politiques font-ils tant fi des gabonais ? Ceux-ci ne méritent-ils aucune explication sur quoique ce soit ? A moins bien évidemment qu'ils comptent pour des prunes et que tout est joué d'avance ? C'est si triste. Marcherait-on encore et toujours sur le scénario Gabon écrit avant 1960 ?

9.Posté par Bongoladi le 26/08/2013 12:05 | Alerter
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Wè wè wè tampis pour les jalous et jalouses nous nous sommes au pouvoir on dirige tous et je dis bien tout.
Dieu est grand de nous avoir envoyé ce biaffrais, rescapé des centre de l'Enfer pour nous diriger au Gabon Ali est bon, dur, violent il sait magner la corotte et le baton comme un vrai chef de famille il est puissant comme un vrai mal je l'aime bokou je suis Amoureux de lui oh Ali prend moi enfonces moi tues moi défonces moi jusqu' à l'os du c... je t'aime papa ALI

8.Posté par Priscilla le 26/08/2013 11:38 | Alerter
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A quoi ça sert d'utiliser le vote biométrique sans identification des électeurs ? Il n y'a que les gabonais, éternels dindons, pour gober que cette supercherie permettra enfin des élections transparentes et justes. Il suffit d'un rien pour enfariner le peuple. Bref...

JEN se présente à ces élections locales parce qu'il est sûr de les gagner. Il connait très bien les rouages du système de fraude du PeDe-g. Il est conscient que personne au Gabon ne peut prendre la mairie de Libreville sans la bénédiction du président de la république. D'où sa visite suspecte et 'secrète' (heureusement que le peuple à son kongossa qui sort les vérités dérangeantes des politiques) au palais du bord de mer.

JEN sera maire de libreville parce que la messe à été déjà dite dans leurs loges. Odjukwu le soutien car il sait qu'au final c'est lui qui y a le plus à gagner. L'UFA sans AMO n'est plus que l'ombre d'elle-même.

7.Posté par Verre De Cristal le 25/08/2013 18:03 | Alerter
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@Bongoladi

Tu es sûr que c'est plutôt les Bongo qui sont maudits? Le père Omar est mort de manière pathétique, quelque temps après la mort de la pauvre Edith. Le fils adoptif arrive, lui aussi malade, il se rend lui-même compte 4 ans après que le train est bloqué à la gare. Bilan; zéro pointé! Pendant qu'il présente des maquettes aux gabonais, sa femme arabe se fait baiser en Angleterre. ça ne le dérange pas car il préfère la chaleur du béninois Acrmbessi

Si c'est pas une malédiction ça...

6.Posté par ivan le 25/08/2013 14:52 (depuis mobile) | Alerter
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J adhere a la vison de JEN, ki est un homme vrai, je comptais pas me faire enroller mais maintenant je le ferai des lundi .Parmis nos hommes politique il est celui ki est le plus credible .je vais mm battre campagne pour lui.

5.Posté par Snake le 25/08/2013 01:18 (depuis mobile) | Alerter
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Vraiment pathétique! Il peut toujours vivre avec l''illusion d''une probable alternance politique . Aux gabonais d''apprecier la vraie posture de la plupart des membres de l''opposition. Bne chance m. Le futur maire de lbv.

4.Posté par Bongoladi le 24/08/2013 18:06 | Alerter
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bohf ! léon mba a maudit les fangs. on sait pourquoi de Mba des bois à JEN en passant par AMO. Kiééé

3.Posté par Ngone le 24/08/2013 15:07 | Alerter
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Waouh ! Jen annonce là son retour sur scène ! A suivre. Il était c'est vrai temps d'arrêter le statut quo, la politique de la chaise vide qui de toute façon laisse les autres faire ce qu'ils veulent. A JEN de prouver aux gabonais qu'il revient pour de bonnes raisons sinon si ce sont de "petits arrangements entre amis", bon retour vers les années du parti unique. Le Temps Est l'autre nom de Dieu. On ne peut éternellement mener un peuple en bâteau, aussi naïf soit-il.

2.Posté par TARA le 24/08/2013 12:00 | Alerter
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Jean Eyéghé a totalement raison de se présenter à LBV. Ras le bol des boycottes qui donnent pas grand chose. La politique de la chaise vide ne marche pas à tous coups.

JE VOTERAI JEAN EYEGHE. Mais il va peut-être falloir que j'aille m'enrôler avant!

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Nous traquerons désormais des réactions comportant des injures et, à chaque réaction malveillante, nous n'hésiterons pas à bannir définitivement et sans recours les auteurs tout en les excluant sans réserve de notre base de données.

Injure = Exclusion définitive

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Gabon : communiqué de presse de la CONASYSED

0 Commentaire - 23/09/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7

Pourquoi les noirs ne s'embrassent pas en public ?

14 Commentaires - 26/06/2016 - Gabonlibre.com : News 7J/7
Incroyable !
Savoir Bien Vivre...