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Gabon : ALI BONGO ET LA PRESIDENTIELLE AU GABON: une démission en trompe-l’oeil

Le site de la Liberté - La Révolution LVDPG le Mardi 18 Août 2009 à 17:53 | Lu 593 fois



Gabon :  ALI BONGO ET LA PRESIDENTIELLE AU GABON: une démission en trompe-l’oeil
Rose Francine Rogombé, chef de l’Etat gabonais par intérim, vient de frapper un grand coup. Elle a démis Ali Bongo, jusque-là omnipotent ministre de la Défense et candidat à la toute prochaine élection présidentielle. Pourquoi avoir attendu jusqu’à la veille de la campagne pour satisfaire l’opposition ?

Ali Bongo a-t-il été démis malgré lui ou avec son consentement ? Stratégie bien orchestrée ou conséquence de pressions exercées sur sa personne, cette décision de la patronne de la transition confirme cependant tout le bien qu’on pense d’elle. Elle met fin au litige avec les autres candidats dont ceux qui avaient pris les devants en renonçant à leur portefeuille gouvernemental et aux privilèges qui lui sont rattachés.

La campagne a commencé car l’élection présidentielle aura lieu à la date prévue, au grand désarroi de ceux qui en attendaient le report. On ne peut tout avoir. Certes, la période transitoire a été marquée par quelques couacs : tollé en rapport avec la présence au sein du gouvernement de candidats à la présidentielle, contestations à propos de la confection de la liste électorale, refus de laisser sortir du pays d’anciens bonzes du sérail aujourd’hui dissidents. Mais tout compte fait, les Gabonais auront surpris par leur calme et leur sens des responsabilités. Pourvu que cela continue ainsi. En ce début de campagne, les 23 candidats officiels semblent être sur le même pied d’égalité. Ils appartiennent à l’un ou l’autre des trois principaux camps : le clan Bongo et son Parti démocratique gabonais (PDG), les dissidents de ce parti qui disent agir en candidats indépendants et les autres composantes de l’opposition. Celle-ci aura fort à faire pour déboulonner le parti au pouvoir. En effet, comme toujours dans les républiques bananières, il faudra compter avec la présence d’une opposition factice, payée pour faire du nombre et faire diversion jusqu’au moment décisif. Lequel des discours réussira à convaincre l’électeur ? Bien malin qui pourra le dire.

La première semaine en tout cas, constitue une période de mise en train, d’échauffement. Elle permettra aux candidats de se présenter sous leur véritable jour, de mesurer leur performance face à l’électorat. La suite de la campagne sera nettement plus engagée. L’opposition elle, apprendra alors à travailler sa cohésion. Si son départ du gouvernement le met à égalité avec les autres, Ali Bongo n’en est pas moins avantagé. Il aura peu à faire durant la campagne, la machine bien huilée du légendaire PDG faisant le reste. Avant même le déclenchement de la campagne, le fils Bongo s’est révélé comme un tribun, un intellectuel porteur d’idées nouvelles. En même temps, il se veut continuateur de l’œuvre de son défunt père. Mais l’héritage est lourd à porter et les défis nombreux.

Certes, les partisans de l’héritier du système vantent la stabilité du régime. Mais l’Afrique d’aujourd’hui milite plus pour la stabilité dans l’alternance. Le temps de la pensée unique, du parti unique, du règne sans fin et sans partage est désormais révolu. Les peuples africains sont patients, mais pas dupes. Ils rêvent d’alternance vraie. Les métamorphoses approximatives et les résistances multiformes n’y pourront rien. Intrépides et résolus dans la défense de leurs intérêts, ils poursuivront le combat jusqu’à se défaire de l’hydre aux mille têtes qui tient chacun de leurs pays en respect.

En effet, Ali Bongo a contre lui un fardeau : ce que papa n’a pu réaliser en quarante ans de règne sans partage. Les dissidents eux, auront aussi du mal à se défendre, eux qui ont été à la soupe pendant le long règne des Bongo. La plupart sont riches et leur dépit date de la nomination du fils Bongo comme poulain du parti dominant. Que peuvent-ils apporter de plus, après avoir contribué au bilan que seul devra sans doute supporter le fils ?

Le Gabon, peuplé de seulement un million et demi d’habitants, souffre en effet d’un manque cruel d’infrastructures et de services en dépit d’énormes potentialités. Et parce que la plupart des Gabonais manquent presque de tout, l’ONG "Publiez ce que vous payez" attend du prochain gouvernement plus de transparence ; qu’il rende compte à la population de sa gestion des revenus issus de l’exploitation du pétrole et des autres ressources. L’opposition ne manquera certainement pas de rappeler ces failles aux électeurs. Dans cette campagne se profile un déploiement à l’américaine. Certains candidats, sans être démunis, auront néanmoins du pain sur la planche. Et l’opposition devra s’attendre à souffrir les sempiternels problèmes d’inégalité d’accès aux différentes ressources de l’Etat, notamment les médias et les fonds publics. Les dissidents, qui ne bénéficieront plus du soutien du parti au pouvoir, sauront ce qu’il en coûte de se trouver de l’autre côté de la barrière.

Pendant deux semaines, le Gabon vivra donc à l’heure africaine. Du début de la campagne à la proclamation des résultats. Les tenants du pouvoir, après avoir abusé du monopole exercé sur les ressources étatiques, mis à profit toutes sortes de stratagèmes pour intimider, voire menacer, soudoyer, n’auront aucune gêne à proclamer puis à fêter leur victoire dans l’allégresse. C’est le propre de ce continent que de voir les tenants du pouvoir se succéder à eux-mêmes, puis de vivre insensibles au sort de citoyens qui ne demandent qu’à disposer du minimum pour survivre. L’opposition, encore une fois, pourra contester les résultats. Mais ce sera peine perdue. Le Gabon fera-t-il l’exception ? Rien de moins sûr.

Mais en attendant, on ne peut faire le constat de la démission de Ali Bongo sans penser aux directeurs de conscience du Gabon. Parmi ceux-ci, la France qui a probablement manoeuvré pour que Ali mette fin à son entêtement à rester au pouvoir tout en étant candidat à ce grand jamboree électoral.

Démissionnaire, la victoire du dauphin sera ainsi moins entachée de péché. Et cette victoire-là, la France y tient pour une raison évidente : tous les autres candidats représentent un risque pour Paris. Le Gabon de l’après Bongo-père, qui a toujours été le centre névralgique de la Françafrique, doit rester dans l’escarcelle française.



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Mardi 18 Août 2009
La Révolution LVDPG
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