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GABON-CDDH: Me Paulette Oyane Ondo : A propos du 64ième Anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le site de la Liberté - CDDH GABON le Lundi 10 Décembre 2012 à 11:08 | Lu 610 fois

La Déclaration universelle des Droits de l’homme : un projet politique et une arme de civilisation toujours d’actualité !



GABON-CDDH: Me Paulette Oyane Ondo : A  propos du 64ième Anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
Il y a 64 ans, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme était adoptée à l’Onu le 10 décembre 1948. Le CDDH s’associe à la célébration de ce nouvel anniversaire. 64 ans ce n’est pas le début du troisième âge, c’est l’âge de la maturité. Certes, Nihil novi sub sole comme le proclame le Roi Salomon dans l’Ecclésiaste.

Mais cet anniversaire demeure néanmoins une bonne nouvelle au regard de la prééminence morale de cet instrument, de son aspiration à l’universalité dans un monde lui-même en proie aux convulsions, aux incertitudes, aux déchirements et au désenchantement. Pour cela, la Déclaration reste assurément l’une des plus belles œuvres de l’humanité en ce qu’elle pleine de rêves, d’espoirs et d’espérances.

Car, en proclamant dans son préambule ceci : « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et (que) leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde », la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme assoit sa légitimité morale auprès de toutes les Nations et de tous les peuples surtout face aux temps difficiles que nous traversons. Son incroyable message continue à nous inviter au 21e siècle à une réflexion d’ensemble sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure.

Car, loin de n’être qu’un texte historique, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme demeure d’actualité. C’est une vérité transhistorique. Un puissant outil spirituel qui avait d’ailleurs pris en compte, avant que cela ne soit à la mode, la question du genre, puisqu’une femme, une très grande dame, qui fait l’honneur de toutes les femmes défenseurs des de droits de l’Homme, Eléonore Roosevelt, était membre de la commission de rédaction de ce texte intemporel. C’est d’ailleurs elle qui a présenté ce texte au monde.

La déclaration Universelle des Droits de l’Homme marque la croyance fondamentale selon laquelle les hommes ont des droits inaliénables et que c’est la reconnaissance de cette croyance qui confère à tous les hommes, à tous les peuples et à toutes les Nations le « droit d’avoir des droits ».

Cet horizon de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui exprime ainsi une certaine idée de l’homme et une conception de la société nous concerne tous. Elle affirme ce qu’est l’Homme, ce qui lui est inhérent – liberté, égalité et dignité – qu’il serait donc de bon ton de protéger pour qu’il reste Homme. Cet intérêt tient à la nature même des droits proclamés, au fait qu’ils ne sont pas simplement des droits, mais portent et incarnent des valeurs, des idéaux universalistes convenant naturellement à tous les hommes, à tous les peuples et à toutes les Nations. Même si elle est le fondement du Pacte démocratique et de l’Etat de droit, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’est pas un simple exposé « des droits que la justice naturelle accorde à tous ». En postulant l’égale dignité de tous les êtres humains, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme exprime le fait qu’elle est à la fois une construction politique majeure et une arme de civilisation pour l’humanité.

Cet ensemble de valeurs qui sont des « vérités de tous les temps et de tous les pays » attachés à l’homme, à son être même et qui s’incarne dans la droite Raison de ce qu’est la nature humaine. Ce visage de la Raison se concrétise par le fait qu’un être humain doit avoir d’autres motifs légitimes philosophiques, morales et éthiques au-delà des devoirs que lui impose une loi nationale injuste, de défendre son égale humanité, sa liberté et sa dignité qu’il oppose aux oppresseurs. C’est la promesse, la traduction concrète, la reconnaissance du Monde que tous les êtres humains, oui ! Tous, sans exception, sans distinction de race, d’origine, de statut social, disposent de droits inaliénables et indivisibles de la vie, de la liberté, de la dignité et de la recherche du bonheur pour eux-mêmes et pour leurs familles. Il s’agit d’un chèque en blanc que chaque être humain reçoit à la naissance et qu’il doit pouvoir encaisser sans avoir à fournir d’autres justificatifs que son statut d’être humain.

