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Gabon - Communication : 60 jours après son arrivée, Billie-By-Nze déjà contesté

Le site de la Liberté - gabonactu le Jeudi 12 Novembre 2015 à 09:42 | Lu 2947 fois

À peine nommé, le nouveau ministre de la Communication s’est déjà mis à dos une grande partie des membres de la corporation des journalistes. Suspension/suppression d’une émission de débat ouverte à toutes les sensibilités, visites impromptues dans les salles de rédaction des médias audiovisuels publics, poursuites judiciaires contre un hebdomadaire indépendant. S’il ne change pas, Alain-Claude Billie-by-Nzé aura du mal à se faire accepter dans «la maison des hommes et femmes de médias». Recueil de ce qui se dit çà et là.



Son passage à l’émission «Faire Savoir» jeudi dernier, au cours de laquelle il s’est fait bousculer par Guyffray Ndong Obiang (Gabon Télévision) et Jules Esdras Mouhoulou (Télé Africa), voire par Jacques Fourrier Mangoumba (Radio Gabon), a démontré le niveau d’exaspération des journalistes à la suite des premières décisions prises par le nouveau ministre de la Communication. Plutôt irrévérencieux, contrairement à leur habitude, ces journalistes ont implicitement signifié à Alain-Claude Billie-By-Nzé qu’il se trompait lourdement, et que ses prétendues réformes annoncées notamment lors de l’émission «L’Invité de la Matinale» à laquelle il était invité la veille, vont apporter plus de problèmes au secteur si sensible de la presse. Le sixième ministre de la Communication d’Ali Bongo en six ans a paru perdre un peu de sa maîtrise des nerfs au cours d’une grande partie de cette «émission d’information gouvernementale».

La plainte qu’il a portée contre l’hebdomadaire La Loupe est considérée, par de nombreux observateurs, comme «le premier coup de semonce contre la liberté d’expression et la liberté de la presse au Gabon». Aucun de ses prédécesseurs, au cours de ces dernières années, n’en a fait autant en si peu de temps dans «la volonté de mettre la presse au pas». En effet, selon un enseignant-chercheur de l’UOB, ni Laure-Olga Gondjout (2009-2011), ni Paul Ndong Nguéma (2011-2012), Blaise Louembet (2012-2014), Pastor Ngoua Nneme (janvier-octobre 2014), ou Denise Mekam’ne (octobre 2014-septembre 2015), n’ont été aussi loin dans la lutte contre l’expression libre des hommes de presse.

Connaît-il les contours et les limites de sa fonction ? On en doute

«Il ne semble pas bien connaître les contours et les limites de sa fonction de ministre, et c’est dommage… en tout cas, j’en doute, avec son envie effrénée de vouloir mettre au pas tout le monde, il se comporte tout à la fois comme le président du Conseil national de la Communication et comme le directeur général de Gabon Télévision», estime un journaliste de Gabon Télévision ayant eu à échanger avec lui pendant quelque temps. La suspension – qui vire à la suppression et qu’on lui prête – de l’émission «Débat de Presse», quelques jours seulement après sa nomination comme ministre de la Communication, n’est pas faite pour arranger les choses de l’ancien responsable de Radio Soleil (média proche du Rassemblement national des Bûcherons auquel appartenait l’actuel ministre de la Communication).

A défaut de saisir le CNC au sujet des écrits de La Loupe, il a unilatéralement décidé de porter plainte contre cet hebdomadaire. «Il ne s’est même pas rendu compte que si on l’a laissé faire, c’est pour le voir tomber», analyse un ancien ministre de la Communication, aujourd’hui retiré de la vie politique. «Quand il vient à la Maison Georges-Rawiri, il se fait directeur général, directeur des Actualités, voire rédacteur en chef. Il demande que l’on ne voit plus les logos des services de presse institutionnels comme l’Assemblée nationale, le Sénat et la Cour Constitutionnelle, dans la confection des journaux télévisés», souligne un journaliste de cette «maison».

«Pour beaucoup d’entre nous, il est le Myboto des temps modernes», indique un journaliste ayant passé beaucoup de temps à la RTG1 et officiant aujourd’hui comme collaborateur extérieur. «Il se prend pour le directeur général de Gabon Télévision, réalisez que le 4 novembre dernier, il a déclaré qu’il ne sera plus question de voir les multiples logos qui encombreraient l’habillage du journal télévisé de 20-heures – un rôle dévolu à Léon Imunga Ivanga ; il veut s’occuper de tout, combien de temps va-t-on accepter ça ?», s’interroge-t-il.

A cette allure, l’ancien collaborateur de l’hebdomadaire Le Bûcheron (aujourd’hui absent des kiosques) va donner d’Ali Bongo l’image «d’un confiscateur des libertés, et, entre autres, d’un despote ne pouvant supporter la liberté de la presse», affirme un journaliste de L’Aube. Pourtant, ce ne sont pas les dossiers de première importance qui manque au secteur de la Communication.

