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Gabon : Affaire des «recalés du Baccalauréat 2014»: une crise systémique

Le site de la Liberté - Gabonlibre.com : News 7J/7 le Jeudi 18 Septembre 2014 à 07:59 | Lu 1111 fois

Près d’un mois après la démission de Léon Nzouba, le nouveau ministre de l’Education nationale n’est toujours pas connu. A quelques jours de la rentrée scolaire, certains dirigeants jettent, en coulisses, de l’huile sur le feu, espérant en tirer profit au plan personnel sans mesurer que c’est tout le système éducatif gabonais qui est maintenant en cause.



On croyait avoir tout lu, tout vu, tout entendu. Mais, il faut bien admettre que c’est une des affaires les plus stupéfiantes de ces 5 dernières années. Près de 3 semaines après la démission du ministre de l’Education nationale et au lendemain de la rentrée administrative dans l’enseignement public des 1er et 2nd degré, la nomination de son remplaçant se fait attendre et donne même lieu à des supputations de toutes sortes, y compris s’agissant d’un éventuel remaniement gouvernemental.

Comment en est-on arrivé là ? En dépit du courage et de la ténacité dont fait montre le délégué administratif de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), dans la recherche d’une solution à l’affaire dite des «recalés du Baccalauréat 2014» et de la détermination des lycéens, les autres syndicats du secteur, notamment la Fédération nationale des parents d’élèves du Gabon (Fenapeg), et l’exécutif observent un silence assourdissant.

Doit-on rappeler que la démission du ministre de l’Education nationale a d’abord été la conséquence d’une suffisance exacerbée, ayant engendré des maladresses individuelles l’ayant conduit à vouloir prendre toutes les libertés possibles avec les considérations techniques et administratives ? Premier diplôme universitaire, le Baccalauréat s’obtient suivant un processus normé et préalablement connu de toutes les parties, pas à la suite d’arrangements politico-administratifs ni d’une succession d’étapes dont seul le ministre de l’Education nationale a la maîtrise. Si on peut toujours gloser sur les initiatives de son prédécesseur, Séraphin Moundounga, on doit également se demander si Léon Nzouba s’était donné les moyens de parvenir à une compréhension partagée de la destinée qu’il entendait réserver aux réformes chahutées.

Souvent prises de manière verbale, parfois adoptées sans concertation véritable, généralement consignées sans sensibilisation préalable, les mesures visant à réformer le Baccalauréat n’ont finalement pas fait l’objet d’une appropriation par les parties prenantes. En absence de service après-vente, les concernés sont restés dans le flou. Et pourtant, dans une impréparation totale et au-delà même des délais généralement impartis, le ministère de l’Education nationale choisissait d’organiser cet examen essentiel. La suite ? Chacun la connaît : un imbroglio politico-administratif et un des pires vaudevilles qu’on ait connus depuis bien longtemps.

Un système éducatif entre déliquescence et faillite

Au lendemain la démission de Léon Nzouba, les commentateurs et hommes politiques avaient plutôt mis l’accent sur le sens politique de son acte, se demandant s’il en avait eu l’initiative ou s’il y avait été contraint et saluant son «courage» ou son «sens de l’honneur». Près d’un mois plus tard, on se rend compte que l’angle d’analyse aurait dû être tout autre. La rentrée administrative vient d’avoir lieu et le début des cours est prévu dans moins de 2 semaines, sans que l’on ait l’identité du ministre de l’Education nationale.

Certes, le ministre délégué est toujours en fonction mais, on peut s’interroger sur la maîtrise des dossiers d’un ministre délégué sans attribution spécifiques. Ne l’oublions jamais, un ministre délégué sans attributions spécifiques est quelqu’un à qui le titulaire confie des tâches selon son bon vouloir. Est-ce le meilleur positionnement pour s’imprégner des dossiers et les reprendre au pied levé ? Est-ce le meilleur positionnement pour imprimer ensuite sa marque et affirmer son autorité sur l’administration ? Voire…

Maintenant, où situer les responsabilités ? Comme tous les domaines de compétence de la puissance publique, l’Education nationale est hiérarchisée de telle sorte que chaque échelon peut toujours se défausser sur un autre. Le président de la République peut indexer le Premier ministre, qui a toute la latitude d’accuser le ministre, qui est libre de livrer l’administration en pâture.

Or, ayant consacré l’implication des organisations de la société civile dans le dialogue politique, la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets dans le secteur de l’éducation, l’Accord de Cotonou, dont le Gabon est signataire, permet à l’administration et aux politiques de pointer du doigt les parents d’élèves en les accusant de pas avoir sensibilisé leur progéniture. En retour, ceux-ci peuvent s’en prendre aux autorités et dénoncer le peu de sollicitation dont ils ont été l’objet.