Certes, les humiliations permanentes, l’extrême pauvreté, le « deux poids deux mesures » dans la prise en compte des situations d’oppression d’un Etat à un autre, les conflits non résolus, l’indifférence générale de la communauté internationale dans l’expérience directe des enfers que constituent les situations de guerre et les violations massives des droits de l’Homme qui restent impunies sur notre continent font parfois douter de la réalité de cette universalité de la Déclaration.

Mais que nul n’en doute. Les Droits proclamés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont aussi et également les droits des Africains, Gabonais y compris. Ce n’est pas un luxe pour nous et il ne s’agit pas non plus d’une conspiration de l’Occident contre l’Afrique. Ces deux lectures sont d’ailleurs une injure à l’aspiration à l’égale dignité humaine qui existe dans le cœur de chaque Gabonais, de chaque congolais, de chaque soudanais, de chaque somalien, etc.

Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs ? Est-ce que les parents Gabonais ne ressentent pas la douleur lorsque leurs enfants sont injustement emprisonnés au seul motif qu’ils ont eu l’intention de participer à une manifestation politique pacifique ? Est-ce que les Gabonais ne ressent pas la douleur et la frustration lorsque les morts de Port gentil de 2009 restent non élucidés et impunis ? Est-ce que les Gabonais dans leur ensemble ne souffrent pas lorsque leurs voix sont étouffées par des agents de l’oppression ? Est-ce que les Congolais ne pleurent pas lorsque leurs filles sont violées par des milices et que le viol est utilisé comme une arme de guerre, lorsque leurs fils sont tués et torturés par des miliciens armés ? Est-ce que les Somaliens ne souffrent pas lorsqu’ils n’arrivent pas à trouver de quoi nourrir leurs enfants ? Est-ce que les Gabonais, les Kenyans, les Zimbabwéens ne se sentent pas violés lorsque leurs votes ne sont pas pris en compte ? Est-ce que les Gabonais ne ressentent pas une grande colère, une extrême tristesse lorsqu’ils sont discriminés par leur propre gouvernement et dans leur propre pays ?

Alors oui, les Droits proclamés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont aussi et également les Droits des Africains et pas seulement ceux des Européens et Américains du Nord qui, certes, les ont formalisé. La Déclaration des Droits Universelle des Droits de l’Homme permet au Gabon, comme ailleurs, d’affirmer la même indignation face à la discrimination en raison de ses origines ; elle autorise la même opposition au Malawi, comme ailleurs, face aux injustices ; elle confère au Gabon, comme ailleurs, la même émotion et une commune tristesse devant la multiplication des crimes dits rituels. Et si effectivement la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’est pas judiciairement coercitive, elle a toutefois plusieurs utilités pratiques directes.

Outre bien sûr, qu’elle demeure un catéchisme universel, une sorte d’évidence éthique universelle, et sans prétendre à l’exhaustivité on peut souligner que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme reste un idéal précieux qui guide ceux qui luttent pour la liberté à travers le monde. Elle tient lieu de Préambule aux défenseurs des droits de l’homme. Elle est à la racine de la constitution des sociétés civiles dans le Monde. Elle joue un rôle non négligeable – même s’il est difficile à quantifier – dans la réduction des pratiques autocratiques et des abus de pouvoir des régimes qui s’en sont spécialisés. Elle est un instrument de légitimation des pouvoirs d’action contre l’Etat et des autres pouvoirs publics, en même temps qu’elle est le standard à partir duquel on peut apprécier et mesurer le caractère – non pas forcément légal – mais plutôt juste ou injuste des décisions qu’ils prennent. C’est en son nom que se justifient les actions revendicatives, les appréciations critiques et dénonciations démocratiques qui sont et qui doivent être portées à l’encontre des pouvoirs publics, soit du fait de leur intervention, soit en raison de leur inertie.

On le voit, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est donc toujours d’actualité, elle est toujours à défendre, à promouvoir et à vulgariser. Elle reste une incitation au combat permanent, afin que soit confirmé et amplifié son esprit dans les législations nationales et dans le contrôle juridictionnel des décisions prises par les autorités publiques qui sont dans la plupart des cas les auteurs des violations des droits de l’homme.