Des dossiers d’importance

Parmi les dossiers que lui a transmis son prédécesseur Denise Mekam’ne Edzidzi, il y a Africa n°1 et Gabon Matin. D’ailleurs, Alain-Claude Billie-By-Nzé avait, dès sa prise de fonctions, tenu à aller visiter le siège de ces deux organes de presse. A l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), l’éditeur du quotidien Gabon Matin, le ministre de la Communication avait déclaré «Gabon Matin vivra»… On sait ce qu’il advint six jours plus tard : Gabon Matin ne paraît plus depuis le 23 octobre dernier, soit depuis trois semaines. En voilà un dossier d’importance. A Africa n°1 où il avait affirmé que «tous ensemble, nous y arriverons», les agents ne sont pas payés depuis quatre mois, et les équipements obsolètes ne sont toujours pas en voie d’être renouvelés, aucune lueur d’espoir n’y existe.

En voilà un autre dossier d’importance. A la Maison Georges-Rawiri, en dépit de quelques dotations sous Blaise Louembé, le parc automobile est vieillissant, et le plateau technique est introuvable. Résultat des courses : les personnels se remettent à désespérer, alors que c’est ce ministre qui devait, selon eux, amener de l’argent frais pour l’AGP et Africa n°1. L’autre dossier auquel veut s’attaquer le ministre de la Communication est celui lié au Fond national d’appui à la presse (Fonapresse). «Dorénavant, a-t-il indiqué, avec le Fonapresse, on va mettre l’accent sur la formation, et les entreprises de presse devront se mettre en conformité avec les textes ; il ne faudra plus faire travailler au noir ; les entreprises de presse devront déclarer leurs agents à la CNSS, sinon pas de subvention». «Il met tout ce qui est en son pouvoir pour limiter la liberté d’expression et la liberté de la presse», indique sous couvert d’anonymat un Conseiller-membre du CNC.

Le ministre se trompe de priorité

Vouloir s’attaquer à des journaux indépendants, vouloir, avec un ton intimidant, menacer certains journaux de ne pas leur octroyer le fonds d’appui, vouloir mettre «une ambiance pesante» dans les médias publics, semblent apparaître, aux yeux du ministre, plus importants que la relance des organes de presse cités plus haut. «Du coup, estime un Conseiller-membre du CNC, son passage à l’émission Faire Savoir de jeudi dernier a révélé à l’opinion combien l’exaspération monte au sein des rédactions. Guyffray Ndong Obiang, Jules Esdras Mouhoulou et d’autres ont fait montre d’une rare pertinence, voire d’une certaine irrévérence, à laquelle n’était pas habitué l’ancien Porte-parole de la présidence de la République, lui qui était habitué à «distribuer» à certains journalistes proches les questions qu’il souhaitait qu’on lui pose lors des points de presse hebdomadaires»… Et cette attitude des journalistes qui montrait leur niveau d’exaspération a fini par le déstabiliser.

Et même s’il mit en avant son ton si intimidant, les journalistes n’ont pas reculé pas devant ce ministre qui parlait de «la nécessité d’encadrer la liberté de la presse», oubliant, comme l’a écrit Vianney-Presley Madzou, ancien stagiaire de l’Ecole de Journalisme de l’Université d’Etat de La Louisiane, que «quand les gouvernants prennent des lois pour «encadrer la liberté de la presse», le mot «liberté» devient, cela va sans dire, inutile et exsangue». Quelque peu nerveux et agité face à ces deux ou trois journalistes, Alain-Claude Billie-By-Nzé renvoya l’un d’eux à ses chères études : «ce n’est plus le Code de la Communication, c’est l’Ordonnance prise en août 2015 qui régit désormais l’exercice de la liberté de la presse» au Gabon. Et sur une question posée sur la page Facebook de l’émission, sa nervosité l’a amené à remettre en cause cette question, en se demandant si celle-ci était vraiment posée par un internaute…

Sur son attitude vis-à-vis du journal La Loupe qu’il accuse de «trouble à l’ordre public et d’appel à la violence», «l’opinion en est à se demander si ce n’est pas lui, alors Coordonnateur de la Communication présidentielle, qui poussait Ali Bongo à porter plainte contre ce journal et son confrère L’Aube, alors que, dans le même temps, des journaux comme La Doc’ s’en prenaient, à bras raccourcis, à d’éminentes personnalités de la République et à des responsables de l’opposition ; il n’était pas question – il ne pouvait être question – pour ce dernier journal de «trouble à l’ordre public», analyse un enseignant de sociologie de l’Université Omar-Bongo. Pour lui, «Alain-Claude Billie-By-Nzé a 48 ans, mais il aurait mérité d’être ministre sous un régime de parti unique pour manier la sanction, aligner les engueulades, fustiger les comportements insoumis». L’universitaire estime qu’au lieu de mettre les médias publics sur la voie de l’émergence, il vient au contraire imposer la pensée unique.

Le ministre est-il capable de se réinventer ?

D’une manière générale, la corporation ne comprend pas que le nouveau ministre de la Communication qui s’abrite derrière l’ordonnance n°18/PR/2015, veuille à ce point encadrer la liberté de la presse, quitte à ne voir qu’une presse uniforme sur la toile et dans les kiosques. Son intransigeance, sa volonté à tout régenter, agacent énormément les hommes et femmes de médias, aussi bien du secteur public que des médias indépendants. Un fossé d’incompréhension entre le ministre et la corporation se creuse inexorablement. «Il va falloir au ministre de se remettre un peu en question», suggère un agent du ministère. Mais avec sa trajectoire et son parcours, Alain-Claude Billie-By-Nzé est-il capable de se réinventer ? «En tout cas, estime un producteur de Gabon Télévision, s’il ne rectifie pas le tir, notre secteur ira de mal en pis».

Jeudi 12 Novembre 2015
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