Ces jours-ci, l’affaire dite des «recalés du Baccalauréat 2014», s’est déportée du côté du tribunal de première instance de Libreville. Arc-boutés contre les textes en vigueur, des lycéens essaient d’obtenir, par voie judiciaire, le droit de passer les oraux pour ceux d’entre eux ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à 8/20.

Les renvois successifs et l’attitude de l’avocat de l’Etat, qui a quitté la salle d’audience avant la fin, traduisent l’embarras de l’autorité judiciaire, qui ne peut décemment décider d’une session de rattrapage à quelques jours de la rentrée scolaire. Or, la loi doit rester la loi…. «Dura lex, sed lex», disaient les latinistes… On comprend, dès lors, que la démission de Léon Nzouba traduit quelque chose de plus profond, de plus pernicieux, entre déliquescence et faillite de notre système éducatif.

Valorisation du métier d’enseignant

On doit cependant se garder de décréter que cette descente aux enfers a commencé avec l’avènement de la démocratie. La démocratie a permis, autant que faire se pouvait, à des forces sociales jusque-là muselées de prendre part au processus de prise de décision et d’en exercer le contrôle. Mais, s’étant limitée au seul cadre institutionnel, elle n’a pas été capable de corriger ses propres dysfonctionnements et de s’incarner dans une culture, un état d’esprit favorisant la tolérance, le respect de l’autre, ainsi que le pluralisme, l’équilibre, le dialogue entre les forces constitutives de la société.

Autrement dit, en voulant limiter l’expression démocratique à la seule sphère étatique, les pouvoirs publics ont omis de prendre en compte l’ensemble des acteurs sociaux, financiers, gouvernementaux et non gouvernementaux, ainsi que les relations qui les rapprochent ou les opposent. Pour tout dire, en campant sur une vision administrative et institutionnelle, ils se sont refusé à accéder à la culture démocratique. Ironie du sort, c’est cela qui leur revient en pleine figure aujourd’hui et qui fait désormais peser une lourde hypothèque sur notre système éducatif.

C’est l’analyse de l’interaction entre démocratie et développement qui peut offrir une issue durable à la crise actuelle et non les discours vaseux sur le respect de la loi ou la définition d’éléments programmatiques : notre système éducatif ne peut être performant et efficace que s’il entre en résonance avec la société, promeut l’égalité et redonne ses lettres de noblesse ainsi que de la valeur au métier d’enseignant.

La «valorisation du capital humain» a certes été abordée par les «Etats généraux de l’éducation, de la recherche et de l’adéquation formation/emploi» tenus les 17 et 18 mai 2010 à Libreville. Mais, cela n’a jamais été suivi d’effet, l’ «avant-projet de loi de programmation budgétaire décennale 2010/2020 en matière d’éducation, de recherche et de formation» étant resté lettre morte.

Le lien entre le monde éducatif et la société doit être froidement pensé, sans a priori ni arrière-pensées politiciennes. Il n’y a plus de place pour de petits calculs d’arrière-boutique, des anathèmes tout à trac et des imprécations aux motivations personnelles. Et pourtant, à y regarder de près, de nombreux dirigeants soufflent sur les braises, espérant affaiblir l’enseignement public au bénéfice du privé avec lequel ils ont partie liée quand ils n’en sont pas les promoteurs réels.

Prétendant offrir des palliatifs à la situation actuelle, ces personnalités n’ont, à l’évidence, pas encore compris que nous sommes en face d’une crise bien plus grave qu’elle n’y paraît. Une crise qui pourrait hypothéquer durablement la crédibilité de notre système éducatif. Une crise systémique en somme…


Jeudi 18 Septembre 2014
Gabonlibre.com : News 7J/7
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1.Posté par Mireille Mihindou le 18/09/2014 09:14 (depuis mobile) | Alerter
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Je vous souhaite la bienvenue chez les amateurs émergents. Pour des républicains et respectant les textes organisant le gouvernement,vomir qu'il ya un ministre délégué -ce qui sous entend qu'un ministre titulaire n'est pas nécessaire-c'est jeter aux toilettes la république. On finit par donner raison à ceux qui affirment que le vrai président du Gabon est le beninois accrombessi. Très sincèrement l'École gabonaise est morte. Ce que font les émergents c'est de la bouillie des matières fécales. Nous sommes au bord d'une nouvelle et piètre rentrée de classes. Combien de nouvelles salles de classes? J'attends une réponse émergente.

2.Posté par veronica Tsamba le 19/09/2014 01:58 (depuis mobile) | Alerter
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