Les propositions générales contenues dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont donc des vérités anhistoriques. Et pour mitiger que soit le bilan en la matière, malgré les violations, les échecs et les insuffisances, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme demeure un levier pour ceux qui promeuvent les droits qu’elle proclame, et une menace permanente pour ceux qui les bafouent.

D’ailleurs il n’existe pas de règle, de norme qui ne fasse l’objet d’une transgression. Cela ne constitue pas un motif d’invalidation pour elle. Cela est, mutatis mutandis, valable pour la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La principale victoire à cet égard c’est que de nos jours, personne, pas même King Jon-Un le Président Nord-coréen le Dictateur des dictateurs, ni la Junte militaire Birmane à sa grande époque où elle muselait AUNG SANG SUU KHY, n’ose endosser fièrement une accusation de violation des droits de l’homme contenue dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ni même justifiée cette dernière. Ces violations sont vigoureusement niées et camouflées. Aucun dictateur ne bombe le torse et ne se vante de violer les Droits de l’Homme (à l’exception de MOBOTU devant la tribune même des Nations Unies). Le Gabon, qui est pourtant une dictature classée comme un grand cru, porte fièrement son brassard de nouveau membre du Conseil des Droits de l’Homme. Cela traduit l’importance que revêt ce texte et qui doit donc nous pousser, nous citoyens, à prendre aux mots nos dirigeants pour les attaquer sur leurs propres discours dans lesquels ils prétendent respecter les droits de l’Homme.

Certes, bien des gens disent à raison et selon les contextes que le temps ne devrait plus être à celui de l’énoncé des droits mais plutôt celui de l’accès aux droits énoncés et à leur effectivité. Il reste toutefois – et c’est une vérité historique – que les grands mouvements politiques sont avant tout le fruit de l’éducation et de la culture. Et, à cet égard, dans un pays comme le nôtre, le défi essentiel consiste à fabriquer, grâce à la puissance de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et notre exceptionnelle résilience, des citoyens libres qui maîtrisent leurs droits et qui sont prêts à les défendre avec pour finalité d’être responsables de leur destin. C’est l’honneur de notre engagement au CDDH, de notre mission que de donner corps chaque jour à un tel objectif dans la permanence d’un office pleinement assumé.

Au total, les droits de l’homme que promeut la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme restent un combat de tous les instants, un combat sans cesse recommencé, une lutte sans cesse renouvelée pour s’affranchir des contraintes, des résistances, des tensions, des oppositions, des tyrannies, de l’oppression, des discriminations et conquérir le droit de penser par soi-même, de s’exprimer librement, de circuler librement, de manifester librement, de protester bruyamment, de s’indigner ouvertement, ou simplement d’être vivant !

Me Paulette OYANE ONDO
Présidente du CDDH

Lundi 10 Décembre 2012
CDDH GABON
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1.Posté par LES AFFAIRES DE NOUS-MEMES NOUS-MEMES le 10/12/2012 16:21 | Alerter
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Gabon : Voici lalala une action citoyenne apolitique à soutenir. http://www.lesaffairesdenousmemesnousmemes.com/2012/12/gabon-urgent-social-un-carton-rouge-la.html …

2.Posté par ONE REVOLUTION le 11/12/2012 17:12 | Alerter
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UN PAYS OU LE PEUPLE SOUFFRE EST UN PAYS OU LES DROITS DE L'HOMME SONT DÉSACTIVABLES PAR UN REGIME DICTATORIAL.
LE PEUPLE DU GABON EST CLOCHARDISER PAR UN RÉGIME TROMPEUR DEMAGOGUE QUI PRIVE LE PEUPLE DE CES DROITS LES PLUS SIMPLE;

PEUPLE LIBRE NOUS DEVONS CHANGER NOS VIE EN 2013 ALORS CHASSONS LES POUVOIRISTES ET PRÉDATEURS DU SYSTEM PDG

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